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  • 115 détenus à Nîmes saisissent la justice

    115 détenus à Nîmes saisissent la justice

    Après avoir porté plainte contre Bruno Retailleau pour « discrimination » et « incitation à la haine » lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, Khadija Aoudia porte cette
    fois plainte contre Gérald Darmanin, le ministre de la Justice. En conférence de presse mercredi 8 juillet, l’ancienne bâtonnière du barreau de Nîmes a précisé que ce n’était pas contre la personne morale, mais contre le ministre de la Justice que la plainte avait été déposée pour « non-assistance à personne en danger ».

    Khadija Aoudia porte en effet une démarche inédite en France. Elle est parvenue à rassembler 115 détenus (elle en attend d’ailleurs d’autres avant de déposer officiellement la plainte avant la fin du mois) pour porter l’affaire devant la Cour de justice de la République (CJR). Les 115 détenus dénoncent en effet leurs conditions de détention à Nîmes. « C’est eux qui ont écrit », précise Khadija Aoudia. « J’ai juste aidé à la mise en forme. C’est la première fois qu’une telle démarche est engagée. Au lieu de provoquer de la violence entre eux, les détenus ont montré qu’ils pouvaient se fédérer et mener une action commune. »

    Une procédure administrative

    Une situation connue tant la surpopulation carcérale est importante à la prison de Nîmes qui est passée de 480 détenus (pour 190 places) en 2024 à 770 détenus (pour 340 places) actuellement. Vidéos à l’appui, Khadija Aoudia a ensuite décrit les conséquences de cette surpopulation : « Cela entraîne une dégradation de l’état psychologique et physique des détenus. L’insalubrité des lieux est manifeste, avec de l’humidité, pas d’aération, de la moisissure, des températures ressenties actuellement de 50 degrés. Il y a aussi des punaises de lit, des rats et des cafards. L’accès aux soins est quasiment impossible et l’accès aux douches est impossible car il n’y a pas assez de surveillants pour les emmener. C’est une catastrophe pour la dignité humaine. Et quel est le ministre de la Justice qui n’a pas été au courant de ces conditions ? Pour moi, le ministre de la Justice est parfaitement au courant des conditions et des risques, la non-assistance à personne en danger est donc caractérisée. »

    En parallèle de cette plainte déposée au pénal, Maître Arnaud Lemoine va déposer un recours administratif pour que la direction de la maison d’arrêt de Nîmes améliore la situation même si l’avocat a peu d’espoir. L’administration a deux mois pour y répondre « Nous constatons un effondrement du service public. L’administration doit donc rendre des comptes. L’État français a déjà été condamné par la Cour européenne des droits de l’Homme mais rien ne bouge. L’État ne peut pas se dédouaner de l’absence de moyens. Il faut d’abord définir les buts à atteindre et ensuite se donner les moyens », fustige l’avocat.

    Cette double démarche pourrait faire des émules. Bien conscients de la surpopulation carcérale, de nombreux détenus partout en France sont au courant de cette démarche et l’initiative pourrait faire des petits. Une plainte similaire pourrait d’ailleurs être annoncée dans les prochaines semaines à Villeneuve-lès-Maguelone dans l’Hérault.

    « C’est la première fois qu’une telle démarche est engagée »

  • À Marignane, la gauche interpelle le maire sur les dépôts sauvages et les rats qui pullulent

    À Marignane, la gauche interpelle le maire sur les dépôts sauvages et les rats qui pullulent

    C’est quand on parle des rats qu’on en voit la queue. C’est en tout cas ce que suggère la question écrite des élus de l’opposition de gauche marignanaise à l’attention du maire d’extrême droite (RPR) Éric Le Dissès, publiée ce jeudi.

    « Depuis plusieurs années, les habitants constatent une présence croissante de rats dans l’ensemble de la commune » affirme Ariane Lombardi, conseillère municipale PCF dans cette lettre. « La présence massive de rats dans l’espace urbain soulève des inquiétudes légitimes en matière d’hygiène, de salubrité et de risques sanitaires » selon l’élue, qui demande à l’édile de justifier ses mesures.

    Cette interpellation fait suite à l’alerte du PCF l’année dernière sur le même sujet, à partir d’une pétition signée par plus de 500 habitants et remise en mairie en février 2025. La réponse de la Ville, à l’époque, parlait de « désinformation » et affichait une « priorité municipale » dans la lutte contre les dépôts sauvages.

    Sus aux dépôts sauvages

    La question est globale. « Les dépôts sauvages se multiplient et concernent l’ensemble de la commune et favorisent la prolifération des rats. Quelles mesures pour lutter contre ces incivilités ? » demande Ariane Lombardi, arguant d’un besoin de sensibilisation sur les risques sanitaires et des moyens de se débarrasser de ses encombrants. Mais aussi, de savoir « quels moyens sont consacrés à la police de l’environnement et quel est son bilan » dans le domaine. La réponse est attendue au conseil municipal du mardi 30 juin à 17h à l’Espace Saint-Exupéry.