Tag: rassemblement

  • L’Après prend les devants et s’engage avec David Fournier à Avignon

    L’Après prend les devants et s’engage avec David Fournier à Avignon

    Deux mois après leur appel au rassemblement à gauche pour les élections municipales de mars, l’Après (Alliance pour une République écologique et sociale) rallie le candidat socialiste David Fournier.

    Une décision qui « n’est pas sortie du chapeau », assure Frédérique Boyer, cofondatrice de l’Après 84, qui évoque des discussions « de plusieurs mois » avec plusieurs candidats. Elle estime « que c’est le seul qui répond à un désir d’union » et insiste sur le fait qu’ils rejoignent « David Fournier et pas le Parti socialiste ». Yves-Marie Cardine, co-référent de l’Après 84, parle d’une « étape importante », d’un « moment charnière » ou encore d’un ralliement qui n’est « pas un accord d’appareil ». Notamment face à « l’extrême droite qui menace la vie commune », poursuit-il.

    Tandis que David Fournier se réjouit d’une décision qui entre « dans la volonté commune du rassemblement des forces de gauche », tout en annonçant fièrement que plusieurs autres organisations politiques allaient également se joindre à eux, dans les prochaines semaines. Il tiendra son premier grand meeting le vendredi 5 décembre à la salle polyvalente de Montfavet.

    Tout en évoquant la volonté « de rassembler le plus largement possible » car « Avignon mérite une équipe de gauche engagée », l’actuel adjoint à l’administration générale insiste particulièrement sur des aspects programmatiques « en direction des plus faibles et des plus fragiles pour une meilleure justice sociale ». Yves-Marie Cardine ajoute : « On n’est fort que s’il y a un programme clair et solide », avant de présenter les « 10 mesures emblématiques de l’Après ». Parmi lesquelles on retrouve la sécurité sociale de l’alimentation, des cantines bio locales plus poussées, des assemblées de quartier décisionnelles, un moratoire sur les projets climaticides et les bureaux trop nombreux, ou encore la pédagogie, la tranquillité publique et la sécurité. Une manière de répondre au candidat Place publique, Benoît Belvalette, qui estimait que la question du leadership prenait le dessus sur le programme.

    « On a la dynamique »

    Ce ralliement ne réduit toutefois pas le nombre de candidats à gauche en Cité des Papes, avec toujours en lice Joël Peyre (PRG), Paul-Roger Gontard (la Convention), Mathilde Louvain (la France insoumise) et donc Benoît Belvalette (Place publique). « Mais à gauche, la dynamique est de notre côté », lance Maryline Croyet, secrétaire de la section PS d’Avignon, avant que le candidat ajoute avoir « la dynamique tout court ». Il précise que les liens avec les autres candidats « ne sont pas rompus », avec des discussions encore « en fin de semaine dernière et en cette fin de semaine ». Mais aussi avec Farid Faryssy, ancien co-chef de file des insoumis pour les municipales, qui a annoncé quitter LFI après
    la nomination de Mathilde Louvain comme tête de liste.

  • Les négociations annuelles piétinent chez Marie Blachère

    Les négociations annuelles piétinent chez Marie Blachère

    « La nuit, il ne faut pas se réveiller car on va se dire “merde, comment je vais faire pour la journée ?” On a parfois l’impression d’être dans la secte Marie Blachère », confie avec hargne une représentante syndicale, ce lundi 24 novembre, quelques minutes avant l’ouverture des Négociations annuelles obligatoires (NAO) avec la direction de la plus grande chaîne de boulangeries en France, aux Angles (Gard).

    Une réunion qui n’a débouché que sur « une petite avancée sur la prime d’ancienneté », regrette Véronique Marchois, représentante CFDT. Mais rien sur les principales revendications des syndicats, à savoir de « vraies augmentations de salaires pour tous », ainsi que l’amélioration des conditions de travail, la réduction de la pénibilité ou encore le droit à la déconnexion.

    « Cela ne suffit pas », appuie Christine Tonarello, secrétaire CGT du géant de la boulangerie, en précisant que les propositions devraient être mises à nouveau sur la table, ces prochains jours. Si elles ne conviennent toujours pas, un nouveau mouvement est envisagé, cette fois pendant la période des fêtes de Noël.

    Intersyndicale historique

    Après un premier rassemblement organisé par la CGT de Marie Blachère, qui compte 850 boutiques et presque 13 000 employés, c’est aussi la première fois qu’une intersyndicale se forme avec la CFDT, qui s’est jointe au mouvement. « C’est un message fort. Car on n’a pas de vie de famille. On a l’impression que notre vie de famille, c’est Marie Blachère. On dit stop, on en a marre ! Le ras-le-bol est général et on sait que beaucoup de salariés sont d’accord avec nous, mais ne peuvent pas se permettre de perdre une partie du faible salaire qu’ils ont », poursuit Véronique Marchois, à bout. « On s’appuie sur les mêmes revendications toute l’année. Le but, c’est de se faire entendre à travers toute la France », ajoute Nathalie Pascal, déléguée syndicale CGT.

    Un rassemblement était également organisé en amont de la réunion, avec une quarantaine de militants présents aux Angles, à proximité d’une boutique de la firme. Tandis qu’à quelques mètres de là, plusieurs membres de l’équipe de direction se sustentaient avec des produits de la maison, observant d’un air mi-amusé, mi-inquiet la mobilisation qui prenait forme, certains allant jusqu’à photographier les manifestants posant devant la banderole. Aucun d’entre eux n’a souhaité s’exprimer sur la situation.

  • Mobilisation des agents de la sûreté aéroportuaire à Marignane

    Mobilisation des agents de la sûreté aéroportuaire à Marignane

    Perturbations à venir ce mardi du côté des agents de sûreté à l’aéroport de Marignane. Deux syndicats, CGT et CFDT, organisent un rassemblement dans le terminal 1 doublé d’un appel à la grève. Le tout répondant à une colère sociale des salariés pour une multitude de problématiques, allant du chauffage sur les lieux de travail à des questions d’accords d’entreprise. « On demande l’application des accords d’entreprise pour tous les salariés. Certains y dérogeraient, notamment les nouveaux entrants, et n’ont pas un week-end sur deux de repos », campe Jean-Marc Cortiana, délégué syndical CGT de l’entreprise ICTS, qui assure la sûreté à l’aéroport Marseille-Provence. Alain de Gennaro, pour la CFDT ICTS, dénonce aussi « des salariés qui travaillent dans le froid notamment sur le terminal 2 ».

    Autre « point d’achoppement » avec la direction : le recrutement à venir de plusieurs CDI alors que « plusieurs salariés, actuellement en temps partiel, souhaitent passer en temps plein ». « On demande simplement l’application de la loi sur le sujet », insistent Jean-Marc Cortiana et Alain de Gennaro, d’une même voix.

    Les deux organisations syndicales ont aussi dans le viseur une revalorisation salariale au regard des résultats de l’aéroport : une prime de 1 000 euros pour la CFDT quand la CGT revendique une hausse globale des salaires ainsi qu’un élargissement de la prime d’ancienneté au-delà de 15 ans. Contacté, l’aéroport assure qu’ils bénéficient des mêmes températures que les voyageurs, du chauffage l’hiver comme de la climatisation l’été. Et explique qu’il y a des mesures spécifiques mises en place pour ceux officiant sur le terminal 2.

  • Le monde politique fait bloc derrière la famille Kessaci

    Le monde politique fait bloc derrière la famille Kessaci

    Des personnalités politiques de tous bords, locales et nationales, pour une même cause : « La France, la République c’est l’État de droit. On vient d’endroits différents mais on doit se lever ensemble pour dire que ça suffit », martèle le maire DVG de Marseille Benoît Payan. « Nous devons venir au bout de ce système qui sème la mort partout », appuie-t-il. L’édile était aux côtés de la famille Kessaci en hommage à Mehdi, assassiné le 13 novembre dans le 4e arrondissement de Marseille, de même que Martine Vassal. « Quand on met au monde un enfant, ce n’est pas pour le voir partir, surtout dans des conditions comme celles-là », confie la présidente DVD du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole, des sanglots dans la voix. « Il faut que tout le monde se mette autour de la table pour trouver des solutions afin de lutter contre ce narcotrafic qui gangrène nos quartiers », insiste celle qui brigue la mairie.

    Les militants et élus écologistes, se sont déplacés massivement pour soutenir l’un des leurs. « La famille écologiste va faire front aux côtés d’Amine et de tous ceux qui continueront à porter le combat. On ne peut plus se taire, on ne peut pas laisser faire parce qu’un cap a été franchi », signale Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EÉLV. « Ça veut dire aussi être lucide sur l’échec des politiques publiques sur le sujet, les remettre en question et faire mieux », soulève-t-elle. À la fin du moment de recueillement, chacun avance ses propositions face caméra : « Je demande un État qui ne fasse pas semblant, qui lutte pour de vrai sur la répression, en donnant à la police des moyens et aussi sur la prévention, en donnant les moyens à l’éducation, aux associations, aux centres sociaux pour repousser la drogue de l’intérieur », fait valoir François Ruffin, député Debout !

    « La place n’est pas nette,

    elle est ensanglantée »

    Un constat partagé par le secrétaire national du PCF Fabien Roussel qui a consacré une partie de son meeting au Parc Chanot à cette question (lire p.6 et 7).

    « Nous devons nous battre sans relâche contre les narcotrafiquants, contre celles et ceux qui ont l’argent comme seul objectif, qui méprisent la vie, la jeunesse », insiste le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. « Dans des moments comme celui-là, tous celles et ceux qui font de la politique ont le devoir de se retirer derrière ces messages et de faire front, ensemble », renchérit-il. Son parti a demandé la tenue d’un débat sur le narcotrafic à l’Assemblée nationale.

    Le député et candidat LFI à la mairie de Marseille se réjouit de voir « le sursaut, l’unité du peuple à travers la souffrance de la famille Kessaci », tout en dénonçant « l’hypocrisie » de certaines personnalités politiques présentes « à l’Assemblée nationale je pointerais du doigt ceux qui ne respectent pas leurs engagements », promet Sébastien Delogu.

    La porte-parole du gouvernement et le ministre du Logement, annoncés sur place n’ont pas pu faire le déplacement, les avions étant cloués au sol à Paris. C’est donc l’ancienne secrétaire d’État à la Ville, Sabrina Agresti-Roubache qui représentait l’exécutif. « Collectivement, on n’a pas réussi à protéger Mehdi et tant d’autres », déplore-t-elle. Interrogée sur les mesures à prendre, elle l’assure : « Les places nettes ont donné des résultats ». « Arrêtez de parler pour rien dire ! », rétorque vivement un militant associatif. « Elle est où la place nette là ? La place elle est ensanglantée ! », lâche-t-il sous les applaudissements des membres de Conscience, association d’Amine Kessaci.

  • L’hommage de Marseille à Mehdi Kessaci

    L’hommage de Marseille à Mehdi Kessaci

    Vêtus de blanc, l’air grave, sans un mot, à peine ébranlés par le vent glacial qui s’abat sur Marseille, des femmes et des hommes se relaient pour déposer des fleurs blanches sur un bout de trottoir du rond-point Claudie-Darcy (4e). Sur un poteau, une affiche placardée et ces mots : « Justice pour Mehdi 20 ans mort pour rien ». C’est ici que Mehdi Kessaci a été assassiné le 13 novembre dernier par un commando à moto. C’est ici que ses proches ont donné rendez-vous à 15 heures ce samedi, pour lui rendre hommage. Plus de 6 200 personnes ont répondu à l’appel, des citoyens, militants associatifs et de nombreuses personnalités politiques. Une foule compacte, transgénérationnelle, unie derrière une même banderole : « pour la vie, pour Mehdi, pour la République, pour Marseille nous marchons ». Du cardinal marseillais Jean-Marc Aveline, au président de l’OM Pablo Longoria, en passant par le secrétaire général de l’UD CGT 13 Marc Pietrosino.

    « Mon frère Mehdi était innocent, il n’était coupable que d’être mon frère », déclare Amine Kessaci dans un message pré enregistré. La présence du militant écologiste, fondateur de l’association Conscience qui vient en aide aux familles endeuillées par le narcotrafic, n’était pas certaine. L’important dispositif policier qui l’encercle rappelle une réalité : sa vie est menacée. C’est le deuxième drame qui frappe les Kessaci, après l’assassinat du frère aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture fin 2020. Dès son arrivée, la famille est applaudie. La dignité dont elle fait preuve force l’admiration et le respect.

    « Un homme politique a proposé que je reçoive la Légion d’honneur, mais je ne cherche aucun honneur. Je cherche la justice pour mon frère Mehdi. Ce sont les mamans des quartiers qui méritent une décoration pour leur courage, leur dignité et leur combat de chaque jour. Ma mère s’est battue pour nous élever et nous protéger et aujourd’hui, elle a perdu deux fils. C’est elle pourtant qui me permet de tenir debout. Pour elle, je ne me tairai pas », clame Amine, qui au même moment enlace sa maman. Celle-ci porte un t-shirt à l’effigie de son défunt fils où il apparaît, souriant, apaisé. « Chacun des reculs des institutions a favorisé l’avancée du narcotrafic, le départ des services publics, la fin de la police de proximité, les moyens trop faibles des enquêteurs, les enseignants auxquels on demande tant, en leur donnant si peu. Voilà ce qui fait les affaires des trafiquants », insiste le militant du haut de ses 22 ans dans un discours poignant. Autour de lui, des responsables politiques de premier plan : de la présidente de l’Assemblée nationale au président de Région, pour ne citer qu’eux (lire ci-contre).

    « Entrez en résistance »

    Enfin, celui dont la vie est devenue malgré lui un combat, lance un ultime appel : « Mes frères sont morts. Mais vous tous vous êtes vivants. Nous sommes vivants. Je ne sais pas ce que ma vie sera maintenant, mais ce que je sais, c’est que j’ai besoin de vous, de votre engagement dans la durée. Entrez en résistance, lutter parce que lutter, c’est vivre ». Et, instantanément, les mains se sont dressées, les visages tournés vers le ciel. L’émotion est palpable. Le moment est solennel et fera date. Des voix s’élèvent et scandent : « Moins de criminalité, plus d’égalité ».

    Brisée, mais toujours debout, Ouassila Kessaci délivre un message qui prend aux tripes : « Mon cœur est déchiré. Je suis inconsolable. Aucune mère ne peut supporter de voir un enfant sorti de son ventre devenir un cadavre. Je l’ai vu par terre, ici », témoigne-t-elle la gorge nouée, avant de poursuivre : « Mon fils chéri, il me témoignait d’un amour infini à tel point qu’il priait dieu de partir avant moi. Jamais je n’aurais pensé que les choses se passeraient ici ». S’adressant aux auteurs du crime, elle demande : « On parle de vous comme de bêtes sauvages, sans cœur, pensez-vous un jour fonder un foyer ? Que direz-vous à vos enfants et à vos mères ? ». Son texte, entrecoupé par l’émotion, rythmé par les applaudissements sera finalement lu par Sabrina Agresti-Roubache. Après une minute de silence, les proches de Mehdi et des anonymes déposent des gerbes, des bougies, se recueillent. Ils ont bravé le froid, la douleur et la peur. Unis, fiers et dignes, ils se sont dressés face à ceux qui tentent de semer la terreur.

  • Amine Kessaci : « Élus, citoyens, associatifs, levez-vous ! »

    Amine Kessaci : « Élus, citoyens, associatifs, levez-vous ! »

    La voix blanche, il ravale ses sanglots quand il évoque Mehdi mais appelle à un véritable sursaut populaire.

    La Marseillaise : Comment trouvez-vous aujourd’hui la force de continuer ?

    Amine Kessaci : Je la trouve en deux choses. Premièrement ma maman, c’est elle qui m’a demandé de me lever, me secouer et je lui dois bien ça. Elle qui a déjà enterré deux enfants, qui a déjà tant souffert, tant fait de sacrifices. Et puis surtout si je veux garantir ma sécurité, celle de mes proches, de celles et ceux qui ont parlé, on est obligés de se lever, d’être des milliers de personnes.

    Quel est le message que vous souhaitez faire passer samedi lors du rassemblement ?

    A.K. : C’est justement de dire aux élus, associatifs, citoyens, levez-vous, saisissez-vous de ce sujet. Plus on sera nombreux, plus on sera différentes personnes à être identifiées sur ces sujets et moins nos vies seront menacées. Aujourd’hui si je me lève c’est pour rendre un dernier hommage à mon petit frère.

    Que pensez-vous des réactions politiques que ce drame a suscité ? De la venue des ministres
    de l’Intérieur et de la Justice
    à Marseille jeudi
     ?

    A.K. : Je ne commenterai pas les réactions politiques, je ne suis plus dans cet élan. Cela fait des années que j’alerte. Vous m’avez interviewé plusieurs fois à La Marseillaise, vous m’avez donné la parole à de nombreuses reprises, j’ai fait des tribunes, des manifestations, on a fait plein de choses. Moi je suis aujourd’hui épuisé, [il répète] épuisé. Si la mobilisation citoyenne porte, j’en suis ravi, j’espère que des gens vont porter le flambeau. Les politiques savent ce qu’il y a à faire. Depuis le drame de mon petit frère, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas l’ampleur du narcotrafic. Moi je l’ai payé, avec le sang de mon frère. Maintenant c’est à eux de voir ce qu’ils vont faire.

    Vous avez pu rencontrer mercredi Roberto Saviano venu recevoir à Paris le prix Constantinople qui récompense les écrivains œuvrant pour la paix. Que pensez-vous de son analyse sur le narcotrafic ?

    A.K. : Ce qu’il dit, ça fait peur. Mais c’est quelqu’un qui connaît le sujet, lui qui vit sous protection policière depuis 2006 [condamné à mort par la Camorra, Ndlr.]. Il a étudié la question mais il ne faut pas tomber dans le piège tendu par la sphère médiatique qui est d’aller comparer la France avec l’Italie ou le Mexique. Pas besoin de regarder ailleurs, cela se passe chez nous, à Marseille, à Rennes dans d’autres villes de France, on a notre propre mafia. La DZ a déjà fait des communiqués de presse, ça y est. Par contre on peut s’inspirer de ce que font ces pays, certainement. Il faut légiférer.

    « Cela fait des années que j’alerte, aux politiques de voir ce qu’ils veulent faire »

  • La CGT Monop’ en rang serré contre la répression

    La CGT Monop’ en rang serré contre la répression

    « C’est la troisième convocation en 3 mois ! », s’insurge Stéphanie Escamez, déléguée syndicale de la CGT Monoprix du rond-point du Prado à Marseille, ce jeudi matin. Son organisation appelait à un rassemblement devant le magasin pour dénoncer « une tentative manifeste d’intimidation ». En cause ? Une série de convocations d’élus CGT du magasin par la direction. « Pour l’un, on lui reproche de ne pas avoir fait ce qui n’était pas dans son contrat, pour l’autre, on l’accuse à tort de vol… », explique la déléguée.

    Dans le fond, elle dénonce « une chasse aux sorcières et une politique de répression syndicale » alors que l’organisation est à l’origine de mouvements sociaux réguliers sur le magasin. « Au travers des représentants syndicaux, ce sont les salariés qu’ils attaquent », développe-t-elle. Avant de préciser : « On conteste et contestera toutes les sanctions ! C’est la CGT qui dérange mais on ne lâchera rien. » En tout cas, les militants d’organisations homologues ont répondu présents à l’appel au soutien : Union locale (UL) CGT des quartiers Sud de Marseille, UL Centre ou encore UL Saint-Lazare et de l’UD CGT 13.

    « Aujourd’hui, on est plutôt calme mais on montera d’un cran le rapport de force si cela se poursuit », prévient Guillaume Algrin, secrétaire général de l’UL CGT Marseille Sud. Il fait le lien entre « la forte activité syndicale de l’organisation » et cette « forme de représailles sur le site ».

  • Collège Schoelcher : des élèves sans prof de français

    Collège Schoelcher : des élèves sans prof de français

    Les parents d’élèves du collège Schoelcher de Sainte-Cécile-les-Vignes, dans le nord de Vaucluse, organisent un rassemblement devant l’établissement pour protester contre l’absence de cours de français depuis la rentrée pour quatre classes.

    En cause, le non-remplacement d’un professeur, en arrêt maladie de longue durée. « Cette carence grave compromet directement la réussite scolaire de nos enfants, leur préparation aux examens et leur accès à un enseignement fondamental. Le français n’est pas une matière secondaire : c’est le socle de toute formation, de toute expression, de toute compréhension », s’indignent les représentants de parents d’élèves dans un courrier envoyé au Dasen de Vaucluse début novembre.

    Soutien de la CGT

    Ils demandent un remplacement immédiat du professeur pour les classes concernées, mais également un « plan d’action pérenne pour éviter la répétition de ces carences, incluant des mesures d’attractivité pour les postes vacants » et une « communication transparente sur les mesures prises et les délais de résolution ».

    Sur place, des professeurs tentent de proposer quelques heures à droite à gauche lorsque leur emploi du temps le permet. Tandis que la réponse apportée par le DSDEN de Vaucluse est de proposer des cours en visioconférence aux élèves. Ce que refusent les parents d’élèves mais aussi le syndicat CGT Éduc’action 84, qui estime que « la visioconférence ne saurait remplacer un enseignement en présentiel dans des classes qui ont déjà accumulé un retard considérable. Elle ne répond ni aux besoins pédagogiques des élèves, ni aux exigences de qualité du service public. »

  • Face au narcotrafic, Amine Kessaci appelle à la révolte collective

    Face au narcotrafic, Amine Kessaci appelle à la révolte collective

    « Je vous attends nombreux. Levons-nous ensemble. Courage. On ne peut pas tuer tout un peuple. » On aurait pu croire Amine Kessaci définitivement anéanti par l’assassinat de Mehdi son frère, un très probable « crime d’avertissement » selon le ministère de l’Intérieur, alors que le militant écologiste, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic et sous protection policière, avait reçu des menaces. Mais c’était mal le connaître.

    Dans un message sur les réseaux sociaux ce mercredi 19 novembre, il appelle au rassemblement ce samedi à 15h pour une grande marche blanche au départ du lieu du crime. Plus tôt dans la matinée, il a signé dans le journal Le Monde une tribune aux mots dont on devine qu’ils ont été soigneusement pesés. Un uppercut à destination de ceux qui ont tué son frère, de l’État dont il dénonce les carences, insistant sur « les failles de la République, les territoires abandonnés et les populations oblitérées ».

    Un texte qui dénote un courage admirable face à l’horreur, a réagi Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille, parmi les premières signataires de l’Appel de Marseille. Lancé en janvier 2024 à l’initiative du PCF 13 il entendait enrayer la spirale de violences du narcotrafic et a été depuis soutenu par des milliers de citoyens, élus, acteurs de la culture, du sport, du secteur associatif et syndical… Dont Amine Kessaci. Une démarche qui dans ce contexte, prend un sens tout particulier.

    « La terreur n’aura pas de prise, il faut qu’il y ait du monde à cette marche blanche », estime la militante associative. Même s’il faudra mener « une lutte de longue haleine », pour « rétablir les services publics dans les quartiers, les écoles » et « faire en sorte que les quartiers ne soient plus dans l’abandon », estime-t-elle.

    Déplorant une « situation effroyable », Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Port, également parmi les premiers signataires, considère que « l’Appel de Marseille a été quelque part précurseur pour essayer d’interpeller tout le monde, et malgré les engagements, les actes concrets ne sont toujours pas au rendez-vous ». Et ce ne sont pas les « quelques coups d’éclat du gouvernement » qui vont remplacer un nécessaire « travail de fond » pour « qu’on reprenne possession de nos quartiers et qu’on arrive à éradiquer ces trafics », s’indigne le responsable syndical. Et d’insister : « Ce problème concerne tous les Marseillaises et les Marseillais et au-delà, on n’a pas d’autre choix que de s’en emparer. On sera là samedi. »

    Un minimum aussi pour Vincent Moutardier, chirurgien dans les quartiers Nord, aussi engagé dès le début dans l’Appel.

    « Un sursaut populaire »

    « Il n’y a plus de limites, c’est très impressionnant », nous confie-t-il entre deux opérations au bloc, toujours bouleversé. « On ne peut pas rester silencieux, c’est un problème de société majeur dont j’avais moins conscience il y a un an », reconnaît-il, faisant part de ses doutes. « Que faire à mon niveau ? La marche blanche évidemment mais la prise de conscience n’est pas encore là », analyse le chirurgien pour qui un « sursaut populaire » s’impose néanmoins.

    Pour crier sa colère et son espoir, Joël Dutto, secrétaire de la section PCF Marseille 15e et aussi partie prenante de l’Appel, avait pris la plume deux jours après l’assassinat. Une manière « d’inciter les gens à parler », explique-t-il, se souvenant des réticences des habitants à signer le texte de leur nom. « Beaucoup l’ont fait, ce n’était pas facile, on était là avec nos stylos à deux pas du réseau, à la Solidarité », raconte le militant communiste pour qui l’État n’agira que « si ça monte d’en bas ». Et si Mehdi est mort, analyse-t-il, c’est aussi que les trafiquants « ont peur pour leur empire ». Il appelle à dépasser le choc. « La République ne peut pas perdre face au narcotrafic, c’est ce que dit Amine », insiste Joël Dutto.

    Samedi, « il faut que toute la ville soit présente », exhorte Anthony Gonçalvez, oncologue à l’Institut Paoli Calmettes mais aussi chef de file des communistes de Marseille pour les municipales, « ce que l’on disait lors de l’Appel résonne d’une plus grande acuité encore ». Il en rappelle les termes et les propositions : s’attaquer au trafic de manière immédiate en venant en aide aux familles de victimes, « avec des moyens radicaux et des renforts de police, de douanes », mener un travail de long terme pour démanteler les réseaux, s’attaquer au blanchiment, apporter une réponse « sociale et de justice » à des quartiers délaissés. Il faut aussi « que ces questions de narcotrafic soient identifiées par le mouvement social et populaire comme une priorité », estime-t-il, quand « souvent à gauche on les a laissés aux fascistes, aux populistes alors que c’est une des manifestations de l’affrontement de classes, ces violences ne sont jamais que les conditions d’un capitalisme primitif ».

    Samedi 22 novembre, à 15h, rond-point Claudie-Darcy

    ET AUSSI

    Minute de silence

    Au Sénat le président Larcher (LR) a demandé un « moment de recueillement » en hommage à Mehdi Kessaci.

    Tondelier et Faure

    Les leaders du PS, Olivier Faure, et des Verts, Marine Tondelier, ont annoncé leur participation à la marche blanche de samedi.

    Stand-by

    Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, a indiqué qu’elle serait présente samedi lors du rassemblement. Ses équipes ont annoncé mettre la campagne pour les municipales en stand-by jusqu’à la fin de la semaine.

    Plateforme

    La droite marseillaise a lancé une plateforme (Marseille-republicaine.fr) anonymisée où tous les Marseillais qui luttent « contre le crime, ce cycle de violence et de mort » peuvent exprimer leur soutien.

  • Les missions locales en action face à l’austérité

    Les missions locales en action face à l’austérité

    « On est la voix des jeunes les plus fragiles ! ». Devant la préfecture de la région Sud Paca à Marseille ce mardi, Daniel Wehrle, secrétaire régional de la CGT Missions locales, tient à rappeler le rôle essentiel de ces structures dans l’accompagnement des jeunes vers l’emploi. « On fait un accompagnement intensif, qui prend en compte les problématiques globales des jeunes. On ne s’arrête pas uniquement à la demande d’emploi, on voit aussi les besoins périphériques du jeune : mobilité, logement, santé mentale… », développe le syndicaliste. Devant lui, des salariés de structures de toute la région, d’Avignon à Aubagne en passant par Carpentras et Martigues, ont fait le déplacement pour cette mobilisation à l’appel d’une large intersyndicale (CGT, FO, SUD et CFDT). Et ils donnent de la voix à grands coups de slogans maison : « Plus de budget, jeunesse en danger ! Investir dans les jeunes, pas les ignorer ! ».

    Il faut dire qu’il y a urgence pour les petites mains de l’insertion des jeunes vers l’emploi : une baisse de 13% des financements des missions locales est prévue dans le projet de loi de finances 2026 (lire notre édition du 18/11). Laquelle s’ajoute à une diminution de la dotation étatique de 5,6% pour les contrats d’engagement jeunes (CEJ) et une baisse de plus de 6% du budget des missions locales l’année passée. Bien qu’amendé en commission des finances et pas encore voté, l’inquiétude est vive. « C’est le coup de trop ! Qu’est-ce qu’on va faire de notre jeunesse sans ces moyens ? », s’insurge Isabelle Urbano, déléguée régionale pour la CFDT-Synami (Syndicat national des métiers de l’insertion). In fine, elle craint une forme d’arrivée de la politique du chiffre dans les structures : « On est déjà en état de saturation, il y a bon nombre de missions locales qui sont déjà en difficulté… Faire rentrer les jeunes dans des cases, ce n’est pas notre travail ! ». Elle dénonce : « Moins de moyens, ce sont des territoires qui seront pas, ou moins, couverts. Et donc des jeunes à l’abandon ! ».

    « Un impact pour les jeunes les plus éloignés »

    Car concrètement, cette baisse équivaudrait à « 1 100 fins de contrats ou contrats non renouvelés, selon l’UNML [Union nationale des missions locales Ndlr] », précise Daniel Wehrle. Soit entre 120 et 200 salariés en moins au niveau régional selon les calculs syndicaux, qui estiment à 25 pertes de contrats pour les antennes marseillaises. Un comble à l’heure où le chômage des jeunes est en constante augmentation. « On essaie de maintenir un accompagnement humain, mais sans moyens ça va devenir impossible », déplorent deux salariées de la mission locale de Marseille. Avant de faire un triste constat : « Ça va aboutir à moins d’équité et il y aura un impact pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi. »

    Autre conséquence à craindre : « La hausse des délais d’attente pour un accompagnement », selon Fouzia Staali, salariée de la mission locale de Martigues et déléguée CGT. Laquelle insiste sur le travail effectué au quotidien : « Des jeunes à la rue, des jeunes qui ne mangent pas, c’est ça la réalité de notre accompagnement. Notre but c’est de les sortir du marasme. » D’où le débrayage du jour, avec maintien de salaire pour la plupart des travailleurs des structures de la région. Le tout, permis grâce à une alerte commune avec les directions et présidences des missions locales qui se mobilisaient devant l’Assemblée nationale à Paris, au même moment. Si une délégation syndicale a été reçue en préfecture à Marseille, « tout se jouera lors de l’examen final de cette loi de finances », conclut Daniel Wehrle.