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  • Unanimité des élus pour aider les élèves en difficulté à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    Unanimité des élus pour aider les élèves en difficulté à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    Les élus au conseil municipal de Port-Saint-Louis-du-Rhône ont approuvé à l’unanimité la motion présentée par l’opposante Aurore Raoux (DVG) lundi soir. Cette motion vise à garantir le dépistage de troubles scolaires pour les élèves de la commune, tous dans des écoles relevant de l’éducation prioritaire.

    Port-Saint-Louis, qui a réintégré les quartiers prioritaires (QPV) en 2024, « fait face à des difficultés dans l’accompagnement des élèves en difficulté » d’après l’élue, pointant l’écueil de « postes clés vacants au sein du Réseau d’aide spécialisé aux élèves en difficulté [Rased, Ndlr.] ». « L’absence d’enseignant spécialisé a privé des dizaines d’élèves et leurs familles d’un accompagnement indispensable », notamment pour les élèves non francophones, selon Aurore Raoux. Pire, « l’absence de médecin scolaire depuis plusieurs années prive les élèves de maternelle de la visite médicale obligatoire avant l’entrée au CP » pointe la conseillère. La motion engage la Ville à « garantir le maintien du Rased et le recrutement d’un médecin scolaire, affirmer la nécessité des deux postes d’enseignants spécialisés » et d’enjoindre le maire (SE) Martial Alvarez à rencontrer « en urgence » les services de l’Éducation nationale et le Département.

    Quelques divergences

    Le maire, favorable à cette motion, indique prendre rendez-vous au plus tôt. Un seul « point de divergence » est relevé par Aurore Raoux, qui proposait initialement de former une délégation comprenant le maire, parents d’élèves et opposition. « La motion est assez forte » a opposé Martial Alvarez, qui « saura dire aux forces vives si la démarche tombe à l’eau ». Motion adoptée à l’unanimité.

    Contrairement au plan pluriannuel d’investissement, actualisé pour l’année 2026 avec une capacité d’engagement de 2,9 millions d’euros. Les priorités vont notamment à la rénovation du stade Taberner, du Gymnase Coubertin et à l’étanchéité des écoles. Aurélie Grach élue (DVG) de l’opposition remarque « un manque de lisibilité entre les dépenses de travaux réalisées et à réaliser. Comme pour l’intérieur de la salle Marcel Pagnol pour 880 000 euros, dont nous n’avons pas le détail alors qu’il s’agit d’une somme importante », et s’inquiète « du devenir du gymnase Coubertin, des travaux pour 280 000 euros sont prévus, mais va-t-il être détruit ? », questionne-t-elle.

    La réponse viendra par écrit pour les « sujets techniques » d’après l’édile, répondant du reste que « les travaux du gymnase Coubertin sont nécessaires pour rénover le revêtement au sol, on n’investirait pas dedans si on devait le détruire ». « Il n’a pas vocation à l’être immédiatement » conclut-il. L’opposition s’abstient.

  • Parents, enseignants et lycéens réclament des moyens décents

    Parents, enseignants et lycéens réclament des moyens décents

    « Plus d’une centaine de classes sont menacées dans le département, principalement à Marseille mais aussi à Aix, à La Bouilladisse ou Salon. Et si nous n’avons pas de chiffres sur les dotations globales horaires, de nombreux établissements, principalement des lycées sont impactés. » Pour Letizia Vignone, administratrice du Mouvement départemental des parents d’élèves des Bouches-du-Rhône (MPE 13) qui se prépare à une audience avec le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale), ce mercredi 8 avril à Aix-en-Provence, la situation au sein de l’Éducation nationale s’est nettement dégradée, au détriment déjà des élèves.

    « Au lycée, cela veut dire concrètement des options en moins, des classes qui peuvent atteindre 30 à 35 élèves lorsqu’ils font des travaux pratiques, en SVT ou physique-chimie. Au collège, les classes dédoublées pour l’apprentissage du français sauteraient avec la coupe budgétaire » illustre-t-elle, espérant « grappiller » un maximum d’heures. Le MPE 13 compte également mettre la pression sur le préfet qui doit valider la carte scolaire et les dotations globales horaires cette semaine.

    À Aubagne, Jadran Svrdlin, professeur des écoles et syndiqué à la CGT Educ’action mesure déjà le manque de postes d’enseignant dans son école. « Depuis janvier, nous approchons les 130 journées non remplacées soit 2,7 à 2,8 absences par jour pour nos 9 classes », explique-t-il.

    « En mode dégradé permanent »

    Les élèves sur le carreau étant répartis sur les classes qui restent, « nous sommes en mode dégradé permanent. Le nombre de remplaçants affectés n’a pas changé depuis des années ». Raison principale pour laquelle il sera présent ce mercredi au rassemblement organisé devant le collège Lou Garlaban à 11h avec la CGT, le syndicat SUD mais aussi les associations de parents d’élèves. Une autre mobilisation étant prévue le vendredi à 16h30 devant l’école de la Tourtelle.

    De la primaire au secondaire, cet enseignement « dégradé » a de terribles conséquences pointe Jadran Svrdlin. Réformes injustes finalement avortées, annonces ministérielles intempestives, « on met en place des échéances couperet comme le brevet dont M. Attal faisait un préalable obligatoire au lycée », analyse-t-il, se souvenant aussi de l’expérience des groupes de niveaux que nombre d’enseignants ont refusé d’appliquer. Un « tri social » où « on élimine » estime-t-il, déplorant que les premières victimes soient les « enfants des classes populaires qui n’ont que l’école publique comme patrimoine ». La CGT Educ’action s’inquiète aussi dans un communiqué de la « mise à mal de l’école inclusive » avec un nombre d’AESH (Accompagnant des élèves en situation de handicap) insuffisant, tout comme celui des personnels de Rased (Réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté).

    À Marseille, le syndicat SUD Éducation 13 appelle aussi à un rassemblement devant la Chambre de commerce, sur la Canebière, ce mercredi à 17h30 « contre les coupes budgétaires imposées par l’Éducation nationale et la violente répression des lycéens ». Déjà devant l’école Leverrier (4e) ce mardi, après avoir appris la fermeture d’une classe la semaine dernière, les parents d’élèves ont déployé banderoles et mégaphones.

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    [Grève dans l’éducation nationale] À Toulon, les AESH et enseignants spécialisés sont à bout de souffle

    L’inconstance : la seule constante de la vie professionnelle de Florence Dho. Cette accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) – deuxième corps le plus important à l’Éducation nationale après celui des enseignants – est arrivée à l’école primaire Saint-Exupéry de Hyères en mars. Un nouveau changement d’affectation qui nuit autant à son travail qu’aux élèves qu’elle accompagne. « J’en suis à mon 5e emploi du temps depuis septembre, certains sont à huit. Le bien-être des enfants n’est pas respecté. Ils changent d’AESH, les parents n’en sont même pas informés », déplore-t-elle. « Certains se retrouvent même sans accompagnement. On déshabille Pierre pour habiller Paul. »

    Derrière ce constat, une situation qui n’évolue pas, à l’image du vote du Sénat leur refusant le statut de fonctionnaire, en janvier. Avec pour autres conséquences des temps de travail incomplet et un salaire moyen évalué en 1 030 euros pour l’année 2024-2025. « On préfère nous laisser vacataires car ça coûte moins cher », dénonce Véronique Rinaldi, AESH à l’école Excelsior de Hyères.

    La politique d’accompagnement, incarnée par la généralisation des Pôles d’appui à la scolarité (PAS) depuis la rentrée 2025, ne convainc guère non plus. Ces dispositifs étaient censés offrir un suivi personnalisé aux élèves grâce à un travail collaboratif entre enseignants, éducateurs et professionnels de santé. Mais ils peinent à tenir leurs promesses. « Le PAS consiste en un enseignant ou un éducateur qui oriente les familles vers des spécialistes en dehors de l’école, plutôt que de traiter en interne. Cela n’apporte aucun moyen supplémentaire », soutient Élodie Hernandez, professeure spécialisée au collège La Marquisanne de Toulon et secrétaire départementale CGT éduc’action. Elle regrette l’effacement progressif des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) : « Les Rased impliquaient des instituteurs spécialisés, des psychologues scolaires, qui prenaient en charge les enfants sur le temps d’école. Aujourd’hui, tout est externalisé. L’école ne vient plus en aide à ceux qui en ont besoin. »

    « L’école inclusive est une coquille vide »

    Pour la syndicaliste, la création de 1 200 postes d’AESH, pour la rentrée prochaine, « est un pansement qui ne palliera pas un manque énorme », tant en effectifs qu’en formation, dans le cas de l’enseignement spécialisé : « Le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (Cappei) n’est plus spécialisé selon le public. Et, à partir de la rentrée, la moitié des heures de formation se fera sur du temps libre, les mercredis ou pendant les vacances. » Une mesure qui montre, selon elle, que « le gouvernement n’a pas l’intention d’agir sur le fond. L’école inclusive est une coquille vide. »