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  • Un collectif dresse un bilan alarmant des morts de la rue

    Un collectif dresse un bilan alarmant des morts de la rue

    Le collectif « Les morts de la rue » (CMDR) a recensé, en 2025, 927 décès de personnes sans domicile. Ce chiffre, paru dans le rapport annuel du CMDR sur les décès liés au sans-abrisme, représente une faible amélioration par rapport aux 938 morts enregistrés en 2024, alors que le nombre de décès de personne à la rue augmente régulièrement depuis la création du collectif, en 2003.

    Le rapport dénonce une « urgence humanitaire » et fait part de l’enquête du collectif sur les causes, souvent violentes, des morts de la rue. « L’âge moyen des décès dans la rue est de 49 ans, soit 30 ans d’écart avec la population générale. Mourir sans chez-soi, c’est mourir avant l’heure, systématiquement. Derrière chaque chiffre, il y a une personne, une vie brisée par le sans-abrisme », déplore le rapport de 182 pages.

    Un recensement loin d’être exhaustif

    Le CMDR collabore avec des associations locales comme les Marseillais solidaires des morts anonymes (MSMA). Ils œuvrent pour assurer des funérailles dignes aux personnes décédées dans la précarité et accompagner les proches en deuil, lorsqu’ils parviennent à les retrouver. Bérangère Grisoni, présidente des MSMA, constate une hausse des décès dans la rue à Marseille. « Et le recensement est loin d’être exhaustif. Il dépend des signalements d’associations partenaires. Ce n’est pas la totalité des décès qui concernent les personnes sans-abri », ajoute celle qui est aussi présidente du CMDR.

    Une cérémonie d’hommage aux personnes décédées à Marseille sans proches identifiés aura lieu ce samedi à 11h au cimetière Saint-Pierre.

  • Des jeunes de la PJJ se donnent la réplique à Avignon

    Des jeunes de la PJJ se donnent la réplique à Avignon

    La scène de la FabricA d’Avignon est presque prête, les décors sont prêts et les derniers tests techniques sont en train d’être faits à une heure du lever de rideau de la pièce « Traverser la nuit ». Sauf que celle-ci ne sera pas jouée par des acteurs professionnels du théâtre, mais par des jeunes sous main de justice de toute la région et leurs éducateurs, devant leurs familles, mais aussi devant des juges et des représentants de l’État.

    Le projet est porté par la Protection judiciaire de la jeunesse avec le Festival d’Avignon et la compagnie Primesautier Théâtre. Il est monté de toutes pièces en cinq jours par les adolescents, leurs éducateurs, avec les metteurs en scène et les équipes techniques professionnelles du site. Tous sont logés au sein même de la FabricA, qui sert aussi de résidence aux troupes de théâtre pendant toute l’année. « C’est vraiment extraordinaire », s’exclame avec des étoiles dans les yeux Julia*, mineure, quelques minutes avant de monter sur scène. « C’est trop bien d’être aussi entourés d’adultes ! Ça m’a fait changer la vision que j’avais sur les éducateurs », ajoute-t-elle, précisant que « la pression monte un peu ». À quelques mètres, John* et Maya* sont, eux, éducateurs et montent également sur scène d’ici quelques minutes. « J’ai vu le projet en tant que spectateur il y a deux ans et ça me semblait hyper intéressant. On a tout partagé pendant quelques jours, c’était un vrai microcosme. C’est vraiment hyper impressionnant. Et on voit que la Gen Z, si à l’aise sur les réseaux, est quand même plus dans l’appréhension en face-à-face », ricane le premier. « Je n’ai jamais fait de théâtre et c’est une super expérience de vivre ça », ajoute la deuxième.

    Un nouveau dispositif a aussi été testé pour faciliter l’apprentissage des textes, avec des casques audio pour « libérer les jeunes de la lecture », confie une metteuse en scène.

    Sixième édition

    Le thème de cette sixième édition, le rapport à l’intelligence artificielle, n’est évidemment pas choisi au hasard. « Ce sont des sujets de société qui appellent à réflexion », rappelle Adam Costerg Dia, référente laïcité et citoyenneté de la Direction territoriale de la PJJ Alpes-Vaucluse. « C’est un gros dossier qui nous touche tous les jours. Et on voit les accords, les réflexions. On s’immerge vraiment dans une création », confie de son côté Julie Minck, comédienne et metteuse en scène qui a accompagné les néo-acteurs toute la semaine.

    Un projet qui est voué à se pérenniser au vu de son succès auprès des jeunes. « On veut continuer et toucher de nouveaux jeunes. Ça permet de faire découvrir ou redécouvrir le théâtre autrement », confie Juliette Marmisse, chargée des relations avec le public au Festival d’Avignon. D’autant que cela crée des relations et « on en revoit toujours l’été au Festival et certains sont même agents d’accueil ou de billetterie », ajoute Juliette Marmisse. Et peut-être bientôt sur les planches.

    *Prénoms modifiés

  • Un ancien cadre de l’AP-HM jugé pour le recrutement de sa compagne

    Un ancien cadre de l’AP-HM jugé pour le recrutement de sa compagne

    « Je suis meurtri par ce que j’ai entendu. Je suis un enfant de l’hôpital public que j’ai toujours servi avec un degré de probité exceptionnel. À aucun moment je n’ai dérapé », a nié jusqu’au bout du procès Pierre Pinzelli, 63 ans, ancien secrétaire général des Hôpitaux de Marseille (AP-HM), jugé lundi pour prise illégale d’intérêts avec sa compagne, la psychologue clinicienne Corinne Cuvello, accusée de recel. Elle a été recrutée en 2019 comme chargée de mission sur l’absentéisme puis sur la responsabilité sociétale, une fonction où elle ne brilla guère par sa présence.

    « Un emploi que j’estimais fictif »

    Pierre Pinzelli dirige désormais l’hôpital d’Avignon, où Le Canard enchaîné a révélé, en mars 2025, qu’il était encore visé par une procédure identique dépaysée au parquet de Montpellier pour la nouvelle embauche de sa compagne. À Marseille, les rumeurs avaient enflé et c’est une syndicaliste de la CGT de l’AP-HM qui adressait un signalement au parquet de Marseille, lasse de ne jamais voir cette psychologue recrutée en décembre 2019 en CDI pour 3 500 euros par mois pour une mission sur l’absentéisme – un sujet majeur à l’APHM où plus de 10% des agents étaient en arrêt maladie. Même avant la crise du Covid, personne ne la voyait dans son bureau. « J’étais très agacée de ne jamais pouvoir la rencontrer entre 2019 et 2021. Ça m’énervait de payer des impôts pour un emploi que j’estimais fictif. J’ai décidé de faire un tract et de menacer la DRH », a témoigné Colette Biscaldi, constituée partie civile, estimant avoir été victime de représailles. En février 2021, le tract intitulé « Baise, baise, baise à l’AP-HM ! » avait piqué bien des yeux.

    « Je n’ai pas décidé seul dans un coin, ça a été validé par le directeur général. Cette mission avait du sens. C’est un jury de 4 personnes qui a décidé » se défend M. Pinzelli pas dérangé d’avoir siégé dans ce jury. « On était assez proche, mais on ne couchait pas ensemble. Nous avons commencé à faire vie commune bien après que j’ai quitté l’AP-HM » assure-t-il.

    Des photos de 2020 le démentent, extraites du rapport d’enquête d’un détective privé payé par l’ancien mari de Corinne Cuvello qui la soupçonne alors d’adultère. Elle est vue au domicile de fonction de M. Pinzelli sur la Corniche Kennedy. « Cela m’est arrivé de passer la nuit chez lui. Il m’a tendu la main quand j’étais en difficulté » admet Mme Cuvello. La relation extraconjugale avait en réalité débuté en 2007, puis s’était interrompue. Devant les dénégations persistantes, la présidente lit un mail de 2016 de Mme Cuvello à M. Pinzelli : « Si tu savais la chaleur qui entoure l’image que j’ai de toi ».

    L’enquête a dénombré plus de 3 200 contacts téléphoniques avec Pierre Pinzelli entre décembre 2021 et juin 2022. « Vous l’appelez tout le temps » dit la présidente qui pointe ensuite son « activité professionnelle faible ». « Vos ordinateurs sont si peu utilisés qu’on n’a pas l’impression que vous travaillez alors que vous êtes à temps plein. Sans être désobligeante, il est quand même très vide votre rapport d’activité. » Mme Cuvello rame à la barre : « J’étais à fond dans ma mission. L’absentéisme est un dossier crucial. Pour changer de paradigme, j’ai amené une vision différente. » Et si elle boude ses ordinateurs, c’est qu’« il y avait beaucoup de lecture et de réflexion ».

    « Qu’on en finisse

    avec cette mascarade »

    La procureure Patricia Ferreira Morais lit un échange énervé de la DRH de l’époque qui dénonce la perte de lucidité du secrétaire général : « Je voudrais que le DG tape une fois pour toutes sur la table et qu’on en finisse avec cette mascarade qui nuit à tout le monde ». Le parquet a requis la condamnation du couple. Lui en tant que chargé de mission d’un service public qui « a compromis son indépendance, son impartialité en intervenant sans cesse et en outrepassant ses fonctions. Sans ce lien personnel et intime, elle n’aurait jamais pu être recrutée car madame ne correspondait pas au profil ». De réclamer 12 mois avec sursis, 30 000 euros d’amende, deux ans d’inéligibilité et un an d’interdiction d’exercer dans la fonction publique. Contre Corinne Cuvello, 10 mois avec sursis sont requis, 15 000 euros d’amende, 2 ans d’inéligibilité et un an d’interdiction de la fonction publique mais aussi d’expertise, car la psychologue est aussi experte judiciaire près la cour d’appel de Nîmes.

    Délibéré le 10 novembre.

  • Ollioules : opération coup de poing de la CGT à Carrefour

    Ollioules : opération coup de poing de la CGT à Carrefour

    Préparée dans le plus grand secret – le lieu ayant été précisé au dernier moment à la presse – pour que l’électrochoc fonctionne à plein régime et éviter aussi que la direction ne vienne mettre des bâtons dans les roues, la mobilisation s’est déroulée dans une parfaite fluidité. Entrés sans encombre dans le magasin dès 9h, les manifestants ont défilé dans l’allée centrale de l’hypermarché, arborant drapeaux et chasubles de la CGT. Une centaine de salariés de l’enseigne sont venus inviter leurs collègues d’Ollioules à les rejoindre dans le combat pour défendre leurs droits et leurs intérêts.

    Dans sa prise de parole, le délégué syndical Patrick Aitaissa a dénoncé la stagnation des salaires, la réduction des effectifs et les conséquences des conditions de travail sur la santé des salariés, en rappelant les milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés par Carrefour. Histoire d’insister sur le décalage entre les résultats de l’entreprise et leur pouvoir d’achat.

    « Qui fait tourner les magasins ? Nous, les caissières, les employés libre-service, les boulangers, les bouchers, les manutentionnaires, les agents de sécurité... », martèle le responsable syndical. Et de poursuivre : « Les prix du loyer, de l’énergie et du caddie explosent. Et nos fiches de paie n’avancent pas. »

    La CGT pointe ensuite les responsabilités. À commencer par celle de la direction. Le syndicat l’appelle à respecter la clause de revoyure prévue dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), estimant que celle-ci doit permettre une évolution des salaires lorsque l’inflation augmente. « Quand l’inflation dérape, les salaires doivent suivre. Ce n’est pas une faveur, c’est un engagement », rappelle Patrick Aitaissala en demandant donc son application.

    Autre sujet mis en avant lors de cette mobilisation : les conditions de travail. La CGT dénonce « des effectifs réduits à l’os pour faire tourner le magasin » et des cadences qui épuisent et pèsent directement sur la santé des salariés. Mais aussi des changements de planning de dernière minute et les dimanches imposés.

    La CGT estime d’ailleurs que les alertes, lancées par les salariés concernant la sécurité et la souffrance au travail, ne sont pas suffisamment prises en compte. Et cerise sur le gâteau : des licenciements pour inaptitude, selon le syndicat, venant récompenser les loyaux services une fois les corps abîmés.

    Un autre rapport de force

    La mobilisation a en effet également porté sur le devenir de ces salariés confrontés à des problèmes de santé liés à leurs conditions de travail.

    « Nous exigeons l’arrêt de ces licenciements, plus de 3 200 depuis 2018 au sein de Carrefour, et le respect de l’obligation de reclassement », a déclaré le représentant syndical. Et d’évoquer selon lui le cas d’une ancienne salariée du magasin d’Ollioules, qui en a elle-même fait les frais après avoir été confrontée à des problèmes successivement aux deux épaules ayant entraîné plusieurs mois d’arrêt de travail.

    Dans ses communications institutionnelles, Carrefour met en avant un « dialogue social constructif et régulier » ainsi qu’une politique de « prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail ».

    Les inquiétudes relatives aux évolutions annoncées ou envisagées au sein du groupe, notamment la location-gérance et la franchise, ont également été exprimées. Avec à la clé, encore « moins de droits, moins de garanties, moins de protections » et la remise en cause des conquis sociaux. « On est là aussi pour dénoncer la stratégie de notre PDG, Alexandre Bompard, qui finalement, lui, se prend 19 000 euros par jour et nous augmente de 0,9%, alors que la plupart sont payés juste un peu au-dessus du Smic », poursuit Céline Arnaud, la déléguée syndicale nationale adjointe CGT Carrefour Hypermarché. Et de poursuivre : « C’est un rentier, pour gagner toujours plus d’argent, il loue ses magasins et sépare de la masse salariale. »

    La CGT a aussi mis en cause certaines pratiques syndicales. « Le syndicat maison est ici bien en place et maltraite les travailleurs de ce magasin », condamne la responsable cégétiste, qui affirme par ailleurs : « Ici, si tu n’as pas ta carte à ce syndicat, tu n’as pas de tire-pales électriques et tu t’exploses le dos avec un tire-pales manuel. » Une proximité avec la direction et des prises de position jugées indignes d’une organisation syndicale, blâme la CGT. Elle invite donc les salariés à « se réveiller » et voter aux prochaines élections professionnelles en leur faveur.

    Une démonstration bien accueillie qui pourrait porter ses fruits. D’ici là, CGT promet d’aider les salariés à s’organiser.

  • Une villa du Roucas Plage devra être en partie démolie

    Une villa du Roucas Plage devra être en partie démolie

    Le tribunal judiciaire de Marseille a condamné un propriétaire à démolir partiellement sa villa. Le jugement fait primer le cahier des charges du lotissement du Roucas Plage, avenue des Alpilles, 8e, à Marseille. Ses règles internes à valeur contractuelle sont plus restrictives que le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi).

    Le propriétaire, Romain Teboul, défendu par Me Olivier Burthez-Doucede, devra supprimer le troisième niveau de la villa située dans le périmètre protégé des balcons remarquables du Roucas blanc et de la colline de la Garde. Comme le demandait l’association syndicale autorisée (ASA) du Roucas Plage, défendue par Me Alain Xoual, il devra ramener les surfaces de plancher créées de 226,5m2 à 150m2. Il devra replanter les six arbres de haute tige abattus et végétaliser en pleine terre au moins la moitié de la surface du terrain. Pour s’assurer de sa bonne exécution, le jugement du 14 septembre rendu par la 3e chambre civile prononce une astreinte de 300 euros par jour de retard passé le délai de 10 mois. L’exécution provisoire n’est toutefois pas prononcée.

    Un permis modificatif surprise

    Les juges ont pleinement appliqué le règlement du lotissement en considérant que les colotis ont entendu « de façon non équivoque » donner une valeur contractuelle à ces règles « afin de préserver le cadre de vie au sein du lotissement en limitant la hauteur des constructions, en favorisant la végétalisation et en limitant la densité de construction dans des proportions supérieures à celles prévues par le plan local d’urbanisme ».

    Sa construction en 2023 avait suscité la colère de l’ASA du Roucas Plage et d’un collectif de résidents (La Marseillaise, du 13 juin 2023). La villa moderne a été bâtie après démolition d’une maison provençale de deux niveaux. Le permis de construire accordé en juin 2022 autorisait une construction de 4 pièces pour 226,5m2, alors que la déclaration réceptionnée quelques jours plus tard en préfecture au titre du contrôle de légalité mentionnait 150m2, comme sur l’affichage… Puis cinq mois plus tard, un permis modificatif surprise, non transmis à l’ASA, autorisait une élévation à 9,8m, une surface de plancher de 226,5m2 et un niveau en sous-sol. L’affaire avait soulevé beaucoup d’interrogations sur le process d’instruction du dossier par le service de l’urbanisme.

    La construction doit être mise en conformité pour respecter le maximum de deux niveaux et de 7m de hauteur par rapport au sol naturel, une surface de plancher qui ne dépasse pas 33% de la surface du terrain et 50% de la surface du lot plantés de végétaux en pleine terre.

    Les juges ont retenu que Romain Teboul avait une « connaissance incontestable des règles applicables et son intention délibérée de ne pas les respecter en déposant une demande de permis modificatif sans en informer l’ASA du Roucas Plage ».

  • À Manosque, mobilisation devant Géométhane

    À Manosque, mobilisation devant Géométhane

    Les salariés de Géométhane, entreprise de stockage de gaz naturel dans des cavités souterraines, mais aussi d’Enedis, de GRDF ou encore de RTE, sont appelés à se mobiliser, ce mardi, devant le site de Manosque, pour protester contre les préconisations du rapport de la Cour des comptes. « Ses préconisations sont de réduire, voire rendre caduques, des dispositifs qui sont historiques, comme le tarif agent, qui fait partie de nos éléments de rémunération. On baisse votre salaire annuel de 20% parce que vous bénéficiez d’un tarif agent », explique Philippe Guimard, délégué syndical Géométhane pour FO, qui appelle à la mobilisation aux côtés de la CGT. « Ce n’est pas une loi, mais le rapport de la Cour des comptes donne des orientations, c’est une feuille de route pour les réformes. Et c’est là où on veut envoyer un message fort en disant que si vous touchez à ça, ça va mettre le feu », lance-t-il. Selon le syndicaliste, « en réalité, aucun changement qui interviendrait sur les éléments de rémunération des agents des industries électriques et gazières ne viendrait réduire la facture d’un consommateur ». L’objectif de la mobilisation est « de faire pression sur le gouvernement, avance Philippe Guimard. Ce qu’on veut protéger, c’est un modèle social commun, qui protège tout le monde. » Des délégations seront reçues à Bercy ce mardi. « En fonction des retours qu’ils nous feront, ça va conduire à des mouvements qui vont se renouveler », explique le syndicaliste.

    De son côté, la CGT élargit la mobilisation à d’autres revendications sur les heures supplémentaires et « l’attaque qui est portée depuis le printemps sur le financement de la caisse de retraite », avance Nicolas Davan, secrétaire général de la CGT Énergie Provence. « L’attaque sur le tarif agent est très symbolique, mais ce n’est pas financièrement aussi important que les autres attaques. Enedis met dans les caisses de l’État chaque année 1,3 milliard d’euros. Alors dire que nous, on coûte, c’est osé. Il n’y a pas grand monde qui rapporte autant que nous dans les caisses de l’État. »

  • Crise de Ceuta : une possible implication du Maroc

    Crise de Ceuta : une possible implication du Maroc

    La crise migratoire de Ceuta, marquée par l’arrivée fin juillet de 72 000 migrants (plus de 60 000 sont repartis), au-delà des aspects purement humanitaires, provoque d’importants remous politiques à quelques mois des élections générales qui, sauf scrutin anticipé, auront lieu à l’été 2027, précédé en mai par les élections municipales et autonomiques.

    C’est dire que le calendrier incite droite et extrême droite à faire monter la pression, aidées par cette crise à Ceuta qui permet au Parti Populaire (PP) et à VOX de harceler quotidiennement Pedro Sanchez et son gouvernement, dont la gestion de la crise et les prises de décision ont mis du temps à être actées. Il faut ajouter à cela la confirmation de la possible implication des autorités marocaines. Déjà, au moment du passage à Ceuta de milliers de personnes, de nombreux observateurs pointaient certaines complicités de la part de la police marocaine, plusieurs vidéos semblant montrer une aide logistique apportée aux migrants.

    Mercredi, un rapport de police a fuité dans la presse. Celui-ci indique clairement « la permissivité » des forces de l’ordre marocaines les 30 et 31 juillet. Devant les députés jeudi dernier, Pedro Sanchez, le chef du gouvernement, maintient n’avoir « aucune preuve » de l’implication du Maroc. « Aucun service, ni aucun organisme international, n’a remis au gouvernement espagnol de preuves solides que le Maroc ait planifié ou orchestré l’afflux de migrants », a déclaré Pedro Sanchez devant les députés, précisant : « Si ces preuves solides existaient, nous agirions en conséquence, avec toute la fermeté que la situation exige. » Ajoutant qu’« aucun rapport préalable n’avait anticipé l’ampleur ou la possibilité de ce qui s’est déroulé fin juillet à Ceuta ».

    Pas de « conflit »

    Pedro Sanchez qui cherche à éviter toute confrontation avec Rabat, a expliqué ainsi sa position : « Nous n’avons pas la moindre intention de déclencher, dans un monde déjà particulièrement instable, un conflit diplomatique avec un pays voisin sans disposer de données solides pour le faire. » Rappelons que le Maroc revendique sa souveraineté sur les deux enclaves espagnoles de Melilla et Ceuta, souveraineté non formulée auprès de l’ONU. Les derniers événements à Ceuta ne sont pas étrangers à la volonté du Maroc de faire pression pour régler la question du Sahara occidental en sa faveur, dont une partie est déjà contrôlée par le Maroc et revendiquée par ailleurs par le Front Polisario.

    À ce contexte tendu entre l’Espagne et le Maroc s’ajoute le contexte intérieur consécutif à cette crise, avec les nombreuses manifestations en soutien à Ceuta qui ont eu lieu la semaine dernière. Lesquelles ont largement été récupérées politiquement par le PP et VOX avec des slogans racistes et xénophobes. Dans le même temps, d’autres manifestations, à l’appel d’organisations, collectifs et partis de gauche, se sont déroulées affirmant la solidarité envers Ceuta et les migrants.

    À ce jour, quelque 5 000 migrants sont toujours présents à Ceuta, selon le gouvernement, 10 000 selon les autorités locales. Au-delà des mesures financières prises en Conseil des ministres (plus de 300 millions d’euros débloqués), le gouvernement a décidé, par décret, de prendre le contrôle du port de Ceuta pour installer d’immenses tentes, sur 16 000 m² de sol portuaire, qui permettront d’héberger une bonne partie des migrants. Le ministre chargé des Territoires a affirmé samedi que « le gouvernement cherche une sortie et veut trouver les solutions humanitaires, en dernier ressort, la loi s’appliquera ». Autrement dit, il sera procédé à des expulsions.

  • [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    Reportage

    Entré au Panthéon en 1964, honoré en Provence, Jean Moulin est le grand oublié de la cité phocéenne. Marseille a bien consacré au chef de l’armée des ombres le nom d’un collège, d’une avenue, mais rien du niveau de « la première capitale de la résistance » suivant la formule de Maurice Chevance-Bertin (1910-1966) dirigeant du mouvement Libération Nationale né rue de Rome à l’été 1940.

    Dans les Bouches-du-Rhône, l’unificateur de la Résistance, enfant du midi né à Béziers en 1899, est surtout commémoré dans les lieux phare de son épopée. D’abord, le berceau familial à Saint-Andiol dans la maison de ses parents, 55, Route Nationale, pavoisée de drapeaux tricolores. Après son parachutage le 1er janvier 1942, il avait installé au fond du jardin une échelle en cas d’urgences et confié à sa sœur Laure un double de son ordre de mission microfilmé et signé De Gaulle qu’elle avait caché dans un tube d’aspirine dans l’interstice d’un mur du cimetière.

    Fausse moustache

    et lunettes fumées

    Un musée Jean Moulin installé dans son école rend hommage à l’enfant du pays propulsé à 25 ans sous-préfet d’Albertville. Il a été inauguré en juillet 2018 par Daniel Cordier, son secrétaire et biographe avec les descendants de Jean Moulin. Des photographies, ses lettres, ses dessins car c’est un artiste aussi, des documents racontent comment après un séjour chez sa mère et sa sœur à Montpellier, le préfet d’Eure-et-Loir limogé le 2 novembre 1940 par Vichy, s’installe comme agriculteur à Saint-Andiol. Le haut fonctionnaire a 41 ans et mûrit son départ clandestin pour Londres. « Il circule beaucoup dans la région, sous sa fausse identité de Joseph Mercier, un chapeau rabattu sur les yeux, affublé d’une moustache et de lunettes fumées » écrit l’historien Robert Mencherini.

    Créée en 1978, une route « Jean Moulin, chemin de la liberté », suit ses pas depuis le Mémorial de Salon-de-Provence inauguré en 1969, quatre ans après son entrée au Panthéon et l’oraison d’André Malraux qui ont définitivement inscrit Jean Moulin dans l’histoire de France. Il a 41 ans, multiplie les contacts et rencontres à Marseille, devenue la plaque tournante des premiers noyaux d’organisations clandestines. Il repère ainsi le mouvement de Libération nationale de Henri Frenay, Libération-Sud d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie et Franc-Tireur de Jean-Pierre Lévy.

    Durant six mois, Jean Moulin parcourt la région, va d’Orgon à Miramas en bicyclette, ausculter les réseaux naissants. « Je me souviens de cette rencontre à Avignon car il portait toujours un grand foulard » écrit Emmanuel d’Astier de la Vigerie (1900-1969). Un tissu qui cache le coup de rasoir qu’il s’est donné à Chartres pour ne pas signer un écrit des Allemands accusant à tort des tirailleurs sénégalais de massacres. Il multiplie les séjours à Marseille (page suivante) qui grouille de réfugiés, d’exilés en attente de visa. Jean Moulin rencontre les hommes des premiers réseaux émergents dont Henri Frenay qui à l’été 1940 avec Berty Albrecht (1893-1943) a créé le Mouvement de Libération Nationale (Combat). Il observe le bouillonnement contestataire qui se traduit par la première manifestation hostile à Vichy. Elle a lieu le 28 mars 1941 au bas de la Canebière en face de l’hôtel où il descend.

    « Je vous garantis, j’en ai eu les larmes aux yeux »

    De cette exploration, Jean Moulin fera à De Gaulle le portrait de cette résistance intérieure qui s’invente. Le 9 septembre 1941, il prend le train en gare Saint-Charles pour aller à la rencontre du chef de la France libre. Un périple clandestin de Barcelone à Lisbonne, avec un faux passeport au nom de Joseph Mercier. Il touche l’Angleterre en hydravion le 20 octobre 1941 et reçu par De Gaulle à qui il remet un « rapport sur l’activité, les projets et les besoins des groupements constitués en France en vue de la libération nationale ». De Gaulle, 50 ans, voit un préfet de 42 ans « rempli jusqu’au bord de l’âme de la passion de la France ». Il en fait son représentant et délégué du Comité national français pour la zone sud. « M. Moulin a pour mission de réaliser dans cette zone l’unité d’action de tous les éléments qui résistent à l’ennemi et à ses collaborateurs. M. Moulin me rendra compte directement de l’exécution de sa mission ». La Mission Rex est lancée.

    Le musée de Saint-Andiol a reconstitué la carlingue du bombardier de la RAF d’où Jean Moulin a sauté dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 à 300 mètres d’altitude. « Rex » saute en premier et atterri dans un marais, puis ses deux officiers et enfin le parachute bleu pour la valise radio. Le « point de tombé » a été identifié en 2022 par les historiens Jean-Marie Guillon et Benoit Senne (page suivante). « Quand Benoît est venu m’annoncer ça dans mon bureau, je peux vous garantir que, pour quelqu’un de ma génération et jeune maire d’Aureille, j’en ai eu les larmes aux yeux. C’était historique. La mission Rex avait démarré à Aureille ! » se souvient encore ému Lionel Escoffier. L’itinéraire de la mémoire commence désormais par la borne du kilomètre zéro inaugurée en janvier 2025, et se poursuit à la bergerie d’Eygalières où « Rex » a trouvé refuge.

    La mission de Jean Moulin accomplie jusqu’au sacrifice suprême a permis de fédérer les forces combattantes, de créer les Mouvements Unis de la Résistance (MUR) et une Armée secrète. Le 27 mai 1943, « Rex » réussit le tour de force de convaincre les représentants de 8 mouvements de Résistance, de 6 partis politiques et de 2 centrales syndicales, de se réunir au 48, rue du Four à Paris. Le Conseil National de la Résistance (CNR) est né. C’est l’« embryon de la représentation nationale » qui allait légitimer De Gaulle auprès des Alliés. On connaît la suite, la trahison de Caluire le 21 juin 1943, son supplice dans les mains du SS Klaus Barbie à Lyon, le dernier souffle de Jean Moulin, le 8 juillet 1943, dans un wagon à Metz qui partait en Allemagne. Les lèvres du « chef d’un peuple de la nuit » n’avaient pas parlé.

  • Mortalité infantile : la région désarmée

    Mortalité infantile : la région désarmée

    C’est un document que le gouvernement voulait garder dans les tiroirs. Sept mois après avoir rendu ses conclusions, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a finalement été autorisée le 4 août dernier à publier son rapport consacré à la hausse de la mortalité infantile, au moment même où le Canard enchaîné en dévoilait le contenu.

    C’est que le constat est dramatique. « Connaissant une lente mais continue dégradation de ses indicateurs de santé périnatale au cours des quinze dernières années, la France se retrouve désormais en 23e position au sein de l’Union européenne (UE) en termes de mortalité infantile, une chute marquée par rapport aux années 1990, où elle figurait parmi les pays les mieux classés », pointe le rapport. Depuis 2011, ce taux a augmenté de 0,6 point pour atteindre 4,1 décès avant le premier anniversaire pour 1 000 naissances. « Si la France connaissait le taux de mortalité infantile moyen de l’UE, soit 3,3 ‰, ce sont les morts de 529 enfants dans leur première année qui auraient pu être évitées en 2024 », écrit l’Igas. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 182 nouveau-nés qui ont perdu la vie en 2024, soit 3,7 décès pour 1 000 naissances, contre 2,8 en 2012. Si l’augmentation est la plus forte dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Bouches-du-Rhône restent les premiers concernés avec 3,5 décès pour 1 000 naissances sur la période 2020-2024.

    La précarité en cause

    Derrière ces drames, pour moitié liés à des naissances prématurées, « l’accroissement de la précarité sociale et des difficultés socio-économiques joue un rôle important », souligne l’Igas. En première ligne, les femmes nées à l’étranger, avec « des barrières à l’accès primaire aux soins et des soins sous-optimaux », s’alarme l’Igas. Un constat qui vaut aussi en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans son bulletin régional thématique publié le 8 juillet dernier, Santé publique France pointe « des indicateurs de précarité et de morbidité maternelle plus défavorables dans les Bouches-du-Rhône ». 20,8% des femmes ayant accouché y bénéficient de la complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale de l’État, trois points de plus que la moyenne nationale. Parmi les facteurs de risque, le bulletin pointe aussi la forte augmentation du surpoids et de l’obésité avant la grossesse qui concerne désormais un tiers des mères.

    150 millions nécessaires

    C’est dans ce contexte que l’Assemblée nationale avait voté, en mai 2025, un moratoire de trois ans sur la fermeture des maternités. Leur nombre a été divisé par deux en trente ans en France, dans un contexte de chute de la natalité. Dans la région, elles sont quatre à avoir fermé ces dix dernières années, dont trois cliniques privées, alors qu’une femme sur vingt y a un temps de trajet supérieur à 45 minutes pour accoucher. « On ne saurait soutenir qu’il existerait un lien univoque entre l’organisation de l’offre de maternités et les résultats enregistrés en termes de mortalité infantile », objecte cependant l’Igas.

    Son rapport insiste davantage sur la nécessité de renforcer la prévention et le dépistage, le suivi post-natal, et en particulier de « se donner les moyens de toucher les publics les plus vulnérables et les plus éloignés des parcours de soins ». Mais surtout, il reprend l’alerte de la Société française de néonatalogie. « Les unités [de soins intensifs et réanimation] sont saturées, avec des taux d’occupation trop élevés, ce qui a un impact sur la qualité des soins et sur la mortalité », écrit l’Igas. Un quart des services refuse régulièrement des entrées critiques faute de place, et le sous-effectif infirmier augmente la mortalité des grands prématurés. Dans la région, 94 événements graves indésirables ont été déclarés en 2017 et 2024. Celle-ci est la moins bien dotée de l’Hexagone en matière de réanimation en néonatalogie : on n’y compte que 0,71 lit pour 1 000 naissances, quand l’Igas réclame un ratio d’un lit pour 1 000 naissances. Selon la Société française de néonatalogie, il faudrait consacrer au moins 150 millions de plus par an pour ajuster les effectifs soignants et le nombre de lits. « Une telle mesure se justifie d’un point de vue éthique, médico-économique et sociétal », résume l’Igas.

    Un accompagnement pour les femmes enceintes dans le 3e arrondissement

    Depuis le début de l’année, la Ville de Marseille a mis en place un dispositif Bien Naître à Marseille, avec l’ambition d’accompagner une centaine de femmes enceintes dans le 3e arrondissement, où plus de 52% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Lancé dans le cadre de sa politique de prévention et de lutte contre l’obésité infantile, ce programme propose deux ateliers « Alimentation et grossesse » ainsi que « Alimentation de bébé », avec des conseils personnalisés pour les participantes, auxquels s’ajoutent des activités hebdomadaires de marche, yoga, pilates, proposées par des associations locales. Identifiées par la protection médicale et infantile (PMI) ou par la maison de santé pluriprofessionnelle Peyssonnel qui accueille les ateliers, les participantes peuvent intégrer le dispositif au troisième mois de la grossesse, avec un accompagnement qui se poursuit avec quatre rendez-vous annuels après l’accouchement, pour un suivi durable. Surtout, elles reçoivent une aide financière de 45 euros par mois pendant cinq mois pour pouvoir accéder à une alimentation de qualité, qui peut être dépensée dans des lieux choisis pour la qualité de leurs produits.

    Y.S.

  • [Entretien] Patrick Bourdillon, CGT : « Avec l’ambulatoire, la prise en charge échoit aux familles »

    [Entretien] Patrick Bourdillon, CGT : « Avec l’ambulatoire, la prise en charge échoit aux familles »

    La Marseillaise : La maternité d’Apt a fermé en 2016, celle de la clinique Urbain V à Avignon en 2024. Quelles conséquences ont pu avoir ces fermetures ?

    Patrick Bourdillon : La baisse de la natalité considérable dans notre département a fait que l’absorption de l’activité d’Urbain V n’a pas eu pour conséquence une explosion des naissances sur le centre hospitalier d’Avignon. Mais la fermeture de l’hôpital d’Apt a amené beaucoup plus de naissances à Cavaillon, d’autant plus que la distance est importante depuis Apt. Et il y avait eu avant les fermetures à Vaison-la-Romaine et Pertuis. Si les chiffres de difficultés dans la naissance n’ont pas forcément augmenté, leur pourcentage par rapport au nombre de femmes qui accouchent lui augmente. On s’aperçoit surtout que c’est le nombre de professionnels en capacité de prendre en charge l’enfant, et la durée notamment de l’hospitalisation en post-partum, qui vont compter.

    Le rapport de l’Igas pointe le manque de places en réanimation en néonatalogie dans la région, quels constats faites-vous ?

    P.B. : Sur un centre hospitalier de la taille de celui d’Avignon, le service de néonatalogie n’est pas suffisant puisque c’est une maternité de niveau 2, donc nous n’avons pas de réanimation en pédiatrie. La plus proche est à Marseille, à pratiquement une heure de trajet. Un bébé en difficulté à Orange aura donc moins de chances qu’un bébé à la Timone. Mais les difficultés sur la réanimation existent aussi pour les adultes.

    Quelles sont les conditions de travail en néonatalogie ?

    P.B. : Elles sont plutôt bonnes dans la mesure où il y a un encadrement suffisant, même si parfois il y a des nécessités plus fortes. La néonatalogie est relativement préservée, mais nous ne sommes pas capables de gérer si beaucoup d’enfants ont des nécessités de soins, essentiellement pour les enfants prématurés ou pour ceux qui ont des complexités métaboliques ou des problématiques d’organes.

    Le travail de prévention est-il suffisant ?

    P.B. : Quand on voit les suppressions de subventions au Planning familial, on s’interroge… Ils ont dû faire appel à des dons en urgence ! D’autres préventions relèvent de la médecine de ville, mais le nombre de médecins est de moins en moins important. Cela a des conséquences, avant la naissance mais aussi après la grossesse. Il y a beaucoup d’arrivées aux urgences pédiatriques de jeunes mamans totalement perdues. L’ancien programme d’accompagnement du retour à domicile encourageait les jeunes mamans à rentrer le lendemain de l’accouchement, on a voulu faire de l’ambulatoire avec pour limite une prise en charge de l’individu qui échoit aux familles, et pas aux professionnels de santé. Alors il y a des incompréhensions sur la perception des symptômes de l’enfant, alors qu’il est de plus en plus compliqué de trouver des médecins, ne parlons même pas des pédiatres, pour voir si l’enfant est en danger ou pas. Le quadrillage médical ne se joue pas seulement sur les hôpitaux et maternités.