Tag: rallye

  • Deux minotes en 4L pour un rallye humanitaire

    Deux minotes en 4L pour un rallye humanitaire

    Sur le parking de la place du Jaï à Marignane, cette petite voiture blanche iconique détonne à côté des gros SUV devenus la règle en matière automobile. À bord d’une Renault 4 – que tout le monde appelle 4L du nom d’une de ses versions – Marine Proto et Juliette Wharmby. Ces deux étudiantes de 22 ans, respectivement infirmière puéricultrice et ingénieure en agroalimentaire, sont inscrites comme équipage 663 pour la 30e édition du rallye étudiant 4L Trophy en février 2027. Elles relieront Marseille à Marrakech en deux semaines, dont dix jours de rallye, en près de 3 300 kilomètres, sans le retour.

    Le but de cette aventure est d’amener des fournitures scolaires à Merzouga, au Maroc. « C’est à but humanitaire, on doit prévoir au minimum un sac à dos rempli de fournitures ainsi qu’un sac de sport rempli d’affaires de sport », détaille Marine Proto, « tout ce qui est alimentaire est limité à 10 kg et sera donné à la Croix-Rouge à Biarritz », point de départ de la course.

    « Pas là pour la vitesse »

    C’est une véritable compétition automobile. « Sans GPS, ni téléphone, juste une carte papier, juste une boussole et le roadbook », explique Marine Proto. « Celui qui fait le moins de kilomètres gagne », poursuit-elle, en cas de panne, il faudra compter « sur la famille ou sur l’aide des autres équipages ». « Il y a beaucoup d’entraide, même si c’est une course, on n’est pas là pour la vitesse », ajoute Juliette Wharmby.

    De toute façon, la Renault 4 n’est pas une Formule 1. « C’est le châssis qui compte », estime l’ingénieure, quand bien même sa collègue est « franchement surprise, elle marche super bien, même en montée ! On est allé faire des photos à la Sainte-Victoire », illustre-t-elle. Normal, elles ont choisi le plus gros moteur : « Le Cléon-fonte de 1 100 cm3, on ne voulait pas le Billancourt », plus ancien, développe-t-elle. Achetée en mars, « à Aubagne, l’annonce postée à 9h30, j’ai appelé à 9h32 », se rappelle Marine Proto. Révisée pour la route, l’idée était « de la faire rose pâle, mais vu la carrosserie nickel on va juste mettre des stickers », poursuit-elle. Juliette Wharmby aimait déjà les voitures anciennes. « On est amies depuis le collège et on voulait refaire une aventure ensemble », retrace-t-elle. « C’est elle qui m’a embarquée », reconnaît Marine Proto, qui depuis « se passionne » pour les anciennes. La passion incombe de chercher les financements pour un budget total estimé à 13 500 euros via sponsoring, loto et cagnottes. La course est aussi contre la montre pour le départ dans 6 mois.

  • Le Dakar met à mal les pilotes provençaux

    Le Dakar met à mal les pilotes provençaux

    Le Dakar 2026 est bel et bien lancé ! Après trois jours de compétition, un classement général commence à se dessiner dans les catégories auto et moto. Plusieurs pilotes du sud de la France étaient au départ à Yanbu, au bord de la mer Rouge. Les destins sont divers, mais tous ont connu des problèmes mécaniques sur le prologue et les deux premières étapes.

    Le plus malheureux a sans doute été Neels Theric. Le motard aixois de 27 ans a eu le plus grand mal à boucler le prologue, samedi dernier. Sa machine a subi des ennuis majeurs. « La moto s’est arrêtée à 3 kilomètres de la fin et je n’ai pas pu la réparer, avec les moyens du bord. J’ai donc poussé la machine jusqu’à l’arrivée. J’espère ne pas avoir fait ça pour rien et que je pourrais repartir normalement demain. » Le jeune homme a perdu 2h43 sur une spéciale d’une dizaine de minutes pour la plupart des concurrents. En effet, les étoiles se sont un peu mieux alignées pour lui. 27 minutes perdues sur Edgar Canet, plus jeune vainqueur d’étape de l’histoire du Dakar (20 ans), et 18 minutes lâchées lors de l’étape 2, lundi. Theric est pointé au 64e rang à 3h28, temps qu’il a majoritairement perdu dès les premiers tours de roues. Sur ses réseaux sociaux, il se disait « heureux de partir dans le bon wagon pour la 3e étape ».

    Christian Lavieille

    sur la bonne voie

    Autre motard, du Var cette fois-ci, Thibault Boucherot avait surtout en tête de découvrir le Dakar, « de rouler à [s]on rythme et d’être finisher ». Pour le moment, son aventure se déroule correctement. 83e du prologue, 96e de la première étape et 71e de la suivante, il se situe en milieu de peloton. Des débuts encourageants pour le rookie de 41 ans.

    Lui en est à sa 23e participation au Dakar. Christian Lavieille est un habitué du désert et se trouve également dans une position correcte après trois jours. Il est 44e au classement général avec son co-pilote, pompier de métier, Valentin Sarreaud. 43e du prologue et 37e de la deuxième étape, il a connu des ennuis durant la première. Une 70e place à cause de problèmes moteur dès le 50e kilomètre. « On a limité la casse, malgré la poussière, pour perdre le moins de temps possible… C’est sûr que ce n’est pas la meilleure manière de commencer le Dakar, mais on va croiser les doigts pour que ça reparte dans le bon sens dès demain [lundi] », écrivait le pilote de 59 ans sur Instagram.

    Selon toute vraisemblance, il n’y aura pas de 15e succès sur un Dakar pour Stéphane Peterhansel. Aligné en compagnie du Gardois Michael Metge, « Monsieur Dakar » connaît certains désagréments depuis ce week-end. Près de trois heures de retard en si peu de temps, à cause d’ennuis mécaniques et de fuites à répétition sur la voiture des deux hommes. Leur rallye se déroule forcément moins bien que Nasser Al-Attiyah, leader auto, et Daniel Sanders en moto. Le roi sans couronne Sébastien Loeb se classe 5e, mais 10 jours de compétition, c’est encore long, surtout au milieu du sable, de la poussière et des rochers.

  • Plusieurs régionaux sur la ligne de départ du Dakar 2026

    Plusieurs régionaux sur la ligne de départ du Dakar 2026

    Le désert saoudien accueille traditionnellement le premier grand événement sportif de l’année et ce sera encore le cas en 2026. Entre le 3 et le 17 janvier, plusieurs centaines de pilotes seront au départ du Dakar. Quinze jours de compétition, dont un de repos, 13 étapes et un prologue pour déterminer les vainqueurs dans chaque catégorie. Au total, 4 880 km à parcourir dans les dunes d’Arabie saoudite. Les participants relieront Yanbu à… Yanbu. Cette ville industrielle de plus de 300 000 habitants est posée sur la côte ouest, au bord de la Mer Rouge. Cinq des quatorze jours de course se dérouleront, au moins en partie, dans cette cité maritime.

    L’emblématique rallye-raid va, comme chaque année, réunir plusieurs pilotes du sud de la France. Parmi eux, Christian Lavieille, Neels Theric, Michael Metge ou encore Thibault Boucherot. Le premier cité n’est pas le doyen de la compétition, mais compte un grand nombre de participations. Le Varois, 59 ans, s’apprête à prendre le départ d’un 23e Dakar. Déjà auteur de trois top 10 durant sa carrière, il vise la victoire finale en auto, même si la concurrence sera féroce. « On veut se battre devant en deux roues motrices et essayer d’aller chercher une belle place au général, mais sur le papier, il y a beaucoup de voitures plus compétitives que nous. Dix pilotes peuvent gagner et c’est énorme. » Son co-pilote sera Valentin Sarreaud, sapeur-pompier de métier, originaire de Bagnols-sur-Cèze (Gard).

    Changement de véhicule avec Neels Theric. Seulement âgé de 27 ans, l’Aixois va démarrer dans quelques jours son 4e Dakar. Lui sera derrière le guidon de sa moto du constructeur chinois Kove Factory Racing.

    Le jeune homme compte construire sur son expérience et une dernière participation aboutie : « On a fait un bon Dakar 2025. La moto a été très fiable, on n’a pas été embêtés et c’est le grand point positif. Cette année, on veut montrer que la moto peut monter sur le podium en Rally 2. Sans prétention, mais c’est mon objectif et celui de l’usine », déclare-t-il, confiant.

    Excitant baptême du feu pour Boucherot

    Michael Metge ne sera pas derrière le volant, mais plutôt à côté d’une légende du rallye. Le Gardois sera le co-pilote de Stéphane Peterhansel, homme aux 14 sacres dans le sable du Sahara puis celui d’Arabie Saoudite. L’un des personnages emblématiques de l’événement qui participera, en 2026, une 37e fois à la course. Metge, lui, s’alignera à une onzième reprise au départ du célèbre rallye-raid organisé par ASO (comme le Tour de France).

    Thibault Boucherot fait partie d’une caste plus fermée, celle des motards rookies, qui vont donc effectuer leur premier Dakar. Ils sont 41 dans ce cas et le pilote originaire de Grimaud se lance dans l’aventure, sur une KTM. Dingue de moto et de l’épreuve, l’homme de 41 ans est chef d’entreprise dans la maçonnerie. Cette année, le Varois s’est senti prêt à entrer dans l’aventure et son rêve est devenu réalité. « Afrique, Amérique du sud, Arabie saoudite, j’ai suivi toutes les éditions du Dakar depuis mon enfance. Quand j’ai eu 40 ans, je me suis dit : il faut y aller maintenant ! Mon objectif est de passer la ligne d’arrivée du Dakar, quelle que soit la place. Je ne sais pas ce que je vaux, mais je n’ai aucun classement en tête. Je veux rouler à mon rythme et arriver au bout, ce serait déjà un bel exploit. »

    Plusieurs stars de la discipline viseront la victoire lors de cette 48e édition. À commencer par Sébastien Loeb, qui bute toujours sur la couronne de vainqueur dans cette épreuve. Le Qatari Nasser Al-Attiyah sera également présent, tout comme Carlos Sainz Sr, légende du rallye et père du pilote de Formule 1 du même nom. La belle histoire sera pour Mathieu Baumel. 11 mois après un accident qui lui a coûté sa jambe droite, le pilote de Manosque devient co-pilote du Belge Guillaume de Mévius.

  • Le duo varois des Dames Gazelles rayonne sur le Rallye Roses des Sables

    Le duo varois des Dames Gazelles rayonne sur le Rallye Roses des Sables

    Ce n’était au préalable « qu’une » aventure sportive et humanitaire. C’est devenu un souvenir impérissable et une performance qui impose le respect. Annie Méjan et Marie Payan, deux amies originaires de Néoules et La Seyne-sur-Mer, ont participé au Rallye Roses des Sables, une course 100% féminine et caritative dans le désert marocain, du 16 au 25 octobre. Dix jours de compétition qu’elles ont achevée à une magnifique deuxième place, à seulement 387 mètres des vainqueures.

    Les deux femmes, qui se sont rencontrées en 2023, avaient déjà concouru sur le Rallye des Gazelles 2024 : « Je vis avec un homme issu du rallye-raid. J’avais déjà cet univers dans la peau. Ça n’a pas été évident de trouver une partenaire et j’ai trouvé Annie au bout d’un an. On avait connu une panne. Ça avait été formateur et ça nous a donné une énergie pour le deuxième », détaille Marie, qui est gérante d’un garage auto.

    « Toutes les femmes devraient faire un rallye »

    Après ces premiers pas difficiles, les Dames Gazelles étaient loin d’imaginer ce qui les attendait : « On espérait le top 30 mais on voyait le podium d’un peu loin. Au bout du premier jour on était 7e, donc on a commencé à le regarder. Le deuxième jour on était à 20 m de la 3e place, ça nous a vraiment titillées. On a compris qu’on pouvait monter sur ce podium et on n’a plus rien lâché », déroulent-elles. Elles auraient même pu accrocher la première place, leurs concurrentes étant tombées en panne. Mais se souvenant de leurs galères sur le Rallye des Gazelles, elles ont décidé de les secourir : « C’est le reflet de ce rallye, qui est solidaire. Elles méritaient d’être premières », reconnaît Annie, alliant le fair-play à la performance.

    Au-delà de cet aspect sportif, les deux amies retiennent « une aventure humaine formidable. On a vraiment été touchés par la solidarité des participantes. Et niveau organisation c’était incroyable. Le directeur de course nous a menés dans des endroits magiques, des plateaux désertiques aux cols montagneux. » Cela, sans oublier l’aspect humanitaire de ce rallye, qui soutient plusieurs associations (le Club du petit-déjeuner, les Enfants du désert, l’Estelada, en faveur des enfants défavorisés, et Ruban Rose, qui lutte contre le cancer du sein). De leur côté, les Dames Gazelles ont soutenu « l’association des enfants de la baie de Bandol, qui vient en aide aux enfants et adolescents porteurs de handicaps très lourds et à leurs familles », précise le duo, qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : « On a d’autres projets à venir sur un autre rallye. On a plusieurs idées mais on n’est pas arrêté. Je pense que toutes les femmes devraient faire un rallye, c’est vraiment quelque chose qui change votre vie », soutient Annie.