Un immense terre-plein central et un bâtiment administratif. À Frontignan, voilà ce qu’il reste de l’ancien site de 11 hectares de la raffinerie Exxon Mobil, dont l’opération de dépollution vient de s’achever.
Après 4 ans de travaux complexes mais réalisés « sans aucun incident majeur », précise Pierre Grangette de North Atlantic Group Énergies – à l’exception de la découverte sur le chantier d’une bombe datant de la Seconde guerre mondiale (!) -, cette friche industrielle a pu être remise, le 27 mai, à la Ville de Frontignan, propriétaire du terrain.
Obtenue en justice il y a 20 ans, par l’ancienne majorité municipale de Pierre Bouldoire (PS) sur la base du pollueur- payeur à l’entière charge (60 millions d’euros) de l’entreprise Esso SAF, l’opération de dépollution du site fut titanesque. Entre août 2022 et mars 2026, quelque 175 000 m3 de terre ont été excavés jusqu’à 4 mètres de profondeur, dont la moitié pour traitement en biocentre et réemploi. Afin de limiter les nuisances (émanations d’hydrocarbures, poussières), une tente gonflable géante (120 mètres de long sur 50 de large et 16 de haut) avait été installée sur place. Un dôme géant de 60 tonnes déplacé 18 fois pour quadriller la zone au fur et à mesure de l’avancée d’un des plus grands chantiers de ce type en Europe qui aura mobilisé sur place entre 40 et 70 ouvriers. Un « vrai défi » relevé en faisant en sorte que « les riverains soient le moins possible impactés par le bruit et les nuisances olfactives », se félicite Olivier Laurent, adjoint au maire.
Et maintenant ? Quel avenir pour cette friche industrielle à Frontignan la Peyrade ? S’il est donc réhabilité, le site ne pourra pas forcément accueillir n’importe quel projet. Une étude va être menée avec les services de l’État pour voir ce qu’il est possible de faire. Quoi qu’il en soit, le président de Sète Agglopôle voit le signe du « lancement d’une nouvelle ère pour le bassin de Thau ». « Les friches industrielles constituent un enjeu fondamental. Un espace de cette qualité-là, à proximité de la plage et du centre-ville, est unique et précieux », insiste Loïc Linarès (PS) précisant que sa collectivité facilitera le cas échéant les demandes « d’implantation d’entreprises locales » ou « d’installation de grands groupes ».
Son homologue socialiste de la mairie de Frontignan a déjà des idées derrière la tête. L’ancien bâtiment administratif de la Mobil est voué à accueillir les voyageurs de la gare, avec espace de restauration et parc à vélos à proximité. L’idée de Michel Arrouy est d’implanter un pôle d’échange multimodal. La gare SNCF déplacée en serait le cœur (début des travaux espéré en 2028 ou 2029) avec un parking pour « fluidifier la circulation à l’entrée de la ville » ainsi qu’un passage souterrain et un cheminement piéton vers le centre-ville. Mais seulement si la concertation avec les habitants s’avère concluante. « Nous voulons créer un quartier qui vive toute la journée, tourné vers la jeunesse, et ainsi, permettre à tous nos concitoyens de s’approprier cet espace public comme un vrai lieu de vie, à la fois source d’activités économiques, de qualité de vie au cœur de la ville », confie Michel Arrouy. Si l’État donne son feu vert, il n’est pas exclu que le futur quartier accueille aussi des logements…
« Créer un quartier qui vive toute
la journée, tourné vers la jeunesse (…) »




