Tag: Radio France

  • La station France Musique n’est plus diffusée en FM dans les Hautes-Alpes

    La station France Musique n’est plus diffusée en FM dans les Hautes-Alpes

    Dans plusieurs secteurs du département, notamment dans le Briançonnais, il n’est plus possible d’écouter la station de radio publique France Musique en FM sur son poste de radio. Depuis juillet, il faut passer par internet.

    Radio France indique avoir été amenée à restituer une partie de ses fréquences FM pour des raisons d’économie et d’usage : « L’écoute de la musique se fait de plus en plus via des supports numériques. »

    Fracture territoriale

    La députée Valérie Rossi (PS) a saisi la ministre de la Culture dès la fin de l’été : « La transition vers le numérique et le développement du DAB+ sont nécessaires, dit-elle. Mais la modernisation ne doit pas se traduire par un recul du service public dans nos territoires ruraux et de montagne. » Le DAB+, norme de radiodiffusion numérique terrestre en cours de déploiement, permet aussi de recevoir la radio par les ondes. « Mais ce n’est pas encore partout une alternative effective, tandis que l’écoute par Internet suppose une connexion et un équipement adaptés, poursuit la députée. Ce qui risque donc de créer une nouvelle fracture territoriale et culturelle. »

    Le sénateur Jean-Michel Arnaud (Les Centristes) a également posé une question au gouvernement le 3 septembre : « Cette situation est particulièrement pénalisante pour ce territoire où une partie de la population, notamment les personnes âgées, ne peut accéder facilement aux supports digitaux. La diffusion hertzienne demeure indispensable pour garantir l’égalité d’accès au service public radiophonique. »

    Agathe Di Lenardo

  • Les personnels de Radio France en résistance

    Les personnels de Radio France en résistance

    Céline Pigalle, directrice de la station publique depuis mars, a choisi un panel d’éditorialistes politiques et économiques pour les week-ends, comprenant le nouveau directeur adjoint de la rédaction du magazine Valeurs actuelles, Charles Sapin. Tollé. Dans une motion adoptée mercredi à l’unanimité, les personnels de Radio France disent leur « refus catégorique » de cette arrivée, car le magazine porte des valeurs non « compatibles » avec celles du groupe public.

    Pour le SNJ-CGT, Valeurs actuelles est un « organe de l’extrême droite multi-condamné ». L’hebdomadaire a été plusieurs fois condamné en justice, notamment en 2021 quand il avait dépeint en esclave l’élue insoumise Danièle Obono. Il a été racheté en 2025 par un trio d’investisseurs où figure le milliardaire catholique Pierre-Édouard Stérin. La société des journalistes (SDJ) de France Inter y voit « une ligne rouge », tandis que le Syndicat national des journalistes (SNJ) estime que Radio France apparaît « comme un paillasson ». Une référence aux accusations de partialité de l’audiovisuel public en faveur de la gauche, qui avaient motivé il y a un an la création d’une commission d’enquête parlementaire par l’UDR, allié au Rassemblement national (RN).

    Le racisme est un délit pas une « opinion »

    La direction de France Inter, qui a rencontré la rédaction mardi, fait valoir sa volonté d’« organiser la conversation entre toutes les opinions ». C’est un enjeu de « pluralisme », qui est « une mission du service public, d’autant plus importante en année présidentielle », selon elle. Sauf que le racisme n’est pas une « opinion » mais un délit…

    Le journaliste de Valeurs actuelles a été approché alors qu’il était encore au magazine Le Point. Après avoir assuré sa première chronique dimanche sur la dette française, il est venu mardi devant la rédaction assurer qu’il entendait faire évoluer la ligne de Valeurs actuelles qui a publié des « papiers indéfendables » dans le passé, a rapporté un participant.

    Mais pour les personnels de Radio France, « le pluralisme ne peut servir de prétexte à la légitimation des discours de haine », proclament-ils dans la motion qui s’adresse à la présidente du groupe Sibyle Veil et à Céline Pigalle. Ce sujet du pluralisme est central au sein de l’audiovisuel public depuis la commission d’enquête menée par Charles Alloncle qui a polarisé les discussions tout au long de l’année écoulée. Le député a été accusé par la gauche et le bloc central de vouloir affaiblir ce service public, voire le privatiser, comme le prône le RN. En année présidentielle, « ça nous fait tous flipper, il faut qu’on soit irréprochable, il y a cette espèce de syndrome du bon élève », confie un salarié de France Inter. Cette poussée de tension est d’autant plus vive que le journaliste Thomas Legrand, également chroniqueur à Libération et qui travaillait depuis 2008 à France Inter, a été définitivement écarté de Radio France.

    En septembre 2025, Thomas Legrand et un autre journaliste de l’audiovisuel public, Patrick Cohen, avaient été filmés à leur insu dans un restaurant avec deux responsables du PS. Cette vidéo avait déclenché la commission Alloncle.