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  • Face au Racing 92, la réaction d’orgueil d’un RCT au pied du mur

    Face au Racing 92, la réaction d’orgueil d’un RCT au pied du mur

    Au vu des premières minutes de la rencontre, débutée par un coup d’envoi d’Albornoz directement en touche, ce samedi après-midi avait, de prime abord, tout pour être le coup de grâce d’une semaine éprouvante dans la rade. Mais bien que malmenés par le Racing, acculés sur leur ligne d’en-but, auteurs de nombreuses fautes et réduits à 14 au bout de sept minutes, les Toulonnais ont résisté, au prix d’une débauche d’énergie significative de leur envie de se racheter.

    « Je pense qu’on gagne le match sur nos dix premières minutes. Sur notre ligne, on n’a rien lâché. Les joueurs se sont envoyés et ont été très solidaires », salue Franck Azéma, désormais seul aux commandes du bateau rouge et noir. Les prémices d’une réaction d’orgueil attendue suite au départ de Pierre Mignoni, qui avait vocation à créer « un électrochoc », comme on le martelait cette semaine au club. « On peut dire que c’est réussi », appuie l’entraîneur toulonnais après la victoire des siens (29-15).

    L’ex-directeur du rugby du RCT était dans toutes les têtes, avant et après le match. « Des pertes, j’en ai vécues plein. Mais comme Pierre, c’est rare. C’est la première fois avec autant d’émotions et autant d’affection pour la personne, avoue Gaël Fickou, très affecté par son départ. On avait vraiment à cœur de faire un énorme match pour nous, pour nos supporters mais aussi pour lui, pour tout ce qu’il a apporté à ce club car il y a tout gagné, il a grandi ici. »

    « Il fallait les agresser »

    Ses ex-protégés lui ont bien rendu. Car leur envie n’a jamais semblé décroître tout au long du match, et a permis d’emmener un public de Mayol dont la réaction était forcément attendue, voire crainte. « Tout le monde s’est mis au diapason à partir du moment où ils ont vu que les mecs se retroussaient les manches. Les gens ont senti ça, c’est ce qui fait la force de Mayol », constate Franck Azéma.

    Une communion favorisée par une prestation certes imparfaite, mais bien plus proche des attentes liées à cet effectif. Sans avoir pour autant tout révolutionné en une semaine : « On s’est concentré sur nous, on a fait un plan de jeu qui nous correspondait. On a eu peu de jours pour s’entraîner, donc on a été à l’essentiel », résume Charles Ollivon. « Il y a eu du mieux, notamment dans l’agressivité, dans l’intensité, dans notre jeu, dans notre stratégie aussi », note Gaël Fickou, dont la connaissance du Racing, où il a passé les cinq dernières saisons, a bien aidé à préparer la rencontre : « Je ne voulais pas les attendre. Il fallait qu’on les agresse, parce que je les connais par cœur : si on les attendait, on allait se faire pulvériser. » Et c’est finalement cela qui a, selon Franck Azéma, permis de « construire la confiance. D’abord à travers la défense, en ne lâchant rien sur le premier quart d’heure, puis en provoquant des fautes dans leur défense. Petit à petit, on a pris le score et construit le match ».

    Après les deux essais de Gros et Baubigny en première période, illustrations d’un jeu plus direct et incisif, c’est en effet grâce aux pénalités, converties par le pied d’Albornoz, auteur de 19 points et d’un sans-faute, que le RC Toulon a creusé l’écart en prenant à chaque fois les points : « Il y a eu des bonnes décisions de Lewis [Ludlam] et des leaders dans la période qu’on traverse », loue l’entraîneur varois.

    L’objectif sera désormais de poursuivre dans cette voie, en entamant de la même manière l’aventure européenne sur le terrain d’Édimbourg, vendredi : « Quand tu bastonnes comme ce soir, c’est aussi ce qui nourrit ton ambition et le plaisir que tu prends en équipe. Il faut s’appuyer là-dessus, essayer de l’exacerber et de le faire grossir petit à petit dans les prochaines semaines », se projette-t-il.

  • Pour sa première sans Mignoni, le Toulon domine le Racing 92 à Mayol

    Pour sa première sans Mignoni, le Toulon domine le Racing 92 à Mayol

    Pour la première fois depuis septembre 2022 – à l’exception d’une rencontre la saison dernière sur le terrain du LOU, alors que l’ancien demi-de-mêlée du RCT avait été victime d’un burn-out -, Pierre Mignoni, qui a quitté ses fonctions de directeur du rugby du club toulonnais mardi, n’a pas pris place sur le banc, ni dans les tribunes de Mayol ce samedi après-midi face au Racing 92.

    Après une semaine de préparation difficile, et un début de saison raté, les hommes de Franck Azéma espéraient repartir de l’avant, mais montraient des signes de fébrilité dès le coup d’envoi. Albornoz envoyait inexplicablement le ballon en touche, permettant aux Franciliens d’obtenir une mêlée et de s’installer dans le camp toulonnais. S’ensuivait une succession de phases de jeu visiteuses, pour autant de fautes varoises, qui conduisaient à un carton jaune pour Kyle Sinckler (7e), symbole de la nervosité des siens.

    Une efficacité offensive retrouvée, le sans faute d’Albornoz au pied

    Mais après avoir résisté à l’orage, les Rouge et Noir reprenaient le jeu à leur compte. Avec une adresse retrouvée ballon en main, ils parvenaient, comme trop peu souvent depuis le début de saison, à mener des attaques rapides et étaient logiquement récompensés grâce à Gros, en force (7-0, 21e). Six minutes plus tard, Baubigny, sur un maul porté consécutif à une touche, concrétisait une deuxième fois la domination varoise (14-0, 28e). Mais piqué, le Racing réagissait dans la minute, grâce à Gibert, qui exploitait les largesses sur la droite de la défense toulonnaise pour aplatir sous les perches (14-7, 31e). Juste avant la pause, le Racing se voyait refuser un essai pour un en-avant du passeur Naituvi, et malgré dix dernières minutes plus difficiles, le RCT regagnait les vestiaires avec l’avantage au score.

    Dans un second acte plus cadenassé, le RCT s’en remettait au pied de Tomas Albornoz. L’ouvreur argentin (43e, 58e, 63e, 68e) profitait de l’indiscipline parisienne pour donner jusqu’à 16 points d’avance au RCT et faisait oublier les maladresses de Melvyn Jaminet dans ce secteur ces dernières semaines. Les hommes de Patrice Collazo réduisaient cet écart par Hughes, en force (26-15, 70e).

    Les dix dernières minutes s’avéraient une nouvelle fois compliquées pour les coéquipiers de Lewis Ludlam, en infériorité numérique après le carton jaune reçu par Quere-Karaba (74e). Mais Albornoz poursuivait son sans-faute et enquillait une nouvelle pénalité de 50 mètres (77e) pour entériner une victoire plus que bienvenue avant de se déplacer à Édimbourg, vendredi prochain, pour la première journée de Challenge Cup.

    RC Toulon – Racing 92 (MT : 14-7)
    6e journée de Top 14
    Samedi 10 octobre, 16h35
    Stade Félix-Mayol, Toulon
    13 225 spectateurs
    Arbitre : M. Marbot
    Points RCT : 2E Gros (20e), Baubigny (27e) ; 2T Albornoz (21e, 28e) ; 5P Albornoz (43e, 58e, 63e, 68e, 77e)
    Points Racing : 2E Gibert (30e), Hughes (70e) ; 1T Seunes (31e) ; 1P Seunes (55e)
    Cartons jaunes : Sinckler (7e), Quere-Karaba (75e) pour le RCT

    RCT : Gros (Ametlla, 59e), Baubigny (Damond, 56e), Sinckler (Gigashvili, 56e) ; Kpoku (Cancoriet, 51e), Ribbans ; Ludlam (Cap.), Ollivon, Mercer (Quere-Karaba, 69e) ; Serin (White, 64e), Albornoz ; Ferté (Jones, 41e, Rebbadj 75e), Fickou, Brex, Tuicuvu (Gigashvili, 12e ; Tuicuvu, 17e) ; R. Rebbadj (Keletaona, 72e). Entraîneur : Franck Azéma

    Racing : Njocke (Kharaishvili, 56e), Escobar (Basse, 76e), Bamba (Tupou, 56e) ; Lainault (Martins, 46e), Taofifenua (Joseph, 48e) ; Diallo (Hughes, 46e), Manyarara (Sanconnie, 69e), Baudonne ; Gibert, Seunes ; Ravutaumada, Tuisova, Habosi, Naituvi, Spring (cap.) (Spring, 64e). Entraîneur : Patrice Collazo

  • Avant la réception du Racing 92, le RC Toulon doit apprendre à vivre sans Pierre Mignoni

    Avant la réception du Racing 92, le RC Toulon doit apprendre à vivre sans Pierre Mignoni

    Le séisme provoqué par la démission de Pierre Mignoni mardi a fait trembler le sol du campus RCT toute la semaine durant. « Pour tout le monde, c’est dur. C’est une surprise, un choc », avoue David Ribbans, l’un des capitaines et hommes de base du désormais ex-homme fort du RCT, qui a « signé ici aussi pour lui » au moment de quitter Northampton en 2023. Et c’est visiblement ce qu’a tenté de provoquer l’ancien demi-de-mêlée toulonnais avec ce départ que le président Bernard Lemaître, et le désormais seul entraîneur Franck Azéma, ont tenté d’empêcher, en vain. « Ce n’est pas ce que je souhaitais, mais je peux comprendre ce qu’il veut faire », commente ce dernier. « Quand tu es chez toi, que tu as démarré le rugby ici, joué ton premier match en première à Mayol, entraîner ce club, c’est particulier. Plus qu’à l’équipe, tu as envie de donner à ta région, à ta ville. Je pense que c’est une façon pour Pierre de secouer tout le monde. J’espère que ça va avoir cet effet. »

    Malgré le presque prophétique burn-out de Mignoni en février dernier, cette décision était donc inattendue. Mais les joueurs, Baptiste Serin en tête, en assument la responsabilité, après la rouste reçue à Montpellier dimanche, épilogue d’un début de saison raté (4 défaites en 5 matches) et de huit derniers mois compliqués : « Je pense que ça nous pendait au nez. On n’a pas fait assez pour garder Pierre, mais c’est à la hauteur de la personne que c’est, il ne faut pas qu’on oublie qu’il se sacrifie pour nous. »

    « Se concentrer sur nous »

    S’il est trop tôt pour observer les effets de ce bouleversement, Franck Azéma voit déjà « des attitudes chez certains joueurs sur l’engagement, sur la prise de conscience. Mais ce sont les performances qui vont donner une indication sur ce qu’on est capable de réaliser. » Celle-ci arrive rapidement, avec la réception du Racing 92 ce samedi, que l’entraîneur toulonnais aborde avec l’objectif de revenir à l’essentiel : « En se concentrant sur nous, notre jeu, sur ce qu’on va être capable de maîtriser, les fondamentaux, la construction du match. En essayant d’avoir un socle solide pour bâtir dessus ». Car en face, le club francilien, qui se remet tout juste d’un début de saison guerre plus brillant que celui des Rouge et Noir, arrive avec l’envie de profiter de la situation : « C’est une belle équipe qui a beaucoup de qualités physiques. Dans leurs têtes, ils se disent certainement “ils ont un genou à terre, il faut les finir“. On en est conscients », analyse l’entraîneur varois. Un appel à faire preuve de fierté pour relever l’étendard. Car une chose est sûre : « On ne peut pas se satisfaire de voir Toulon comme il est en ce moment », appuie Baptiste Serin. Ses coéquipiers et lui ont les cartes en main.

    Décrié depuis le début de saison, notamment pour son manque d’efficacité au pied, encore visible face à Montpellier, Melvyn Jaminet, l’arrière du RCT, n’est pas dans le groupe convoqué par Franck Azéma ce samedi. Ce dernier s’en justifie : « Sur son début de saison, il n’est pas au rendez-vous. Il a besoin d’aller chercher au plus profond de lui pour trouver d’autres ressources. Il y a des choses qu’il peut mieux maîtriser. Il fait partie de ces garçons qui ont un niveau, un standard international. Il est largement capable d’aller chercher ce niveau-là. Encore faut-il qu’il fasse l’effort de le faire. Il y a la concurrence. Nous, on a besoin de performance le week-end. »

    RC Toulon –Racing 92 – 6e journée de Top 14

    Samedi 10 octobre, 16h35

    Stade Félix-Mayol, Toulon

    Arbitre : M. Marbot

    RCT : Gros, Baubigny, Sinckler ; Kpoku, Ribbans ; Ludlam (Cap.), Ollivon, Mercer ; Serin, Albornoz ; Ferté, Fickou, Brex, Tuicuvu ; R. Rebbadj.Entraîneur : Franck Azéma

    Racing : Njocke, Escobar, Bamba ; Lainault, Taofifenua ; Diallo, Manyarara, Baudonne ; Gibert, Seunes ; Ravutaumada, Tuisova, Habosi, Naituvi, Spring (cap.). Entraîneur : Patrice Collazo

  • Le RC Toulon peut officiellement dire adieu aux phases finales

    Le RC Toulon peut officiellement dire adieu aux phases finales

    Ils ont condamné leurs espoirs de rejoindre le top 6 qualificatif pour les phases finales du championnat. Les pensionnaires du Rugby Club Toulonnais ont été défaits par le Racing 92 (43-28), samedi à Paris La Défense Arena, lors de la 24e journée de Top 14. « Il y avait d’infimes chances avant ce match mais on avait à cœur de se livrer, de gagner, de les embêter le plus possible », lance Baptiste Serin, conscient que le scénario produit à la capitale n’était pas celui escompté : les Rouge et Noir ont encaissé pas moins de six essais, dont quatre en première période.

    « Mais c’est un peu à l’image de notre saison, très bien par moments et très très brouillon dans d’autres. Je pense qu’on est à la place que l’on mérite même si ça fait de la peine de le dire. Il faut bien finir la saison car il y a quelque chose à aller chercher pour la Coupe d’Europe. Il faut rester animé par cela. Mais oui, c’est dur », confie le demi-de-mêlée varois, entré en jeu à la 52e minute à la place de l’international écossais Ben White, auteur d’une prestation inquiétante.

    Tout comme le deuxième ligne géorgien Giorgi Javakhia, globalement dominé sur tous les impacts par les avants du Racing 92. « Même constat que les semaines précédentes : on ne met pas la main sur la balle, on ne sort pas de chez nous, encore des touches perdues, quand on est chez eux on fait des fautes de mains. On tente, il y a des intentions mais il faut qu’on garde ce putain de ballon. On ne fait que défendre et c’est tout le temps pareil tous les week-ends », déplore le troisième ligne tricolore Esteban Abadie, persuadé que son équipe va devoir être moins indisciplinée et approximative si elle veut se qualifier pour la Coupe d’Europe la saison prochaine.

    Quere-Karaba touché, Jaminet leader mitigé

    Neuvième à deux journées du terme de la saison, le RCT n’aura pas le droit à l’erreur et devra, en plus, compter a minima sur un faux pas du Stade Rochelais pour leur subtiliser cette huitième place tant importante. Tout cela sans une grande partie de leurs cadres. « Nous avons beaucoup de blessés donc on en paye les pots cassés mais on voulait jouer à fond cette Champions Cup donc il n’y a pas de regret par rapport à cela. Le club a une histoire avec cette compétition, même nous, les joueurs et le staff, on voulait offrir quelque chose de beau à nos supporters mais pas de regret par rapport à cela. Ce qui est dur c’est cet enchaînement de fin de saison avec la défaite en demi-finale puis en Top 14 c’est dur car il y a de gros matches. On a trop d’absents, même si ce n’est pas une excuse, c’est dur car on puise dans l’énergie », souligne Baptiste Serin. Ce dernier a par ailleurs été témoin de la sortie sur blessure de Joe Quere-Karaba. Le troisième ligne toulonnais faisait son grand retour à la compétition après avoir été touché pendant plusieurs mois au genou. Entré en jeu au cours de la seconde période, il a inscrit l’un des quatre essais varois du match. Selon les informations des Causeries de la Rade, il n’y aurait rien de grave pour Quere-Karaba. Plus de peur que de mal finalement.

    Parmi les marqueurs rouge et noir, l’arrière Melvyn Jaminet s’est montré comme à son habitude très précieux grâce à son sens de l’interception et sa maîtrise au pied. Il a d’ailleurs ouvert le score très rapidement face aux Franciliens, avant d’assurer un sans-faute entre les perches.

    Mais à l’image des prestations de ses coéquipiers, son jeu a basculé dans l’irrégularité à cause d’un trop grand nombre de ballons perdus. Des petits détails qui ont trop souvent coûté des victoires tout au long de la saison. Et plus particulièrement ces dernières semaines où le RCT n’a remporté que deux de ses neuf derniers matches de Top 14. Un bilan catastrophique pour une équipe qui visait encore le Top 6 il y a quelques semaines.

  • Le RC Toulon face au Racing 92 pour encore croire au top 8

    Le RC Toulon face au Racing 92 pour encore croire au top 8

    Après son élimination d’une courte tête par le Leinster en demi-finale de Champions Cup il y a deux semaines, et l’envol de ses derniers espoirs de top 6 avec sa défaite face à Toulouse samedi dernier (27-51), on peut définitivement écarter ce cru 2025/2026 du RC Toulon de la catégorie des millésimes. « Ils ont été meilleurs que nous, il n’y a pas vraiment photo là-dessus », analyse Jean-Baptiste Gros. « Ça nous fait progresser, on a un groupe qui a besoin d’apprendre, on n’a pas leur expérience. »

    Pour lui éviter un goût de bouchon, il est encore temps de sauver ce qui peut l’être : une place dans le top 8, et un ticket pour la plus prestigieuse des compétitions internationales. « Si on ne la joue pas l’an prochain, ce sera dur sportivement, au-delà du financier », alertait Pierre Mignoni après la défaite face aux champions de France.

    Au vu de l’énergie mise pour accéder au dernier carré de Champions Cup, ses hommes n’ont-ils pas laissé trop de forces dans la bataille, au risque de galvauder le championnat ? « C’est aussi la raison pour laquelle on en est là », acquiesce Baptiste Serin. « On se bat depuis un moment pour être dans les six et jouer sur les deux tableaux. Donc tu fais moins tourner, et quand tu demandes toujours plus à certains, ça pète.  » Son entraîneur, lui, ne regrette rien : « Je ne crois pas qu’il fallait faire l’impasse sur la Champions Cup. La preuve, on a fait les demi-finales. On est à Toulon, on se doit de jouer les deux tableaux, on veut être un grand club. »

    « Voir si on est compétiteurs »

    C’est plutôt par les tournants manqués et l’inconstance de son équipe que Pierre Mignoni explique la situation toulonnaise : « On s’est loupé deux fois à la maison, ça a été cruel et décisif. Mais on n’a pas été consistant à l’extérieur non plus, alors que l’an dernier on y prenait souvent des points. Si on avait pris des points plus réguliers, on aurait sûrement pu combler nos deux erreurs à domicile. »

    Il faudra pourtant gommer ces défaillances sur le terrain du Racing 92. Car une défaite sonnerait d’ores et déjà comme un coup de bambou, qui pourrait même s’avérer presque fatal en cas de victoire de La Rochelle face au Stade Toulousain. « Le challenge est là. Ce n’est pas gagné au vu de nos prestations tout au long de la saison. Tu peux aussi lancer une super dynamique pour la saison prochaine avec cet objectif à court terme. C’est plus excitant qu’autre chose. Mais c’est aux joueurs de se dire “on y va, on se jette dans la bataille” », insiste Pierre Mignoni. « C’est là que tu vois si t’es compétiteur ou pas », pose Baptiste Serin. « On aurait aimé être dans les six et se battre pour notre position. On n’y est pas, il faut redoubler d’efforts pour cette place en Champions Cup. »

    Racing 92 – RC Toulon

    24e journée de Top 14. Samedi 16 mai, 21h. Paris Défense Arena, Nanterre. Arbitre : Jérémy Rozier

    Racing 92 : Kolingar, Escobar, Bamba ; Hill, Taofifenua (C) ; Baudonne, Diallo, Tagitagivalu ; Carbonneau, Prisciantelli ; Spring, Tuisova, Habosi, Hulleu ; James. Coach : Patrice Collazo.

    RC Toulon : Gros, Damond, Sinckler ; Mézou, Javakhia ; Mercer, Abadie, Shioshvili ; White (C), Albornoz ; Ferté, Frisch, Tuicuvu, Dréan ; Jaminet. Coach : Pierre Mignoni.

  • Top 14 : Brex et Gros, les deux locomotives du RC Toulon

    Top 14 : Brex et Gros, les deux locomotives du RC Toulon

    Retombé dans ses travers à Marcel-Michelin face à l’ASM samedi dernier (27-10), le RCT veut repartir de l’avant. Et vite oublier : « J’ai très mal digéré le match. Mais ce qui est important, c’est qu’on reparte. On l’a analysé. Place au prochain. Je n’ai pas envie de revenir dessus », balaye d’un revers de main Pierre Mignoni, qui a visiblement peu goûté à la prestation de ses joueurs. « On est vite passé à autre chose mais la première réunion a été costaude », confirme Jean-Baptiste Gros. « Mais on a fait une bonne semaine avec beaucoup d’énergie, d’enthousiasme. On veut laisser ce match derrière, ça arrive de passer à côté. »

    Gros le « leader », Brex le « régulateur »

    Pour se relancer, la recette est simple : « Il faudra mettre ce qui nous a manqué. Mais pas uniquement ce week end. Si on est en difficulté en conquête, si on manque d’agressivité, c’est pareil tous les week-ends », affirme le pilier international, conscient que le RCT, à l’image de la saison dernière, a aussi pêché (3 cartons jaunes) par son « indiscipline. Ça me dérange un peu. »

    Présent, une fois n’est pas coutume, pour la préparation estivale, le joueur de 26 ans, peu habitué à cette période car habituellement en tournée avec les Bleus « a un peu souffert car la reprise a été dure. Mais c’est en train de payer et de lui faire du bien », décrit Pierre Mignoni. L’Arlésien de naissance, de nature discrète, a aussi pris de l’épaisseur au sein du vestiaire, poussé par son entraîneur : « Il est dans le groupe des leaders. Je me disais que c’était une bonne idée. Il a des choses à dire même si ce n’est pas un gros communicant. Il parle peu, mais il fait », décrit-il, conscient de la chance d’avoir à sa disposition « un pilier international avec ce vécu. »

    Autre joueur d’importance, le centre italo-argentin Ignacio Brex, laissé au repos samedi dernier, recrue estivale qui a déjà conquis la Rade. « C’est un bon relai sur le terrain, avec beaucoup d’expérience, très aimé du groupe. Il communique bien, aide beaucoup les trois quarts. C’est celui qui a été le plus aligné. À lui de continuer, car il n’est pas trop habitué au rythme du Top 14, donc il faut faire attention, avant de partir en sélection. C’est un régulateur en attaque mais aussi et surtout en défense. Il prend de bonnes décisions, il arrive à rattraper des coups à 50-50. Il ne va pas hyper vite mais a un bon sens de l’anticipation », vante Pierre Mignoni. L’intéressé, qui commence déjà à maîtriser le français, dit « se sentir très bien à Toulon ». Jusqu’ici aligné aux côtés de Cowie ou d’Antoine Frisch (lire par ailleurs), l’international italien (46 sélections) connaîtra un nouveau partenaire (Nonu, Sinzelle ou Smaïli) dimanche, ce qui ne le perturbe pas : « Je n’ai aucun problème car j’ai joué avec différents centres en Italie. Je suis ici depuis 3 mois, je peux jouer avec n’importe qui. Ma’a ? C’est mon idole, le meilleur centre de l’histoire, donc j’apprends beaucoup de lui. »

    La tuile pour Frisch
    Gros coup dur pour Antoine Frisch. Indisponible pendant de longs mois la saison dernière à cause d’une fracture du pied, le centre international français (deux sélections), revenu à la compétition en septembre, a rechuté et sera indisponible quatre à cinq mois. « Il va subir une opération du pied la semaine prochaine, le même que la saison dernière. Il est très déçu, car ça arrive lors de sa deuxième saison chez nous, après avoir été poursuivi par les blessures, l’an dernier. On avait fait un choix à l’époque. Ça n’a pas tenu. Il reviendra en mars », indique Pierre Mignoni, qui a annoncé qu’il ne ferait pas appel à un joker, mais qu’il était en revanche toujours en recherche d’un élément supplémentaire pour remplumer sa ligne d’avants.
  • Top 14 : Le Racing 92, l’équipe en forme avant de défier le RC Toulon

    Top 14 : Le Racing 92, l’équipe en forme avant de défier le RC Toulon

    Sèchement battu en ouverture de la saison sur le terrain du LOU (32-7), le Racing 92 enchaîne depuis les bonnes performances. Avec quatre victoires sur les cinq derniers matches, les Racingmen présentent le meilleur bilan sur la période et arrivent à Mayol fort d’une 5e place et d’un succès face à Montpellier (32-25), samedi dernier.

    « C’est une équipe en confiance. L’une des plus physiques, les plus denses. Mais ils ont également beaucoup d’atouts en termes de vitesse derrière. Ce sera un gros match », analyse Pierre Mignoni. « Je ne crois pas que ce soit un bon ou un mauvais match pour se relancer. J’attends qu’on se concentre sur nous, qu’on soit nous-mêmes, car on ne l’a pas été à Clermont. » « C’est une équipe très costaude, devant, derrière. Peu importe le poste, c’est du solide. On sait qu’ils vont jouer très physique. On est prévenu, à nous d’être présents », pose Jean-Baptiste Gros.

    Au rang des principaux dangers, Wilfried Hulleu, le jeune ailier arrivé de Grenoble cet été, meilleur marqueur francilien (4 essais) et auteur d’un doublé la semaine dernière. Mais aussi l’ailier Vinaya Habosi (3 essais) et surtout, l’une des meilleurs paire de centres du Top 14, avec Gaël Fickou et Josua Tuisova. « Tuisova est un grand joueur. Ce ne sera pas facile de jouer contre lui et Fickou, mais pas de problème, on jouera les 80 minutes et on en parlera », tempère Ignacio Brex, qui aura forcément du travail sur le plan défensif face à la vitesse des arrières ciel et blanc.