Tag: Quartiers prioritaires

  • À Toulon, le PS veut promouvoir le Pacte du pouvoir de vivre pour répondre aux attentes des habitants

    À Toulon, le PS veut promouvoir le Pacte du pouvoir de vivre pour répondre aux attentes des habitants

    À sept mois de l’élection présidentielle, les militants socialistes souhaitent « replacer au centre des débats la place de l’économie sociale et solidaires et des associations, car nous sommes convaincus que c’est un terroir fabuleux d’élan social et de progrès », pose Jacques Blandin, secrétaire de section du PS Toulon. C’est ce que promeut le Pacte du pouvoir de vivre, qui a fait l’objet d’un « Atelier de la rose », organisé par le parti jeudi à Toulon.

    Des « propositions fortes »

    Ce collectif apartisan de 67 associations, né des Gilets jaunes, promeut « un travail commun sur les préoccupations que sont les fins de mois et l’environnement », résume Yann Fradin, membre du bureau d’Emmaüs France. Un combat porté par « des acteurs de terrain, mutualistes, associations, syndicats », décrit Isabelle Godefroy, coordinatrice PACA du Pacte et membre du PS toulonnais.

    Et il en ressort des « propositions fortes » : faire respecter la loi SRU à travers la Fondation pour le logement – parti du pacte -, notamment à Toulon « qui n’affiche que 17 % de logements sociaux », et eu égard aux « 240 000 foyers français sans logement pérenne » ; multiplier les « territoires zéro non-recours » où sont déployés des référents pour apporter des aides pratiques et juridiques, mais aussi les « territoires zéro chômeur longue-durée », expérimentés dans 85 quartiers prioritaires de la ville, qui visent des retours à l’emploi pérennes et pour lesquels « on espère que le projet de loi visant à les étendre, adopté en juin au sénat, passera en seconde lecture à l’assemblée d’ici décembre », précise Michele Monte, représentante locale d’ATD Quart Monde, mouvement qui a créé ce dispositif en 2011.

  • Le marché solidaire de Port-de-Bouc devient un filet de sécurité alimentaire

    Le marché solidaire de Port-de-Bouc devient un filet de sécurité alimentaire

    À 10 heures, le petit marché est déjà vide. « Les adhérents sont venus tôt pour être sûrs de repartir avec des légumes », explique Nadia, facilitatrice de lien social au sein du centre social Nelson Mandela. Il faut dire que l’offre est imbattable : disposés sur l’unique étal, des produits issus de l’agriculture biologique attendent les habitants, pour un prix bradé à – 50%.

    Graine de soleil anime cette distribution mensuelle dans le quartier de Tassy. Chaque 1er jeudi du mois, l’association s’installe également aux Amarantes. Hector Lepage, qui a récemment rejoint les rangs de la structure, détaille : « On a une exploitation de 4 hectares à Châteauneuf-les-Martigues. On y accueille 30 à 35 personnes en insertion professionnelle, avec des contrats allant de 6 mois à deux ans, pour les aider à retrouver un emploi par le biais du maraîchage. (…) À côté de ça, on est agrémenté “structure d’aide alimentaire“, donc on peut vendre nos fruits et légumes à un prix solidaire pour permettre une meilleure accessibilité alimentaire aux habitants des quartiers défavorisés ».

    La qualité à un prix accessible

    Le sujet est loin d’être anecdotique. Face à la hausse persistante du coût de la vie, l’alimentation s’impose comme la première variable d’ajustement budgétaire des ménages modestes. La 2e édition du baromètre national réalisé par Ipsos bva pour l’Association nationale des épiceries solidaires (Andès) révèle que 54% des travailleurs pauvres restreignent leur quantité de nourriture. 70% déclarent s’alimenter essentiellement de féculents, tandis que 68% disent ne pas manger pas suffisamment de fruits et légumes frais.

    À Tassy, fléché quartier prioritaire de la politique de la Ville, les travailleurs sociaux voient la précarité grimper en flèche. « Avec l’augmentation de l’essence, du prix de l’énergie, l’inflation… la situation s’empire, affirme Nadia. Nos adhérents ont de petits revenus, on a beaucoup de familles nombreuses, de mamans solos. » Pour tenter d’enrayer cette spirale, Graine de soleil multiplie les marchés solidaires. « On en anime plus de 90 par an, notre production a explosé de 30% en deux ans pour être capable de suivre », témoigne Hector Lepage. « Les habitants demandent à avoir des produits de qualité à un prix accessible. Ils peuvent trouver des légumes moins chers à Lidl mais ils préfèrent avoir du bio et du local. »

    En fin de matinée, un retraité sort de son immeuble et traverse le City stade pour remplir son panier. « Il y a des marchés à Port-de-Bouc, mais ils proposent très peu de bio, confie-t-il. Puis il faut descendre en centre-ville. » D’où l’importance, pour Nadia, de faire de l’ultra proximité.

  • Au Plan d’Aou, les animations de La Marseillaise Breaking Cup brisent la routine

    Au Plan d’Aou, les animations de La Marseillaise Breaking Cup brisent la routine

    Un véritable « flash-back » pour Bboy Wensa, professeur de danse venu animer la 4e étape de La Marseillaise Breaking Cup 2026, de passage au Plan d’Aou (15e) ce jeudi. Installé sur le terrain de foot du centre social Grand Saint-Antoine, il accueille sur son tapis de break tous les curieux qui voudraient s’essayer à une ou deux figures. « J’ai grandi à Marseille, à La Castellane, retrace-t-il. Les fêtes de quartiers, les animations à la sortie de l’école, c’est comme ça que j’ai découvert le break. Je suis là pour transmettre et peut-être créer des révélations chez les jeunes, comme ça a été le cas pour moi à l’époque ». Pour cette journée d’initiation, le Bboy reste soft : roulement d’épaule, vague, croisement de jambes, les mouvements doivent rester « accessibles ». « L’idée est surtout d’apprendre à bouger en rythme », souligne-t-il.

    À quelques mètres, Lyna et Serena, toutes deux âgées de 12 ans, patientent pour tester l’atelier graff, après un passage au DJ Mix. « C’est trop bien, on aime trop : danse, musique, on kiffe ! S’enthousiasment-elles de concert. C’est bien, ça fait des activités, on a pas l’habitude. Quand il n’y en a pas, on fait rien ». Et Lyna d’ajouter : « En plus, j’ai appris plein de trucs au mix, je savais pas du tout que c’était comme ça ». Derrière, Dalila, venue avec ses enfants, fait le même constat : « On amène toujours les enfants ici, mais il n’y a jamais rien. Là, c’est sympa, ils peuvent danser, ils se régalent, et nous aussi d’ailleurs ! ». « L’accès à la culture est assez limité dans les quartiers prioritaires, note Othmane Hany, chargé de la lutte contre les discriminations à la mairie de secteur. Il faut multiplier ce genre d’évènements ». Bonne nouvelle : les festivités se poursuivent vendredi, cette fois-ci à Septèmes-les-Vallons, toujours à partir de 16h30.

    Au programme aujourd’hui

    Vendredi, c’est à Septèmes-les-Vallons, au centre social la Gavotte Peyret, que la Breaking Cup poursuit sa course. Des stands graff, breakdance et DJ Mix seront de nouveau proposés à partir de 16h30. Le tout en partenariat avec l’association AC2N, basée aux Pennes-Mirabeau et engagée pour le développement de la culture Hip-Hop sur la commune depuis plusieurs années, qui sera rendez-vous.

    M.M.

  • Avignon cesse de financer l’aide à l’apprentissage de la lecture

    Avignon cesse de financer l’aide à l’apprentissage de la lecture

    Devant une centaine d’élèves de l’école des Grands Cyprès, à l’occasion de la rentrée, le maire (DVD) Olivier Galzi se réjouissait de la chorale qui chantait « Je veux apprendre ! ». Mais en parallèle, la municipalité de la Cité des Papes a décidé de ne pas reconduire un financement qui permettait aux écoliers en CP qui sont en difficulté d’apprentissage d’avoir des aides en lecture et en écriture dans les quartiers prioritaires de la ville.

    Le dispositif « Coup de pouce » était piloté par la Ligue de l’Enseignement mais financé par la mairie à hauteur d’un peu plus de 56 310 euros pour l’année scolaire 2025-2026. Organisés sous forme de clubs, ces moments permettaient à 55 enfants, dispatchés en 11 groupes de 5, d’avoir trois séances d’une heure et demie par semaine. La plupart des directeurs d’école en auraient été informés ce lundi. Contactée par La Marseillaise, la Ville d’Avignon explique que la décision « s’inscrit dans un contexte d’évolution des politiques publiques de soutien aux apprentissages fondamentaux » avec notamment « un retrait progressif des financements ». Et explique que l’an dernier, alors qu’elle amenait plus de 50 000 euros, l’État n’en amenait que 4 000. « La Ville a considéré qu’elle ne pouvait plus porter seule une action qui reposait historiquement sur une logique de coconstruction et de cofinancement entre plusieurs partenaires », poursuit-elle. Tout en assurant qu’elle « continuera ainsi d’agir concrètement pour favoriser le goût de la lecture, l’accès à la culture au bénéfice des jeunes Avignonnais ».

    Lutte contre les inégalités

    Contactée, la Ligue de l’Enseignement confirme mais ne souhaite pour l’heure pas commenter cette décision dont elle a été informée pendant l’été. Le contrat d’une dizaine d’animatrices en périscolaire dédiées à ces temps n’a donc pas été prolongé d’après les premiers échos.

    « Le dispositif permettait de lutter contre les inégalités scolaires. C’est hyper important, d’autant plus que les difficultés scolaires sont souvent liées aux difficultés sociales que l’on rencontre dans ces quartiers », regrette de son côté Nicolas Flavier, secrétaire départemental FSU-Snuipp. « Encore une double peine pour les enfants des quartiers populaires. Maîtriser la lecture en CP, c’est primordial pour la suite », souffle Khalid El Yousoufi, conseiller municipal (LFI) et enseignant à l’école des Grands Cyprès qui est concernée par cet arrêt.

  • Un nouveau terrain synthétique à la Ponsonne

    Un nouveau terrain synthétique à la Ponsonne

    Un nouveau terrain synthétique devrait être inauguré à Manosque à la mi-octobre, dans le cadre du dispositif national Quartiers de demain, qui permet à neuf villes françaises de réhabiliter des quartiers prioritaires en prenant en compte les impératifs écologiques.

    « La pose du gazon synthétique est prévue fin septembre, pour une semaine. L’avantage qu’on a sur le produit qu’on a pris, c’est qu’il n’y a pas besoin de substrats supplémentaires. Cela réduit largement le coût d’entretien », avance Laurent Fournaise, le directeur des services techniques. « À terme, la tribune devra également être étendue l’an prochain, et un tunnel sera construit sous une passerelle » pour séparer joueurs et public, selon le maire DVD de Manosque Camille Galtier. L’objectif de cette modernisation est aussi de créer « un lieu de vie dédié aux familles et convivial, en co-construction avec les habitants », a avancé Caroline Paolasso, conseillère municipale déléguée au Quartier de Demain. « Les épisodes pluvieux dégradent les pelouses. Le synthétique est une bonne alternative qui subit moins de dégradations, nécessite moins d’entretien et engendre un taux d’occupation plus important », a expliqué Allel Benferhat, directeur du service des sports.

    « Toutes les infrastructures sportives de la ville seront rénovées d’ici 2030, alors qu’en 2020 on était très en retard », a par ailleurs affirmé le maire. « On donne les infrastructures sportives aussi bien au basket, au hand et au rugby pour permettre de monter au dernier niveau national. » La modernisation du stade est réalisée pour un coût d’environ 1 million d’euros. La ville compte sur cette modernisation pour améliorer les conditions de pratique, la sécurité et la qualité de l’équipement. Ces travaux s’inscrivent dans le projet plus large de transformation de la Plaine des Sports et des Loisirs, destiné à moderniser le site et à favoriser la pratique sportive. Les travaux comprennent notamment les terrassements, la création d’un système de drainage et le passage de l’éclairage en LED.

  • Happy End, le festival qui démocratise le cinéma

    Happy End, le festival qui démocratise le cinéma

    Depuis 2022, l’association Action Bomaye œuvre pour démocratiser l’accès au cinéma à Marseille. Pour la 5e édition de son festival Happy End, elle organise, à partir de ce vendredi et jusqu’à dimanche, trois projections gratuites en bas d’immeubles à la Savine (15e), au Panier (2e) et à Félix Pyat (3e).

    L’idée du festival est née d’un constat : « Le cinéma est devenu super cher et n’est plus accessible pour beaucoup d’habitants des quartiers prioritaires », explique Mouna, chargée de projets de l’association. Placée cette année sous le thème de la famille, chaque soirée suit le même parcours : rencontre avec des professionnels du cinéma, apéritif dînatoire, projection puis débat citoyen.

    Plus qu’une projection

    Cette volonté d’aller au-delà de la simple projection constitue la singularité du festival. « On se différencie d’autres évènements de projection parce qu’on ramène les équipes du film pour débattre avec le public », souligne Mouna. Ce vendredi, à la Savine, le documentaire L’air des autres, ouvrira le festival. Consacré aux inégalités environnementales, le film sera précédé d’un échange avec Sanaa Saitouli, cofondatrice de l’association Banlieues Climat, et Sarah-Maria Hammou, enseignante-chercheuse en justice climatique.

    Samedi, place du Refuge, dans le Panier, le film Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan sera projeté. Le public pourra échanger avec Naïm Naji, acteur du film, et Hana Levy, responsable des jeunes comédiens. Enfin, dimanche, le Stade Gris de Félix Pyat accueillera Intouchables, en présence des acteurs Cyril Mendy et Salimata Kamate.

  • [C’est l’été] Une formation gratuite au court-métrage pour les jeunes à Marseille

    [C’est l’été] Une formation gratuite au court-métrage pour les jeunes à Marseille

    « On fait de l’impro, chacun reste dans son personnage ! » Dans les locaux d’Action Bomaye dans le 15e arrondissement, les apprentis comédiens répètent leurs scènes sous les conseils de l’acteur marseillais Mourad Tahar Boussatha.

    Jusqu’à ce mardi, douze jeunes de 15 à 25 ans, issus des quartiers populaires, suivent gratuitement cette formation au court-métrage organisée par l’association Action Bomaye. Ils découvrent l’écriture, le jeu d’acteur, le tournage ou encore le maquillage d’effets spéciaux. Le but : réaliser deux courts-métrages autour de la transition écologique.

    « On leur fait découvrir des métiers pour lesquels on ne leur donne pas souvent leur chance », explique Mouna, responsable de la formation. Pour elle, travailler sur l’écologie permet aux jeunes de « prendre conscience que les quartiers prioritaires sont les premiers concernés par ces questions ».

    Sortir des clichés

    Pour les accompagner, Action Bomaye mise sur des professionnels aux parcours proches des leurs. « L’idée, c’est qu’ils puissent voir en eux des modèles », souligne Ismaël Cousin, fondateur de l’association. Parmi eux, Mourad Tahar Boussatha. « C’était logique de tendre la main à ces jeunes qui sont laissés pour compte par le système parce que j’étais comme eux », confie-t-il. Originaire du 3e arrondissement de Marseille, Marwa participe à la formation avec l’envie de gagner un milieu encore fermé. « C’est une vraie opportunité parce que je suis passionnée par le cinéma, mais je n’ai ni les moyens ni les contacts pour y entrer », témoigne-t-elle.

    Son groupe a imaginé un scénario de débat entre une militante écologiste et le dirigeant d’une entreprise polluante. « Le message, c’est que tout le monde peut agir pour l’environnement à son échelle », assure-t-elle.

    Les deux courts-métrages seront projetés fin août lors de la 5e édition du festival Happy End. Une façon, pour l’association, de faire naître de nouveaux récits. « Les jeunes des quartiers ont les mêmes rôles clichés au cinéma. Là, ils racontent leurs histoires à leur manière », conclut Ismaël Cousin.

  • [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    Dans sa mission d’amener la culture au plus près des habitants dans tous les quartiers de la ville, l’élue Stéphanie Slimani, dramaturge, metteuse en scène, marionnettiste, auteure et professeure de théâtre, peut s’appuyer sur son expérience et son goût pour la solidarité et le partage.

    La Marseillaise : Quelle est l’ambition de la municipalité à travers ce projet ?

    Stéphanie Slimani : La revitalisation des quartiers, par la culture notamment, et le soutien aux artistes du territoire. Ce projet-là va permettre quasiment de lier ces deux ambitions.

    L’idée c’est de faire venir des artistes dans les quartiers et de faire de la culture pas seulement pour les habitants, mais surtout avec eux. De leur permettre de redécouvrir parfois des histoires de gens qui vivent là et dont ils ne connaissaient pas le parcours de vie, l’architecture de leur quartier, de revisiter des espaces, la mémoire des lieux… Tout cela en faisant participer aussi le milieu associatif, les écoles, les médiathèques et les commerçants, afin que tout le monde se sente concerné. C’est une manière de faire de la culture avec les gens qu’on souhaite développer à travers ma délégation qui est nouvelle.

    L’objectif est de renforcer
    la cohésion sociale
     ?

    St.S. : Évidemment, de toute façon la culture fait société. C’est donc pour faire société, pour se rencontrer, pour partager. Certains n’aiment pas dire socioculturel, mais pour moi ces deux termes sont intriqués : la culture c’est social ! Donc bien sûr que l’ambition c’est de créer du lien, du plaisir et de la joie dans le quartier. De faire que les habitants soient fiers aussi de raconter ce qui s’y fait. De pouvoir dire : « Moi, j’ai fait du théâtre, j’ai pu participer à un spectacle de danse, on a fait de la peinture… » Ça permet aussi de faire changer le regard extérieur porté sur le quartier, en mettant juste en valeur ce qui existe déjà. Parce que je le répète, dans les quartiers il y a déjà de la culture, il y a déjà des gens formidables. Mais on peut aussi s’y sentir parfois délaissé, c’est légitime.

    C’est une manière aussi
    de rétablir un peu d’égalité des chances dans
    les quartiers populaires…

    St.S. : Absolument, tous ces mots ont énormément de sens pour moi. Parce que malgré tous les efforts développés pour rendre la culture accessible à tous, il reste encore une barrière qui fait que selon d’où on vient on s’interdit d’y aller, on se dit que ce n’est pas pour soi, qu’on ne va pas comprendre, que peut-être même c’est un peu trop bizarre parfois. C’est pour ça qu’il faut absolument créer des passerelles plutôt que des forteresses. Moi j’aime le mot populaire, je trouve ça noble, la culture populaire, le théâtre populaire, le spectacle populaire. Ça veut dire que cela nous concerne tous, que personne doit s’en sentir exclu. Je défends et revendique donc de faire une culture populaire. Ce n’est pas quelque chose de moins bien, ou de plus facile, simplement je crée des liens pour que chacun se rende compte qu’elle lui appartient aussi.

    J’ai beaucoup travaillé dans les quartiers et en milieu rural sur des projets participatifs, donc je sais que c’est vertueux, je sais que ça fonctionne. Mais il faut avoir en même temps beaucoup d’humilité, et ne pas partir avec l’idée qu’on va tout révolutionner, qu’on va tout changer, et ce n’est pas le but. Il faut venir rencontrer tranquillement ses habitants, les écouter, et puis après commencer à développer des projets participatifs avec eux. Il faut aller doucement. C’est pour ça que le projet du Pont du Las, s’étale sur deux années, qui se renouvelleront après. Il faut du temps.

    Quelle va être la chronologie ?

    St.S. : On lance un appel à projets au mois d’octobre ouvert à tous les artistes professionnels, et le jury se décidera au début d’année 2027. L’ouverture, elle, est prévue au printemps. Le collectif d’artistes viendra s’installer dans un local, avec un budget et un cahier des charges très précis de projets participatifs, d’ateliers et pratiques artistiques gratuits.

    Et avant cela, en fin d’année 2026, on va mettre en place cinq projets, avec notamment de la danse au Pont du Las, où une chorégraphe va travailler dans l’espace public avec une association de femmes, et à Pontcarral, c’est autour de la récolte de la mémoire et du son qu’une compagnie de théâtre va mettre la population à contribution.

    Des actions qui donnent
    de l’espoir, en tout cas…

    St.S. : Toulon est une ville qui a souffert à travers plusieurs époques, qui a su s’épanouir. Où il y a une forme de résilience. Les gens savent vivre ensemble. On a beau essayer de nous désunir, de nous diviser, ça ne marche pas. Et les Toulonnais l’ont montré aussi au mois de mars. Le centre-ville a été réhabilité, c’est magnifique. On a envie d’y aller. Et quand on reçoit des gens, on a envie de le leur faire visiter. Eh bien, on va faire la même chose dans les quartiers.

    On a entendu les habitants des quartiers, on sait qu’il y a du travail, on va le faire. Et la culture à Toulon on va la faire tous ensemble.

  • L’été, du sport gratuit pour les petits Aixois qui ne partent pas

    L’été, du sport gratuit pour les petits Aixois qui ne partent pas

    L’initiative est partie d’un constat : si associations et centres sociaux ferment leurs portes au mois d’août, beaucoup de familles ne partent pas. Pour la quatrième année, la mairie, dans le cadre de son contrat de Ville, relance ses Nocturnes 2026, soirées sportives et culturelles organisées trois fois par semaine, tous les mercredis, jeudis et vendredis du 29 juillet au 21 août, de 18h à 21h30. « L’idée est de remobiliser toutes les associations avec lesquelles on travaille pendant l’année, on leur demande de venir et elles proposent des stands d’activités », précise-t-on du côté de la municipalité.

    L’événement, est coorganisé par l’association Fête le Mur, fondée par Yannick Noah et destinée à accompagner les jeunes des quartiers prioritaires par le tennis. « Un rendez-vous incontournable de l’été, précise Selma Mechiouki, présidente de l’association. Nous sommes convaincus que le sport en général est un véritable vecteur d’inclusion, d’éducation, de confiance en soi et de réussite pour tous nos jeunes. Les Nocturnes participent à cette dynamique. Elles permettent d’animer le quartier, de créer du lien social, d’offrir aux enfants et aux familles des moments de partage et de découverte ». L’événement des Nocturnes, s’ouvre particulièrement aux mineurs des quartiers populaires. Encadrés par des dizaines d’associations et structures, ils peuvent venir pratiquer, sur inscription, une multitude de sports mais aussi et depuis peu, des ateliers culturels. « Mais on a aussi des gens du centre-ville, même si l’événement s’adresse surtout à un public qui en a le plus besoin », précise la municipalité.

    En nocturne pour éviter

    la chaleur

    L’inauguration de cette saison s’est tenue vendredi 31 juillet, en présence des élus. Parmi lesquels Elisabeth Huard, élue à la politique de la Ville, Salah-Eddine Khouiel, élu du quartier du Jas-de-Bouffan, Hervé Liberman, élu aux sports et Michel Boulan, délégué aux sports pour la Métropole, alors que des dizaines de jeunes envahissent déjà le terrain du gymnase Yves Blanc, où les activités sportives se dérouleront. « Nous avons choisi de faire ça en nocturne parce que la journée, il fait une chaleur terrible, précise Elisabeth Huard. Et ici, on peut aussi regrouper les familles. » L’événement, toujours selon l’élue, permet aussi aux associations sportives de se faire connaître, à quelques semaines de la Journée des associations.

  • Quand les enfants vont apprendre à nager à l’Estaque

    Quand les enfants vont apprendre à nager à l’Estaque

    Difficile de rentrer dans l’eau à la base nautique de Corbières, mercredi matin. Qu’à cela ne tienne, le maître-nageur Adem Boukhedimi encourage les petits port-de-boucains pour leur troisième journée de stage d’apprentissage de la nage avec l’association Le grand bleu. « Allez on se motive, on met le ventre, puis la tête à l’eau ! » commande-t-il. La réponse est timide, « c’est un peu mou » se dit-il. Alors il se jette à l’eau et envoie de grosses vagues à l’aide de ses bras sur les enfants, qui en rient.

    « Ils sont encore dans leur cocon, il faut les réveiller dès le début », explique le maître-nageur, « si je suis mou, le cours sera mou. C’est très important l’animation, pour donner un côté ludique et faire aimer le fait d’avoir la tête dans l’eau » détaille-t-il. Pour cela, ce dernier leur fait jouer à cache-cache ou faire des bulles.

    2 500 enfants par an

    Ces enfants sont embarqués à la plage de Corbières pendant une semaine par les centres sociaux Fabien-Menot et Lucia-Tichadou, situés en quartiers prioritaires, ainsi que l’Association pour la jeunesse, l’éducation et le sport (Ajes) pour apprendre la nage. « On est entouré par la mer à Port-de-Bouc, les enfants adorent l’eau mais beaucoup ne savent pas nager », fait remarquer Nadia Djebar, animatrice de l’Ajes. Sans piscine en ville, celle de Fos en travaux, l’accès est compliqué. « Les cours de natation coûtent cher, 250 euros par enfant à l’année et le travail ne laisse pas toujours le temps de les emmener », poursuit l’animatrice. Le stage est quant à lui compris dans l’adhésion des enfants aux centres sociaux.

    Malak, jeune de 11 ans du centre Menot sur la Presqu’île, estime qu’elle sait déjà nager, « c’est mon frère qui m’a appris » avance-t-elle, mais « pas à la perfection ». à la fin de la semaine, elle devra passer l’examen savoir-nager du ministère des Sports comme la cinquantaine de minots embarqués à Corbières. « C’est important d’apprendre à nager car comme ça, on se fait pas moquer de pas savoir », estime Malak, et « si on est dans un bateau et qu’on tombe, au moins on va pas se noyer », complète celle qui va d’ailleurs deux fois par semaine à la plage, aux Aigues Douces.

    Les éventuels recalés seront repêchés en septembre. « On ne va pas les perdre après avoir fait une semaine », dans l’eau, assure Brahim Timricht, fondateur de l’association. Mais il ne s’agit pas juste de réussir un examen. « Après la nage, on propose le sauvetage côtier. C’est pour nous la prolongation de la natation : une fois que t’as appris à nager t’apprends à sauver ». Le grand bleu revendique apprendre la nage à 2 500 enfants chaque année.