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  • Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Le rapport de force est engagé à la verrerie du Languedoc

    Les salariés sont passés au-dessus des organisations syndicales. J’avais prévenu que ça allait s’enflammer donc maintenant il y a le feu nuit et jour devant le site », prévient Yohan Goupille, le secrétaire de la CGT de l’usine de Vergèze. En effet, Owens Illinois avait annoncé la fermeture de son site gardois au 31 octobre où travaillent encore 164 salariés. Les négociations autour du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) se sont donc précisées courant septembre. Mais la direction du groupe américain, leader dans la production d’emballages en verre, a avancé un certain nombre de propositions qui ont mis le feu aux poudres sur le site gardois.

    « Avec notre expert, nous avons fait des demandes cohérentes en nous appuyant sur tous les PSE qui se sont déroulés depuis janvier en France. Nous avons demandé une indemnité supra-légale, un congé de reclassement de 24 mois pour que les gens puissent se reconvertir, parce que le métier de verrier dans la région, il n’y en a pas. Nous avons aussi demandé une cessation d’activité anticipée pour les plus âgés. La direction est arrivée avec rien. C’était une provocation », précise Yohan Goupille.

    Les salariés ont donc décidé de fermer le site à tous les camions mais aussi de bloquer toutes les palettes qui devaient aller à Perrier. Tous les bureaux de la direction ont également été condamnés avec des planches. « On essaie d’utiliser tous les moyens que nous avons à notre disposition », prévient Yohan Goupille.

    Une fois les premières palettes brûlées devant la verrerie, la direction est revenue avec quelques concessions. « Ils ont ouvert un petit peu les discussions mais c’est encore très bas. Ils ont ouvert la porte à une supra-légale de 5 000 euros, un congé de reclassement de 15 à 18 mois contre 12 à 14 mois initialement, à une cessation d’activité. C’est malheureux mais ils ne connaissent que le bâton. Nous allons donc accentuer le mouvement pour mettre le maximum de pression sur la direction parce que dans un mois, c’est fini », conclut le délégué syndical CGT.

  • À Luminy, Innate pharma veut réduire ses effectifs de 30%

    À Luminy, Innate pharma veut réduire ses effectifs de 30%

    L’annonce est tombée en même temps que la publication de ses résultats du premier semestre, ce mercredi 17 septembre. Employant 160 salariés sur son site de Luminy, l’entreprise spécialisée en recherche médicale Innate Pharma projette de réduire ses effectifs de 30%. «Nous avons annoncé aux représentants du personnel l’initiation d’un plan de sauvegarde de l’emploi la semaine dernière, dont la mise en œuvre complète devrait intervenir dans la première moitié de 2026 », confirme la responsable de la conformité, Odile Belzunce. Ce plan de licenciement concernera une trentaine de postes, auxquels s’ajoutent une vingtaine de départs non remplacés.

    « Le contexte financier pour les biotechs s’est drastiquement durci, la trésorerie est plus que jamais le nerf de la guerre », justifie la responsable de l’entreprise. Cotée à la Bourse de New York depuis 2019, celle-ci se finançait également à travers des partenariats avec les grands laboratoires du Big Pharma… et à une abondante manne publique, avec quelque 7,5 millions d’euros de crédit d’impôt recherche pour la seule année 2024. Pas suffisant pour maintenir les emplois : les 70,4 millions d’euros de trésorerie à la date du 30 juin n’assurent l’activité qu’à l’horizon du troisième trimestre 2026.

    Des médicaments bientôt sur le marché

    « Nous nous focalisons sur la technologie la moins risquée, la plus validée, pour amener dans un moyen terme », explique Odile Belzunce. Trois traitements contre le cancer développés par l’entreprise spécialisée en immunologie sont en effet en études de phases cliniques. Dont deux en phase 3, la dernière étape avant d’obtenir l’aval des autorités pour la commercialisation des médicaments : le programme Lacutamab, qui cible des cancers rares, et le programme Monalizumab contre les cancers du poumon, développé en partenariat avec le géant AstraZeneca. De quoi espérer des retombées rapides.

    Mais alors que le président de la République avait annoncé 100 millions d’euros pour développer un biocluster d’immunologie à Marseille, ce plan de licenciements arrive dans la foulée de la liquidation de l’entreprise Veracyte, elle, spécialisée dans le dépistage du cancer. De quoi fragiliser le projet, à l’heure à l’État gèle les crédits à tout va ? « Je ne répondrai pas sur le biocluster », balaie la responsable. Au moment où le directeur de la recherche, l’immunologue Eric Vivier, a annoncé quitter ses fonctions à la fin de l’année en ne conservant qu’un poste de conseiller pour se consacrer à temps plein à la recherche académique, elle rassure sur la pérennité de cette entreprise pionnière. « Nous faisons tout cela dans une stratégie positive d’avenir », promet-elle.