Tag: provence

  • Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Le souvenir indélébile du 13 novembre 2015

    Il y a 10 ans, la France est victime du plus important attentat terroriste de son histoire. Le 13 novembre 2015, 130 personnes sont mortes dans plusieurs attaques simultanées revendiquées par l’organisation état Islamique. Mais, si le temps referme les plaies, les cicatrices sont toujours visibles. à Paris et dans d’autres villes en France, des commémorations s’organisent, en hommage aux victimes et en soutien aux survivants.

    Tout commence par une détonation, entendue en direct lors du match France-Allemagne, le 13 novembre 2015 à 21h16, au Stade de France. Puis, une deuxième quelques minutes après. Ce que le public du match ignore encore, c’est que ce sont deux terroristes qui, ayant échoué à pénétrer à l’intérieur du stade, se sont fait exploser devant l’enceinte. Un troisième islamiste se fait exploser une demi-heure plus tard. Le coup d’envoi d’une nuit macabre.

    Dix minutes plus tard, c’est en plein cœur de Paris que trois autres terroristes ouvrent le feu. Ils visent des terrasses de café, bar ou restaurant dans les quartiers animés des 10e et 11e arrondissement de Paris, tuant 39 personnes. À 21h40, le dernier commando, composé de trois terroristes, pénètre le Bataclan, où se déroule un concert, en tirant dans la foule. Jusqu’à 00h58, le public vit un calvaire dans l’enceinte de cette salle de spectacle parisienne. 90 personnes perdent la vie dans cette attaque commanditée par l’état Islamique. Une soirée de chaos qui laisse de nombreux traumatismes aux rescapés : deux se sont suicidé plusieurs années après, faisant monter le nombre de victimes de ces attaques à 132 morts.

    Des commémorations partout en France

    Une nuit macabre qui a marqué la France entière, par son bilan meurtrier et la multitude des attaques. Une décennie plus tard, la France se recueille et rend hommage à toutes ses victimes. Des commémorations qui ont débuté ce week-end, avec de nombreuses bougies, mots ou fleurs déposées aux pieds de la statue de la place de la République, à Paris. Ce jeudi, le président de la République visitera chaque lieu visé lors de ces attaques, en commençant par le Stade de France à Saint-Denis, puis les bars attaqués et enfin le Bataclan. Des minutes de silence seront observées devant chaque plaque commémorative.

    à 18h, une cérémonie d’hommage aura lieu dans le nouveau jardin du souvenir pour les victimes du 13 novembre 2015, inauguré le jour même à Paris et retransmis en direct sur France 2. Plusieurs discours sont attendus, dont celui d’Emmanuel Macron, mais également de Philippe Duperron et Arthur Dénouveaux, respectivement présidents des associations 13onze15 et Life for Paris. Nombre d’autres villes se joignent à cet hommage national comme Martigues, Avignon ou Aix.

    Justice restaurative

    pour les terroristes ?

    Quelques jours avant cette journée, le dernier terroriste de ces attentats en vie, Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible, a annoncé, par le biais de son avocate Me Olivia Ronen, lors d’une interview à France info, vouloir rencontrer et échanger avec les familles des victimes. Sur X, le président de l’association de victimes Life for Paris, répond à cette proposition : « La justice restaurative, plusieurs victimes des attentats s’y intéressent. » Le directeur de Charlie Hebdo, Riss, dénonce quant à lui une technique perverse du terroriste pour faire de ces attaques des crimes comme les autres. Lundi, la directrice générale de la sécurité intérieure Céline Berthon a affirmé que Salah Abdeslam, toujours « radicalisé ».

    Introduite en 2014 par la loi Taubira, la justice restaurative n’a encore jamais été expérimentée en France dans le cadre d’attaques terroristes. Elle permet à des auteurs de crime ou de délit, qui reconnaissent les faits et qui sont volontaires, de rencontrer leurs victimes ou celles d’autres affaires similaires, pour « trouver l’apaisement par le dialogue », précise le site du ministère de la Justice.

    Les rendez-vous

    Avignon

    À 18h, la municipalité organise sur le parvis de l’hôtel de ville un rassemblement où ceux qui le désirent pourront déposer une bougie.

    Aix-en-Provence

    La mairie organise une minute de silence à 12h sur la place de l’hôtel de ville, pour les victimes.

    Martigues

    La Ville organise un rassemblement à 17h30 dans le hall de l’hôtel de ville pour s’unir aux hommages nationaux.

    Marseille

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département et de la Métropole, rendra hommage aux victimes sur le parvis de la gare Saint Charles, à 14h15.

  • Première sortie de péril d’un immeuble confié à la SPLA-IN

    Première sortie de péril d’un immeuble confié à la SPLA-IN

    Un arrêté de mainlevée de mise en sécurité du 36 rue Jean-Roque (1er) a été pris le 21 octobre clôturant une procédure de péril grave et imminent ouverte 2 500 jours plus tôt, après le drame du 5 novembre.

    C’est la toute première sortie de péril d’un immeuble confié à la SPLA-IN Aix-Marseille Provence qui pilote l’opération et a assuré le gros œuvre sur les trois mitoyens. « Les travaux de réparations définitifs ont été réalisés conformément aux préconisations du bureau d’études techniques », énonce l’arrêté municipal. La première phase de travaux en cours sur les 34, 36, 38 et 40 rue Jean-Roque s’est achevée cet été. Vilogia, acteur de l’habitat social, assure le second œuvre pour aménager dans ces 4 immeubles de 16 logements sociaux allant du T1 au T5 pour une livraison à l’hiver 2026.

  • Le programme gourmand de la maison des 4 frères à Ollioules

    Le programme gourmand de la maison des 4 frères à Ollioules

    Programme chargé à la Maison départementale de la Nature des Quatre Frères. Cette bastide provençale située entre Signes et le Beausset et nichée au cœur d’un espace naturel de 380 hectares, propose tout au long de l’année des activités gratuites sensibilisant à la nature. En cette période de vacances, les organisateurs ont multiplié les propositions à faire en familles ou entre amis.

    Jusqu’à samedi, une balade « Nature gourmande » est proposée quotidiennement, ponctuée de petites histoires sur les usages de Provence. Le départ se fait à 14h, la balade dure 2h et peut se faire dès 6 ans. C’est gratuit et sans inscription.

    À réaliser en solo à l’aide d’une carte à retirer à l’accueil entre 9h et 15h30 y compris le dimanche : le jeu de piste « Secrets de cuisine » pour partir à la recherche de balises cachées sur le site. Autre option, visiter l’exposition « La cuisine provençale » mise en scène par Édouard de Laubrie, chargé de collections et de recherches, responsable du pôle Agriculture et Alimentation du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Du lundi au dimanche, toujours gratuit et toujours sans inscription.

    Et bien sûr, il y a les cinq sentiers en boucle entre 1,5 et 10km permettant toutes les richesses de ce territoire incroyable.

    Chiens de troupeau

    à venir

    À noter dans l’agenda : le samedi 8 novembre, à partir de 9h, le site accueillera une matinée d’information et de sensibilisation aux conflits d’usage en présence de chiens de protection de troupeaux. Proposée par le Département du Var et le CDOS, la matinée est destinée notamment aux randonneurs, vététistes, promeneurs… pour permettre à chacun d’avoir les bons gestes et les bonnes attitudes. Après la théorie, une démonstration en extérieur en présence d’un éleveur varois accompagné de son chien, de deux caprins et deux bovins.

  • Apaiser et reboiser la place des Marseillaises

    Apaiser et reboiser la place des Marseillaises

    Après des années d’études, la Métropole a défini les objectifs du réaménagement global de cette place de 1,2 ha jadis remarquable et devenue illisible, morcelée et déboisée. Elle lance le marché de maîtrise d’œuvre pour des travaux en 2027-2028. Il s’agit d’abord de restaurer l’escalier monumental inscrit en décembre 2022 au titre des monuments historiques, de recréer des espaces publics apaisés, harmonieux, végétalisés et reconnectés à la future « Gare souterraine Marseille Saint-Charles » qui doit voir le jour en 2035.

    La place doit servir d’accès au hub de mobilité du pôle d’échanges multimodal de la gare. Le socle situé sous l’esplanade Narvik doit s’ouvrir sur la place. L’objectif déclaré est de réduire la place de la voiture, mais d’intégrer le réseau des bus. L’offre de stationnement pour véhicules motorisés sera majoritairement contenue à l’intérieur de la « boîte gare ». La « station taxi » sur la terrasse côté boulevard Bourdet sera supprimée. Les fonctions de taxis et dépose minute seront majoritairement à l’intérieur de la gare. « Ainsi, la place des Marseillaises requalifiée sera un parvis de gare apaisé et libéré des modes de transports individuels motorisés (voitures personnelles, voitures de location, deux-roues motorisés). »

    S’agissant de l’Est de la place occupé aujourd’hui par un parking d’une quarantaine de places « plus ou moins légitimes » (sic !), il est indiqué qu’« à terme la majeure partie des services de location de voiture seront répartis dans les infrastructures du projet Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur afin de libérer les espaces publics de ce site emblématique », écrit la Métropole. Des stationnements résidents seront maintenus et « du fait de la présence d’hôtels autour de la gare, l’offre de stationnement “linéaire” sur la voirie ne sera pas supprimée dans son intégralité, mais réduite et devra avant tout intégrer les usages de logistique urbaine (livraison, hôtels, restaurateurs etc.) ». La trame circulatoire globale est en cours de finalisation.

    Restituer des alignements d’arbres

    Le site devra intégrer des itinéraires cyclables sécurisés avec intégration d’abris pour 75 vélos dans le socle Narvik. Des aires de stationnement pour les cycles seront offertes à l’intérieur de l’ouvrage Gare (jusqu’à 750 places de stationnement cycle côté place des Marseillaises et autant côté Ouest sur la façade du Bd Bourdet/Bd Charles Nédelec).

    Les deux jardins d’agrément situés de part et d’autre de l’escalier seront requalifiés. « En surplomb depuis la terrasse, les pieds de l’escalier devront offrir les qualités d’un paysage immersif et ombragé », prescrit le cahier des charges, qui inscrit la restitution des alignements d’arbres, avec des essences adaptées au climat et au site, alors que la moitié des platanes atteints du chancre ont déjà été abattus. L’état phytosanitaire des deux hauts palmiers Washington, qui encadrent l’escalier, reste à surveiller.

    L’enveloppe prévisionnelle affectée aux travaux est estimée à 11,3 million d’euros HT incluant la restauration du monument historique estimée quant à elle à 1,9 millions d’euros HT.

  • La Bonne Mère équipée d’un paratonnerre de dieu !

    La Bonne Mère équipée d’un paratonnerre de dieu !

    La restauration de la statue de la Bonne Mère mobilise de nombreux corps de métiers. Il en est un méconnu et de première importance : l’installateur des paratonnerres. Olivier Heintz, 42 ans, dirigeant de la société Protibat Sud basée à Aubagne, a renouvelé le dispositif de paratonnerres qui équipe la couronne de la statue de la Vierge. Il a également équipé l’église des Réformés, la cathédrale de la Major et celle de Saint-Sauveur à Aix-en-Provence, mais aussi des usines, des administrations.

    L’homme connaît parfaitement la cinétique des orages, les variables de polarité, d’intensité et surtout le monument à protéger. « Depuis tout petit, je viens ici. J’ai eu la chance de pouvoir monter avec mon père dans la structure et de l’accompagner pour l’entretien régulier des paratonnerres. » L’entreprise familiale a installé, il y a 35 ans, le précédent modèle qui était doté d’antennes radioactives et de panneaux photovoltaïques. Les nouvelles normes interdisent cette présence de radium 226, qui était censée augmenter la conductivité électrique autour des pointes. La Bonne Mère est désormais dotée d’un Pulsar à dispositif d’amorçage de la société française AAB-Helita.

    « Tout se joue

    en 30 millisecondes »

    « La couronne est équipée de quatre pointes captrices de 30 cm, détaille Olivier Heintz. Quand le dispositif électronique interne détecte une montée du champ électrique ambiant, des générateurs s’activent et génèrent l’amorçage d’un arc ascendant, une impulsion électrique haute tension pour éviter le risque d’impact direct de la foudre sur la structure protégée. » Le paratonnerre central de 2 mètres, qui surmonte la couronne, anticipe la foudre et déclenche un rayon ionisant ascendant de protection qui va attirer le traceur descendant du nuage et canaliser la foudre à son point de rencontre. « Tout se joue en 30 millisecondes. La foudre, c’est une décharge de 100 000 à 200 000 ampères qui disparaît aussi vite. »

    Et la Bonne Mère prend régulièrement la foudre. En 30 ans, le compteur de l’ancien paratonnerre a dénombré 980 impacts sur la Vierge, soit 30 par an. La foudre, c’est une énergie soudaine et colossale. Des études ont montré qu’au point d‘impact, la température atteint 30 000 degrés, cinq fois la surface du soleil. « Il n’y a eu aucun dommage sur la statue, qui est entièrement en cuivre galvanisé et sert de conducteur. En retirant l’ancien paratonnerre, on a vu que les pointes étaient noircies avec des coulures de métal par endroits », explique Olivier Heintz.

    Toutes les pointes et masses métalliques en toiture sont interconnectées et raccordées entre elles avec des conducteurs de descente sur les façades et toute la croix du dôme pour écouler les courants dans le sol. « Mon père avait fait des maillages conducteurs périphériques en cuivre qui sont enterrés sur des centaines de mètres sous les parkings de la basilique car sur un sol rocailleux la conductivité est mauvaise. »

    Le réseau européen de détection de la foudre (ELDN) a décompté 46 131 éclairs, l’an dernier, en région Paca. La commune d’Arles a même été la plus foudroyée de France avec 489 impacts au sol (nombre d’éclairs nuage-sol par km² et par an) et un point d’orgue atteint le 21 juillet 2024 qui a concentré 165 éclairs en 24 heures. « Depuis une dizaine d’années, on voit des coups de foudre qui dépassent largement les 200 000 ampères », observe M. Heintz. « En juillet dernier, on a eu des coups de foudre sur le plateau de Signes de 320 000 et 450 000 ampères. C’est d’une intensité incontrôlable. Le moindre impact occasionne de très gros dégâts. »

  • Ambrogiani aux avant-postes de la couleur

    Ambrogiani aux avant-postes de la couleur

    Des ouvriers du livre à l’œuvre dans les anciennes rotatives de La Marseillaise, des ramasseurs de lavande aux reflets chatoyants au pied du Ventoux… Humaines et chaleureusement colorées, nombreuses sont les toiles aux senteurs d’une époque hélas révolue, qui ont marqué les esprits sous le pinceau ou le couteau de l’autodidacte Pierre Ambrogiani.

    Rien ne prédestinait pourtant ce facteur, issu d’une famille modeste d’Ajaccio, à basculer dans les années 1920-1930 dans le monde des arts à Marseille, avant de devenir l’une des figures de la peinture provençale du XXe siècle. Enfin, presque. Ça serait oublier le bagout et le désir émancipateur harnachés à cet homme qui démarra comme porteur de dépêches à la Poste Colbert, à l’âge de 13 ans.

    Révolutionnaire

    Avant de mordre dans la couleur, Pierre Ambrogiani se fait les dents en réalisant, dans les années 1920, des statuettes satiriques en argile colorée, indiquait l’historien Robert Mencherini, disparu en avril dernier, dans la revue numéro 11 de Promemo, association travaillant sur la mémoire du monde ouvrier en Provence. Des débuts indissociables de l’équipe des Peintres prolétariens, dont il faisait partie, créée sous l’impulsion d’Antoine Serra. « Des peintres qui se situent du côté de la classe ouvrière, peignent des paysages d’usines, des portraits d’ouvriers, de vagabonds… », situait en 2021, pour La Marseillaise, Robert Mencherini.

    La montée en puissance de ce groupe artistique et politique coïncide avec l’avènement du Front Populaire, en 1936. Aux côtés de ses camarades de l’association des écrivains et artistes révolutionnaires, proche du Parti communiste français, Pierre Ambrogiani accompagne la fondation de la deuxième Maison de la culture en France, juste après celle de Paris, au 68 rue Sainte (voir entretien ci-contre). Inaugurée par le poète Louis Aragon, elle verra passer « des conférenciers prestigieux comme André Malraux, qui viendra y parler de la Révolution espagnole ou de la grève des Asturies ». La guerre d’Espagne fait d’ailleurs l’objet du numéro de décembre 1936 du mensuel Peuple et culture, lié à la Maison de la culture, avec des dessins de Pierre Ambrogiani. Secrétaire général de cette revue, Paul Meier, fera à l’époque part de sa défiance vis-à-vis de « l’art dit populaire, cet art de vulgarité et de médiocrité, l’art sirupeux des Tino Rossi que la bourgeoisie a imposé au prolétariat pour mieux l’endormir, l’humilier, l’avilir. Nous repoussons aussi bien la prétendue culture des singes de salon que l’idiotie navrante et la vulgarité ». Le journaliste interpellait ensuite les lecteurs : « ne peignez-vous pas ou n’avez-vous la tentation de peindre, et alors ne voulez-vous pas venir travailler avec ces peintres déjà excellents qui sont sortis eux-mêmes des rangs du prolétariat et qui s’appellent Serra, Ambrogiani, Toncini ? Ils sont là et vous attendent. »

    « Ambro » le fils des fauves

    Non loin de ce temple des belles heures de la culture populaire, se trouve alors l’atelier de celui que l’on surnomme « Ambro », sur le Cours d’Estienne d’Orves, avant de s’installer en 1943 sur le quai de Rive neuve. Jusque dans les années 1970, une zone d’effusion culturelle où fourmillent peintres, sculpteurs, poètes, photographes et journalistes, que certains appelleront « la bande du Péano », du nom du bar-restaurant de la place. Le quartier général de la bohème marseillaise qui y refait le monde.

    « Ambrogiani est de son temps. La puissance d’expression de ses dessins nous dépasse. Son imagination est très grande, trop grande pour nous », confessera même Antoine Serra. « Il a été influencé par René Seyssaud, qui utilisait des couleurs très fortes et contrastées. Ambrogiani allait souvent le retrouver pour peindre dans son atelier du côté du mont Ventoux. à sa mort, son corps a d’ailleurs été transféré au cimetière de Sault », rappelle Maya Garcia, guide et responsable de la librairie du musée Regards de Provence, qui compte des œuvres telles qu’une Allégorie de la Provence de 4 m de long, ou Le Cap Canaille à Cassis. « Ambrogiani faisait une sorte de corps à corps avec la toile. Même quand il peint une bouillabaisse, on a l’impression que le poisson va sortir de la surface de la toile. Tel un maçon, il prenait sa truelle ou son couteau et envoyait la matière. Il n’était pas avare en peinture », sourit-elle en pensant à cet artiste qui répétait souvent « je rêve de peindre avec les couleurs du soleil », note André Alauzen dans La vie et l’œuvre de Pierre Ambrogiani (1985).

    Homme aux multiples amitiés, dont celles de Giono, Pagnol ou du poète Axel Toursky, un gouailleur et bon vivant dont la « silhouette massive » et « joviale » a marqué le cours d’Estienne d’Orves, rapporte La Marseillaise au lendemain de sa mort, survenue le 23 octobre 1985, après de longues années à lutter contre la maladie. L’ancien Résistant et critique d’art Jean Bouret écrira même à son sujet : « un Phocéen parfum d’anis flotte autour de ses toiles faites de grands éclats rocheux aux couleurs des Maures ou de l’Esterel. Combattant de la lumière pure comme les fauves dont il est le fils turbulent, Ambrogiani garde un sens de la vie truculent et sonore. Comme il ne s’est pas fait aux écoles, notre peintre fleure bon la liberté, celle de Courbet, le grand bonhomme. »

  • Peintre du peuple

    Peintre du peuple

    Il y a 40 ans jour pour jour, Pierre Ambrogiani rendait son dernier souffle. Les couleurs de ses œuvres, elles, semblent inextinguibles. Pas plus que son idéal de justice sociale et de culture pour toutes et tous.

    Il n’était pas seulement peintre, c’était un peintre du peuple. Autodidacte, employé des Postes dès l’âge de 13 ans, il n’a jamais oublié d’où il venait. Membre des « Peintres prolétariens » dans les années 1920, avec Antoine Serra, il s’est engagé avec énergie pour l’ouverture d’une des toutes premières maisons de la culture de province, à Marseille, rue Sainte, en 1936, dans l’élan émancipateur du Front populaire.

    Une œuvre collective menée notamment avec l’appui de Louis Aragon et d’André Malraux.

    Les couleurs de l’engagement

    Réputé pour ses couleurs franches, héritées des fauves, il a longtemps été une figure du cours d’Estienne d’Orves et côtoyé les principaux protagonistes de La Marseillaise dont le siège, situé à deux pas de son atelier, recèle encore des œuvres chargées d’histoire et d’amitié fraternelle.

    En peignant les ouvriers des rotatives de La Marseillaise, en collant les pages de notre journal dans ses œuvres, Pierre Ambrogiani a ajouté à sa palette, les couleurs de l’engagement. Bientôt, nous l’espérons, avec l’aide de Campus art Méditerranée, son héritage pourra dialoguer avec les créateurs d’aujourd’hui jusque dans le lieu qui l’a inspiré il y a plusieurs décennies et qui, récemment remis à neuf, conserve l’âme de la Résistance et de la lutte pour la liberté : les rotatives de La Marseillaise.

  • Le Frioul éteint les lumières pour observer les étoiles

    Le Frioul éteint les lumières pour observer les étoiles

    Une journée pour sensibiliser à la pollution lumineuse et la biodiversité nocturne. C’est l’objectif du « jour de la nuit », organisée au niveau national, depuis 17 ans, par l’association Agir pour l’environnement.

    La ville de Marseille s’en fait le relais et, pour la première fois, toutes les lumières de l’île du Frioul seront éteintes de 18h à 22h, pour permettre aux visiteurs de mieux observer le ciel et ses milliards d’étoiles. « Pour ne pas oublier que la pollution lumineuse impacte aussi la biodiversité marine », explique Christine Juste, élue (EELV) des 6-8 et organisatrice de l’événement.

    C’est cependant en plein jour que les animations débuteront ce samedi. à partir de 14h, de nombreux ateliers auront lieu au muséum d’histoire naturelle pour sensibiliser des petits aux plus grands sur la biodiversité nocturne et les dangers de la pollution lumineuse. Une fois la nuit tombée, différentes balades nocturnes sont prévues pour découvrir chauve souris ou rapaces nocturnes au parc Pastré (8e), Athéna (13e), au col de Sugiton (9e) et autour du muséum (4e). Animée par la Ligue de la protection des oiseaux ou du groupe chiroptères de Provence, ces balades sont gratuites sur réservation.

    Au planétarium du muséum, le documentaire de 20 minutes Le côté obscur de la lumière sera projeté entre 18h30 et 22h30, toutes les demi-heures. Un moyen de découvrir comment les lumières artificielles peuvent perturber les cycles de beaucoup d’organismes vivants : insectes, animaux, plantes et humains. Une façon de rappeler, aussi, les richesses de l’obscurité.

  • Pas d’effet Covid pour l’attractivité de la région

    Pas d’effet Covid pour l’attractivité de la région

    « Dans notre région, nous n’avons pas relevé d’effet Covid important », affirme Valérie Roux, directrice régionale de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Ce lundi, l’Insee Paca présentait les résultats de son étude sur les migrations résidentielles, c’est-à-dire interne à la France, de la région Sud.

    En 2021, la région a eu une augmentation de sa population liée aux mobilités internes au pays similaire à celle de 2015. Une stabilité qui la place en 10e position des régions les plus attractives, loin derrière la Bretagne, première, qui a eu une augmentation de huit habitants en plus pour 1 000 résidents, contre 0.5 pour la région Sud. La Bourgogne-Franche-Comté, ainsi que la Normandie, se révèlent également plus attractives que la région Sud. Pour la directrice régionale, cet écart peut s’expliquer par la proximité de Paris pour ces régions. « Elles ont eu un effet Covid, car leur proximité à l’Île-de-France permet d’y habiter en allant y travailler deux ou trois jours par semaine. Cet effet Covid a donc creusé l’écart, alors que l’attractivité de notre région est restée stable. »

    Autre surprise de cette étude : la région Sud attire moins les retraités qu’avant. Le département du Var accueille toujours plus de retraités qu’il n’en part, mais moins qu’en 2015. Cela pourrait s’expliquer par la présence déjà importante de retraités sur place et l’augmentation des prix, qui limitent l’arrivée de nouveaux.

    En revanche, la région semble attirer plus d’actifs, notamment des cadres, artisans, chef d’entreprise et employés venant des régions limitrophes, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, et Île-de-France. « Une attractivité qui s’explique par un secteur industriel, certes pas énorme, mais qui se porte mieux que dans le reste de la France », affirme Valérie Roux.

  • Venez découvrir l’écosystème de Provence

    Venez découvrir l’écosystème de Provence

    C’est une journée festive qui attend les familles, ce samedi, au théâtre de Verdure et en centre-ville de Saint-Paul-les-Durance, à l’occasion de l’événement Nature en sCENe, organisé par le Conservatoire d’espaces naturels en Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN Paca). « C’est une grosse journée qui attend les visiteurs autour de trois grands axes : des sorties natures, des conférences, mais aussi des stands et ateliers pour petits et grands », explique Emeline Pujolas, chargé de la vie associative au CEN Paca et coordinatrice de l’événement. « Il y aura également des expositions, une sur des dessins naturalistes et l’autre sur des photographies animalières. »

    Ainsi, les habitats, faunes et flore en bord de Durance n’auront plus aucun secret pour vous. En ce qui concerne les conférences, elles porteront sur la forêt, les fleuves et les rivières. « Saint-Paul-lez-Durance est l’endroit idéal pour cette nouvelle édition, car c’est un carrefour entre différents territoires : le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, mais aussi le Var », ajoute la coordinatrice, qui précise : « On veut montrer la richesse de la région et de ce territoire au bord de l’eau, ce qui ajoute une dimension supplémentaire à la biodiversité d’une richesse incroyable. »

    Information et sensibilisation du public

    Nature en sCENe est une grande journée festive, gratuite et conviviale, où la sensibilisation à la biodiversité y est prégnante. « On observe depuis plusieurs années un déclin de la biodiversité, ce n’est un secret pour personne et nous, nous souhaitons porter la voix du vivant qui n’est pas en mesure de s’exprimer », précise Emeline Pujolas. « Sans compter qu’observer la nature ça fait toujours du bien à tout le monde. »

    La journée est aussi une opportunité de célébrer le 50e anniversaire du Conservatoire. « Nous sommes l’une des rares associations régionale créée par une petite poignée de naturalistes passionnés et qui a su perdurer dans le temps. Nous avons, pendant toutes ces années, poursuivi notre mission et aujourd’hui, nous comptons 70 salariés », continue-t-elle. L’association, depuis sa création, à pour objectif la préservation du patrimoine naturel de la région. Son action s’appuie sur une approche concertée au plus près des enjeux environnementaux, sociaux et économiques des territoires.

    « Aujourd’hui, nous poursuivons nos missions en ce qui concerne la connaissance de la biodiversité, la protection des espaces naturels et des espèces, la gestion de sites naturels, mais aussi l’information et la sensibilisation du public, l’un de nos axes majeurs, ce samedi », souligne Emeline Pujolas. « Nous sommes fiers de pouvoir proposer un événement de cette envergure symbole de notre accroissement, mais aussi du fait que nous sommes connus et reconnus. »

    La journée se clôturera avec un apéritif à partir de 19h, où les partenaires historiques du Conservatoire, et notamment la commune de Saint-Paul-lez-Durance, seront présents pour célébrer cet anniversaire.

    Samedi de 10h30 à 19h30.

    Gratuit.