Tag: projection

  • Le Parc national des Écrins, entre loups et bergers

    Le Parc national des Écrins, entre loups et bergers

    Ce mardi et ce mercredi, le Parc National des Écrins diffuse le dernier film de Jean-Michel Bertrand, Vivre avec les loups, dans lequel le cinéaste emmène le public à la rencontre d’éleveurs et de bergers confrontés au prédateur. La séance, qui se déroule au centre du Parc au Monêtier-les-Bains, est suivie d’un temps de discussion entre le public un garde-moniteur du Parc. « Le dernier film de Jean-Michel Bertrand est plus axé sur les incidences du retour du loup sur l’activité dans les vallées, et il aborde les conséquences pour les éleveurs, c’est un film qui traite de cette coexistence », explique Pierre Bouvet, chargé de mission au Parc National des Écrins. « Nous sommes à l’interface entre les deux mondes, d’où le fait de faire des projections pour informer et sensibiliser les gens sur la présence du loup et aussi et surtout sur les incidences liées à la présence pastorale. »

    Une mission parfois difficile à expliquer alors que la prédation du loup sur les troupeaux suscite de plus en plus la colère d’éleveurs qui voient dans cette nouvelle contrainte une menace pour l’avenir du pastoralisme. « Le rôle du Parc c’est la protection et la conservation de la biodiversité, dont le loup fait partie, explique Pierre Bouvet. En revanche, c’est une espèce qui est aussi très compliquée à vivre pour le monde de l’élevage, et le Parc est très attaché à cette culture du pastoralisme, qui entretient et façonne les paysages et qui constitue une grande part de l’identité du Parc quand même. »

    Si le Parc n’intervient pas dans la politique du loup, décidée au niveau de l’État, il participe aux prospections de terrain pour déterminer les effectifs de l’animal sur le territoire français, estimés à environ 1 100 individus. En parallèle, les agents coopèrent aussi tout au long de l’année avec les éleveurs, en leur communiquant les indices de présence du canidé, en recrutant chaque été des bergers d’appui pour aider à surveiller les troupeaux et en aidant les communes pour installer des cabanes d’alpage qui permettent aux éleveurs de rester près de leur cheptel en estive. « Il y a plus de 115 000 moutons sur le Parc, où les alpages représentent environ 40% du territoire. C’est un milieu incontournable pour nous. Ça étonne parfois les gens qui pensent souvent que le Parc est un espace sanctuarisé sans activité humaine, ce n’est pas du tout le cas », rappelle Pierre Bouvet.

    Vingt ans après, la coexistence reste un enjeu

    Reste qu’avec près de 350 constats d’attaques de troupeaux pour plus de 800 victimes en 2025 selon la Chambre d’agriculture, la cohabitation n’est pas sans heurts. Même s’il reconnaît que le loup reste « une menace et une pression constantes pour les éleveurs », pour Pierre Bouvet, ce travail d’adaptation entre loup et pastoralisme fonctionne mieux qu’on ne le croit : « Depuis plus de vingt ans que le loup est revenu dans les Hautes-Alpes, même s’il y a des tensions, en réalité il y a du progrès. On dit souvent que la prédation explose en France mais en fait non. Elle augmente dans les nouvelles régions où le loup revient, là où l’on redécouvre ce sujet et où l’on a plus les moyens de protection, alors que dans les Alpes elle est plutôt stable ».

    Projection « Vivre avec les loups » le 26 août de 16h à 17h30 au centre d’accueil du Parc national des Écrins, col du Lautaret, 05220 Le Monêtier-les-Bains.

  • [C’est l’été] Clôture du Festival de la Lune à Carqueiranne

    [C’est l’été] Clôture du Festival de la Lune à Carqueiranne

    Un espace restauration est proposé dès 18h30, la projection en plein air est prévue à 21h, après une présentation du film par le réalisateur.

    G.C.

    Tarifs : 8 euros, 7 euros (réduit),
    5
     euros (- de 14 ans, chômeurs).

  • Dernières séances en plein air et pour tous à Marseille

    Dernières séances en plein air et pour tous à Marseille

    C’est Peau d’âne, de Jacques Demy, qui a ouvert la 31e édition du festival Ciné Plein Air, le 30 juin dernier. Pendant plus de deux mois, un total de 42 films a été programmé dans 26 lieux différents. « La programmation propose des films très variés en termes d’époque d’origine, pour un public très large. Ça va des films très populaires, assez cultes, à des films un peu plus cinéma d’auteur” », détaille Zélie Cougourdan, coordinatrice du festival. Un ensemble de dix films était prévu spécialement pour les enfants.

    L’ensemble des séances est entièrement gratuit et ne nécessite aucune réservation. Il est toujours possible d’y assister lors des prochaines séances à venir. Ce samedi 22 août, on retrouve le film d’animation Wall-E à 21 heures, au parc du Grand Séminaire. Dimanche 23 août, c’est l’occasion de voir Stillwater, un film d’action tourné à Marseille, à 21 heures, au stade nautique Florence-Arthaud. L’une chante, l’autre pas, d’Agnès Varda, sera à retrouver le 26 août, au Muséum, à 21h15. En plus de ces trois films, cinq autres sont également à venir. Les détails complets sont à retrouver sur leur site internet.

    « Cette année, on a eu pas mal de jauges de fréquentation atteintes, selon les lieux. Le bilan est pour l’instant positif, même si on a eu des soucis d’annulation à cause de la météo », révèle la coordinatrice de l’événement. Deux films ont été annulés et deux sont reportés : El Sett, ce jeudi 27 août, et le film d’animation Rio, ce dimanche 30 août.

    « On programme en lien avec les lieux »

    « On a un gros partenariat avec le Mucem. Chaque mercredi, depuis le début du festival, un film est projeté, ce qui fait un total de neuf films qui sont tous en lien avec l’exposition temporaire “Bonnes Mères” », explique Zélie Cougourdan. Cela vaut pour tous les autres musées partenaires : « Ce sont toujours des films en résonance avec les expositions en cours », rajoute-t-elle.

    De plus de nombreuses séances ont été proposées en collaboration avec d’autres festivals, comme le FID, le Festival de Marseille ou encore le festival Kouss-Kouss.

    Plus d’infos sur seances-speciales.fr

  • Happy End, le festival qui démocratise le cinéma

    Happy End, le festival qui démocratise le cinéma

    Depuis 2022, l’association Action Bomaye œuvre pour démocratiser l’accès au cinéma à Marseille. Pour la 5e édition de son festival Happy End, elle organise, à partir de ce vendredi et jusqu’à dimanche, trois projections gratuites en bas d’immeubles à la Savine (15e), au Panier (2e) et à Félix Pyat (3e).

    L’idée du festival est née d’un constat : « Le cinéma est devenu super cher et n’est plus accessible pour beaucoup d’habitants des quartiers prioritaires », explique Mouna, chargée de projets de l’association. Placée cette année sous le thème de la famille, chaque soirée suit le même parcours : rencontre avec des professionnels du cinéma, apéritif dînatoire, projection puis débat citoyen.

    Plus qu’une projection

    Cette volonté d’aller au-delà de la simple projection constitue la singularité du festival. « On se différencie d’autres évènements de projection parce qu’on ramène les équipes du film pour débattre avec le public », souligne Mouna. Ce vendredi, à la Savine, le documentaire L’air des autres, ouvrira le festival. Consacré aux inégalités environnementales, le film sera précédé d’un échange avec Sanaa Saitouli, cofondatrice de l’association Banlieues Climat, et Sarah-Maria Hammou, enseignante-chercheuse en justice climatique.

    Samedi, place du Refuge, dans le Panier, le film Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan sera projeté. Le public pourra échanger avec Naïm Naji, acteur du film, et Hana Levy, responsable des jeunes comédiens. Enfin, dimanche, le Stade Gris de Félix Pyat accueillera Intouchables, en présence des acteurs Cyril Mendy et Salimata Kamate.

  • Le « rendez-vous des quais », toute une histoire racontée par Claude Martino

    Le « rendez-vous des quais », toute une histoire racontée par Claude Martino

    Plume de La Marseillaise où il a été responsable de la chronique cinéma durant près de 35 ans, Claude Martino propose une édition « revue et augmentée » de son livre sur Le rendez-vous des quais, un « film et ses histoires », truffé de témoignages et documents inédits.

    Savamment décortiquée et contextualisée, cette œuvre majeure, reconnue comme le chaînon manquant entre néoréalisme et Nouvelle vague rappelle l’auteur, c’est aussi l’histoire d’un homme, Paul Carpita, dont Claude Martino fut l’ami. Un instituteur marseillais communiste, militant, qui n’a pas hésité à dégainer clandestinement la caméra sur le port de Marseille, sous prétexte d’un documentaire sur la brandade de morue, pour filmer une grève des dockers contre la guerre d’Indochine.

    Ce réalisateur « amateur » sera aussi méprisé par une intelligentsia dont on sait juste qu’elle est parisienne, rappelle l’auteur. Meurtri, Paul Carpita n’aura eu de cesse de chercher les bobines saisies lors d’une projection en 1955, après censure de l’État. Il faudra attendre 1990 pour que le film soit de retour dans les salles.

    L’histoire dans l’Histoire

    Le rendez-vous des quais, c’est aussi l’histoire dans l’Histoire. Un temps où, comme aujourd’hui, il ne fait pas bon défendre la culture de paix en France, où la direction du PCF, pourtant soutien de la première heure du réalisateur, ne tenait pas non plus à ce qu’on montre « des jaunes » reprendre le travail. Dans les annexes de son ouvrage, Claude Martino propose à ce titre une chronologie qui replace le long-métrage dans son époque.

    Avec son « rendez-vous », Paul Carpita donne aussi à voir le quotidien des « petites gens » explique-t-il. Une vie dure mais où les protagonistes misent sur la solidarité, n’hésitant pas à entrer dans un conflit aux lourdes conséquences pour leurs familles. La réalité sociale, l’engagement mais aussi la poésie qui jalonneront les courts et longs-métrages du réalisateur qui n’a cessé de tourner jusqu’à son dernier souffle.

    « Le rendez-vous des quais,
    un film et ses histoires »,
    de Claude Martino.

    Éditions L’Harmattan,
    22
     euros, dans toutes les bonnes librairies.

  • Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Le Roucas de Vitrolles, un piton qui nécessite d’être conforté

    Pour l’atteindre, il faut accepter de gravir pas loin de cent marches taillées dans l’imposant piton rocheux qui domine le vieux village de Vitrolles. À l’arrivée, c’est une double récompense : d’abord cette vue imprenable et contemplative sur l’étang de Berre et jusqu’à la Sainte Victoire. Ensuite deux monuments chargés d’histoire à découvrir : la Tour Sarrasine et la chapelle Notre-Dame-de-Vie.

    « Dès le Ve siècle, la situation privilégiée du Roucas de Vitrolles en fait un lieu de refuge et d’observation afin de se protéger des invasions barbares ou sarrasines. Mais la chapelle Notre Dame de Vie et la Tour Sarrasine n’ont été bâties toutes deux qu’entre le Xe et XIe siècles probablement après le départ des Sarrasins de Provence » décrit la Fondation du Patrimoine qui avec la Mission Patrimoine de Stéphane Bern soutient les travaux de sauvegarde et de restauration portés depuis plusieurs années par la mairie.

    Pour l’heure, la commune programme des travaux de confortement de son rocher pour réduire le risque de chutes de blocs. Le rocher qui culmine à 25 m de hauteur fait jusqu’à 75 m de long et 20 m de large, bénéficie déjà d’ouvrages de protection. Pour autant, de nombreuses instabilités ont été relevées sur les faces du rocher, notamment de gros pans de falaise décomprimés.

    « Un aléa très élevé

    de chute de pierres »

    « La face ouest la plus affectée présente 44 instabilités identifiées dont 15 à aléa élevé à très élevé. 4 des instabilités potentielles identifiées sont des pans de falaises volumineux et problématiques » énonce un rapport d’étude géotechnique qui a conclu en novembre 2025 à « un aléa très élevé de chute de pierres au droit de toutes les falaises. Un aléa variable, au cas par cas, d’écroulement de blocs, chandelles, voire de pans de falaise de volume important ».

    Ces risques exposent à des degrés divers la stabilité de la tour sarrasine, de la chapelle, la route en pied de falaise, quatre habitations, les piétons, le parking. Le rapport prescrivait d’interdire l’accès aux talus, de renforcer les mesures d’information « en insistant bien sur le risque accru pendant les périodes pluvieuses ». Il était demandé une surveillance instrumentée pour s’assurer de l’absence d’évolution d’un pan rocheux représentant une masse de 344 tonnes d’aléa élevé.

    C’est pourquoi la commune a lancé un marché public de réalisation de travaux de « réduction du niveau de risques » afin de conjurer ces risques liés à l’érosion naturelle de la falaise. Il prévoit la réalisation d’études géotechniques, l’exécution de mesures préventives telle que la pose de 5 fissuromètres électroniques connectés à des balises d’alerte au droit des instabilités critiques. Les premiers travaux consisteront en des opérations de débroussaillage, de purges manuelles et mécanisées par des cordistes des éléments les plus instables et les plus déconsolidés. Il est prévu la projection de béton projeté fibré et teinté et l’entretien des ancrages déjà installés. Des nappes de grillages et des barres d’ancrage seront posées. Des filets à haute limite élastique viendront recouvrir les falaises de la face sud et une partie de la face est du rocher de Vitrolles pour stopper les chutes de pierres et de blocs de faible volume et d’être le moins visible.

    Le risque résiduel de chutes de pierres et de blocs de faibles volumes reste encore possible après les travaux. C’est pourquoi sur la base de scénarii trajectographiques de chutes simulées, il est prévu de construire des parois de soutènement en béton cloué, de poser des écrans pare-blocs au pied du talus en face nord.

  • Avant la télévision, il y avait Samuel Bastide

    Avant la télévision, il y avait Samuel Bastide

    « Il n’y avait pas de télévision. Nous vivions dans un milieu protestant assez austère où l’on fréquentait peu le cinéma. Nous n’étions pas dans une société de l’image comme aujourd’hui », raconte Daniel Travier, commissaire de l’exposition et fondateur de Maison Rouge, qui se souvient encore avec précision des projections de Samuel Bastide auxquelles il assistait enfant au début des années 1950.

    Né en 1879 à Saint-Jean-du-Gard, Samuel Bastide a consacré sa vie à parcourir la France et la Suisse avec sa lanterne magique. C’était l’ancêtre du cinématographe, jusqu’à devenir un simple projecteur de diapositives. À partir des milliers de plaques de verre peintes de sa main, il donnait des conférences illustrées mêlant histoires huguenotes, récits bibliques, contes et sujets de société comme la lutte contre l’alcoolisme.

    Mais pour Daniel Travier, le souvenir va bien au-delà des images. « Bastide était un conteur hors pair. Sa voix était extraordinaire, avec des pauses, des intonations, une manière de faire vivre les récits. Plus de 70 ans après, je l’entends encore raconter La Chèvre de Monsieur Seguin ou les textes de Victor Hugo. »

    Revivre l’expérience d’une projection

    Les visiteurs pourront découvrir cette voix dans l’exposition grâce à des enregistrements conservés sur bandes magnétiques. Au centre du parcours, la reconstitution d’une salle de projection des années 1950 permet de revivre l’expérience d’une séance telle qu’elle pouvait être vécue à l’époque. Parmi les quelque 2 500 plaques conservées par le musée, toutes n’ont évidemment pas pu être présentées. Les équipes ont donc retenu six grandes thématiques représentatives de son œuvre. Les commissaires ont également choisi des vitrines et projections qui éclairent à la fois le travail et la technique de Bastide.

    Au-delà de leur dimension historique, « les créations de Samuel Bastide surprennent encore par leur modernité. Certaines vues utilisent des silhouettes en ombres chinoises associées à des jeux de lumière particulièrement raffinés. Cent ans après leur création, elles restent d’une grande modernité. » C’est une exposition qui rappelle que bien avant le cinéma populaire et les écrans omniprésents, un Cévenol passionné avait déjà compris la puissance du récit par l’image.

    Maison Rouge – Musée des vallées cévenoles. Jusqu’au 2 mai 2027.

  • [Entretien] Clément Beaune : « Je propose qu’on revienne à une forme de planification globale »

    [Entretien] Clément Beaune : « Je propose qu’on revienne à une forme de planification globale »

    La Marseillaise : Vous intervenez lors des rencontres économiques sur la question de la planification économique. Quelle est sa place dans le modèle français actuel ?

    Clément Beaune : On vit un paradoxe français : nous avons beaucoup de plans, de stratégies, dans beaucoup de domaines, pour les collectivités locales, comme pour l’État. On entend tous les jours parler de plan sur la santé et l’environnement, de plan bas carbone, de plan d’adaptation aux changements climatiques, de plan agricole… Ce mot revient souvent, mais on ne fait plus la planification comme ça a été le cas notamment pendant les trente glorieuses, c’est-à-dire avec un plan quinquennal, qui était certes indicatif, mais qui était débattu au Parlement, voté, discuté avec le patronat et les syndicats notamment et qui fixait, c’était son principal mérite, quelques priorités ainsi que leur financements. Ces priorités, une fois qu’elles étaient dans le plan quinquennal, étaient celles du gouvernement, pour 5 ans. Je ne dis pas que c’était idéal, mais il y avait une forme de stabilité et d’anticipation. Aujourd’hui, à part dans le domaine de la défense, où l’on a de nouvelles programmations militaires, on a beaucoup de mal à avoir un cap clair, débattu dans la société, au Parlement, et partagé, pour plusieurs années.

    Que proposez-vous ?

    C.B. : Il faut l’adapter, mais je propose qu’on revienne à une forme de planification globale. Qu’on se demande quelles sont les grandes priorités de l’État, pour les cinq ans qui viennent, qu’on en débatte au Parlement. Ça permettrait de parler démographie, immigration, gestion de l’eau… Tous ces sujets-là méritent du temps long, un débat large et des priorités stables. On le voit sur la question climatique, on a besoin d’avoir des investissements qui ne bougent pas d’une année sur l’autre, de choisir les priorités. Est-ce que la priorité est l’investissement dans les transports, plutôt dans l’énergie, plutôt dans l’agriculture ? Ce sont des choix politiques. Après, il y a des gens qui auront des préférences, mais au moins, c’est débattu, c’est connu de tous et c’est stable.

    Ce qu’apporte surtout la planification, c’est de la visibilité et de la stabilité. Pas des coups de stop and go, comme on dit, ou d’essuie-glaces, où on va un coup dans un sens, un coup dans un autre.

    Je pense aussi que parfois, sur le climat, la défense et d’autres enjeux du temps long, il faudrait avoir des budgets pluriannuels, qui s’imposerait au budget annuel.Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

    Un mot sur l’échéance de la présidentielle, au regard du bilan des deux quinquennats d’Emmanuel Macron et de l’influence qu’a depuis gagnée l’extrême droite ?

    C.B. : J’ai deux combats, qui sont identitaires pour moi : la lutte contre l’extrême droite et l’engagement pour l’Europe. Je me prononcerai à l’automne sur les candidatures, mais pour l’instant, je veux rester focalisé sur le Plan. Et proposer un certain nombre d’options qui peuvent être utiles dans le débat. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra une stratégie de rassemblement et de responsabilité, peut-être au-delà des familles politiques traditionnelles, pour battre l’extrême droite.

    Entretien réalisé par Margot Milhaud.

  • Le cinéma sous les étoiles, pour vivre un film ensemble

    Le cinéma sous les étoiles, pour vivre un film ensemble

    En 2025, plus de 15 000 personnes se sont déplacées pour assister au Ciné Plein-Air Marseille qui fêtait ses 30 ans. Une nette augmentation par rapport à l’année précédente, à hauteur de 40%. Pour cette 31e édition, le festival investit 26 lieux différents, dont 5 nouveaux, qui accueilleront une quarantaine de projections, tout au long de l’été, du 30 juin au 25 septembre.

    « Le Ciné Plein-Air n’est pas seulement une programmation de films. C’est des souvenirs d’été : des familles, des voisins, des amis qui se retrouvent sur une place, dans un parc, une cour, à la tombée de la nuit », confie Emilia Sinsoilliez, conseillère municipale et déléguée à la culture à la mairie des 2-3. « À Marseille, nous sommes attachés à cette idée d’une culture qui rassemble, qui crée du commun, qui occupe l’espace public. Le Ciné Plein-Air incarne pleinement cette ambition. » C’est un festival qui « réussit à être, à la fois populaire et exigeant, accessible et ambitieux », souligne-t-elle. La directrice du festival, Lucie Taurines partage : « L’ADN de ce festival, c’est avant tout la découverte du cinéma, l’expérience du cinéma qui se vit à plusieurs. »

    Une programmation

    diverse et éclectique

    Cette expérience est vécue dans tous les quartiers. Parcourant films cultes, films d’auteur ou cinéma d’animation, le festival propose une programmation diverse et éclectique, une sélection qui s’est dessinée en lien avec chacun des partenaires qui les accueillent. La saison est marquée par de nombreux temps forts, parmi lesquels, un cycle de neuf films, en écho avec l’exposition Bonnes Mères au Mucem jusqu’au 31 août. À l’affiche, on retrouve entre autres, Mamma Roma de Pier Paolo Pasolini, ou encore Tout sur ma mère de Pedro Almodóvar. Autrement, le splendide théâtre Silvain (7e) accueillera l’avant-première de Route Algéricaine, en présence du réalisateur, Rabah Ameur-Zaïmeche, et de l’équipe du film. À la Plaine (14/08), le public pourra découvrir Hit the Road du réalisateur iranien Panah Panahi. Et cette année, le festival investit un lieu nouveau : l’Espace Mistral de l’Estaque où le public sera convié pour la projection de Partir un jour d’Amélie Bonnin (25/07). Au-delà des nouveaux lieux, une autre nouveauté. La directrice met en avant « une séance adaptée aux spectateurs et spectatrices en situation de handicap sensoriel, le 9 août sur le stade nautique avec le film L’Amour c’est surcôté ».

    Le Ciné Plein-Air, c’est aussi des incontournables comme Nous nous sommes tant aimés d’Ettore Scola, proposé en partenariat avec le festival Ciao Moka, Little Miss Sunshine ou encore l’émouvante histoire de Erin Brockovich : seule contre tous.

    Détails sur seances-speciales.fr

  • D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    Nous retrouvons mardi matin les militants du Comptoir des idées devant le panneau d’expression libre de l’avenue Tessé, en pleine séance de collage et de distribution de tracts. L’objectif étant d’informer la population toulonnaise d’une nouvelle séance de réflexion et de débat à l’occasion de la ciné-rencontre du jeudi 21 mai à 20h30 au cinéma le Royal autour de Soulèvements, le film de Thomas Lacoste qui sera présent dans la salle.

    « Ce qui nous intéresse, c’est que ça touche autant à la protection de la planète que les droits humains », explique Guy Cochennec (Climat Zéro Fossile). Le militant associatif rappelle pour commencer la genèse : « L’idée est née au sein de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes après 2013, au moment où la police et l’armée se sont retirées. » La très riche vie communautaire qui y prospère alors va en être le ferment. Des voix s’élevant pour dire qu’il n’était pas possible de se séparer sans créer un mouvement pour continuer la lutte partout où ce serait nécessaire.

    Pour continuer le combat

    « Une fois mis en place, ils vont réagir très très vite à tout ce qui se passe », souligne-t-il. On va en effet les retrouver présent sur la A69, mais aussi sur les projets des méga-bassines et même à plus de 3 000 mètres au cœur du glacier de la Girose, sur le chantier de construction d’un téléphérique, « avec l’installation de tentes sur le seul endroit où les hélicoptères pouvaient se poser pour amener le matériel ».

    Le Comptoir des idées souhaite mettre en perspective tous ces combats et la réponse disproportionnée de l’État – pour rester dans l’euphémisme. Notamment sur la manifestation organisée à Sainte-Soline en 2023 et « la réaction d’un gouvernement pour casser le mouvement ».

    « L’année d’avant déjà, Darmanin avait mis en avant l’écoterrorisme pour permettre d’appliquer les lois d’exception à des activistes et préparer l’opinion publique », dénonce Guy Cochennec. 3 000 agents des forces de l’ordre vont être déployés face à 30 000 manifestants avec « la volonté de faire un exemple, de faire peur et mal avec des tirs tendus de lance-grenade ». Et de préciser : « Sur des images, on voit des gendarmes qui comme dans un jeu vidéo se congratulent lorsqu’ils font mouche sur un manifestant. » Résultat : plus de 200 blessés très graves.

    Et pendant qu’on parle d’écoterrorismes, on ne parle plus des crimes écologiques réels ceux-là qui sont commis sur l’ensemble de la planète.

    Tout cela devrait donner matière à débat dans la salle et inspirer, pourquoi pas, d’autres manières de mener le combat au travers des 16 portraits réalisés dans ce film. On retrouve notamment deux paysans : le père est à la Confédération paysanne, et son fils beaucoup plus radical… Le militant du Comptoir des idées conclut : « Il y a une solidarité, de l’émotion qui passe, il y a tout ce qu’on aimerait voir partout dans la société. »