Tag: professeurs

  • Dans les amphis aujourd’hui, devant les élèves demain

    Dans les amphis aujourd’hui, devant les élèves demain

    Né de la réforme de la formation des enseignants, le master Enseignement et éducation (M2E) accueille sa première promotion d’étudiants. Celui-ci permet notamment de faire passer les concours de l’enseignement en fin de licence, et plus seulement en deuxième année de master. Il s’adresse aux étudiants titulaires d’une licence et aux titulaires des concours de l’enseignement (élèves-fonctionnaires). Dans l’académie Aix-Marseille, ils sont « environ 1 000 », estime Pascale Brandt-Pomarès, directrice de l’Inspé (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation).

    C’est dans l’un de ses amphithéâtres que les étudiants et élèves-fonctionnaires de cette première promotion, futurs enseignants et conseillers principaux d’éducation, ont été accueillis par le rectorat, les directions de l’Inspé et de l’université. Sur les campus de Digne, Marseille et Avignon, la cérémonie était retransmise en visio.

    « On a plus que jamais besoin de professeurs dans un monde qui change très vite », note, face aux étudiants, Benoit Delaunay, recteur de l’Académie. La réforme vise à attirer davantage les futurs enseignants et atténuer les tensions dans le secteur. Pascale Brandt-Pomarès salue « l’entrée progressive dans le métier. Ce qui est important, c’est que le temps est maintenant donné avec la réforme à la formation sur un continuum bac + 5 ».

    éric Berton, président de l’Université Aix-Marseille, dont l’Inspé fait partie, souligne, dans un premier temps, la variété de profils dans la promotion : « Le but est d’abord d’arriver à absorber la réforme. J’ai confiance en les capacités de l’Inspé, habitué à de multiples réformes et qui s’est toujours adaptée avec succès. Ce qui est intéressant aussi, c’est l’ancrage sur le terrain : ce sera un gage de réussite ». À cela s’ajoute, selon la direction de l’Inspé, un accompagnement « en fonction » du parcours des élèves.

  • À Martigues, la politique vise l’émancipation des enfants et parents

    À Martigues, la politique vise l’émancipation des enfants et parents

    « J’ai pas les mots », reconnaît Aurélia Gomez. C’est un grand jour pour beaucoup, ce mardi matin, surtout pour cette mère de famille. Dès 8h, les rayons du soleil filtrant à travers les feuilles des arbres illuminent les visages, tout aussi rayonnants, des enfants et de leurs parents pour cette rentrée à l’école maternelle Di Lorto.

    Les émotions se mélangent à l’heure des grands chamboulements. « Joseph est calme, mais François est tout excité », illustre Aurélia Gomez à propos de ses garçons de 5 et 3 ans, qui entrent respectivement en grande et en petite section de maternelle. « Ça fait un petit pincement au cœur », reconnaît-elle, mais « on souffle un peu », plaisante son mari, Jean Gomez, avec cinq enfants scolarisés.

    « Depuis trois ou quatre jours, elle me dit : on y va, on y va, on y va ! », se réjouit une autre mère en évoquant l’impatience de sa fille. Dès le portail franchi, un panneau donne le ton de ce qu’est la scolarité à la sauce martégale : « Ici, pour les écoliers, l’accueil du soir, les sorties au cinéma et au musée, la musique, la danse, le sport, c’est gratuit. » Et ce ne sont pas les seules décharges pour les familles, car tous les élèves reçoivent, lors de ce jour de rentrée, un kit de fournitures choisies par leurs professeurs.

    Fournitures gratuites

    « On évite aux parents de payer les fournitures, normalement, ils en ont assez pour toute l’année », affirme le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, venu à la rencontre des parents et enfants avec l’adjoint (PCF) à l’éducation, Gilles Picard. Une politique indispensable pour l’édile : « Notre ambition est la même pour les tout-petits comme leurs parents, celle de pouvoir s’émanciper », insiste Gaby Charroux. Cela implique 4 659 élèves dans l’enseignement primaire, répartis dans 205 classes, dont plus d’un tiers sont des maternelles. Un budget de 230 000 euros y est consacré comme chaque année.

    La maternelle Di Lorto a également fait l’objet de travaux de rénovation durant l’été, à l’image des autres établissements de la Ville. « Nous avons fait de gros efforts sur les cours de récréation, pour la protection du soleil et pour créer de l’ombre », rappelle Gaby Charroux. « Chaque classe et réfectoire dispose d’un brasseur d’air et chaque dortoir est climatisé », complète-t-il. De plus, la maternelle Di Lorto dispose désormais d’un cabinet de toilettes accessible dans le hall d’entrée, ainsi que d’un éclairage à LED.

    La présence du maire et de son équipe devant cette école, située au centre du quartier prioritaire de Notre-Dame-des-Marins, accompagné de la police municipale, prend un sens singulier pour cette rentrée. « Aucun mauvais lien ne doit empêcher l’émancipation de tous », reprend Gaby Charroux, citant notamment la pression du trafic de drogue dans cette cité quasi sexagénaire. « Le principe dans ce quartier est d’inscrire l’école au cœur, à côté le centre social (…). Nous travaillons dans l’ombre pour maintenir le service public et social », affirme l’édile, rappelant la lutte pour le maintien du bureau de poste de Ferrières ou encore celle pour la réhabilitation tant attendue du quartier. « Cela fait plus de dix ans que la réhabilitation doit être engagée », rappelle Gaby Charroux.

    La présence policière est aussi un enjeu. « La police municipale n’est pas là parce que le maire aussi, mais parce qu’elle a été réorganisée. Il y a cinquante agents, dont une brigade de quartier, qui sont en opération tous les jours, car je demande de la tranquillité pour les habitants du quartier », conclut le maire.

    La quiétude observée ce mardi matin lors de cette rentrée, tout comme l’attitude détendue des parents et des enfants rencontrés, semble témoigner des effets positifs de cette approche globale.

  • La FSU dénonce un manque de moyens préjudiciable à la réussite des élèves

    La FSU dénonce un manque de moyens préjudiciable à la réussite des élèves

    Après avoir ironisé sur les neuf ministres de l’Éducation en dix ans de règne d’Emmanuel Macron, le secrétaire général dans le Var de la FSU, Alain Tournay, a constaté que depuis la nomination du dernier en octobre 2025, « il ne s’est pas passé grand-chose, à part la baisse conséquente du budget de l’Éducation nationale, puisqu’on est en économie de guerre ». Et de déplorer encore « un an de perdu pour l’institution, avec aucune remise en question des nombreuses réformes faites, puis abandonnées ».

    Le responsable syndical annonce donc une rentrée 2026 particulièrement tendue du fait, entre autres, du manque d’enseignants et de personnels spécialisés, avec des classes encore surchargées. Et des conditions de travail très dégradées.

    « La baisse démographique aurait dû permettre de réduire significativement les effectifs par classe, on a fait tout le contraire », dénonce-t-il.

    Dans le Var, la moyenne annoncée pour la rentrée 2026 est de 22,04 élèves par classe dans le 1er degré, contre 21 au niveau national et environ 19 selon les standards européens.

    Le Var très mauvais élève

    « Cette moyenne masque des situations beaucoup plus difficiles, avec certaines classes pouvant atteindre 27 à 30 élèves, y compris en maternelle », dénonce la FSU.

    « Est-ce que c’est comme ça qu’on peut envisager qu’une rentrée se fasse sereinement avec tous les profils différents d’élèves que nous avons dans les classes aujourd’hui ? », interroge Aurélie Sanchez (SNUipp). Et de poursuivre : « Est-ce qu’on peut sérieusement envisager qu’on va permettre à chaque élève de réussir, d’avoir un parcours scolaire émancipateur ? » La réponse est bien évidemment, non.

    Mais pour faire passer les effectifs sous le seuil de 25 élèves par classe, le syndicat estime 40 ouvertures de classes supplémentaires seraient nécessaires. Et il manque encore 250 enseignants pour sortir des dernières places du classement par rapport au taux d’encadrement par élève, et remplacer les professeurs absents. « On sait déjà que plus de la moitié des collèges du Var vont avoir au moins un niveau dans lequel il y aura 29 à 30 élèves par classe », précise Bruno Combette (Snes). Et pour les lycées au moins 1/3 des établissements auront un niveau à 35, 36 élèves. « On n’est pas dans une amélioration des conditions d’apprentissage des élèves », insiste-t-il lui aussi.

    Geneviève Clerc (Snes) a insisté pour sa part sur « l’indigence de la médecine scolaire et des services sociaux », qui ne permet pas de répondre aux problèmes. Christian Petit dénonce, lui, le mépris qui continue d’être affiché en direction des élèves et des professeurs des lycées professionnels. Les conditions sont en tout cas réunies pour une mobilisation d’ampleur le 29 septembre.

    Thierry Turpin

    PAROLES DE SYNDICALISTES DE LA RÉGION

    Gweltaz Broudic – Cosecrétaire de la FSU 04

    « Dans le second degré, on a des classes très chargées dans plusieurs collèges, d’autant plus qu’il y a eu quatre fermetures de classe pour la rentrée. Sur le premier degré, on a eu une carte scolaire a minima, ce qui a pour effet de ne pas rétablir d’équité entre un certain nombre d’écoles. On a des gros écarts de moyenne par classe. Et on a depuis des années des problèmes de remplacement dans le département. »

    L.D.

    Patrick Charlier – Coresponsable CGT Éduc’action 05

    « On redoute aussi l’annonce de la création d’une direction de la politique territoriale de l’école. Nous, dans le 05, nous faisons déjà partie des territoires ruraux qui font l’objet d’une expérimentation visant à calculer les moyens qui pourraient être «optimisés» pour l’école. C’est le terme expert pour désigner la fermeture de petits collèges pour rapatrier leurs effectifs vers des grandes cités scolaires… »

    A.F.

    Olivier Montel – Secrétaire Unsa Éducation Vaucluse

    « Il y a de gros problèmes d’affectation. Des profs des écoles ont eu leur poste le 24 juillet. Certains ont fait des recours et sont sans retour… On redoute aussi un problème sur les remplaçants qui ne sont pas assez nombreux. Pire, une réforme départementalise le remplaçant alors qu’il dépendait d’une petite circonscription. Il y a la peur de partir à l’autre bout de Vaucluse, certains ont arrêté. »

    F.C.

    Lola Gourieux – Coresponsable CGT éduc’action 13

    « On prépare une rentrée difficile dans le premier degré [maternelle et primaire] parce que l’on manque de moyen humain. Il y a la réforme des remplaçants, qui auront des zones beaucoup plus larges à couvrir. Les enfants seront donc accueillis dans les autres classes, avec en ressource des fiches pour les élèves. Cela existait déjà, mais c’était un accueil dégradé qui, avec cette réforme, va sûrement devenir la norme. »

    E.J.

  • Un professeur accusé de viols

    Un professeur accusé de viols

    Ce lundi a débuté, à la cour criminelle de Gap, le procès à huis clos d’un homme de 40 ans, ancien professeur de collège à L’Argentière-la-Bessée, accusé de viols sur quatre élèves et d’agressions sexuelles sur six autres. Les faits sont aggravés par sa position d’autorité ainsi que par la détention d’images pédopornographiques.

    À la suite de la plainte d’une élève et d’une alerte du principal de l’établissement, une enquête est ouverte en février 2019. Des témoignages révèlent alors des relations sexuelles avec plusieurs collégiennes, placées sous emprise, caractérisée notamment par des rapports de domination (poignets attachés, gifles, fessées…). Les victimes, scolarisées en classe de 5e au moment des faits, ont ensuite présenté des symptômes d’anorexie, de dépression et de stress post-traumatique.

    Des rapports

    de domination

    Pour l’avocat général, « du fait de leur âge, les victimes ne disposaient pas du discernement nécessaire pour consentir à ces relations ». L’accusé a affirmé que les jeunes filles étaient consentantes tout en reconnaissant « être immature et avoir du mal à mettre de la distance avec ses élèves ». Une explication qu’a mise en doute Me Lévy-Soussa, avocat des plaignantes : « Je pense que les choses sont un peu plus compliquées pour les parties civiles, puisqu’il y a à la fois la dimension liée au rapport d’autorité, c’est un enseignant et ce sont ses élèves, et d’autre part l’âge des plaignantes qui étaient extrêmement jeunes. »

  • Un microlycée pour lutter contre le décrochage

    Un microlycée pour lutter contre le décrochage

    Dans la rue Pourquoi Pas, tout redevient possible pour les élèves en rupture de parcours scolaire. À la prochaine rentrée, le Cours Fénelon, installé dans cette rue au nom évocateur depuis plus de 120 ans, y lancera un microlycée, destiné à ramener une vingtaine de jeunes de 16 à 25 ans en situation de décrochage depuis au moins six mois sur les bancs de l’école.

    Ce modèle, qui existe depuis 2001 en France et est déjà proposé dans deux établissements varois (le collège Ravel et le lycée Bonaparte). Il répond à « un constat de terrain », explique Laurence Beraud-Schmitt, directrice du Cours Fénelon. « De plus en plus de jeunes souffrent d’anxiété et se déscolarisent à cause du harcèlement, de la phobie scolaire, de maladies… » Un mal qui touche le Var dans des proportions inquiétantes : 8% des jeunes de 18 a 24 ans (soit 30 000 élèves) n’ont pas terminé leur cycle secondaire.

    Le bac en ligne de mire

    En septembre, une première promotion entrera en classe de première avec un objectif : obtenir le baccalauréat général en deux ans. Sur le papier, les futurs élèves ont toutes les chances d’y arriver puisque ce type d’établissement revendique une réussite de 80%. « Ils suivront le même programme, assuré par des professeurs de l’éducation nationale », précise la directrice, avec « quelques aménagements. Par exemple, en français, on va demander un allègement du nombre de textes à étudier », ajoute Emmanuel Tilmont, le référent pédagogique. Ce sont surtout les méthodes, centrées sur « une pédagogie active, adaptée à chaque jeune », qui différeront.

    L’accueil sera lui aussi adapté : suivi psychologique, horaires légèrement différés, salle de repos, dans laquelle les élèves seront invités à prendre le café avec leurs encadrants chaque matin pour créer du lien. Cela, au sein d’un bâtiment à part, où les élèves auront la possibilité d’être en vase clos. « Ils pourront accéder à la cafétéria commune et seront invités aux événements du lycée, mais rien ne sera obligatoire », précise Emmanuel Tilmont.

    L’établissement, accessible pour 85 euros par mois (avec possibilité de bourses) se veut : « ouvert à tous profils : très bons élèves, plus en difficulté, porteurs de handicap… », assure le responsable pédagogique, qui prévient toutefois qu’« il faudra qu’ils aient de la volonté ».

    Infos : coursfenelon.com

  • Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Des professeurs de sport serrés dans une piscine gonflable au milieu du Vieux-Port. C’est tout l’objet de la mise en scène organisée, ce jeudi, par le Snep-FSU Aix-Marseille pour attirer l’attention sur le manque d’équipements aquatiques et de piscines dans la ville. Lunettes de plongée et bonnet de bain sur la tête, ils veulent alerter sur cette situation qu’ils jugent préoccupante.

    « À Marseille, seulement 14 piscines sont en activité, ce n’est pas assez. Surtout qu’il y a des piscines qui ont fermé, notamment celles de Luminy et de la Bombardière. La situation ne s’améliore pas, elle a plutôt tendance à se dégrader », affirme Jean Cugier, cosecrétaire académique du Snep-FSU et professeur d’EPS au lycée polyvalent Antonin-Artaud (13e). « Dans la deuxième ville de France, on compte 100 m² de piscine pour 10 000 habitants. C’est deux fois moins qu’à Lyon par exemple. Énormément de professeurs d’EPS sont privés de piscine pour emmener leurs élèves apprendre à nager », déplore Cédric Vassenaix, enseignant à Aix-en-Provence.

    Les professeurs d’EPS alertent surtout sur le nombre important d’enfants qui arrivent au collège sans savoir nager. D’après le syndicat, jusqu’à 85% des élèves entrant en 6e ne maîtrisent pas la nage, dans certains quartiers de Marseille. C’est le cas pour les élèves du collège Henri-Barnier, dans le 16e arrondissement, toujours selon le syndicat. Ce dernier précise qu’une grande partie des élèves ne sachant pas nager sont scolarisés dans les quartiers nord de la ville et ne disposent que de cinq piscines municipales, contre neuf dans le reste de Marseille.

    Face à ce constat, les professeurs d’EPS ont choisi un slogan : « Savoir lire, c’est essentiel. Savoir nager, c’est vital. » L’occasion de mettre en avant les risques liés à l’absence d’apprentissage de la natation, d’autant plus élevés dans une ville bordée par la mer, soulignent-ils.

    Réunion avec la Ville

    Paul Mauranes, qui enseigne depuis deux ans au collège Elsa-Triolet (15e), témoigne : « On a bien 40% d’élèves qui entrent et qui ne savent pas nager. Ça fait presque un enfant sur deux, même si on n’est pas les plus mal lotis car la piscine est à 25 minutes à pied. »

    Cette mobilisation s’inscrit dans une revendication portée à l’échelle nationale. « Notre syndicat réclame la construction de 1 000 piscines sur le territoire et la rénovation des bassins », précise Jean Cugier, qui évoque un enjeu de santé publique : « L’an dernier, il y a eu 50 décès par noyade en France chez les enfants de moins de 12 ans. C’est aussi la première cause de décès par accident domestique chez les moins de 25 ans », ajoute-t-il.

    Prévenue de la mobilisation, la Ville de Marseille a proposé « une rencontre », selon le syndicat, afin d’échanger sur le manque de piscines. Celle-ci devrait se tenir le 10 septembre.

  • Une « bonne idée » mais annoncée trop tard aux yeux des lycéens

    Une « bonne idée » mais annoncée trop tard aux yeux des lycéens

    Je l’ai appris sur TikTok », raconte Lucille Giocanti, en terminale au lycée Sévigné, à Marseille. Le mois de juin est rythmé par les évaluations de fin d’année et par une nouvelle consigne que les élèves de terminale et de première doivent prendre en compte : le durcissement des notations concernant l’orthographe, la grammaire et la syntaxe, dans toutes les épreuves du baccalauréat. L’annonce a été faite par le ministre de l’éducation, Édouard Geffray, au mois de mai.

    À l’unanimité, tous les élèves interrogés jugent cette consigne comme une bonne nouvelle, comme Mathis Motyl, en terminale au lycée du Coudon, à La Garde : « Je trouve que c’est intelligent. On sera bientôt des adultes dans le monde du travail et ce n’est pas normal de ne pas savoir écrire des mails, sans l’aide de correcteurs d’orthographe. » Un avis partagé par Victor Battle, en première, au lycée Irène-
    et-Fréderic-Joliot-Curie, à Marseille : « Dans le fond, c’est une bonne initiative de demander aux élèves de faire attention à l’orthographe. » Toutefois, Lucille Giocanti se demande si cette consigne représentait une priorité face aux enjeux actuels dans l’éducation : « L’état devrait s’attarder sur des choses plus importantes. »

    En revanche, à l’unanimité, tous ces jeunes déplorent un délai trop court entre l’annonce de cette nouvelle notation et les épreuves du baccalauréat. « Le timing n’a pas de sens. Si le ministre avait voulu un meilleur niveau en orthographe, il fallait le dire au début de l’année, là, c’est trop tard, s’insurge Victor Battle. Je n’ai pas spécialement de nouvelle pression puisque mon niveau en orthographe n’est pas trop mauvais. En revanche, je pense à mes collègues qui font des fautes d’inattention, peut-être que certains ont dû réviser ça, en plus du programme. »

    Joa Malliet, en première au lycée Mongrand, à Marseille, renchérit : « On nous a prévenus tard, personne n’a pu se préparer alors que nous étions en plein dans nos révisions. On aurait dû le savoir au début de l’année et pas à trois semaines du baccalauréat. » Pour Imane L’amoulen Caron, en terminale au lycée Saint-Charles, à Marseille, « cette façon de l’annoncer aussi tard est assez brutale est contre-productive ».

    « Un bon nombre de lycées vont perdre des heures »

    Tous confient avoir pris connaissance de cette consigne sur les réseaux sociaux. Depuis, c’est le flou. « Nos professeurs n’ont pas pu nous apporter d’informations complémentaires », explique Lucille Giocanti. Deux questions subsistent chez beaucoup de futurs bacheliers : « Qu’est-ce qu’une copie suffisamment correcte niveau orthographe ? Et sur quel barème se baseront les correcteurs ? »

    Au-delà de ces questionnements, le vrai problème semble ailleurs selon les élèves : les règles de langue ne seraient pas suffisamment enseignées, ni pratiquées sur la durée. « Malheureusement, l’orthographe est très rapidement remplacée par la construction d’idées dans les programmes d’éducation et ça, depuis le collège », confie Mathis Motyl. « En mars ils ont annoncé qu’un bon nombre de lycées allaient perdre des heures de travail. Il me semble qu’à Saint-Charles, ils perdent 50 heures à la rentrée prochaine », ajoute Victor Battle.

    Certains disent ressentir une pression supplémentaire, comme Imane L’amoulen Caron : « Je fais des fautes mais j’estime savoir parler français et l’idée que cela puisse me coûter mon Bac me stresse beaucoup. » D’autres, comme Noa Malliet, se sentent mois stressés : « Comme toutes les réformes appliquées avant, les professeurs seront plus laxistes la première année. Tant que le contenu est bon, ça devrait le faire. »

  • Alès : les élèves de Gilles Roumieux pensent l’écologie

    Alès : les élèves de Gilles Roumieux pensent l’écologie

    Comme chaque année depuis six ans, Gilles Roumieux va diffuser la prochaine brochure réalisée par ses élèves. Celle-ci s’intitule Touche pas à ma planète et permet de connaître les réflexions d’adolescents alésiens sur la menace du dérèglement climatique. Loin d’être anonyme, le travail réalisé au collège Jean-Racine d’Alès est désormais connu partout en France. Les cinq premières brochures se sont en effet écoulées à plus de 100 000 exemplaires. « C’est environ 20 000 brochures diffusées chaque année grâce au soutien de la Casden [banque coopérative de la fonction publique, Ndlr], qui les distribue dans tous les Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation », précise le professeur d’histoire-géographie. La brochure sur le harcèlement scolaire, qui avait été accompagnée d’une exposition diffusée partout dans le Gard, obtient même régulièrement de nouvelles commandes.

    Après l’école, la démocratie, les écrans et le harcèlement scolaire, Gilles Roumieux s’attaque désormais à l’environnement, un « univers que je connais moins » que les thèmes précédents mais auquel « la sensibilisation des adolescents est essentielle ». Pour cette édition, le professeur a fait appel à la géographe Catherine Bernié-Boissard, qui signe la préface de la brochure. Celle-ci espère ainsi que ces écrits « puissent susciter un élan, rassembler et donner envie d’agir ».

    Les élèves réclament

    de l’instruction

    Si la jeunesse semble plus sensibilisée aux problématiques environnementales, Gilles Roumieux a été surpris par la distance mise par les élèves avec le danger encouru : « Ce n’est qu’un échantillon de 50 élèves, mais je remarque qu’ils sont conscients des dangers sans toutefois que ce soit leur préoccupation essentielle. Comme nous sommes dans une époque d’instantanéité, ils ont du mal à se projeter vers l’avenir, même s’ils constatent des phénomènes météorologiques de plus en plus intenses. Je pense que ce travail a permis une prise de conscience. Seuls quelques élèves ont reconnu en parler en famille par exemple. »

    Si les élèves consentent à faire des efforts, dans le tri des déchets ou dans l’économie de l’eau par exemple, ils restent par contre réfractaires à modifier leur approche du numérique, pourtant très énergivore. Mais comme pour le harcèlement ou les écrans, ils sont demandeurs de plus d’instruction sur le sujet à l’école. « Ils voudraient qu’on en parle en cours de SVT de manière plus approfondie et qu’on les fasse participer à des actions. Ils ont dit qu’ils voudraient être davantage sensibilisés par des acteurs de terrain qui viendraient de l’extérieur. Ils pensent que l’école devrait faire davantage sur ce sujet », confirme Gilles Roumieux.

    Une cérémonie de remise des brochures aux parents sera organisée à la mairie d’Alès le mercredi 10 juin (17h30) et une dédicace des élèves est également prévue.

  • À Avignon, le lycée Mistral ne veut pas de classes à 35 élèves

    À Avignon, le lycée Mistral ne veut pas de classes à 35 élèves

    Bis repetita. Après un premier rassemblement fin mars, dès l’annonce de prévisions de moyens « en baisse drastique » pour la rentrée, professeurs et élèves du lycée Mistral ont remis le couvert ce jeudi midi. Et ce, quelques heures avant une audience des représentants syndicaux avec le rectorat.

    « C’est inimaginable d’avoir une rentrée avec ce qui est prévu », prévient Stéphane Geslin, délégué FO et professeur d’histoire-géographie. À savoir 120 heures de moins de dotation horaire globale [DHG], ce qui se traduirait par une perte de classe en seconde, mais aussi « la fin de certains demi-groupes pour des cours de travaux pratiques », précise Stéphane Geslin.

    Avec une moyenne actuelle de 31 à 32 élèves par classe, les syndicats redoutent de monter à 35. « Depuis trois ans, on perd des moyens, mais là, c’est la douche froide avec des coups de rabot encore plus francs », s’alarme Sylvain Bartet, délégué FSU. Selon lui, « même au regard de leur calcul de la DHG, avec la baisse démographique, cela va bien au-delà : on devrait être à moins 80 heures et pas 120 ».

    Idéalement, les professeurs aimeraient ne pas dépasser 25 élèves par classe pour un encadrement optimum, « surtout en seconde, pour un meilleur accompagnement car, en 12 ans ici, c’est la première année où on doit gérer autant de débordements et conseils de discipline », constate Stéphane Geslin.

    « Le gouvernement fait des économies sur l’éducation, la santé, pour dépenser beaucoup ailleurs comme sur les armées, cela obère l’avenir de la jeunesse », dénonce celui qui a aussi été candidat aux dernières municipales (Parti des travailleurs). En fonction des conclusions de l’audience de ce jeudi avec le rectorat, les enseignants se disent prêts à se mobiliser une nouvelle fois. Fin mars, à Carpentras, une opération « lycée mort » avait également eu lieu devant la mairie pour protester contre la baisse des moyens dans les établissements Victor-Hugo et Jean-Henri-Fabre.

  • À Béziers, pas de classement Rep+ pour La Dullague et Lucie Aubrac

    À Béziers, pas de classement Rep+ pour La Dullague et Lucie Aubrac

    Voilà huit ans que dure le combat des collèges Lucie-Aubrac et la Dullague, à Béziers, pour être rattachés aux réseaux d’éducation prioritaire renforcée (Rep+), ce qui se traduit par l’octroi de moyens supplémentaires aux établissements concernés. Mais les Biterrois devront encore patienter. En effet, la demande est restée lettre morte, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, évoquant dans un courrier un délai trop long pour réformer la carte Rep +, incompatible avec le devoir de réserve pour les élections de 2026 et 2027. Il serait toutefois utile de rappeler au locataire de la rue de Grenelle que la dernière réforme de l’éducation prioritaire date de 2014, année d’élections municipales, européennes et sénatoriales…

    Un pôle annoncé

    Car les besoins sont criants. « Nous faisons partie des quartiers les plus pauvres de France. Hors éducation prioritaire, nos collèges sont les plus défavorisés de France », se désole Corentin Coko, coprésident du conseil local FCPE-La Dullague. Néanmoins, des moyens supplémentaires ont été annoncés à la rentrée prochaine. Au premier rang desquels l’ouverture d’un pôle éducatif et médico-social comprenant un assistant social, un psychologue de l’Éducation nationale ainsi qu’un infirmier. « Beaucoup de familles ont besoin d’être aidées dans des démarches médico-sociales, demander un aménagement pour les enfants, etc. Ces postes sont essentiels pour les élèves mais à voir comment ça se concrétise, s’ils arrivent à recruter », soupire un professeur de l’établissement, qui a souhaité garder l’anonymat.

    Les professeurs recevront quant à eux une prime mensuelle de 120 euros pendant 10 mois ainsi que des points bonus de mutation. « Si on a choisi de s’engager dans l’Éducation nationale, c’est pour faire en sorte que les élèves soient au cœur de notre métier mais on a l’impression qu’on nous gère plus comme une entreprise et qu’on oublie les enfants et leur réussite en nous donnant quelques sous et des points pour partir », pointe l’enseignant. De timides moyens, bien loin du classement Rep+. « On ne va pas lâcher le morceau. Le Rep+ concerne aussi les écoles primaires, dont les classes de CP et CE1 peuvent être dédoublées », indique Corentin Coko. Et ainsi permettre à des gamins d’arriver à lire et écrire correctement lors de leur arrivée dans des collèges où le taux de réussite au brevet peine à dépasser les 50%