Tag: professeurs

  • À Istres, les enseignants du lycée Rimbaud font bloc après une agression

    À Istres, les enseignants du lycée Rimbaud font bloc après une agression

    Le lycée Arthur-Rimbaud était vidé de ses élèves, ce jeudi 24 septembre. Les enseignants ont voté l’arrêt des cours et exercé leur droit de retrait suite à l’agression d’une professeure le matin même. Rachel Véran, représentante syndicale Snes-FSU, raconte : « Un étudiant avait son téléphone à la main dans le lycée à 8h du matin. C’est interdit pour les lycéens comme pour les BTS par le règlement intérieur depuis juin dernier. Un encadrant lui a fait la remarque, l’élève n’en a pas tenu compte, et ma collègue a donc insisté. Elle a reçu un coup de poing très violent, est tombée au sol, puis a été prise en charge par les pompiers avant d’être transportée aux urgences. » Elle y était encore en fin d’après-midi, dans l’attente de réponse à ses examens.

    Pour l’équipe enseignante, cet incident reflète « l’insécurité croissante » au sein de l’établissement. Cyril Belmonte professeur d’histoire géographie et représentant Snes-FSU, l’affirme : « La violence physique de ce matin est le point d’orgue d’une dégradation des relations entre certains élèves, certains parents et la communauté éducative, avec un certain nombre d’altercations agressives. En mars dernier, une collègue a été menacée de mort sur les réseaux sociaux ». Une plainte a été déposée et est en cours d’instruction.

    Un manque d’encadrants

    Devant le lycée, Adam et Romain sont adossés à un muret. Pour ces deux terminales, l’agression survenue le matin même était « un événement ponctuel ». « En tant qu’élèves, on a pas l’impression qu’il y ait une montée de l’insécurité », assurent-ils. Eux y décèlent plutôt la conséquence d’un manque d’effectif. « On est plus de 1 300, pour très peu de surveillants », confient les deux amis. Selon l’équipe pédagogique, il y aurait six assistants d’éducation (AED) en équivalent temps plein dans l’établissement.

    Rachel Véran confirme : « Notre lycée est plein comme un œuf avec 1 350 élèves alors qu’il n’est pas dimensionné pour ça et qu’on a des moyens constants : on n’a pas d’AED, ni de professeurs supplémentaires. » La représentante syndicale s’agace : « On a pourtant de bons résultats, avec 99% d’élèves qui fonctionnent correctement. Mais avec cet accroissement des effectifs et le manque flagrant de moyens humains, on se retrouve dans des situations ingérables et intolérables ».

    Réunie en assemblée tout l’après-midi, la communauté éducative demande des AED supplémentaires, la mise en place de protocoles de prévention pour être mieux armée face à ce type de situations, et un meilleur accompagnement du ministère de l’Éducation national et du rectorat pour faire appliquer les nouvelles règles, à l’instar de l’interdiction des portables.

    L’adjoint du Directeur académique et le maire (LR) d’Istres, Robin Prétot, sont venus apporter leur soutien aux enseignants. Les cours doivent reprendre ce vendredi. Une cellule psychologique va être mise en place.

  • [Université] À Marseille, le refus du tri par l’argent

    [Université] À Marseille, le refus du tri par l’argent

    Ils étaient une centaine réunis, mardi, devant la fac Saint-Charles, pancartes en main, à l’appel de l’intersyndicale de l’Enseignement supérieur et de l’Union étudiante, pour dénoncer la hausse des frais de scolarité pour les étudiants extra-communautaires, la baisse des subventions à la recherche, ou la suppression des APL pour 200 000 jeunes. « Du fric, du fric, pour nos services publics, pas pour l’armée, ni pour les flics » : le ton sera vite donné par le cortège.

    « C’est la prolongation de toutes les mobilisations contre ce décret raciste qui instaure des frais différenciés pour les étudiants extra-communautaires », explique Mathis, étudiant en droit à Aix et membre de l’Union étudiante. Inquiet d’un rapport sénatorial prévoyant une hausse généralisée des tarifs, il alerte : « On prône une université gratuite pour toutes et tous. Il est impensable d’instaurer des frais d’inscription de 3 000 ou 4 000 euros, pour des citoyens déjà placés en précarité. »

    Lettre au ministre

    Une analyse partagée par Ilana. « C’est très important que les étudiants du monde entier bénéficient d’un accès aux études », estime l’étudiante en théâtre, rappelant que ces « 3 000 euros représentent trois mois de salaire payés au Smic » et rendent l’accès aux facs « impossible » pour beaucoup.

    Du côté du corps enseignant, l’opposition est tout aussi ferme. Pour Caroline Mauriat, enseignante-chercheuse et co-secrétaire du SneSup-FSU à Aix-Marseille Université (AMU), la mesure laisse planer un risque plus grand : « Appliquer des frais différents pour les extra communautaires porte le germe de faire payer tous les étudiants et faire peser le coût des études sur eux, plutôt que de les financer par nos impôts à travers un budget. » Face à des budgets jugés « insuffisants » et « pas à la mesure des enjeux », le syndicat demande l’abrogation du texte et appelle le président de l’université, Éric Berton, à assouplir le dispositif.

    Le cadre réglementaire de 2026 restreint à 30% le quota d’exonérations accordé par les établissements. Pour AMU – première université de France pour l’accueil international avec plus de 12 000 inscrits –, environ 5 500 étudiants sont directement concernés. La direction assure qu’elle utilisera l’intégralité de sa marge de manœuvre pour soutenir 1 800 jeunes, en ciblant en priorité la continuité des parcours, les boursiers d’excellence et les étudiants issus de zones de conflit.

    Une situation qui inquiète jusqu’à l’hôtel de ville. Dans une lettre adressée cet été au ministre de l’Enseignement supérieur, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, avertit que la réforme et la baisse des aides « excluent dorénavant les étudiants les plus modestes ». Estimant que « l’attractivité de notre enseignement supérieur est en jeu » et qu’« accueillir des étudiants du monde entier n’est pas qu’une tradition » mais « un choix d’avenir », l’élu réclame un réexamen de la situation des étudiants déjà engagés, ainsi qu’une concertation d’urgence entre l’État, les collectivités et la communauté universitaire.

  • [Passerelle interculturelle] C’est la journée des enseignants en Chine

    [Passerelle interculturelle] C’est la journée des enseignants en Chine

    Cette importance accordée aux enseignants reste très présente dans la Chine d’aujourd’hui. Le président chinois Xi Jinping a déclaré : « Rencontrer un bon enseignant est une chance dans la vie d’une personne ; pour une école, avoir de bons enseignants est un honneur ; et pour une nation, voir émerger sans cesse de nouvelles générations de bons enseignants représente un espoir pour son avenir. »

    En Chine, le respect pour les enseignants ne date évidemment pas de la création de cette journée. Il s’inscrit dans une histoire beaucoup plus ancienne, notamment marquée par Confucius, penseur chinois né il y a plus de 2 500 ans, que les Français connaissent également assez bien.

    Confucius accordait une importance fondamentale à l’éducation. Pour lui, apprendre ne consistait pas seulement à accumuler des connaissances. Il s’agissait aussi d’apprendre à devenir une personne meilleure, à comprendre les autres et à trouver sa place dans la société.

    L’une de ses phrases les plus célèbres reste aujourd’hui familière à presque tous les Chinois : « N’est-ce pas une joie d’accueillir des amis venus de loin ? »

    Ce simple mot, « joie », dit peut-être quelque chose de plus profond sur la pensée chinoise.

    La philosophie de Confucius insiste beaucoup sur les relations entre les êtres humains : le respect, la bienveillance, la responsabilité envers les autres, mais aussi la recherche d’un certain équilibre. Le concept de « juste milieu », que l’on associe souvent à la pensée confucéenne, ne signifie pas l’absence de position ou de caractère. Il invite plutôt à éviter les excès, à prendre en compte les circonstances et à chercher une manière harmonieuse d’agir.

    18,7 millions de professeurs

    Cette importance accordée à l’éducation se reflète aussi dans la réalité d’aujourd’hui. La Chine compte plus de 18,7 millions d’enseignants à temps plein dans les différents niveaux d’enseignement. Parmi eux, près de 10,7 millions travaillent dans l’enseignement obligatoire, principalement dans les écoles primaires et les collèges. Ces chiffres donnent une idée de l’ampleur du système éducatif chinois, mais aussi du rôle considérable que jouent les enseignants dans la société.

    De Confucius aux salles de classe d’aujourd’hui, une même conviction semble ainsi traverser les siècles : l’éducation ne consiste pas seulement à transmettre des connaissances, mais aussi à former des personnes et, à travers elles, à préparer l’avenir d’une société. C’est peut-être aussi pour cela qu’en Chine, chaque 10 septembre, rendre hommage aux enseignants dépasse largement le cadre d’une simple célébration.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Dans les amphis aujourd’hui, devant les élèves demain

    Dans les amphis aujourd’hui, devant les élèves demain

    Né de la réforme de la formation des enseignants, le master Enseignement et éducation (M2E) accueille sa première promotion d’étudiants. Celui-ci permet notamment de faire passer les concours de l’enseignement en fin de licence, et plus seulement en deuxième année de master. Il s’adresse aux étudiants titulaires d’une licence et aux titulaires des concours de l’enseignement (élèves-fonctionnaires). Dans l’académie Aix-Marseille, ils sont « environ 1 000 », estime Pascale Brandt-Pomarès, directrice de l’Inspé (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation).

    C’est dans l’un de ses amphithéâtres que les étudiants et élèves-fonctionnaires de cette première promotion, futurs enseignants et conseillers principaux d’éducation, ont été accueillis par le rectorat, les directions de l’Inspé et de l’université. Sur les campus de Digne, Marseille et Avignon, la cérémonie était retransmise en visio.

    « On a plus que jamais besoin de professeurs dans un monde qui change très vite », note, face aux étudiants, Benoit Delaunay, recteur de l’Académie. La réforme vise à attirer davantage les futurs enseignants et atténuer les tensions dans le secteur. Pascale Brandt-Pomarès salue « l’entrée progressive dans le métier. Ce qui est important, c’est que le temps est maintenant donné avec la réforme à la formation sur un continuum bac + 5 ».

    éric Berton, président de l’Université Aix-Marseille, dont l’Inspé fait partie, souligne, dans un premier temps, la variété de profils dans la promotion : « Le but est d’abord d’arriver à absorber la réforme. J’ai confiance en les capacités de l’Inspé, habitué à de multiples réformes et qui s’est toujours adaptée avec succès. Ce qui est intéressant aussi, c’est l’ancrage sur le terrain : ce sera un gage de réussite ». À cela s’ajoute, selon la direction de l’Inspé, un accompagnement « en fonction » du parcours des élèves.

  • À Martigues, la politique vise l’émancipation des enfants et parents

    À Martigues, la politique vise l’émancipation des enfants et parents

    « J’ai pas les mots », reconnaît Aurélia Gomez. C’est un grand jour pour beaucoup, ce mardi matin, surtout pour cette mère de famille. Dès 8h, les rayons du soleil filtrant à travers les feuilles des arbres illuminent les visages, tout aussi rayonnants, des enfants et de leurs parents pour cette rentrée à l’école maternelle Di Lorto.

    Les émotions se mélangent à l’heure des grands chamboulements. « Joseph est calme, mais François est tout excité », illustre Aurélia Gomez à propos de ses garçons de 5 et 3 ans, qui entrent respectivement en grande et en petite section de maternelle. « Ça fait un petit pincement au cœur », reconnaît-elle, mais « on souffle un peu », plaisante son mari, Jean Gomez, avec cinq enfants scolarisés.

    « Depuis trois ou quatre jours, elle me dit : on y va, on y va, on y va ! », se réjouit une autre mère en évoquant l’impatience de sa fille. Dès le portail franchi, un panneau donne le ton de ce qu’est la scolarité à la sauce martégale : « Ici, pour les écoliers, l’accueil du soir, les sorties au cinéma et au musée, la musique, la danse, le sport, c’est gratuit. » Et ce ne sont pas les seules décharges pour les familles, car tous les élèves reçoivent, lors de ce jour de rentrée, un kit de fournitures choisies par leurs professeurs.

    Fournitures gratuites

    « On évite aux parents de payer les fournitures, normalement, ils en ont assez pour toute l’année », affirme le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, venu à la rencontre des parents et enfants avec l’adjoint (PCF) à l’éducation, Gilles Picard. Une politique indispensable pour l’édile : « Notre ambition est la même pour les tout-petits comme leurs parents, celle de pouvoir s’émanciper », insiste Gaby Charroux. Cela implique 4 659 élèves dans l’enseignement primaire, répartis dans 205 classes, dont plus d’un tiers sont des maternelles. Un budget de 230 000 euros y est consacré comme chaque année.

    La maternelle Di Lorto a également fait l’objet de travaux de rénovation durant l’été, à l’image des autres établissements de la Ville. « Nous avons fait de gros efforts sur les cours de récréation, pour la protection du soleil et pour créer de l’ombre », rappelle Gaby Charroux. « Chaque classe et réfectoire dispose d’un brasseur d’air et chaque dortoir est climatisé », complète-t-il. De plus, la maternelle Di Lorto dispose désormais d’un cabinet de toilettes accessible dans le hall d’entrée, ainsi que d’un éclairage à LED.

    La présence du maire et de son équipe devant cette école, située au centre du quartier prioritaire de Notre-Dame-des-Marins, accompagné de la police municipale, prend un sens singulier pour cette rentrée. « Aucun mauvais lien ne doit empêcher l’émancipation de tous », reprend Gaby Charroux, citant notamment la pression du trafic de drogue dans cette cité quasi sexagénaire. « Le principe dans ce quartier est d’inscrire l’école au cœur, à côté le centre social (…). Nous travaillons dans l’ombre pour maintenir le service public et social », affirme l’édile, rappelant la lutte pour le maintien du bureau de poste de Ferrières ou encore celle pour la réhabilitation tant attendue du quartier. « Cela fait plus de dix ans que la réhabilitation doit être engagée », rappelle Gaby Charroux.

    La présence policière est aussi un enjeu. « La police municipale n’est pas là parce que le maire aussi, mais parce qu’elle a été réorganisée. Il y a cinquante agents, dont une brigade de quartier, qui sont en opération tous les jours, car je demande de la tranquillité pour les habitants du quartier », conclut le maire.

    La quiétude observée ce mardi matin lors de cette rentrée, tout comme l’attitude détendue des parents et des enfants rencontrés, semble témoigner des effets positifs de cette approche globale.

  • La FSU dénonce un manque de moyens préjudiciable à la réussite des élèves

    La FSU dénonce un manque de moyens préjudiciable à la réussite des élèves

    Après avoir ironisé sur les neuf ministres de l’Éducation en dix ans de règne d’Emmanuel Macron, le secrétaire général dans le Var de la FSU, Alain Tournay, a constaté que depuis la nomination du dernier en octobre 2025, « il ne s’est pas passé grand-chose, à part la baisse conséquente du budget de l’Éducation nationale, puisqu’on est en économie de guerre ». Et de déplorer encore « un an de perdu pour l’institution, avec aucune remise en question des nombreuses réformes faites, puis abandonnées ».

    Le responsable syndical annonce donc une rentrée 2026 particulièrement tendue du fait, entre autres, du manque d’enseignants et de personnels spécialisés, avec des classes encore surchargées. Et des conditions de travail très dégradées.

    « La baisse démographique aurait dû permettre de réduire significativement les effectifs par classe, on a fait tout le contraire », dénonce-t-il.

    Dans le Var, la moyenne annoncée pour la rentrée 2026 est de 22,04 élèves par classe dans le 1er degré, contre 21 au niveau national et environ 19 selon les standards européens.

    Le Var très mauvais élève

    « Cette moyenne masque des situations beaucoup plus difficiles, avec certaines classes pouvant atteindre 27 à 30 élèves, y compris en maternelle », dénonce la FSU.

    « Est-ce que c’est comme ça qu’on peut envisager qu’une rentrée se fasse sereinement avec tous les profils différents d’élèves que nous avons dans les classes aujourd’hui ? », interroge Aurélie Sanchez (SNUipp). Et de poursuivre : « Est-ce qu’on peut sérieusement envisager qu’on va permettre à chaque élève de réussir, d’avoir un parcours scolaire émancipateur ? » La réponse est bien évidemment, non.

    Mais pour faire passer les effectifs sous le seuil de 25 élèves par classe, le syndicat estime 40 ouvertures de classes supplémentaires seraient nécessaires. Et il manque encore 250 enseignants pour sortir des dernières places du classement par rapport au taux d’encadrement par élève, et remplacer les professeurs absents. « On sait déjà que plus de la moitié des collèges du Var vont avoir au moins un niveau dans lequel il y aura 29 à 30 élèves par classe », précise Bruno Combette (Snes). Et pour les lycées au moins 1/3 des établissements auront un niveau à 35, 36 élèves. « On n’est pas dans une amélioration des conditions d’apprentissage des élèves », insiste-t-il lui aussi.

    Geneviève Clerc (Snes) a insisté pour sa part sur « l’indigence de la médecine scolaire et des services sociaux », qui ne permet pas de répondre aux problèmes. Christian Petit dénonce, lui, le mépris qui continue d’être affiché en direction des élèves et des professeurs des lycées professionnels. Les conditions sont en tout cas réunies pour une mobilisation d’ampleur le 29 septembre.

    Thierry Turpin

    PAROLES DE SYNDICALISTES DE LA RÉGION

    Gweltaz Broudic – Cosecrétaire de la FSU 04

    « Dans le second degré, on a des classes très chargées dans plusieurs collèges, d’autant plus qu’il y a eu quatre fermetures de classe pour la rentrée. Sur le premier degré, on a eu une carte scolaire a minima, ce qui a pour effet de ne pas rétablir d’équité entre un certain nombre d’écoles. On a des gros écarts de moyenne par classe. Et on a depuis des années des problèmes de remplacement dans le département. »

    L.D.

    Patrick Charlier – Coresponsable CGT Éduc’action 05

    « On redoute aussi l’annonce de la création d’une direction de la politique territoriale de l’école. Nous, dans le 05, nous faisons déjà partie des territoires ruraux qui font l’objet d’une expérimentation visant à calculer les moyens qui pourraient être «optimisés» pour l’école. C’est le terme expert pour désigner la fermeture de petits collèges pour rapatrier leurs effectifs vers des grandes cités scolaires… »

    A.F.

    Olivier Montel – Secrétaire Unsa Éducation Vaucluse

    « Il y a de gros problèmes d’affectation. Des profs des écoles ont eu leur poste le 24 juillet. Certains ont fait des recours et sont sans retour… On redoute aussi un problème sur les remplaçants qui ne sont pas assez nombreux. Pire, une réforme départementalise le remplaçant alors qu’il dépendait d’une petite circonscription. Il y a la peur de partir à l’autre bout de Vaucluse, certains ont arrêté. »

    F.C.

    Lola Gourieux – Coresponsable CGT éduc’action 13

    « On prépare une rentrée difficile dans le premier degré [maternelle et primaire] parce que l’on manque de moyen humain. Il y a la réforme des remplaçants, qui auront des zones beaucoup plus larges à couvrir. Les enfants seront donc accueillis dans les autres classes, avec en ressource des fiches pour les élèves. Cela existait déjà, mais c’était un accueil dégradé qui, avec cette réforme, va sûrement devenir la norme. »

    E.J.

  • Un professeur accusé de viols

    Un professeur accusé de viols

    Ce lundi a débuté, à la cour criminelle de Gap, le procès à huis clos d’un homme de 40 ans, ancien professeur de collège à L’Argentière-la-Bessée, accusé de viols sur quatre élèves et d’agressions sexuelles sur six autres. Les faits sont aggravés par sa position d’autorité ainsi que par la détention d’images pédopornographiques.

    À la suite de la plainte d’une élève et d’une alerte du principal de l’établissement, une enquête est ouverte en février 2019. Des témoignages révèlent alors des relations sexuelles avec plusieurs collégiennes, placées sous emprise, caractérisée notamment par des rapports de domination (poignets attachés, gifles, fessées…). Les victimes, scolarisées en classe de 5e au moment des faits, ont ensuite présenté des symptômes d’anorexie, de dépression et de stress post-traumatique.

    Des rapports

    de domination

    Pour l’avocat général, « du fait de leur âge, les victimes ne disposaient pas du discernement nécessaire pour consentir à ces relations ». L’accusé a affirmé que les jeunes filles étaient consentantes tout en reconnaissant « être immature et avoir du mal à mettre de la distance avec ses élèves ». Une explication qu’a mise en doute Me Lévy-Soussa, avocat des plaignantes : « Je pense que les choses sont un peu plus compliquées pour les parties civiles, puisqu’il y a à la fois la dimension liée au rapport d’autorité, c’est un enseignant et ce sont ses élèves, et d’autre part l’âge des plaignantes qui étaient extrêmement jeunes. »

  • Un microlycée pour lutter contre le décrochage

    Un microlycée pour lutter contre le décrochage

    Dans la rue Pourquoi Pas, tout redevient possible pour les élèves en rupture de parcours scolaire. À la prochaine rentrée, le Cours Fénelon, installé dans cette rue au nom évocateur depuis plus de 120 ans, y lancera un microlycée, destiné à ramener une vingtaine de jeunes de 16 à 25 ans en situation de décrochage depuis au moins six mois sur les bancs de l’école.

    Ce modèle, qui existe depuis 2001 en France et est déjà proposé dans deux établissements varois (le collège Ravel et le lycée Bonaparte). Il répond à « un constat de terrain », explique Laurence Beraud-Schmitt, directrice du Cours Fénelon. « De plus en plus de jeunes souffrent d’anxiété et se déscolarisent à cause du harcèlement, de la phobie scolaire, de maladies… » Un mal qui touche le Var dans des proportions inquiétantes : 8% des jeunes de 18 a 24 ans (soit 30 000 élèves) n’ont pas terminé leur cycle secondaire.

    Le bac en ligne de mire

    En septembre, une première promotion entrera en classe de première avec un objectif : obtenir le baccalauréat général en deux ans. Sur le papier, les futurs élèves ont toutes les chances d’y arriver puisque ce type d’établissement revendique une réussite de 80%. « Ils suivront le même programme, assuré par des professeurs de l’éducation nationale », précise la directrice, avec « quelques aménagements. Par exemple, en français, on va demander un allègement du nombre de textes à étudier », ajoute Emmanuel Tilmont, le référent pédagogique. Ce sont surtout les méthodes, centrées sur « une pédagogie active, adaptée à chaque jeune », qui différeront.

    L’accueil sera lui aussi adapté : suivi psychologique, horaires légèrement différés, salle de repos, dans laquelle les élèves seront invités à prendre le café avec leurs encadrants chaque matin pour créer du lien. Cela, au sein d’un bâtiment à part, où les élèves auront la possibilité d’être en vase clos. « Ils pourront accéder à la cafétéria commune et seront invités aux événements du lycée, mais rien ne sera obligatoire », précise Emmanuel Tilmont.

    L’établissement, accessible pour 85 euros par mois (avec possibilité de bourses) se veut : « ouvert à tous profils : très bons élèves, plus en difficulté, porteurs de handicap… », assure le responsable pédagogique, qui prévient toutefois qu’« il faudra qu’ils aient de la volonté ».

    Infos : coursfenelon.com

  • Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Ces professeurs réclament des piscines pour leurs élèves

    Des professeurs de sport serrés dans une piscine gonflable au milieu du Vieux-Port. C’est tout l’objet de la mise en scène organisée, ce jeudi, par le Snep-FSU Aix-Marseille pour attirer l’attention sur le manque d’équipements aquatiques et de piscines dans la ville. Lunettes de plongée et bonnet de bain sur la tête, ils veulent alerter sur cette situation qu’ils jugent préoccupante.

    « À Marseille, seulement 14 piscines sont en activité, ce n’est pas assez. Surtout qu’il y a des piscines qui ont fermé, notamment celles de Luminy et de la Bombardière. La situation ne s’améliore pas, elle a plutôt tendance à se dégrader », affirme Jean Cugier, cosecrétaire académique du Snep-FSU et professeur d’EPS au lycée polyvalent Antonin-Artaud (13e). « Dans la deuxième ville de France, on compte 100 m² de piscine pour 10 000 habitants. C’est deux fois moins qu’à Lyon par exemple. Énormément de professeurs d’EPS sont privés de piscine pour emmener leurs élèves apprendre à nager », déplore Cédric Vassenaix, enseignant à Aix-en-Provence.

    Les professeurs d’EPS alertent surtout sur le nombre important d’enfants qui arrivent au collège sans savoir nager. D’après le syndicat, jusqu’à 85% des élèves entrant en 6e ne maîtrisent pas la nage, dans certains quartiers de Marseille. C’est le cas pour les élèves du collège Henri-Barnier, dans le 16e arrondissement, toujours selon le syndicat. Ce dernier précise qu’une grande partie des élèves ne sachant pas nager sont scolarisés dans les quartiers nord de la ville et ne disposent que de cinq piscines municipales, contre neuf dans le reste de Marseille.

    Face à ce constat, les professeurs d’EPS ont choisi un slogan : « Savoir lire, c’est essentiel. Savoir nager, c’est vital. » L’occasion de mettre en avant les risques liés à l’absence d’apprentissage de la natation, d’autant plus élevés dans une ville bordée par la mer, soulignent-ils.

    Réunion avec la Ville

    Paul Mauranes, qui enseigne depuis deux ans au collège Elsa-Triolet (15e), témoigne : « On a bien 40% d’élèves qui entrent et qui ne savent pas nager. Ça fait presque un enfant sur deux, même si on n’est pas les plus mal lotis car la piscine est à 25 minutes à pied. »

    Cette mobilisation s’inscrit dans une revendication portée à l’échelle nationale. « Notre syndicat réclame la construction de 1 000 piscines sur le territoire et la rénovation des bassins », précise Jean Cugier, qui évoque un enjeu de santé publique : « L’an dernier, il y a eu 50 décès par noyade en France chez les enfants de moins de 12 ans. C’est aussi la première cause de décès par accident domestique chez les moins de 25 ans », ajoute-t-il.

    Prévenue de la mobilisation, la Ville de Marseille a proposé « une rencontre », selon le syndicat, afin d’échanger sur le manque de piscines. Celle-ci devrait se tenir le 10 septembre.

  • Une « bonne idée » mais annoncée trop tard aux yeux des lycéens

    Une « bonne idée » mais annoncée trop tard aux yeux des lycéens

    Je l’ai appris sur TikTok », raconte Lucille Giocanti, en terminale au lycée Sévigné, à Marseille. Le mois de juin est rythmé par les évaluations de fin d’année et par une nouvelle consigne que les élèves de terminale et de première doivent prendre en compte : le durcissement des notations concernant l’orthographe, la grammaire et la syntaxe, dans toutes les épreuves du baccalauréat. L’annonce a été faite par le ministre de l’éducation, Édouard Geffray, au mois de mai.

    À l’unanimité, tous les élèves interrogés jugent cette consigne comme une bonne nouvelle, comme Mathis Motyl, en terminale au lycée du Coudon, à La Garde : « Je trouve que c’est intelligent. On sera bientôt des adultes dans le monde du travail et ce n’est pas normal de ne pas savoir écrire des mails, sans l’aide de correcteurs d’orthographe. » Un avis partagé par Victor Battle, en première, au lycée Irène-
    et-Fréderic-Joliot-Curie, à Marseille : « Dans le fond, c’est une bonne initiative de demander aux élèves de faire attention à l’orthographe. » Toutefois, Lucille Giocanti se demande si cette consigne représentait une priorité face aux enjeux actuels dans l’éducation : « L’état devrait s’attarder sur des choses plus importantes. »

    En revanche, à l’unanimité, tous ces jeunes déplorent un délai trop court entre l’annonce de cette nouvelle notation et les épreuves du baccalauréat. « Le timing n’a pas de sens. Si le ministre avait voulu un meilleur niveau en orthographe, il fallait le dire au début de l’année, là, c’est trop tard, s’insurge Victor Battle. Je n’ai pas spécialement de nouvelle pression puisque mon niveau en orthographe n’est pas trop mauvais. En revanche, je pense à mes collègues qui font des fautes d’inattention, peut-être que certains ont dû réviser ça, en plus du programme. »

    Joa Malliet, en première au lycée Mongrand, à Marseille, renchérit : « On nous a prévenus tard, personne n’a pu se préparer alors que nous étions en plein dans nos révisions. On aurait dû le savoir au début de l’année et pas à trois semaines du baccalauréat. » Pour Imane L’amoulen Caron, en terminale au lycée Saint-Charles, à Marseille, « cette façon de l’annoncer aussi tard est assez brutale est contre-productive ».

    « Un bon nombre de lycées vont perdre des heures »

    Tous confient avoir pris connaissance de cette consigne sur les réseaux sociaux. Depuis, c’est le flou. « Nos professeurs n’ont pas pu nous apporter d’informations complémentaires », explique Lucille Giocanti. Deux questions subsistent chez beaucoup de futurs bacheliers : « Qu’est-ce qu’une copie suffisamment correcte niveau orthographe ? Et sur quel barème se baseront les correcteurs ? »

    Au-delà de ces questionnements, le vrai problème semble ailleurs selon les élèves : les règles de langue ne seraient pas suffisamment enseignées, ni pratiquées sur la durée. « Malheureusement, l’orthographe est très rapidement remplacée par la construction d’idées dans les programmes d’éducation et ça, depuis le collège », confie Mathis Motyl. « En mars ils ont annoncé qu’un bon nombre de lycées allaient perdre des heures de travail. Il me semble qu’à Saint-Charles, ils perdent 50 heures à la rentrée prochaine », ajoute Victor Battle.

    Certains disent ressentir une pression supplémentaire, comme Imane L’amoulen Caron : « Je fais des fautes mais j’estime savoir parler français et l’idée que cela puisse me coûter mon Bac me stresse beaucoup. » D’autres, comme Noa Malliet, se sentent mois stressés : « Comme toutes les réformes appliquées avant, les professeurs seront plus laxistes la première année. Tant que le contenu est bon, ça devrait le faire. »