Tag: produits phytosanitaires

  • De nouveaux foyers de fourmis électriques dans le Var, mais un traitement efficace

    De nouveaux foyers de fourmis électriques dans le Var, mais un traitement efficace

    Mis sur pied en février par le préfet du Var, le comité de suivi des espèces exotiques envahissantes (EEE) tenait, mercredi, son deuxième bilan d’étape. Au premier rang des préoccupations, la lutte contre la fourmi électrique, espèce nuisible pour l’être humain et l’animal (piqûres douloureuses et parfois allergisantes), mais surtout pour les cultures et la biodiversité, puisqu’elle s’attaque aux plantes et insectes locaux.

    Elle a été découverte pour la première fois en France métropolitaine à Toulon, en 2022. Trois foyers étaient jusqu’ici connus dans le département : Toulon, La Croix-Valmer et Cavalaire. Quatre nouveaux ont été identifiés ces derniers mois, à Hyères, La Seyne-sur-Mer, Sainte-Maxime et sur un deuxième site à Cavalaire. Ces découvertes ont notamment été rendues possibles grâce au déploiement de Vigi-Sud, une plateforme de signalement en ligne des EEE. Plus de 100 signalements y ont déjà été enregistrés, permettant « d’être plus rapide pour traiter, avec un délai moyen de réponse de six jours », se satisfait Hermance Forgeat, directrice de Fredon-Paca, organisme à vocation sanitaire (OVS) spécialisé dans la gestion écologique des espaces végétalisés.

    Sur les foyers historiques, le traitement mis en place, dont l’utilisation en saupoudrage a été autorisée par dérogation (prolongée de 180 jours en septembre) par le ministère de la Transition écologique, porte ses fruits. « À Toulon, il n’y a plus de fourmis visibles », indique Olivier Blight, enseignant-chercheur à l’université d’Avignon et spécialiste de l’espèce, bien qu’« on ne puisse pas encore parler d’éradication ». L’autre produit testé, d’origine biologique, n’a lui pas donné de résultats aussi probants.

    « Vivre avec » le frelon asiatique

    Les traitements vont ainsi se poursuivre au même titre que l’étude et le repérage de nouveaux foyers. Par ailleurs, la préfecture va étendre les autorisations de brûlage des déchets verts, considérés comme un vecteur de dispersion de l’espèce, et produire « un arrêté de pénétration sur propriété pour établir des diagnostics et traiter les foyers si besoin, à l’encontre des propriétaires qui ne nous répondent pas depuis plus d’un an », ajoute le préfet du Var, Simon Babre.

    Autre espèce préoccupante : le frelon asiatique, particulièrement nocif pour les populations d’abeilles. Un arrêté prévoit un plan national de lutte, décliné au niveau départemental, en lien avec les apiculteurs. y contribuera, tout comme la création d’un réseau de référents locaux au sein des communes afin de diffuser les bonnes pratiques et de rendre compte des actions engagées. Le piégeage (un piège financé par le plan pour chaque piège financé par une collectivité, sur le principe du « un pour un ») et la destruction de nids seront les deux grands volets du plan, car « on n’est pas sur une dynamique d’éradication, qui est impossible, mais plutôt sur du vivre avec », note Hermence Forgeat.

    Enfin, alors qu’aucun dispositif de lutte autre que la pêche n’est mis en place pour le crabe bleu, pourtant cité lors du premier comité, deux autres espèces sont dans le viseur : la cochenille tortue du pin, découverte en 2021 dans le golfe de Saint-Tropez, qui s’attaque aux pins en se nourrissant de leur sève, et la cicadelle africaine, insecte observé pour la première fois en 2024 dans le département et qui fait de gros dégâts dans les vignes. Pour la première, des élagages, abattements et traitements par injection (jusqu’ici sur 3 123 pins dans 15 communes) ont été ou vont être réalisés. Pour la seconde, deux produits phytosanitaires ont été autorisés par dérogation de 120 jours par le ministère de la Transition écologique, tandis qu’un plan de recherche a été mis en place pour trouver des alternatives face au potentiel retrait européen de ces substances actives.

  • À Avignon, les agriculteurs en veulent à l’Europe

    À Avignon, les agriculteurs en veulent à l’Europe

    Devant le portail orné de drapeaux européens de la préfecture de Vaucluse, ce mardi 6 janvier en début d’après-midi, un peu moins d’une centaine d’agriculteurs ont manifesté à l’appel de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs (JA). Des bannières bleues à douze étoiles dorées, prêtées par les maires du département, pour signifier leur soutien contre différentes mesures de l’Union européenne.

    Parmi les mesures décriées, le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, sur lequel les pays membres seront potentiellement appelés à se prononcer ce vendredi 9 janvier. « C’est tout simplement de la concurrence déloyale. Ces pays ne sont pas soumis à la même réglementation que nous. C’est comme si on envoyait l’équipe de France de foot en finale de Coupe du monde sans que les joueurs ne portent de crampons », image ainsi Sylvain Bernard, secrétaire général de la FDSEA de Vaucluse. Pour le responsable syndical, c’est une « mise à mort » de « la première économie du département ». Tout en concédant que c’est surtout « l’agriculture qui nourrit », comprenez les moyennes à grandes exploitations, qui seront les plus touchées par ces mesures. Mais que celle-ci « permet aux gens qui n’ont pas les moyens de se nourrir correctement ». Quant à la promesse du Premier ministre Sébastien Lecornu de contrôles des résidus de produits phytosanitaires interdits en Europe, Sylvain Bernard estime que l’État « n’a pas les moyens » de mettre cela en œuvre.

    À quelques mètres de là, un cercueil avec écrit en lettres rouge sang « Paysans » est accroché à l’arrière d’un tracteur. « Si ça continue comme ça, on va tous finir dedans », lâche un membre des Jeunes agriculteurs. Une délégation de représentants du syndicat a été reçue dans la soirée ce lundi 5 janvier. C’était laborieux », regrette Guillaume Greter, vice-président des JA de Vaucluse. « Cela devient très compliqué de tirer des revenus avec toutes ces taxes », poursuit-il. Il vise notamment la taxe carbone, officiellement nommée Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Celle-ci taxe les engrais importés. « Cela représente 80 euros supplémentaires par tonne d’engrais. La période néfaste va continuer. Il faut continuer notre mobilisation et ne pas baisser les bras », lâche de son côté Sophie Vache, présidente de la chambre d’agriculture de Vaucluse et ex-présidente de la FDSEA 84.

    Délégation inhabituelle

    Une délégation d’une dizaine d’agriculteurs a été reçue par le préfet de Vaucluse. Mais le seul élu dans l’un des syndicats était le président des JA, Jordan Charansol. « On veut que le message soit donné par d’autres personnes que ceux qui ont l’habitude. Avec leurs mots et leurs ressentis », précise Sylvain Bernard. À l’image de Sébastien Mazoyer, céréalier à Uchaux et membre de la FDSEA. « On va finir par crever, mais on ne crèvera pas tout seuls. Là, on est bien gentils. Mais on va finir par s’énerver. Si on est obligés de partir car ce n’est plus viable, il restera quoi dans nos communes ? C’est aussi nos paysages de champs qui ramènent des touristes. Mais ils vont finir en friche », confie-t-il quelques minutes avant de s’engouffrer dans la préfecture. Jean-Philippe Bres, également céréalier et affilié à la FDSEA, évoque des « trésoreries à sec » après avoir subi des taxes sur les engrais et estime qu’avec « le cours très bas des céréales, un paquet d’exploitations de la région vont déposer le bilan cette année ».