Tag: produits locaux

  • Les oliviers du plateau de Valensole subissent la sécheresse

    Les oliviers du plateau de Valensole subissent la sécheresse

    « Avec la sécheresse, on ne sait pas du tout où on va. On a eu un hiver pluvieux, avec des arbres en forme ; et là, on se retrouve avec des olives toutes petites, qui tournent et deviennent noires » : Paolo Chabot, agriculteur agroécologique au moulin familial de Bonaventure, sur le plateau de Valensole, a subi de plein fouet les aléas climatiques cet été. « Le climat change trop, on n’arrive plus à faire de bons rendements de bonne qualité », regrette-t-il. Face à cette situation instable, il essaye de se diversifier et de miser sur des cultures moins vulnérables et sensibles au changement climatique. « Depuis deux ans, on essaye les oléagineux, comme le tournesol ; ou encore la moutarde », avec son père et son frère qui les a rejoints récemment sur la petite exploitation de 30 hectares. « On est assez peu à avoir la double casquette agriculteur et moulinier : il y a 10 moulins dans le 04, et que trois agriculteurs mouliniers », précise le producteur, qui a environ 800 clients agriculteurs.

    Paolo Chabot « essaye de tout faire en agroécologie », ce que l’ingénieure agronome Brune de La Selle définit comme « produire avec plutôt que contre le vivant ». « Plutôt qu’éliminer les espèces qui nous dérangent, on essaye de comprendre comment elles peuvent nous être utiles », explique-t-elle. Cette approche se veut une alternative au système agro-industriel.

    « Montrer que le bio peut être rémunérateur »

    Pour s’assurer d’avoir un revenu stable, l’agriculteur vend une partie de son huile d’olive à la start-up française Revoliva, qui propose à ses acheteurs un système de parrainage d’arbres et d’abonnement annuel. « On veut montrer que le bio peut être attractif, valorisant et rémunérateur », avance Daniel Bodenheimer Morales, qui a cofondé la marque Revoliva avec son ami d’enfance Fémi Faure. « On accompagne des fermes bio en France, en Espagne et en Italie. On peut doubler la rémunération en faisant du parrainage d’oliviers. La vente directe permet de mieux rémunérer les producteurs », affirme-t-il. La start-up, dont les bureaux sont à Paris, travaille aussi bien avec des particuliers qu’avec des chefs. Une quarantaine de restaurateurs parisiens se fournissent en huile d’olive chez eux. « Tout part d’un partenariat fort avec Paolo, qui est très engagé. On s’est compris en termes de valeurs », relate Daniel. « Chaque région a un pionnier », et Paolo est celui des Alpes-de-Haute-Provence.

    Revoliva permet aux producteurs d’accéder au marché, ce qui est « extrêmement difficile » pour eux sans être accompagnés, avance le cofondateur. « Aujourd’hui, le producteur vend ses olives en vrac à bas prix, il est à la limite de la rentabilité. Les négociants qui achètent ont pour but d’augmenter leur marge, parce qu’après, ils revendent à un intermédiaire qui revend à un magasin. L’agriculteur, lui tout seul, ne peut pas organiser sa vente. Donc nous, l’utilité qu’on a pour l’agriculteur, c’est la commercialisation, la sécurisation de la vente », précise Daniel.

    La France ne produit que 3 à 5% de l’huile d’olive qu’elle consomme, alors que l’Espagne produit près de la moitié de l’huile d’olive dans le monde. L’huile d’olive Revoliva est revendue uniquement sur le marché français.

  • [#DisMoiPourquoi] la malbouffe coûte-t-elle souvent moins cher que des produits locaux ou bio?

    [#DisMoiPourquoi] la malbouffe coûte-t-elle souvent moins cher que des produits locaux ou bio?

    Séraphine, 14 ans en 2de au lycée Martin-Bret de Manosque (04)

    Le prix des produits alimentaires dépend fortement de l’organisation des entreprises qui vont les produire et les distribuer. En France, il y a environ 350 000 fermes, environ 23 000 entreprises de transformation alimentaire, et 6 centrales d’achat alimentaires qui concentrent entre 85% et 90% des parts de marché. Cette concentration leur donne un pouvoir de négociation énorme vis-à-vis des autres entreprises.

    Ces centrales se livrent une compétition féroce sur les prix, ce qui se répercute notamment sur les comportements des autres entreprises. Pour maintenir des prix aussi bas, il faut produire en très grande quantité avec des ingrédients bon marché qui sont souvent pauvres, voire mauvais, pour la santé humaine. Les produits bio signalent le fait de ne pas employer certains produits pour cultiver, un effort souvent récompensé par un prix généralement un peu plus élevé mais souvent amplifié dans la grande distribution.

    Les produits locaux sont souvent produits sur des plus petites fermes, en plus petits volumes et offrent la possibilité de connaître les manières employées par les agriculteurs. »

    Mikaël Akimowicz. Maître de conférences au Laboratoire d’Économie et de Sociologie du Travail (CNRS/AMU)

  • Le savoir-faire artisanal local mis à l’honneur à la Foire de Marseille

    Le savoir-faire artisanal local mis à l’honneur à la Foire de Marseille

    Pour la première fois, le label « Fabriqué à Marseille » bénéficie de son propre « village » à la Foire. Une initiative destinée à offrir une large visibilité à l’artisanat local.

    Rebecca Bernardi (DVG), adjointe au maire en charge des Commerces et de l’Artisanat, insiste sur l’importance de mettre en valeur le savoir-faire marseillais et en définit le label comme son emblème. « Dans une époque où tout ce qui vient de l’autre bout du monde est moins cher, plus accessible, plus visible, ça a évidemment du sens de rappeler aux gens qu’on peut produire de la qualité à l’échelle locale. Les labellisés en sont la preuve et nous permettent de nous reconnecter avec notre identité de Marseillais », commente-t-elle. « Le label est une marque économique qui va rayonner à l’international, au-delà de Marseille. C’est important pour la ville de porter des ambassadeurs, de leur permettre de se développer et de stabiliser une structure », poursuit Julien Harounyan (MadMars), adjoint au maire en charge du tourisme durable et de l’attractivité économique.

    Dans le village du label, on retrouve des stands divers et variés : brasserie, marque de textiles, pâtisserie… Tous les artisans se réjouissent du soutien de la Ville au travers du label. « Les gens ne nous connaissent pas, donc c’est très bien qu’on soit là, la Foire nous sert beaucoup en termes de notoriété. Les gens ont besoin de repères, le label permet donc aux gens d’acheter de la qualité en toute certitude », explique Clément Courcy, de la boutique des Navettes des Accoules.

    Pour d’autres artisans qui ne possèdent pas de commerce physique, la Foire représente l’occasion de rencontrer leurs clients. C’est le cas de Stéphane Chevé de la Maison Matthieu, un atelier de fumaison de poissons qui vend ses produits dans différents restaurants ou épiceries de la région. « Je discute énormément avec des gens qui connaissent mes produits, mais les achètent ailleurs dans l’année et qui sont contents de me rencontrer en vrai », précise le maître saurisseur.

    Développer un réseau local au travers du label

    Le label représente aussi l’opportunité pour ces artisans de développer des liens professionnels forts, mais pas seulement. « On se lie d’amitié entre labellisés, cela permet de discuter, d’échanger et d’envisager des projets ensemble », déclare Clément Courcy. Les exposants témoignent d’ailleurs de la bonne ambiance sur le stand. « Une belle famille pour représenter notre belle ville », résume Serge Bruna, maître savonnier à la Licorne.

    Le stand du label « Fabriqué à Marseille » à la Foire internationale s’inscrit dans une démarche de développement du soutien de la Ville à l’artisanat local, avec notamment une nouvelle vague de labellisation annoncée pour les prochaines semaines.

    Etienne Devillard Lacordaire

    De 10 à 19h ce mercredi, au parc Chanot. Informations surfoiredemarseille.com

    AU PROGRAMME CE MERCREDI

    Spectacle « Voyage au-delà des mers »

    De 14h30 à 15h30 sur la Grande Scène, ce spectacle musical et immersif est pensé pour éveiller la curiosité des jeunes pour le monde marin et sa biodiversité.

    Réalité virtuelle

    Avec un casque VR, il sera possible d’explorer les fonds marins et d’en découvrir ses trésors cachés dans l’Allée de la Méditerranée. À découvrir toute la journée.

    Atelier peinture sur céramique

    Une initiation à cette pratique ancestrale et emblématique de la Méditerranée est proposée. À découvrir toute la journée.

  • Des « pépites agricoles » en piste pour les futurs Jeux Olympiques de 2030

    Des « pépites agricoles » en piste pour les futurs Jeux Olympiques de 2030

    « Les Jeux olympiques doivent laisser un héritage utile à l’agriculture du territoire », a expliqué Flora Charrieau, la directrice de la Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes lors du lancement des Pépites agricoles ce mardi : « Cette démarche, c’est la première brique pour accueillir les Jeux olympiques, qui sont une grande opportunité pour faire découvrir nos produits locaux. »

    Pour mettre en valeur les produits issus des agriculteurs du département, notamment ceux de la marque territoriale Hautes-Alpes Naturellement, portée par la Chambre d’agriculture, un site internet faisant office de « vitrine de l’agriculture des Hautes-Alpes » vient d’être mis en ligne. Les visiteurs peuvent y retrouver des fiches détaillées sur les différents producteurs. Un salon des Pépites agricoles se tiendra du 20 au 22 novembre à La Bâtie-Neuve, réunissant les producteurs et les visiteurs. Les Trophées des Pépites agricoles seront aussi lancés, et permettront aux consommateurs d’élire un producteur parmi neuf candidats présélectionnés.

    L’enjeu principal des Jeux olympiques pour les agriculteurs est de leur permettre d’accéder aux marchés liés à l’événement, qui s’ouvriront dans un an. La Chambre d’agriculture les accompagnera vers cet objectif, et les aidera à développer leur visibilité, notamment grâce au nouveau site internet co-construit avec les agriculteurs. « Il ne faut pas oublier que les produits agricoles façonnent l’expérience touristique du territoire », estime Flora Charrieau.

    Agathe Di Lenardo

  • Le marché solidaire de Port-de-Bouc devient un filet de sécurité alimentaire

    Le marché solidaire de Port-de-Bouc devient un filet de sécurité alimentaire

    À 10 heures, le petit marché est déjà vide. « Les adhérents sont venus tôt pour être sûrs de repartir avec des légumes », explique Nadia, facilitatrice de lien social au sein du centre social Nelson Mandela. Il faut dire que l’offre est imbattable : disposés sur l’unique étal, des produits issus de l’agriculture biologique attendent les habitants, pour un prix bradé à – 50%.

    Graine de soleil anime cette distribution mensuelle dans le quartier de Tassy. Chaque 1er jeudi du mois, l’association s’installe également aux Amarantes. Hector Lepage, qui a récemment rejoint les rangs de la structure, détaille : « On a une exploitation de 4 hectares à Châteauneuf-les-Martigues. On y accueille 30 à 35 personnes en insertion professionnelle, avec des contrats allant de 6 mois à deux ans, pour les aider à retrouver un emploi par le biais du maraîchage. (…) À côté de ça, on est agrémenté “structure d’aide alimentaire“, donc on peut vendre nos fruits et légumes à un prix solidaire pour permettre une meilleure accessibilité alimentaire aux habitants des quartiers défavorisés ».

    La qualité à un prix accessible

    Le sujet est loin d’être anecdotique. Face à la hausse persistante du coût de la vie, l’alimentation s’impose comme la première variable d’ajustement budgétaire des ménages modestes. La 2e édition du baromètre national réalisé par Ipsos bva pour l’Association nationale des épiceries solidaires (Andès) révèle que 54% des travailleurs pauvres restreignent leur quantité de nourriture. 70% déclarent s’alimenter essentiellement de féculents, tandis que 68% disent ne pas manger pas suffisamment de fruits et légumes frais.

    À Tassy, fléché quartier prioritaire de la politique de la Ville, les travailleurs sociaux voient la précarité grimper en flèche. « Avec l’augmentation de l’essence, du prix de l’énergie, l’inflation… la situation s’empire, affirme Nadia. Nos adhérents ont de petits revenus, on a beaucoup de familles nombreuses, de mamans solos. » Pour tenter d’enrayer cette spirale, Graine de soleil multiplie les marchés solidaires. « On en anime plus de 90 par an, notre production a explosé de 30% en deux ans pour être capable de suivre », témoigne Hector Lepage. « Les habitants demandent à avoir des produits de qualité à un prix accessible. Ils peuvent trouver des légumes moins chers à Lidl mais ils préfèrent avoir du bio et du local. »

    En fin de matinée, un retraité sort de son immeuble et traverse le City stade pour remplir son panier. « Il y a des marchés à Port-de-Bouc, mais ils proposent très peu de bio, confie-t-il. Puis il faut descendre en centre-ville. » D’où l’importance, pour Nadia, de faire de l’ultra proximité.

  • À Marseille, Martine Vassal visite le collège Jean-Claude Izzo rénové

    À Marseille, Martine Vassal visite le collège Jean-Claude Izzo rénové

    Après un passage par les collèges André-Chénier (12e) le 1er septembre et Vitagliano (4e) le 3, c’est dans le collège Jean-Claude Izzo, du nom de l’écrivain et ancien journaliste de La Marseillaise, que Martine Vassal, présidente (DVD) du département, a poursuivi, lundi, sa tournée de rentrée. Au programme, notamment : la visite du nouveau « bloc sanitaire » de l’établissement, fraîchement rénové, mais aussi de l’équipement sportif, qui fait cette année sa deuxième rentrée. Des opérations réalisées grâce à un investissement de plus d’1 million d’euros du Département, dont 950 000 consacrés au terrain de sport et 120 000 aux toilettes. « Le Département investit chaque année environ 35 millions d’euros pour les travaux dans les collèges, répartis sur les 132 établissements des Bouches-du-Rhône, précise le directeur général adjoint de l’équipement du territoire. Ce collège [Jean-Claude Izzo] a été livré en 2006, il y a 20 ans, et a déjà connu un agrandissement ». La cour accueille en effet depuis septembre 2023 un nouvel espace réservé aux élèves de la Section d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa), que la présidente a pris le temps de visiter. « Le collège est adapté aux enfants qui, des fois, ont grandi un petit peu plus vite dans le corps que dans la tête, décrit-elle. C’est important que nous puissions permettre à ces enfants de réussir, eux aussi, leur scolarité ». Dans la même promotion depuis la 6e, les actuels élèves de 3e ont participé à deux reprises aux concours « Toute la lumière sur les Segpa », notamment avec leur court-métrage « Les Aventuriers », qui a obtenu le prix du meilleur scénario.

    Du local dans l’assiette

    Autre thème au menu de la visite départementale ce lundi : le temps cantine. « C’est important pour les instances départementales de permettre [aux jeunes] d’avoir au moins un repas équilibré par jour, (…) tout en conservant une facture allégée pour les parents, insiste la présidente. Depuis 2015, le prix de la cantine est à 3 euros, et à 1, 20 euro pour les boursiers, soit, ici, 80% des enfants. » Et l’ambition est aussi de proposer de la « qualité » avec l’achat de produits locaux, notamment pour les fruits et légumes. « Nous avons des chefs qui font à manger tous les jours dans des systèmes de self, et on privilégie tout ce qui est local, poursuit-elle. Souvent, dans les grandes villes comme Marseille, on ne sait pas que le département est le premier producteur de fruits et de légumes en France, on veut donc le mettre en avant. »

  • Vaucluse : des paniers d’entreprises à 100% de produits locaux

    Vaucluse : des paniers d’entreprises à 100% de produits locaux

    Trois types de paniers (Instant salé, Instant sucré, Trésors fermiers) sont à disposition. « Une attention authentique, qualitative et en circuits courts, qui en affirme les valeurs RSE de l’entreprise lors des fêtes de fin d’année, opérations de fidélisation, séminaires et autres journées de cohésion », promeut la chambre d’agriculture.

  • Quarante familles réussissent le défi de l’alimentation durable

    Quarante familles réussissent le défi de l’alimentation durable

    Si elles étaient cinquante sur la ligne de départ fin novembre, quarante familles ont finalement suivi l’aventure jusqu’au début de l’été. Ce sont les chiffres encourageants que présente la Communauté de Communes de Serre-Ponçon, qui a lancé en fin d’année 2025 des « défis déchets alimentation ». Cuisiner « zéro déchets », remplacer la viande par des protéines végétales… Chaque mois, un nouveau défi et des ateliers pour aider à les relever étaient proposés aux familles participantes. C’est l’association Gap Sciences et Animations qui s’est chargée du volet réduction des déchets, tandis que l’association Solidarités et Environnement menait les ateliers pour adopter une alimentation plus saine, de saison et locale sans augmenter son budget.

    « Il y a beaucoup de choses très simples qu’on peut faire, sans se rajouter beaucoup d’efforts ou de charge mentale en plus », constate Justine, Embrunaise, qui a participé aux défis de réduction des déchets avec ses deux enfants, de cinq et neuf ans, qui ont fabriqué leur éponge réutilisable pour remplacer celles en plastique. « Maintenant, avec les magasins où il y a du vrac il y a des produits comme les cosmétiques, qui sont faciles à récupérer avec ses contenants, plutôt qu’acheter puis jeter le tube de dentifrice, le stick de déodorant, le shampooing, le liquide vaisselle ou la lessive… », affirme-t-elle.

    Des efforts moindres

    que ce que l’on pense

    Pour aider les participants à consommer localement, le programme a organisé des visites chez les agriculteurs, comme à la ferme des Têtes rousses à Réallon, ferme d’altitude de brebis laitières. « Ça permet aussi de se rendre compte qu’on a tout à portée de main, surtout nous dans notre région où l’on ne manque pas de producteurs. Et je trouve que ce n’est pas non plus super compliqué à mettre en place. Surtout qu’en circuit court, avant, on était obligés d’aller chez chaque producteur. Maintenant, il y a des associations comme le panier Embrunais, qui regroupe tout en une seule commande », note Audrey, habitante des Orres qui a relevé tous les défis d’alimentation.

    « Si la plupart des familles participantes étaient déjà assez sensibles à ces sujets, le fait de pouvoir impliquer toute la famille, de venir avec ses enfants, a créé un bel engouement, commente l’une des techniciennes de la communauté de communes en charge du projet. Les recettes partagées par exemple, ont été très appréciées et reprises par les gens chez eux. Sur l’autre volet également, on a constaté une nette réduction des poids de déchets au fil des pesées. » L’équipe organisatrice prépare désormais une nouvelle session pour 2027, mais sur une période plus réduite, pour faciliter le suivi de tous les ateliers de bout en bout.

  • [C’est l’été] Bertrand Mazel, riziculteur « Une lutte permanente »

    [C’est l’été] Bertrand Mazel, riziculteur « Une lutte permanente »

    Bertrand Mazel a 68 ans et, officiellement, il devrait être à la retraite. Officieusement, il n’a pas encore levé le pied de sa riziculture. Entre ses responsabilités d’élu à Arles, où il travaille sur le marketing territorial, et son rôle de vice-président de l’agglomération, il continue surtout de porter la filière du riz de Camargue. Installé entre les Saintes-Maries-de-la-Mer et Arles, il cultive aussi du blé dur et des pommes de terre, mais le riz reste son affaire : « C’est ce que je connais le mieux ».

    Parisien d’origine, fils de négociants en vin, rien ne le destinait à cette vie. Ses parents avaient une propriété dans le Sud. C’est ainsi qu’il découvre la région et s’y installe il y a 30 ans. Son appétence pour le riz est venue en le travaillant. « Je suis tombé amoureux de ma production », résume le riziculteur. Un chemin qui le mène à s’engager dans le syndicalisme pour porter la filière. Il devient président du Syndicat du riz, une structure indépendante couvrant le Gard et les Bouches-du-Rhône, puis s’engage progressivement en politique, « à petite échelle », dit-il.

    Des règles contraignantes mais protectrices

    Dans ses parcelles, Bertrand Mazel cultive sept à huit variétés différentes, du riz à risotto au riz à sushi, jusqu’aux variétés pour les desserts lactés. La filière camarguaise compte aujourd’hui environ 180 producteurs, pour 80 000 tonnes annuelles, soit 20% de la consommation totale française.

    Lui revendique une production « vertueuse ». Pas d’insecticides ni de fongicides, peu de désherbants et un séchage naturel au mistral. À cela s’ajoutent, quatre contrôles par an et un cahier des charges strict. « On est sûrement l’alimentation la plus contrôlée mais au moins on a l’avantage d’avoir une meilleure qualité », reconnaît-il, 17 réglementations qui se superposent sur le territoire. « On est hyper protégé, mais c’est bien. On se rend bien compte qu’on est dans un écrin de nature », affirme-t-il, même s’il insiste sur « cette mondialisation qui nous écrase ». Car face à cette concurrence mondiale, « on essaie d’exister. C’est une lutte permanente », témoigne le producteur.

    Mais derrière tout le discours technique et les contraintes, c’est surtout un attachement particulier à la Camargue qui affleure. « Ce qui me plaît, c’est d’être dans un pays libre. Avec les grands espaces. » Le quotidien, lui, reste exigeant. La culture du riz prend 120 jours, dans l’eau. Il faut quotidiennement surveiller les niveaux, les ragondins… Un investissement de tous les jours, qu’il décrit comme très prenant, dans un environnement « exubérant », peuplé d’oiseaux et de vie. Aujourd’hui, plus question pour lui de quitter ce milieu. « Je suis devenu un rustre personnage », sourit-il. « Maintenant, je ne me sens bien que dans la nature. »

    Un attachement

    à la Camargue

    Reste la question de l’avenir : « C’est une très bonne question, vous faîtes bien de la poser », car ses deux filles ne semblent pas prêtes à reprendre l’exploitation. « Je suis en train de réfléchir à des solutions. » Une inquiétude partagée par toute la profession : « La moitié des agriculteurs va disparaître dans les dix prochaines années ». Et, en filigrane, un appel à soutenir les produits nationaux et une interrogation plus large : « Les Français devraient se demander ce qu’ils vont manger demain ».

    Bertrand Mazel, lui, continue de défendre son riz, convaincu qu’il faudra « parfois le payer un tout petit peu plus cher » pour préserver une production locale. « Sur un repas, la différence est ridicule. Mais nous, ça nous permet de survivre. ».

    Marie Moreau

    Un riz aux multiples facettes

    Le Riz de Camargue IGP se présente sous différentes formes : riz complet, semi-complet, riz blanc, riz étuvé. Selon les variétés cultivées, il existe plusieurs formats de grains (ronds ou longs), des couleurs allant du blanc au brun, et offre des parfums naturels différents. Il est cultivé en pleine nature, là où le sel marin, l’eau du Rhône et le mistral se rencontrent sur une zone plate.

  • [C’est l’été] Visite guidée du Moulin de l’Olivette à Manosque

    [C’est l’été] Visite guidée du Moulin de l’Olivette à Manosque

    Producteurs et mouliniers partagent leur savoir-faire, acquis depuis des générations, lors de visites guidées toute la journée, à condition de prévenir votre venue par téléphone.

    A.GC.

    Gratuit.

    Réservation au 04.92.72.00.99.