Tag: Prix des carburants

  • Un appel à réduire drastiquement le trafic aérien

    Un appel à réduire drastiquement le trafic aérien

    Plus de cent collectifs et associations de 25 pays du monde entier ont été coordonnés par le réseau « Stay Grounded » dans le but de s’opposer à la pollution liée à l’exploitation aérienne. Le collectif « atterrissons d’urgence Montpellier » est signataire de ce manifeste par le biais duquel les organisations réagissent à la crise du kérosène et prônent plusieurs mesures afin « d’enrayer l’effondrement climatique ».

    Supprimer le trafic

    entre Montpellier et Paris

    « Pour “Rester sur Terre”, la crise actuelle du kérosène – alimentée par les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la volatilité des marchés des combustibles fossiles – met en évidence la fragilité du secteur aérien », précise Atterrissons d’urgence Montpellier. « Alors que les compagnies aériennes sont confrontées à une hausse des coûts et à l’incertitude, cette situation souligne à quel point le transport aérien reste dépendant de combustibles fossiles dont les réserves sont limitées ».

    « Presque toutes les mesures impactent plus ou moins l’aéroport de Montpellier », affirme Stuart Page, porte-parole du collectif montpelliérain. De l’exigence d’une non-extension appliquée à tous les aéroports à celle réclamant l’arrêt des publicités et programmes de fidélité, ce manifeste n’expose pas seulement les problèmes liés au trafic aérien, son système inégalitaire et la pollution qu’il engendre, il envisage un tout nouveau modèle pour le secteur. « Remplacer les vols court-courriers par des liaisons ferroviaires ou maritimes, interdire les vols de nuit dans les aéroports, fermer les aéroports régionaux… », autant de suggestions qui permettraient de freiner les conséquences négatives du transport aérien.

    « Quand Transavia a ouvert sa base ici en 2020, le directeur commercial a dit qu’ils avaient fait le pari qu’en créant une offre, qu’ils allaient stimuler et créer la demande, ce n’est pas comme s’ils venaient combler une demande existante, ils souhaitent créer de la demande », insiste le porte-parole d’Atterrissons d’urgence Montpellier.

    Les campagnes publicitaires qui visent à concurrencer les voyages en train, comme la nouvelle publicité de l’aéroport de Montpellier dont le slogan  : « en deux heures il y sera » fait référence à la durée présumée d’un aller Montpellier – Paris, sont dans la ligne de mire du collectif. « On a porté plainte contre l’aéroport pour ce qu’on considère être une pratique commerciale trompeuse », assène-t-il. Par ces actions, le collectif espère la suppression de la liaison aérienne Montpellier-Paris, qui permettrait d’appuyer la promotion des voyages en train, en covoiturage, ou tout autre moyen de locomotion moins polluant.

    « Le transport aérien le montre clairement : c’est l’une des sources d’émissions qui connaît la croissance la plus rapide, et l’un des secteurs les plus vulnérables aux chocs mondiaux », déclare la porte-parole de Stay Grounded, Inês Teles. « La solution est simple : réduire le nombre de vols et investir dans des alternatives au transport aérien. » En 2026, l’installation d’une base Volotea est prévue localement, « cela représenterait environ 2 millions de passagers en plus ». Une perspective à laquelle le collectif Atterrissons d’urgence compte bien s’opposer.

  • Fabien Roussel : « J’appelle à avoir un Parti communiste le plus uni possible »

    Fabien Roussel : « J’appelle à avoir un Parti communiste le plus uni possible »

    La Marseillaise : Vous venez participer à la Feria de Nîmes, ce week-end. Pourquoi ce déplacement ?

    Fabien Roussel : La Feria de Nîmes est une des plus grandes fêtes populaires de notre pays, avec une ville de 150 000 habitants qui va accueillir, pendant quelques jours, un million de visiteurs ! C’est une si belle fête, j’ai envie tout simplement de la partager avec beaucoup de monde. Surtout, je vais avoir le plaisir de pouvoir le faire avec le nouveau maire de Nîmes, Vincent Bouget, et les militants qui ont participé à cette victoire. C’est une fierté !

    Nîmes est la plus grande ville remportée par le PCF, lors de ces municipales, et face à l’extrême droite. Quelles leçons en tirer au moment où s’ouvre une nouvelle séquence politique ?

    F. R. : J’ai retenu une chose du choix qu’ils ont fait à Nîmes : de construire un programme avec les habitants, quartier par quartier, rue par rue, pendant plus d’un an, et ensuite de mener campagne sur ce programme en ne parlant que de leur programme, sans jamais parler des adversaires. J’ai fait la même chose dans ma commune de Saint-Amand-les-Eaux. C’est une leçon de ces élections municipales que nous devrions reproduire plus souvent.

    Face à la flambée du prix des carburants, vous appelez à nationaliser Total. Cela suffit-il face aux grandes crises internationales ?

    F. R. : La nationalisation de Total n’est pas une fin en soi, ce n’est pas ça qui va régler tous les problèmes, nous en avons bien conscience. Ce que nous demandons d’abord, c’est de bloquer les prix à 1,50 euro et de baisser les factures d’électricité, parce que nous sommes dans une situation où nous produisons beaucoup d’électricité, à tel point que nous ne savons pas quoi en faire ! Et, enfin, il faut augmenter les salaires et les pensions de retraite de 5% immédiatement pour protéger le pouvoir d’achat des Français, la consommation et relancer l’économie par la consommation. Ces trois mesures sont indispensables. Nationaliser Total, c’est reprendre la main sur une entreprise qui a vocation à être une entreprise d’État : c’est une entreprise stratégique, c’est incompréhensible pour nos concitoyens que ce grand groupe profite de la guerre pour accumuler près de 6 milliards d’euros de bénéfices en un trimestre, alors que cet argent devrait servir à baisser le prix à la pompe.

    Le tissu industriel est frappé par les pénuries de matières premières après la guerre des États-Unis contre l’Iran. Comment réaliser la réindustrialisation défendue par les communistes ?

    F. R. : Puisque le gouvernement apporte des mesures qui sont loin de faire le compte et que nous craignons une récession dans les mois qui viennent, nous appelons à une semaine d’action devant les préfectures, entre le 28 mai et le 4 juin, pour interpeller partout l’État sur la vie chère et l’emploi. Les défaillances d’entreprises n’ont jamais été aussi nombreuses, notre économie est hyper fragilisée, il y a besoin de la protéger et de créer, dans chaque région, une cellule de crise rassemblant les représentants des salariés, les services de l’État et les banques, pour trouver des solutions face à chaque menace qui pèse sur une activité industrielle. Il faut stopper cette hémorragie d’emplois industriels immédiatement, sinon, nous allons continuer à nous affaiblir.

    Dans les Bouches-du-Rhône, nous avons eu l’exemple de l’abandon du projet de la plus grande fabrique de panneaux solaires d’Europe, face à la concurrence internationale. Comment reconquérir une souveraineté industrielle ?

    F. R. : La France a plein de richesses, d’énergie, de compétences, permettant d’être un pays beaucoup plus attractif, nous pourrions être leader dans plein de domaines. Nous produisons l’électricité la plus décarbonée et la moins chère de toute l’Union européenne, nous avons demandé la baisse de son prix de l’électricité de 30%, pour que les entreprises puissent investir chez nous. Et nous appelons à la mise en place d’un plan de relance, un pacte de confiance et d’avenir que nous avons estimé à 500 milliards d’euros, sur cinq ans, afin de prêter à taux zéro voire négatif pour relocaliser l’industrie en étant vigilants sur les critères écologiques et d’emploi, pour que cet argent soit socialement utile.

    Ces milliards, le gouvernement les consacre au réarmement en abondant de 36 milliards d’euros la loi de programmation militaire…

    F. R. : Avec Cécile Cukierman et Stéphane Peu, nous avons interpellé Sébastien Lecornu pour lui demander solennellement de changer de politique, pour éviter à tout prix une récession. Au lieu d’investir dans l’armée, dans les bombes, dans les guerres à l’étranger, nous lui demandons d’investir dans les services publics que les Français réclament : la santé, l’école, la lutte contre les narcotrafics. Et puis, il y a ces 211 milliards d’euros d’aides publiques versées à l’aveugle, sans contrepartie, y compris à de grands groupes qui n’en ont pas besoin. Nous demandons à les flécher vers les industries sur la base de critères sociaux et écologiques, pour que l’on relocalise des filières entières dans notre pays.

    Le PCF a engagé son 40e congrès, avec trois textes alternatifs face au projet de base commune du conseil national. Comment les accueillez-vous ?

    F. R. : Les communistes ont la culture du débat ! Nous aimons prendre le temps d’analyser la situation en France comme à l’internationale, pour avoir les meilleures réponses à apporter. Je regrette qu’il y ait autant de textes, car cela risque de fracturer et de diviser notre parti à un moment où, au contraire, nous avons besoin d’un parti solide pour défendre la classe ouvrière, tout comme nous avons besoin de syndicats solides. Il ne faut pas avoir peur du débat, débattre en toute sérénité et se rassembler pour mener ce combat contre l’extrême droite, pour la paix en Europe et dans le monde. La base commune que la direction sortante propose, que je défends et qui a été adoptée à 77% par le conseil national, est largement amendable. Elle doit être enrichie. J’ai entendu à travers les textes alternatifs les remarques, les manques, les doutes. Nous allons avoir tout le temps du congrès pour les intégrer, sur la base de cette base commune que nous proposons. J’invite les communistes à l’adopter pour avoir un parti le plus uni possible dans la préparation de ce congrès.

    Le coordinateur national de la

    France insoumise Manuel Bompard assurait, ce vendredi, que les communistes sont des alliés naturels et demandait de ne pas instrumentaliser LFI dans les débats internes du PCF. Que lui répondez-vous ?

    F. R. : Je regrette tous ces messages qui circulent sur les réseaux sociaux partagés par des militants et des dirigeants de la France insoumise pour appeler les communistes à me battre et à battre la base commune du CN. C’est de l’ingérence et c’est insupportable. Quant à Manuel Bompard, qui dit que nous sommes un allié naturel, il expliquera cela aux maires communistes devant lesquels il a mis des candidatures de la France insoumise pour les faire battre lors des dernières municipales. On ne fait pas ça à un allié. Ce qui s’est passé aux élections municipales restera une expérience vécue douloureusement.

  • Carburants : Lecornu annonce 710 millions d’euros d’aides

    Carburants : Lecornu annonce 710 millions d’euros d’aides

    Désireux de « changer d’échelle » sans abandonner « personne », le Premier ministre et dix de ses ministres ont détaillé, lors d’une conférence de presse, ce nouveau paquet de mesures de « soutien à l’activité » percutée de plein fouet par la guerre en Iran, avec la même « philosophie » d’aides aux secteurs les plus touchés.

    Les aides sectorielles existantes pour les agriculteurs, les transports, la pêche ou le BTP, vont être prolongées jusqu’à l’été, et les entreprises sont invitées à verser une prime carburant augmentée à leurs salariés. Dans le détail, celles pour la pêche représenteront entre 30 et 35 centimes d’euro par litre de gazole, tandis que les agriculteurs bénéficieront d’un soutien de 15 centimes par litre de gazole non routier (GNR).

    Parmi les plus vulnérables, les aides à domicile, qui utilisent beaucoup leur voiture, et les fonctionnaires verront leurs indemnités kilométriques revalorisées, à hauteur d’environ 20 centimes par litre. L’aide aux gros rouleurs de 50 euros sera doublée à 100 euros. Les fonctionnaires amenés à utiliser leur véhicule personnel dans le cadre de leur mission verront eux aussi leurs indemnités de déplacement revalorisées, avec une majoration équivalente à environ 0,20 euro par litre de carburant.

    Avancer « prudemment »

    Car « d’une manière ou d’une autre, sous une forme ou sous une autre, cette guerre va durer, soit de manière froide (..) soit malheureusement aussi avec une reprise du conflit et des frappes, ce qui est un scénario évidemment possible », a prévenu Sébastien Lecornu.

    Mais comment aider davantage les métiers touchés sans creuser le déficit ou contraindre les dépenses ?

    Il faut « avancer prudemment » pour ne pas « casser la croissance », a souligné le chef du gouvernement parce que ces aides et la guerre ont « un coût » et un « certain nombre d’économies » seront « nécessaires ». Elles seront détaillées dans un comité d’alerte sur les finances publiques qui se réunira au mois de juin.

    Le gouvernement a déjà annoncé six milliards d’euros de gels ou annulations de crédits sur les dépenses publiques en 2026, dont quatre sur l’État et deux dans « la sphère sociale », qu’il envisage de « remettre à jour ».

    Le Premier ministre a écarté de nouveau « toute baisse générale indiscriminée de la fiscalité sur le carburant » qui coûte « très cher » aux finances publiques. Elle reste l’une des demandes d’une partie des oppositions pour soulager la facture énergétique des ménages. Pas question non plus de réclamer aux Français plus de sobriété dans leur consommation de carburant. « Il ne faut pas emmerder les Français » en leur faisant la « leçon » sur la façon dont ils doivent vivre, a affirmé Sébastien Lecornu, reprenant une formule célèbre de son lointain prédécesseur Georges Pompidou.

    Le gouvernement s’en remet en partie aux entreprises, en renforçant la prime carburant pour les salariés. Le montant maximum de cette prime défiscalisée versée par les employeurs sera portée de 300 à 600 euros. Sébastien Lecornu avait déjà salué la mesure prise par le groupe pétrolier TotalEnergies de plafonner les prix à la pompe dans ses stations-service, à défaut de le faire à son niveau compte tenu des contraintes budgétaires.

  • [Tourisme] Le nombre de réservations impacté par le prix de l’essence

    [Tourisme] Le nombre de réservations impacté par le prix de l’essence

    Alors que la hausse du coût du carburant impacte nombre de professions, en témoignent les diverses mobilisations qui ont essaimé dans l’Hexagone ces derniers jours, qu’en est-il pour les vacanciers ?

    Dans le secteur du tourisme, certains semblent avoir pris les devants, à l’instar du camping Maïana, à La Grande-Motte, où les gérants ont mis en place une ristourne sur le carburant. Pour une semaine de réservation complète cet été, les futurs touristes pouvaient recevoir un bon d’achat d’une valeur comprise entre 30 et 80 euros.

    À l’aune de la saison estivale, d’autres dispositifs émergent pour tenter d’attirer la clientèle. « Nous avons un rôle à jouer pour maintenir le pouvoir d’achat. Chacun fait son truc. Par exemple, j’ai décidé de ne pas augmenter le prix de la restauration et de baisser celui de certaines boissons. D’autres mettent en place des bons d’achat sur le gasoil mais cela reste marginal », développe Philippe Robert, président de la Fédération de l’hôtellerie de plein air d’Occitanie et gérant du camping 4 étoiles La Méditerranée, à Vias. Tous espèrent que la guerre et l’augmentation du prix du carburant seront de courte durée et qu’ils pourront faire le plein au cœur de l’été. « Sur le début de l’année, les réservations étaient bien engagées, à un niveau similaire à 2025, une très bonne saison pour le tourisme. Mais depuis un mois et demi, il y a un ralentissement dû à la guerre. Ce qui se traduit par une baisse des réservations et un changement de comportement : les gens séjournent plus près, des établissements ont eu des annulations justifiées par le fait qu’ils se trouvaient trop loin », observe Philippe Robert. D’autres encore préfèrent partir moins longtemps. Preuve que le porte-monnaie pèse sur le choix des vacances : « On observe un regain d’activité sur le camping avec emplacements nus, l’offre la plus accessible », note Philippe Robert.

    « Un effet ciseau »

    Des tendances qui semblent se restreindre à la France. « Nous travaillons beaucoup avec des Allemands, des Hollandais : eux sont au rendez-vous. Seuls les Français pêchent, c’est étonnant », précise Philippe Robert. Néanmoins, ces réticences impactent les professionnels. « Les réservations sont bonnes pour les mois de mai et juin, mais nous avons des difficultés sur la haute saison, alors que nous sommes déjà complets en temps normal », poursuit le président de la fédération. Au point d’avoir un impact sur l’emploi ? « On reste prudent et on regarde nos dépenses car on a bien compris que tout peut arriver à tout moment. On n’a aucune visibilité contrairement aux autres années. Il y a une part de risque et on est prudent sur les embauches. »

    Le gérant de camping veut croire en sa bonne étoile en tablant notamment sur le fait que des Français, partant initialement à l’étranger, se rabattent sur l’Hexagone. « Il y a aussi un effet ciseau. On voit qu’il est compliqué de partir du fait du problème de pouvoir d’achat mais, d’un autre côté, avec ce climat anxiogène, on a besoin de s’échapper, de partir », soutient Philippe Robert.

    Toutefois, ces changements de comportement sont à l’œuvre depuis la crise sanitaire, amplifiée avec la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine. Les gens partent moins longtemps et plus près pour un tourisme plus vert. Cette nouvelle hausse à la pompe ne serait-elle pas l’accélération d’un changement inéluctable ?

  • Prix des carburants : les infirmiers libéraux alertent

    Prix des carburants : les infirmiers libéraux alertent

    Les infirmiers libéraux sont la dernière profession médicale à se rendre tous les jours à domicile chez leurs patients. Face à la flambée des prix du carburant, la Fédération Nationale des Infirmiers du Gard (FNI 30) a donc annoncé le 15 avril se donner la possibilité de ne plus prendre en charge de nouveaux patients, tout en assurant la continuité des soins, si aucune mesure n’est prise pour compenser la crise. « Les tarifs des infirmiers sont conventionnés, donc contrairement aux autres professions libérales, nous ne pouvons pas jouer sur les prix pour compenser la hausse des coûts liés au carburant, explique Matthieu Reynet, président de la FNI 30. Ainsi, sur des zones avec de gros écarts de kilométrages entre les patients, les cabinets risquent de devoir calculer le coût du déplacement selon le soin, et certains patients pourraient alors se retrouver avec des refus de prise en charge. C’est la raison pour laquelle nous nous mobilisons pour alerter sur cette urgence. » Selon l’infirmier, le surcoût lié à cette augmentation des prix du carburant serait d’environ 15 euros par jour de travail, ce qui représente en moyenne entre 150 et 200 euros par mois.

    Ce que la FNI réclame, ce sont des mesures spécifiques en cas de crise, comme une exonération partielle ou totale des taxes sur le carburant pour surpasser l’augmentation des prix. « Si cette part de charge continue d’augmenter, nous serons obligés de faire des choix, se désole Matthieu Reynet. Nous ne sommes plus au temps de bonnes sœurs. » Le 21 avril, le gouvernement a tout de même annoncé une aide de 20 centimes par litre de carburant pour les « travailleurs modestes » dits « gros rouleurs », soit une aide soumise à des conditions de revenus et de kilométrage.

  • Les aides à domicile héraultaises en lutte pour sortir de la galère

    Les aides à domicile héraultaises en lutte pour sortir de la galère

    « Dimanche dernier, j’ai roulé 110 kilomètres pour cinq heures de travail. Or notre indemnité kilométrique ne rembourse que de 38 centimes par kilomètre. On paye pour aller travailler. » La colère était de mise, ce 21 avril, devant les grilles du Département de l’Hérault, à Montpellier, ainsi qu’à Béziers où une cinquantaine d’aides à domicile s’étaient mises en grève afin de défendre leurs conditions de travail dégradées.

    L’augmentation du coût de l’essence a été vécue comme la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà on ne peut plus rempli. Une hausse impactant de plein fouet cette profession à 90% féminine qui nécessite un usage quotidien du véhicule pour se rendre chez les bénéficiaires. « En 2022, notre indemnité kilométrique est passée de 35 à 38 centimes -dont 14 centimes pour le carburant [le reste étant pour l’amortissement, Ndlr]– mais l’essence a augmenté de 20%. Sur un trajet de 8 km, j’utilise 4 litres de gasoil. 1,12 euro sera donc pris en charge, ce qui ne représente pas la réalité de nos dépenses », soupire Christelle Fanjaud, déléguée CGT de l’association ADMR (Aide à domicile en milieu rural) Orb et Thongue.

    Une délégation reçue

    À la fin du mois, la facture est salée pour la plupart d’entre elles. « Beaucoup d’entre nous sont en temps partiel, donc payées en dessous du Smic. Certaines sont divorcées avec des enfants et touchent 700 à 900 euros par mois. Et si tu as besoin de 200 euros d’essence, tu vas manger au Secours populaire », soupire Nathalie Trepagny, aide à domicile à Présence Verte Services et déléguée syndicale CGT. « Il vaut mieux en ce moment poser un arrêt maladie que d’aller au travail, au moins on ne perd pas d’argent », estime-t-elle. D’autant que la hausse du prix du carburant n’est pas le seul caillou dans la chaussure des aides à domicile. « L’avenant 36 de notre convention collective ne tient pas compte de la réalité du terrain. Il n’y a que le temps passé dans le véhicule selon le GPS qui est pris en compte. Mais chercher une place, être dans les bouchons, tout ça, c’est du bénévolat, du travail dissimulé », s’indigne Christelle Fanjaud.

    Conséquences ? Une pénurie de recrutement liée au manque d’attractivité du métier, qui se traduit par des démissions et un turn-over important. « Les salariées sont en surcharge et peuvent se retrouver en arrêt maladie. Mais cela a aussi un impact sur les bénéficiaires. Si l’un a Alzheimer, il a besoin de repères, il n’y a pas de possibilité de turnover », observe Céline Rouig, aide à domicile à Présence Verte Services. Et pour celles qui restent, la fin de carrière se révèle bien compliquée. « On est de plus en plus fracassées. Comment voulez-vous, à 65 ans, lever quelqu’un qui est grabataire ? », fait valoir Nathalie Trepagny. Pourtant les aides à domicile sont un maillon essentiel dans la chaîne du soin. « Si nous ne sommes plus là, il manque un échelon : les infirmières, les aides-soignantes ne pourront pas travailler », note Christelle Fanjaud. « Parfois, les infirmières sont débordées, si bien que nous faisons la toilette des bénéficiaires, mais ce n’est pas notre travail », complète Nathalie Trepagny.

    Une délégation a donc été reçue par le conseil départemental -principal financeur des associations d’aides à domicile- afin de faire entendre les principales revendications : revalorisation des salaires, augmentation des indemnités kilométriques, amélioration des conditions de travail, reconnaissance réelle du métier et respect des droits et du temps de travail.

    « Nous dépendons de l’État, les financements ne sont
    pas faits au niveau des Départements. Si les besoins augmentent, pour nous Départements, c’est compliqué
     », explique Patricia Weber, vice-présidente déléguée aux solidarités. L’élue entend recevoir les responsables des structures d’aides à domicile pour prendre le pouls et un courrier du président PS Kléber Mesquida demande au ministre de prendre en considération la situation des aides à domicile. « Nous n’avons pas eu de réponses précises. On se revoit au mois de juin, donc je pense qu’il y aura une suite », espère Christelle Fanjaud.

  • [Entretien] Jérémy Bacchi : « Le gouvernement continue de jouer le jeu de l’industrie pétrolière »

    [Entretien] Jérémy Bacchi : « Le gouvernement continue de jouer le jeu de l’industrie pétrolière »

    La Marseillaise : Que contient la proposition de loi (PPL) déposée mardi au Sénat par les communistes ?

    Jérémy Bacchi : C’est une proposition de loi pour bloquer, encadrer les prix et les marges des carburants et du gaz, dans une période de flambée à la défaveur des conflits au Moyen-Orient. L’idée est de s’attaquer aux profiteurs de crise, que ce soit l’état ou les industries pétrolières, qui s’appuient sur ce chaos international pour augmenter leurs marges. Les industriels nous expliquent que le prix du baril est à X dollars et assurent que, dans ce cadre, ils ne margent que très peu. Ils oublient de dire qu’ils ont des réserves conséquentes, qu’ils ont constituées lorsque le prix du baril était au plus bas, et qu’aujourd’hui, ils nous les vendent au plus fort.

    Votre PPL invite aussi l’état à baisser la TVA et la fiscalité du carburant…

    J.B. : Il y a évidemment un volet qui consiste à appliquer une TVA à 5,5% au carburant, mais aussi au gaz. Cela permettrait de redonner du pouvoir d’achat aux Françaises et aux Français.

    Pourquoi le gouvernement ne suit-il pas votre PPL pour l’instant ?

    J.B. : D’abord, le gouvernement continue de jouer le jeu de l’industrie pétrolière, notamment du fait de la présence de forts lobbies de l’industrie pétrolière en France, et au-delà, d’ailleurs. Deuxièmement, l’État trouve son intérêt dans la situation. Il joue, lui aussi, à la spéculation sur la hausse des tarifs. Près de 400 millions d’euros ont été récupérés par l’état en six semaines, à la faveur de la hausse du prix du pétrole.

    La PPL prévoit que le prix de l’essence ne puisse pas, pendant six mois, excéder le prix moyen des douze mois précédents. À quel niveau cela nous amènerait-il ?

    J.B. : Ça dépend du prix moyen. Mais on serait aux alentours de 30 à 40 centimes de moins que ce qu’on a aujourd’hui, ce qui pourrait permettre de gagner entre 7 et 9 euros par plein.

    Fabien Roussel (PCF) a, début avril, relancé le débat autour d’une nationalisation de TotalEnergie. Qu’est-ce que cela permettrait ?

    J.B. : Le débat autour de la nationalisation soulève en premier lieu la question de la souveraineté énergétique. Il s’agit d’un problème plus large que celui du coût du carburant, ou de la séquence que nous vivons. C’est la question de savoir qui a la main, quelles nations, quels investisseurs…

    Cela permettrait aussi de diminuer l’impact des conflits sur les plus pauvres, qui sont les premiers à trinquer…

    J.B. : En effet, aujourd’hui, c’est le peuple qui paye le prix du conflit. Et les industriels se gavent là-dessus.

    TÉMOIGNAGES

    Muriel Dueñas – Responsable départementale de l’Association de défense des consommateurs (Indecosa) CGT Vaucluse

    « Nous exigeons un prix de carburant à 1 euro 70, sachant que, dans certains pays en Europe, les prix sont plus bas. L’addition est salée mais nos salaires n’augmentent pas. Les grandes compagnies pétrolières réalisent des profits sur le dos des consommateurs. Nous demandons au gouvernement d’empêcher cette spéculation et de protéger la population. J’ai travaillé dans une station essence, je sais que les stocks sont présents bien en avance. Il est donc possible de baisser les prix, car les stocks ont été faits avant la crise. »

    M.M.

    Olivier Masini – Secrétaire départemental du Secours populaire 83

    « C’est encore trop récent pour qu’on ait des retours mais inévitablement ça va venir aggraver la situation des personnes que nous accompagnons qui sont déjà en situation de précarité, voire de grande précarité. Aujourd’hui, il n’y a plus pour elles d’arbitrage possible. Cet hiver c’était déjà choisir entre se chauffer et se nourrir…

    je rappelle que dans notre département 17,94% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Alors bien sûr toute augmentation des prix de l’énergie va forcément avoir un impact sur les plus fragiles. »

    T.T.

    Damien Langlet – Président de l’association des consommateurs et usagers des Hautes-Alpes

    « L’impact dans les Hautes-Alpes est énorme. Dans ce territoire de montagne avec des communes enclavées et des emplois excentrés, la voiture est essentielle pour la majorité des travailleurs. Nous souhaitons donc que le gouvernement rétablisse la taxe sur le carburant, qui augmente à mesure que les prix montent, à son niveau d’avant crise. On a le sentiment que l’État laisse faire car la situation lui permet de générer un maximum de recettes via cette taxe et, en même temps, d’accélérer à marche forcée le passage à l’électrique, au détriment des plus pauvres. »

    A.F.

  • Bercy en panne face à la hausse de l’énergie

    Bercy en panne face à la hausse de l’énergie

    Face à la flambée des prix à la pompe, le gouvernement dégaine un décret pour contrôler la situation. Consultée mardi par l’AFP, la mesure d’urgence prétend « éviter des effets d’aubaine » liés à la guerre de Trump et Netanyahu au Proche et Moyen-Orient. Dans une lettre envoyée mardi au Premier ministre, les patrons des cinq plus gros distributeurs français, Carrefour, Auchan, Intermarché, Leclerc et Coopérative U, dénoncent un texte « techniquement défaillant, économiquement déséquilibré et juridiquement fragile ».

    Depuis le début de la guerre en Iran, fin février, et le blocage du détroit d’Ormuz qui s’en est suivi, les prix à la pompe ont grimpé en France d’environ 15% pour l’essence (à environ 2 euros par litre en moyenne mercredi) et bondi de 34% pour le diesel (à plus de 2,30 euros le litre en moyenne). Le décret donnerait la possibilité au gouvernement de plafonner les marges des distributeurs, mais les prix à la pompe resteront variables en fonction de l’évolution des cours des produits raffinés. Le mécanisme se déclencherait dès lors que les prix des produits raffinés à Rotterdam dépassent ceux d’avant-crise, correspondant à environ 1,71 euro/l à la pompe pour le gazole et l’essence.

    Pour Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), si l’idée du gouvernement est « louable », ce mécanisme ne fera baisser les prix que de « quelques centimes par litre » puisque la loi du marché garde la main sur le prix in fine. Déjà critiqué à droite comme à gauche comme pour son impact « marginal », ce projet suscite encore une levée de boucliers des distributeurs qui condamnent une décision « sans concertation avec les acteurs économiques, et surtout qui ne va rien produire », s’est agacé Thierry Cotillard, patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché. Le prix glissant sur cinq jours décorrèle « le prix de référence réglementaire du coût réel du carburant en cuve », ce qui aurait pour conséquence de contraindre les distributeurs à « vendre à perte ». Les cinq dirigeants dénoncent : « Ce sont les raffineurs-distributeurs qui ont capté des marges brutes considérables depuis le début du conflit en Iran » et « ce décret ne leur impose strictement rien ». Ils plaident pour la suspension des certificats d’économies d’énergie (CEE), qui représente « 15 à 20 centimes par litre » sur le prix du carburant.

    Ménages et travailleurs, les plus pompés

    On est loin du « prix maximum à la pompe 1,70 euro » réclamé par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. In fine c’est encore le monde du travail qui trinque le plus, « le secteur routier est le plus touché, avec environ 30% des coûts liés à l’énergie, la pêche c’est même 35%, ensuite vient l’agriculture, le BTP, les aides à domiciles, les infirmières », liste l’économiste Henri Sterdyniak, soulignant « les inégalités territoriales dans les zones rurales et périphériques ». Du côté du Medef Sud, « pour l’instant, il y a prise en compte des entreprises, qui prennent sur leurs marges pour éviter le dérapage d’une inflation qui serait difficilement supportable pour notre pays », réagit Stéphane Benhamou, son président. « Cette inflation provoquerait un ralentissement d’activités, qui aurait d’autres répercussions, beaucoup plus graves : sur le nombre de demandeurs d’emploi ou de la consommation. » Le patronat de la région Paca craint surtout les répercussions en cas de poursuite du conflit « jusqu’en juin (…) Il y aura un impact inévitable sur l’emploi, sur la croissance, sur l’investissement et sur la consommation qui représente 52% du PIB de notre pays ». Enfin, « le pétrole, ce n’est pas seulement le carburant que l’on met à la pompe toutes les semaines, c’est aussi énormément de matières premières dérivées », rappelle Stéphane Benhamou.

    Une fois n’est pas coutume, le consommateur semble le cadet des soucis du gouvernement qui rejette toute « aide universelle » aux automobilistes pour tenir son objectif de rigueur budgétaire. La hausse va donc « beaucoup peser sur les ménages » déplore Henri Sterdyniak. Présidente de l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, Marie-Amandine Stévenin a quant à elle considéré que la réponse du gouvernement cherchait surtout à « atténuer la brutalité des hausses ».

  • Les profiteurs de guerre

    Les profiteurs de guerre

    La guerre, meurtrière pour les peuples, est toujours une très bonne affaire pour le capitalisme. C’est pour cela qu’il la fait. Celle déclenchée au Moyen-Orient par les États-Unis de Donald Trump et Israël – dirigé par le gouvernement suprémaciste de Benjamin Netanyahu – a coupé les routes maritimes du pétrole. Résultat, depuis le 28 février, les prix flambent et les multinationales de l’or noir font des profits records. Selon une étude commandée par Greenpeace et relayée par l’association Attac, les compagnies pétrolières réalisent plus de 80 millions d’euros de profits supplémentaires par jour depuis le début de la guerre. Pour le seul mois de mars, ces superprofits représenteraient environ 2,5 milliards d’euros.

    Justice fiscale

    Outre la nécessité de se dégager d’une dépendance mortifère aux énergies fossiles, l’urgence est de faire payer ceux qui s’enrichissent de manière indécente alors que les citoyens peinent à payer leurs factures. Contrairement aux affirmations du bloc central (minoritaire) qui gouverne la France, bloquer les prix, taxer les compagnies est possible et absolument souhaitable. Celles et ceux qui participent à la vie de la cité, des aides à domicile en passant par les artisans, les agriculteurs, les pêcheurs, les enseignants, les infirmières etc. Bref toutes celles et ceux qui font tourner le pays et assurent la concorde sociale, sont aujourd’hui en grande difficulté tandis qu’une poignée d’actionnaires se gavent. La collecte de l’impôt débute et il est temps d’instaurer la justice fiscale.

  • [Chronique corse] Coût du carburant : la mobilisation des pêcheurs corses trouve une issue

    [Chronique corse] Coût du carburant : la mobilisation des pêcheurs corses trouve une issue

    C’est une issue qui vient clore un mouvement déclenché par la hausse brutale du gasoil et qui a mis en lumière les difficultés rencontrées par la profession.

    Depuis plusieurs jours les pêcheurs corses se mobilisaient dans plusieurs ports de l’île afin d’alerter sur la situation devenue critique de leur profession pour porter une revendication centrale : celle du prix du carburant.

    En quelques semaines, le coût du gasoil utilisé pour les bateaux de pêche a fortement augmenté, passant d’environ 0,64€ à plus d’1€ le litre. Une hausse rapide directement liée aux tensions internationales sur les marchés de l’énergie mais dont les conséquences se font particulièrement sentir en corse.

    Sur une île où les prix sont déjà plus élevés qu’ailleurs, les pêcheurs dénoncent un écart important avec le continent. Cet écart pèse lourdement sur leur activité.

    Coûts insupportables

    Car pour ces professionnels, le carburant n’est pas une dépense parmi d’autres : c’est un élément central de leur activité. Chaque sortie en mer en dépend directement. Lorsque son prix augmente c’est tout l’équilibre économique du métier qui vacille. Certains pêcheurs expliquent aujourd’hui qu’ils travaillent à perte ou qu’ils hésitent à prendre la mer tant les coûts sont devenus difficiles à supporter.

    À travers leur mobilisation, les pêcheurs corses ont cherché avant tout à se faire entendre sur une réalité concrète et immédiate : celle de charges qui augmentent plus vite que leurs revenus.

    Ce mouvement aura permis de mettre en lumière une profession souvent discrète mais essentielle à la vie économique et culturelle de l’île. En portant la question du carburant sur le devant de la scène, les pêcheurs rappellent une évidence : sans conditions de travail soutenables, il devient impossible de maintenir une activité pourtant profondément ancrée dans le territoire.