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  • La rentrée frappée par des fermetures de classes

    La rentrée frappée par des fermetures de classes

    « Avez-vous le chiffre des fermetures de classes cette année et à venir, notamment en milieu rural ? À cette question posée, mardi 25 août à Paris, lors d’une rencontre avec des titres de la presse régionale (La Marseillaise n’a pas été conviée), le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a préféré botter en touche. « Pour cette rentrée, nous avions tablé sur 150 000 élèves de moins. En fait, c’est 161 000 élèves de moins dans le système éducatif à la rentrée. Nous sommes à peine à 11,6 millions d’élèves contre 12,3 millions en 2017. Nous sommes sur une baisse démographique majeure. Moi, je ne veux pas qu’un maire découvre en mars ce qu’il fait en septembre. » Pour la précision de la réponse, on repassera. Les chiffres sont pourtant connus, département par département, commune par commune. Et le constat est sec : la baisse de la démographie sert de prétexte au gouvernement pour faire des économies budgétaires.

    Dans les départements du Gard et de l’Hérault, en cette veille de rentrée scolaire, mardi 1er septembre pour les élèves (la veille pour les enseignants), les suppressions de classes dans le premier degré (maternelle et primaire) se comptent par dizaines. Le Gard perd 58 classes pour seulement 15 ouvertures. Le département voisin de l’Hérault paie le prix fort avec 100 classes fermées pour seulement 60 ouvertures. 20 postes d’enseignants sont aussi supprimés.

    Les directeurs académiques des services de l’Éducation nationale, les Dasen, appliquent les directives du ministère et les rencontres avec les syndicats au sein des CSA (comités sociaux d’administration) se sont considérablement tendues au fur et à mesure que les projets de suppressions de classes se confirmaient.

    Pour le SNUipp de l’Hérault, principal syndicat dans le premier degré, « les syndicats font l’amer constat que ce sont des écoles de même profil, dans les mêmes quartiers, qui sont impactées par ces décisions injustes, sans prendre en compte les difficultés du terrain. Ce qui exacerbe le sentiment d’iniquité ressenti par les habitants et les collègues. » Dans le Gard, la quasi-totalité des syndicats a voté fin juin contre les 58 fermetures de classes dont 20 classes en éducation prioritaires, près de la moitié d’entre elles étant situées à Nîmes, détaille le Syndicat des enseignants Unsa. « La parole des parents et des organisations syndicales représentant les personnels n’est pas entendue » renchérit le SUipp34.

    Dans ce contexte, les résultats du dernier baromètre du Syndicat des enseignants Unsa n’ont rien d’étonnant. Ils sont ainsi trois sur quatre à se déclarer inquiets sur leur avenir, et 71% ne se sentent ni respectés ni reconnus dans l’exercice de leur métier, selon cette enquête à laquelle ont répondu plus de 42 000 agents et rendue publique à la veille de la rentrée.

    « Le salaire, fatigue majeure des personnels »

    « Ça dit quelque chose de très important de la défiance qui s’est installée entre les personnels et entre les politiques éducatives qui ont été conduites ces dernières années », souligne la secrétaire générale du syndicat enseignant, Élisabeth Allain-Moreno. « Le salaire est devenu la fatigue majeure des personnels de l’Éducation nationale », ajoute Julie Duhamel, secrétaire nationale du SE-Unsa. Pour 48% des répondants, le mot qui vient spontanément à l’esprit lorsqu’ils pensent à leur travail est celui de « salaire », soit une hausse de 14 points par rapport à 2024. « Pour nombre d’entre eux, le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement de son métier », a-t-elle déploré. Le syndicat réclame une revalorisation générale des rémunérations, plutôt qu’un recours accumulé aux primes qui ne rentrent pas dans le calcul de la retraite. Pour Élisabeth Allain-Moreno, le malaise est le résultat de choix politiques accumulés depuis plusieurs années. « Le désengagement du gouvernement dans le service public » depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017 « à des conséquences dramatiques », a-t-elle jugé.

    Chère cantine à Béziers

    Alors que l’État met fin à l’expérimentation de l’uniforme à l’école, le maire d’extrême droite de Béziers le généralise au frais des Biterrois. En revanche, dénoncent les communistes, Robert Ménard n’a pas vanté la hausse des tarifs de la cantine de 20cts par repas. « C’est un coup dur pour les familles les plus précaires. » Le PCF demande l’annulation de la mesure et la création d’un échelon de gratuité « pour les familles les plus modestes. »

  • Plus de 600 000 euros de travaux dans les écoles de Port-Saint-Louis-du-Rhône

    Plus de 600 000 euros de travaux dans les écoles de Port-Saint-Louis-du-Rhône

    À quelques jours de la rentrée, les écoles sont de véritables fourmilières. À l’intérieur, agents et travailleurs s’activent pour que tout soit prêt lors de l’arrivée des élèves, qui devraient être un peu moins de 900 cette année. « On profite de la saison estivale pour réaliser les gros chantiers, et à la fin de l’été on fait une tournée avec l’ensemble des services techniques pour voir les avancées, jeter un coup d’œil dans toutes les classes, essayer tous les interrupteurs, les robinets… pour que les jeunes et les équipes éducatives rentrent dans les meilleures conditions », explique Marc Minoretti, adjoint au maire délégué aux travaux, au cadre de vie et aux affaires générales.

    En 2026, 606 000 euros de travaux ont été consacrés aux sept établissements primaires et maternels de la commune. Dans le détail, 201 000 euros ont été alloués à la climatisation de tous les réfectoires, dortoirs et halls. « On avait fait l’isolation thermique par l’extérieur de 4 groupes scolaires il y a deux ans, ce qui nous a permis de gagner quelques degrés mais c’était pas suffisant, poursuit l’élu. Les clims ont été installées début juin, avant la première vague de canicule ».

    150 000 euros ont été dédiés à la rénovation complète de l’ancien logement de fonction de l’école Paul Éluard, désormais dédié au Rased et au périscolaire, 93 000 euros à la première tranche de rénovation des toitures, et 92 900 euros à la réfection des sols des quatre classes nord de l’école Jules Verne, qui avaient été déformés par les racines des platanes situés à proximité. 109 000 euros supplémentaires sont allés à l’entretien courant des classes, entre peintures, étanchéité, clôtures ou encore sécurisation des accès. La Ville a également fait l’acquisition de 12 écrans numériques interactifs. « C’est un renouvellement, toutes les classes élémentaires sont équipées depuis 5/6 ans », précise Maryline Oxisoglou, adjointe au maire déléguée à l’éducation.

  • Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Le texte de 144 pages, rédigé sous l’égide de l’eurodéputée Chloé Ridel, proche du premier secrétaire Olivier Faure, a vocation « à nous identifier sur le long terme », au-delà de l’élection présidentielle de 2027, a précisé Chloé Ridel à la presse. Il part du principe que le modèle de la social-démocratie « a permis des progrès sociaux considérables » mais « n’a jamais pris en compte les limites planétaires, n’a pas effacé les inégalités entre femmes et hommes ni les discriminations racistes et s’est progressivement fissuré sous l’effet de la mondialisation libérale ». Il doit désormais « être dépassé ». Le texte doit être enrichi par les militants, qui ont six semaines pour l’amender, pour un vote avant l’été.

    Tous les courants du PS ont été associés à la rédaction mais, lors d’un bureau national mardi soir, les opposants à Olivier Faure se sont désolidarisés, déplorant que ce projet soit présenté à la presse avant la consultation des militants. Cette présentation est une réponse de la direction du parti, souvent accusée par ses détracteurs de ne pas avoir « travaillé » sur le fond. « On nous a reproché de ne rien produire, là on a 144 pages qu’on peut amender », défend un proche d’Olivier Faure. Le Premier secrétaire du PS est notamment contesté sur sa volonté de faire participer le PS à une primaire de la gauche et des écologistes, qu’il souhaite soumettre au vote des militants. Ses opposants réclament eux un vote pour désigner rapidement le candidat des socialistes pour 2027. Le projet fait la part belle à la notion de liberté, que le PS veut « reprendre à la droite et l’extrême droite ». Pour la droite et l’extrême droite, la liberté, « c’est l’absence de règles communes, c’est la fin de l’État et des services publics, c’est le règne du tout marché », a détaillé Chloé Ridel. Pour les socialistes, « pour que la liberté soit réelle pour tous, il faut des règles communes, des sociétés solidaires, une puissance publique forte ».

    Le projet entend aussi répondre à Jean-Luc Mélenchon, et à sa notion de « nouvelle France » qu’il semble opposer à « une ancienne France », selon Chloé Ridel. Le PS veut plutôt « réconcilier les Français » par « des politiques de justice radicales en matière de fiscalité, de réforme démocratique, de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, pour les services publics, pour les transports ».

    Smic à 1 690 euros net

    Parmi les mesures, le PS veut rehausser le Smic à 1 690 euros net, instaurer la taxe Zucman de 2% sur le patrimoine des fortunes de plus de 100 millions d’euros et créer un « impôt sur les grandes successions ». Il prévoit aussi d’abroger la réforme Borne sur les retraites et de conserver un régime par « répartition », avec une durée de cotisation de 43 annuités « réductible en fonction de la pénibilité » et des carrières hachées, et « un âge légal de départ ramené à 62 ans » mais qui ne constituera « pas le critère central du système ».

    Concernant l’immigration, autre thème monopolisé par la droite et l’extrême droite, le PS propose une régularisation par le travail, avec un titre de séjour pour toute personne étrangère ayant un contrat de travail depuis au moins 6 mois. En matière de bifurcation écologique, le PS, veut « sortir l’électricité de la logique de marché » et planifier la sortie des énergies fossiles et la transition vers « un mix énergétique 100% décarboné en 2050 ». Le parti à la rose développe aussi de nombreuses mesures pour le logement, les transports, le grand âge (création d’un service public de l’autonomie), l’enfance et l’école (avec un objectif de 19 élèves par classe en 10 ans par exemple). Le projet fait aussi de la réindustrialisation une priorité, et propose « un plan de prises de participation minoritaires ou de nationalisations en dernier recours » sur des filières stratégiques comme « la sidérurgie, l’énergie et la chimie ».

  • Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    À l’heure où la sonnerie de midi retentit, le parvis du lycée Jean-Lurçat est bien plus rempli qu’à l’accoutumée. L’Union locale CGT, Sud Éducation, FSU, les associations de parents d’élèves, la FCPE et l’Apeep, ainsi que les personnels de Paul Langevin et des écoles de Martigues s’y sont rassemblés pour protester contre la baisse de la dotation globale horaire et le manque de moyens dans l’éducation.

    Au sein de l’établissement des Rayettes, « c’est un phénomène récurrent », affirme la professeure d’espagnol Vanessa Perdu-Ortiz. Tous les ans, l’équipe pédagogique est en lutte contre ces attaques. « L’an dernier on a eu une diminution assez sévère qui se confirme cette année. Les effets qui se font sentir : dans le lycée professionnel, on a un seul prof d’EPS pour des groupes de 30 élèves, sachant que les classes devraient être dédoublées, on a un regroupement de classes en filière technologique, avec des effectifs à plus de 35… » Son collègue Philippe Sénégas appuie : « Comme par hasard, ceux qui souvent subissent les conséquences de ces politiques antisociales, ce sont les plus fragiles de nos élèves. »

    « Il n’y a pas de prise de conscience des pouvoirs publics de ce que ça implique pour nous, ils considèrent que ça continue de tourner avec toujours moins de moyens parce qu’on met en place des stratégies pour continuer d’assurer un service d’éducation auprès des élèves, regrette Vanessa Perdu-Ortiz. Ça ne peut plus durer. La situation devient insoutenable. Les enseignants se retrouvent parfois avec des salles qui ne sont même pas équipées pour installer le nombre de jeunes. »

    Pour la rentrée prochaine, le lycée Paul Langevin est aussi ciblé, avec des spécialités qui risquent de disparaître à l’instar de la Littérature, langues et cultures de l’antiquité, le théâtre, le numérique et sciences informatiques ou encore le brevet d’initiation aéronautique.

    Une vision court-termiste

    « Ce sont des pans d’études entiers vers lesquels les élèves ne pourront pas se diriger, parce qu’ils n’auront pas la spécialité offerte, et c’est inquiétant parce que les autres établissements du bassin martégal ne les auront plus non plus », dénonce la professeure de physique-chimie Laetitia Jenna, qui s’inquiète d’une « école à deux vitesses » avec une inégalité des chances en fonction de son origine géographique. À Langevin, les enseignants s’organisent dans une grève tournante les mardis et les jeudis, ont lancé une pétition et demandé une audience au rectorat, restée pour le moment sans réponse.

    Le premier degré n’est pas épargné, avec environ 150 fermetures de classes recensées dans les écoles du département. « C’est énorme, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça, s’alarme Valérie Zika-Dussol de la FSU-SNUipp. À Martigues ça se traduit par une fermeture à Carro et à Louise Michel. C’est inadmissible, ça va dégrader les conditions de travail des collègues et l’apprentissage des élèves. » Si la baisse démographique est une réalité dans les maternelles et les primaires, la syndicaliste dénonce la « vision court-termiste » du gouvernement. « L’école est un investissement et ne doit pas être considérée comme un coût. »

    Philippe Sénégas rappelle : « Ce qu’on subit dans l’Éducation nationale, ce sont tous les services publics qui le subissent : la santé, la justice, la culture… Toute cette richesse qui appartient à ceux qui ne l’ont pas. » Alors que le gouvernement investit 413 milliards d’euros sur sept ans dans le cadre de la Loi de programmation militaire, l’enseignant assène : « Je ne sais pas si on a besoin de porte-avions nucléaires mais on a besoin d’écoles, d’options, de spécialités… »

  • Un chirurgien jugé pour une série d’escroqueries à la Sécu

    Un chirurgien jugé pour une série d’escroqueries à la Sécu

    « J’étais submergé, j’ai été dépassé, je le regrette. J’ignorais la séparation entre activités de secteur public et activités libérales », a expliqué, mardi à Marseille, le docteur Ikbel Farhat, 52 ans, dans des déclarations embrouillées mêlant l’erreur, l’ignorance et le complot. Il a in fine éludé la surfacturation à son profit et à grande échelle, entre janvier 2019 et le 21 octobre 2022, d’interventions opératoires d’activité libérale, le plus souvent fictives, puisqu’il détournait les données des patients opérés par plusieurs de ses confrères, ce qui aboutissait en outre à faire payer deux fois un même acte par la Sécurité sociale.

    Le praticien relevait les informations figurant sur les programmes opératoires établis par l’infirmière coordinatrice du bloc opératoire, notamment la date, les prénoms et noms des patients, le nom du chirurgien réellement en charge de l’intervention, ainsi que l’intitulé de l’acte programmé. Il récupérait ensuite, via le logiciel hospitalier, les numéros de sécurité sociale des patients concernés. Ces données lui permettaient de générer, à l’aide d’un logiciel de facturation installé sur un ordinateur portable, des feuilles de soins électroniques qu’il télétransmettait à l’assurance maladie.

    « C’est facturer plus pour gagner plus »

    Il est question de 883 interventions frauduleusement payées au titre de son activité libérale, alors que 768 relevaient du secteur public pour lesquelles il était salarié, percevant déjà 10 000 euros par mois. Il a dit ignorer l’existence du taux maximal de 20% d’activité libérales, lui qui en effectuait jusqu’à 113%. Ses transmissions informatiques, au rythme de 20 par mois, ont trompé neuf caisses primaires d’assurance maladie et la caisse nationale militaire de Sécurité sociale, se faisant créditer de 467 272 euros, dont plus de 400 000 euros rien que de la CPAM des Bouches-du-Rhône.

    Le prévenu s’est défaussé sur un confrère l’accusant de « vengeance », ce dernier ayant lancé l’alerte, d’abord en vain auprès de la direction de l’hôpital, avant de signaler les faits au parquet. « Ma vie a été pulvérisée quand j’ai fait le signalement, a dit ce dernier. J’ai été évincé de l’hôpital d’Aubagne car j’ai dénoncé le système. Il m’a fallu 7 mois pour comprendre ce système frauduleux où l’hôpital y gagne aussi », a ajouté ce chirurgien constitué partie civile.

    « C’est facturer plus pour gagner plus, grâce aussi à des défaillances et des facilités. On peut reprocher à la CPAM de ne pas avoir déclenché plus tôt le contrôle », a dit la procureure, qui a requis 30 mois de prison dont 6 mois ferme sous bracelet et 24 mois de sursis probatoire, ainsi que 50 000 euros d’amende, dont 30 000 avec sursis et interdiction d’exercer une activité libérale au sein d’un établissement public. Délibéré le 4 novembre.

  • Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    En raison de « manquements récurrents » dans l’organisation de son centre aéré les mercredis, l’association Union sportive et culturelle de la Rouvière Marseille (USCRM) se voit interdite, par le préfet des Bouches-du-Rhône, d’exercer ses activités de loisirs au sein des écoles maternelle et élémentaire de la Rouvière (9e).

    C’est une mesure rare, exceptionnelle. L’arrêté préfectoral du 7 octobre sonne comme un coup de tonnerre. Les services de l’État justifient cette fermeture « au regard de la gravité et de la récurrence des manquements constatés » et après deux courriers d’injonction non suivis d’effet pour se mettre en conformité avec la réglementation sur l’accueil collectif de mineurs (ACM). Les constats procèdent de cinq contrôles du service départemental de la jeunesse et des sports entre le 22 octobre 2024 et le 1er octobre 2025.

    Sont pointés « le non-respect du taux d’encadrement, l’absence d’une partie des diplômes de l’équipe pédagogique, l’absence de diplôme de la directrice ou de son adjointe, le non-respect des règles de sécurité des locaux, la présence d’individus extérieurs non déclarés au contact des mineurs, l’absence de projet pédagogique ». Parmi les récriminations, le signalement reçu le 14 mai 2025 d’un parent dénonçant « l’unique présence de la directrice pour encadrer une soixantaine d’enfants sans animateur ».

    Interrogée, la Ville de Marseille rappelle qu’elle avait émis « plusieurs alertes et recommandations » à l’égard du centre aéré. Elle indique avoir d’ores et déjà entamé des démarches pour que les enfants soient pris en charge dans des centres aérés alentours, dès mercredi prochain, mais également pour « qu’une autre association puisse assurer la continuité de ce centre aéré à compter de la première semaine des vacances scolaires, en lien avec les services de la CAF 13 et de la Jeunesse et des Sports ». La mairie dit se rapprocher des parents pour les informer de l’évolution de la situation et des mesures mises en place.

    « Les enfants ne sont pas en danger »

    Contacté via son secrétaire général, le président de l’USCRM, Daniel Amar, n’avait pas réagi à l’heure où nous bouclons. Au siège de l’association, 83, boulevard du Redon (9e), c’est un sentiment d’injustice et de colère que nous recueillons auprès d’une bénévole qui veut garder l’anonymat. « Le recrutement des animateurs est un problème que connaissent tous les centres aérés de Marseille. En juin-juillet, On avait tout restructuré et les inspecteurs de la Jeunesse et des Sports nous avaient dit qu’ils nous aideraient et nous soutiendraient. Niveau mairie, nous n’avons eu aucun reproche. Au contraire, la responsable nous a énormément aidés. On avait regardé avec elle les effectifs, les papiers à jour, les dossiers enfants, les fiches d’urgence, le projet pédagogique avec les animations et les emplois du temps, les locaux, l’encadrement, les diplômes des animateurs, le récépissé de la préfecture, les menus du jour, etc. S’il y avait eu le moindre problème, on aurait eu un retour écrit. Là, on sanctionne à tort une nouvelle équipe pour des manquements imputables à l’ancienne en nous fermant du jour au lendemain. »

    La goutte d’eau, c’est le constat du 1er octobre au matin, pourtant moins grave que le signalement parental de mai dernier. Deux inspecteurs de la Jeunesse et des Sports reviennent au centre aéré et constatent qu’il manque deux animateurs. La réglementation exige, pour les maternelles, un animateur pour 8 enfants de 3 à 6 ans et, pour les primaires, un animateur pour 12 enfants de 6 à 11 ans. « Ce mercredi-là, il y avait 4 animateurs, la directrice et son adjointe pour une cinquantaine d’enfants. Il nous manquait deux animateurs. La directrice en remplaçait un, mais les inspecteurs ont estimé que ce n’était pas son rôle. »

    C’est très compliqué, nous assure-t-on, d’avoir le nombre d’animateurs requis disponibles chaque mercredi. « On sait exactement le nombre d’enfants qu’on aura d’un mercredi sur l’autre, mais parfois, un animateur fait défaut au dernier moment. Le 1er octobre, nous n’étions pas arrivés à trouver un animateur au pied levé. Il n’y a eu aucune situation de danger. En aucun cas, nous mettrons des enfants en danger. Nous sommes nous-mêmes des parents. »

  • « L’antifascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques »

    « L’antifascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi Montpellier pour ce rendez-vous ?

    Marine Tondelier : Avant même de devenir secrétaire nationale du parti, j’étais déjà venue plusieurs fois à la Paillade et au Petit Bard. J’ai beaucoup d’amis ici. C’est au Petit Bard que j’avais rencontré Tarek Kawtari de l’Assemblée des quartiers avec qui on co-organise cet événement. Depuis des années, on organise une université des ruralités écologistes. On tenait à avoir un rendez-vous dédié aux quartiers. C’était un sacré défi, on est impatient de voir ce qu’il en ressort. Je viens du bassin minier du Pas-de-Calais. On souhaite de plus en plus organiser des événements spécifiques à certains types de territoires qui nécessitent une attention et des solutions particulières. Je pense aussi aux Territoires dits d’Outre-Mer, à la montagne, au littoral, aux ruralités…

    Les écologistes ne cherchent-ils pas comme les Insoumis à séduire les quartiers populaires ?

    M.T. : Entre les écologistes et les quartiers populaires, c’est une longue histoire. René Dumont [premier candidat écolo à la présidentielle de 1974, Ndlr] lui-même avait tissé une histoire avec les quartiers populaires. Depuis, ils ont été abandonnés et sont devenus le laboratoire de politiques racistes à l’œuvre comme les politiques de relégation sociale ou le contrôle au faciès. La CEDH a condamné la France sur ce sujet. Quand j’ai adhéré chez les Verts, on travaillait beaucoup avec les Verts de Roubaix, les premiers à nous donner un coup de main dans la lutte contre le RN à Hénin-Beaumont. J’étais aussi allée au quartier Valdegour à Nîmes. Avant Montpellier, je me rends dans les quartiers Nord à Marseille. C’est souvent sans tambours ni trompettes mais j’ai une longue histoire avec les quartiers populaires. Le dérèglement climatique touche en premier lieu les plus vulnérables. Par exemple : les HLM non isolés insupportables l’été et qui coûtent une blinde à chauffer l’hiver. Les quartiers populaires sont aussi moins bien desservis. C’est saisissant de voir dans les quartiers Nord de Marseille des gens qui vivent à deux pas de la mer mais à qui on interdit l’accès. Tout est fait pour qu’ils aient du mal à rejoindre le centre-ville.

    En quoi Jean-Louis Roumégas ferait un meilleur maire de Montpellier que Michaël Delafosse ?

    M.T. : J’ai totale confiance en Jean-Louis Roumégas que je connais depuis longtemps. On a fait beaucoup de choses ensemble. Je me réjouis qu’aujourd’hui les adhérents montpelliérains des Écologistes soient unis. Je connais l’histoire politique montpelliéraine et ce n’a pas toujours été le cas. Ils commencent une belle campagne. Le local a été inauguré, le travail programmatique est en cours, les gens sont très motivés. Je m’étais mobilisée sur la Zac des Coteaux. Il y a beaucoup à faire. Une étude indique que 8 Français sur 10 estiment que leur maire n’agit pas assez face au dérèglement climatique.

    Pensez-vous que Sébastien Lecornu puisse faire voter un budget ?

    M.T. : Je pense que l’équation de Sébastien Lecornu est assez impossible. Je viens de voir l’intersyndicale qui appelle à une mobilisation le 2 octobre. Comme moi, les syndicalistes ont été très peu rassurés sur le manque de clarté du Premier ministre qui malgré ses intentions ne nous rassure sur aucun point. Pour une raison simple : il est en train de négocier avec Les Républicains : Bruno Retailleau, Rachida Dati, Gérald Darmanin pour les garder au gouvernement. Sébastien Lecornu parlait d’une rupture. Pour l’instant, personne ne la voit sauf peut-être une rupture avec les Français. Nous, on veut une rupture dans les politiques publiques, on veut de la justice sociale et environnementale.

    Êtes-vous toujours favorable
    à une primaire des gauches pour la présidentielle
     ?

    M.T. : Je l’appelais depuis le début ! Ce qu’on a fait l’an passé en créant le Nouveau front populaire était une forme de réflexe, de sursaut, parce que l’extrême droite pouvait arriver à Matignon. Je ne comprends pas qui aurait un argument un an après pour nous expliquer que ce risque serait moins élevé. Qu’on parle de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella à l’Élysée – celui qui ne sera pas en prison – le danger est énorme. Notre travail c’est de l’empêcher et de permettre des politiques qui changent vraiment la vie. Cela ne peut pas fonctionner en ordre dispersé, c’est mathématique. On doit faire confiance aux électeurs de gauche et écologistes pour qu’ils choisissent leur représentant collectivement. J’ai des différences avec les socialistes, les insoumis, les communistes mais à la fin, je sais pourquoi je me bats. En politique aussi les écosystèmes sont riches de leur diversité. J’entends que Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann aient envie d’y aller sans passer par la case primaire mais je connais leurs valeurs. L’anti-fascisme n’est pas que de la rhétorique, il y a des travaux pratiques. On ne peut pas prôner l’anti-fascisme et ne pas vouloir discuter d’une candidature unique. Ils n’auront pas le choix et ne peuvent pas avoir peur du vote des électeurs. On ne peut forcer personne mais je souhaite qu’une primaire la plus large possible ait lieu avant l’été 2026. Les communistes seront là à la fin et Jean-Luc Mélenchon prendra ses responsabilités.