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  • Raphaël Glucksmann élu candidat social-démocrate

    Raphaël Glucksmann élu candidat social-démocrate

    C’est la première fois de son histoire que le PS n’aura pas un candidat issu de ses rangs pour le représenter dans une élection présidentielle.

    Avec plus de 66% des suffrages (79 613 voix), l’eurodéputé de 46 ans a réussi son pari de l’emporter dès le premier tour, mais va devoir désormais rassembler une famille politique divisée sur la question des alliances avec LFI, qu’il refuse.

    « La démocratie a parlé et le résultat est sans appel (…), je suis le candidat de la gauche démocratique » qui « pourra battre l’extrême droite », a-t-il affirmé lors d’une allocution devant la presse. Il s’est désigné également comme le candidat « de la rupture avec le macronisme » et « de la rupture avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche ».

    Auparavant sur X, il avait jugé que ce résultat disait « quelque chose de puissant : une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner ». Mais « nous ne sommes pas là pour gagner une querelle à gauche. Nous sommes là pour gagner l’élection présidentielle », a-t-il ajouté.

    Le patron du PS Olivier Faure encaisse lui une sévère défaite, avec 14% des voix (17 398 voix). Celui qui faisait figure de challenger dans cette élection comptait sur le patriotisme de parti pour l’emporter, malgré des sondages qui ne lui donnaient que de 3 à 5% des voix, loin des intentions de vote de Raphaël Glucksmann, qui naviguait entre 10 et 12%. « Une majorité très claire s’est dégagée, tu as su convaincre une majorité de votants », a-t-il dit à l’attention de Raphaël Glucksmann, affirmant en respecter le résultat.

    « Choix du repli »

    Olivier Faure qui avait considéré qu’une victoire de Raphaël Glucksmann signifierait l’effacement du PS à la présidentielle, va désormais devoir le soutenir, comme s’y sont engagés tous les candidats.

    L’ex-candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, qui n’avait pas caché son rejet de Raphaël Glucksmann pendant la campagne, n’a obtenu que 7,62% des voix. Elle s’est dite « déçue » du résultat, sans rien regretter.

    Les députés Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) ont recueilli chacun un peu moins de 6% des voix. Ils faisaient figure d’outsiders. « La primaire, désormais, est derrière nous. Le vote est clair », s’est félicité Jérôme Guedj, proche de la ligne de l’eurodéputé. « On est partis sur de bons rails », a estimé aussi Emmanuel Maurel.

    Au total, quelque 120 787 votants se sont exprimés sur les 134 456 inscrits en capacité de voter. Le scrutin, uniquement électronique, a été perturbé par une cyberattaque, lancée vendredi matin à l’ouverture du scrutin, qui a ralenti les connexions sur la plateforme dédiée et obligé les organisateurs à prolonger le vote jusqu’à dimanche soir.

    Très identifié sur l’international et l’Europe, Raphaël Glucksmann voit dans cette primaire le début d’une « refondation de la gauche », avec une rupture claire avec La France insoumise (LFI) et son leader Jean-Luc Mélenchon. Ce fut d’ailleurs son principal sujet de discorde avec Olivier Faure et Ségolène Royal, lors des débats télévisés.

    Raphaël Glucksmann, qui considère que Jean-Luc Mélenchon joue avec les codes de l’antisémitisme, avait accusé le patron du PS de vouloir se rapprocher du patriarche insoumis, comme il l’a déjà fait à deux reprises au moment de la Nupes (2022) et du Nouveau Front populaire (2024). La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, proche d’Olivier Faure, a dit dimanche soir regretter que le vainqueur soit « celui qui fait le choix du repli ».

    Premières réactions à Marseille

    Pascaline Lécorché, déléguée nationale de Place publique et adjointe au maire de Marseille, soutien de Raphaël Glucksmann, a réagi, dimanche soir : « Cette victoire marque une étape politique majeure. Elle confirme la dynamique engagée lors des deux dernières élections européennes et consacre le retour d’une gauche démocratique, sociale, écologiste et profondément républicaine, capable de porter une alternative crédible pour notre pays. »

    Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille et porte-parole d’Olivier Faure pour la primaire, a indiqué : « Les électeurs de la primaire ont tranché, et ils l’ont fait clairement. Je félicite Raphaël Glucksmann pour sa victoire nette, qui lui donne une légitimité incontestable pour porter nos couleurs en 2027. (…) Je serai au rendez-vous de ce rassemblement. (…) Marseille sait ce que veut dire se battre ensemble. » S.D.

  • Plusieurs milliers de votants attendus pour la primaire du PS

    Plusieurs milliers de votants attendus pour la primaire du PS

    Loin des 1,7 million de participants de la primaire citoyenne qui en 2017 avait désigné Benoît Hamon comme candidat à la présidentielle, quelque 140 000 votants sont attendus ces vendredi et samedi pour participer au premier tour de la primaire organisée par le Parti socialiste, rejoint par Place publique et la Gauche républicaine et sociale. Parmi eux, ils sont plusieurs milliers dans les Bouches-du-Rhône qui pourront voter en ligne ou dans les dix points de vote qui y sont ouverts, sans décompte précis des votants ni des résultats à l’échelle du département. Sans la participation du maire de Marseille Benoît Payan. « Je ne m’occupe pas des partis », confiait-il à La Marseillaise le 18 septembre. En lançant un appel : « vous n’avez pas le droit de vous diviser ».

    « Là où un grand nombre pensait que cette primaire serait un échec, on découvre que pas moins de 140 000 personnes se sont inscrites, et elle a permis de poser des questions de fond au cours de trois débats qui ont réuni 3 millions de nos concitoyens », applaudit l’adjoint marseillais Yannick Ohanessian (PS). S’il déplore les 15 euros de participation demandés, il se félicite de voir de nombreux militants retourner vers le parti à la rose, « entre 100 et 150 par semaine » pour la fédération des Bouches-du-Rhône.

    Équation à deux inconnues

    Parmi les cinq candidats en lice, seuls deux sont venus faire campagne dans le département. Après le débat télévisé consacré à l’intelligence artificielle au stade Vélodrome, le premier secrétaire Olivier Faure est venu dédicacer son livre sur le cours d’Estienne-d’Orves le 25 septembre. Le coprésident de Place publique Raphaël Glucksmann de son côté organisait une réunion publique au Blum – ça ne s’invente pas – ce lundi.

    L’occasion pour chacun de rallier ses soutiens. Dans cette fédération qui l’avait largement placé en tête lors des deux derniers congrès, Olivier Faure peut compter sur le soutien de la plupart des élus socialistes du territoire, dont Yannick Ohanessian qui a été désigné porte-parole national. « Il a porté dans cette campagne quelque chose d’essentiel, la question de l’union de la gauche », défend-il. Outre les militants de Place publique dont son ancienne secrétaire générale Pascaline Lécorché, Raphaël Glucksmann a aussi reçu le soutien du député PS Laurent Lhardit, de l’adjoint marseillais Yoan Levy. Si elle ne veut pas s’investir dans les débats du PS, la maire (GRS) des 1-7 Sophie Camard votera « par amitié » pour Emmanuel Maurel. « J’appelle de mes vœux une composition bien plus large de la gauche », souligne-t-elle. Si elle s’est éloignée du PS en 2018, Samia Ghali a de son côté annoncé soutenir Ségolène Royal. « Elle a l’expérience de l’État, mais elle a conservé une liberté de parole, une proximité et cette capacité à sortir des discours convenus », défend la présidente de la RTM.

    Reste l’inconnue du vote des nouveaux inscrits. Et surtout celle d’un François Hollande qui reste en embuscade et espère court-circuiter cette primaire, soutenu activement par la sénatrice Marie-Arlette Carlotti. « On doit faire confiance au processus et aux candidats », balaie Yannick Ohanessian. Si aucun candidat n’a de majorité, le second tour se tiendra les 16 et 17 octobre.

  • Dominique Simonnot loue le rôle des juges

    Dominique Simonnot loue le rôle des juges

    Le président Thierry Trottier a dressé, vendredi, un bilan d’activité spectaculaire du tribunal administratif de Marseille. En trois ans, le nombre de recours a doublé, passant de 12 000 à 21 500 requêtes pour 45 magistrats, 53 agents et 11 aides à la décision.

    « C’est un tribunal harassé que vous avez devant vous », a-t-il lancé. Plus de 20% des référés de toute l’année ont été enregistrés et traités en juillet et août. « Le dévouement, le travail de week-end ou la réduction des vacances ne sont pas extensibles à l’infini. Nous avons atteint nos limites », alerte le chef de juridiction, qui réclame des « effectifs conséquents » et salue « la mobilisation extraordinaire du personnel ».

    Ainsi, à Marseille, les référés ont « littéralement explosé » en contentieux des étrangers, avec 368% d’augmentation ! « Rien que cette semaine, nous avons enregistré 200 requêtes en référés étrangers. » En cause, le dysfonctionnement de la plateforme ANEF, la simplicité à saisir le juge avec des recours sans avocat et rédigés avec l’IA, mais surtout, lance le président en s’adressant au préfet, « le fonctionnement du service des étrangers de votre préfecture » car « ces recours émanent d’étrangers auxquels il n’est pas répondu dans les délais et surtout à qui on ne délivre pas de récépissé ou d’attestation de prolongation d’instruction de leur demande. Des personnes qui parfois perdent leur travail, leur stage ou leurs droits sociaux ».

    Thierry Trottier a aussi déploré une baisse de 35% des médiations, pointant là encore l’état avec « des refus croissants des administrations d’entrer en médiation ». « Je le regrette d’autant plus que nous avons parfois signé des conventions nous engageant mutuellement à favoriser ce mode de règlement des litiges. »

    « Des constats,

    pas des allégations »

    La rapporteure publique, Audrey Houvet, a ensuite évoqué des décisions touchant le centre de rétention du Canet, des commissariats de police et des établissements pénitentiaires, afin « d’assurer le respect en toutes circonstances des personnes privées de liberté, de leur dignité et en premier lieu de leurs besoins primaires, la soif, la faim, l’hygiène et la sécurité ».

    Invitée d’honneur de cette audience solennelle, Dominique Simonnot, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté depuis 2020 : « Vous avez rendu des décisions d’une énorme importance, pas seulement pour les détenus. Je me souviens d’un jeune autiste qui était retenu en soins sans consentement alors qu’il avait été normalement admis dans une maison spécialisée, mais faute de place, il végétait totalement dans un service de psychiatrie ».

    Alors que son mandat s’achève en octobre, Dominique Simonnot a dit le « bonheur » ressenti à des décisions des juridictions administratives après ses recommandations en urgence, sur l’infirmerie psychiatrique, de la préfecture de police de Paris et le quartier de lutte contre la criminalité organisée de Condé-sur-Sarthe. « En tant qu’autorité administrative indépendante, nos recommandations se fondent sur des constats, pas des allégations. Dans les dernières semaines qui me restent, j’essaierai de peser, de dire qu’il faut plus de magistrats administratifs, plus de moyens », a-t-elle conclu.

  • Rentrée : des ambitions sans réels moyens

    Rentrée : des ambitions sans réels moyens

    Quelques jours seulement après les annonces d’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale (notre édition du 28/09), Benoît Delaunay, recteur de l’académie d’Aix-Marseille et de la région académique Paca, emboîte le pas de son patron. « Il n’y aura pas cette année de réforme d’ampleur mais plutôt une poursuite de ce qui est déjà enclenché », a-t-il d’emblée confirmé, dans le sillon des déclarations de son supérieur, qui, jeudi, disait vouloir en finir avec « l’annualité des mesures qui limite les perspectives » Et de rappeler, dans la foulée, trois des quatre nouvelles priorités établies par Édouard Geffray la semaine passée : instruire, protéger, unir. Sur l’instruction, Benoît Delaunay rappelle qu’un focus doit s’établir sur deux points en particulier : la maîtrise de la langue française, « avec l’objectif d’une ressource de 2 500 mots de vocabulaire à la sortie de la maternelle », et celle des raisonnements scientifiques, « deux compétences sanctionnées lors des examens ». L’approfondissement de la démarche Collèges en progrès, mise en place en décembre 2025 et concernant 25 établissements de l’académie, a également été évoqué. « Les collèges choisis l’an passé continueront de bénéficier d’un renforcement de l’enseignement, a détaillé le recteur. Cela passe par plusieurs stratagèmes, comme, par exemple, la multiplication des entraînements au brevet ».

    Protéger et inclure

    Sur le volet de la protection, notamment contre les agressions sexuelles, au centre de vives contestations depuis l’affaire Lyhanna, dont le meurtre et le viol avaient révélé en mai de lourds dysfonctionnements judiciaires, Benoît Delaunay assure que les élèves recevront, dans les semaines qui suivent, le questionnaire dédié promis par le ministre. Concernant la lutte contre les écrans, qui passe cette année par un élargissement de l’interdiction des téléphones, désormais également prohibés au lycée, le recteur se dit confiant. « Les lycées attendent cette loi depuis plusieurs mois et sont préparés. Il n’y aura pas trop de difficulté à faire appliquer ce texte de nécessité publique », promet-il. Sur l’inclusion enfin, le recteur évoque une réalité « imparfaite » mais assure y apporter une « attention particulière ». Interrogé sur le cas des Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), mobilisés nationalement en juin pour réclamer un « vrai statut », Benoît Delaunay note que « la situation s’améliore » bien qu’« il s’agisse d’un travail de long cours ». L’académie devrait cette année compter 188 AESH de plus que l’an passé, a-t-il précisé.

    Baisse démographique

    Comme la quasi-totalité des académies, celle d’Aix-Marseille affronte cette année une baisse démographique, avec 5 000 enfants de moins en primaire et 800 au collège par rapport à 2025. Une diminution du nombre d’élèves qui, en début d’année, avait permis au gouvernement de justifier la fermeture de nombreuses classes, dont 55 dans l’académie d’Aix-Marseille. Une nouvelle carte scolaire qui avait suscité une importante fronde des professeurs des écoles en mars et avril derniers, ceux-ci voyant dans cette baisse démographique l’occasion d’améliorer l’encadrement des élèves. « L’académie n’a rendu que 20 postes de professeurs des écoles. Si on avait suivi la démographie, c’est plus d’une centaine d’emplois que j’aurais dû rendre, a justifié Jean-Yves Bessol, inspecteur académique des Bouches-du-Rhône. Le ministère, le département et l’académie tiennent donc compte de cette baisse démographique ». Et Benoît Delaunay de conclure : « Je voudrais finir sur les mots du ministre, fierté et espoir, et (…) rappeler que si, bien sûr, nous avons des difficultés, nous avons un socle solide ». Un socle tout de même attendu dans la rue le 29 septembre, à l’occasion d’une grève nationale de la fonction publique, où il sera notamment question des « moyens » à mettre en œuvre pour répondre aux bonnes intentions ministérielles…

    « Je veux rappeler que
    si, bien sûr,
    nous avons
    des difficultés, nous avons un socle solide »

  • La rentrée frappée par des fermetures de classes

    La rentrée frappée par des fermetures de classes

    « Avez-vous le chiffre des fermetures de classes cette année et à venir, notamment en milieu rural ? À cette question posée, mardi 25 août à Paris, lors d’une rencontre avec des titres de la presse régionale (La Marseillaise n’a pas été conviée), le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a préféré botter en touche. « Pour cette rentrée, nous avions tablé sur 150 000 élèves de moins. En fait, c’est 161 000 élèves de moins dans le système éducatif à la rentrée. Nous sommes à peine à 11,6 millions d’élèves contre 12,3 millions en 2017. Nous sommes sur une baisse démographique majeure. Moi, je ne veux pas qu’un maire découvre en mars ce qu’il fait en septembre. » Pour la précision de la réponse, on repassera. Les chiffres sont pourtant connus, département par département, commune par commune. Et le constat est sec : la baisse de la démographie sert de prétexte au gouvernement pour faire des économies budgétaires.

    Dans les départements du Gard et de l’Hérault, en cette veille de rentrée scolaire, mardi 1er septembre pour les élèves (la veille pour les enseignants), les suppressions de classes dans le premier degré (maternelle et primaire) se comptent par dizaines. Le Gard perd 58 classes pour seulement 15 ouvertures. Le département voisin de l’Hérault paie le prix fort avec 100 classes fermées pour seulement 60 ouvertures. 20 postes d’enseignants sont aussi supprimés.

    Les directeurs académiques des services de l’Éducation nationale, les Dasen, appliquent les directives du ministère et les rencontres avec les syndicats au sein des CSA (comités sociaux d’administration) se sont considérablement tendues au fur et à mesure que les projets de suppressions de classes se confirmaient.

    Pour le SNUipp de l’Hérault, principal syndicat dans le premier degré, « les syndicats font l’amer constat que ce sont des écoles de même profil, dans les mêmes quartiers, qui sont impactées par ces décisions injustes, sans prendre en compte les difficultés du terrain. Ce qui exacerbe le sentiment d’iniquité ressenti par les habitants et les collègues. » Dans le Gard, la quasi-totalité des syndicats a voté fin juin contre les 58 fermetures de classes dont 20 classes en éducation prioritaires, près de la moitié d’entre elles étant situées à Nîmes, détaille le Syndicat des enseignants Unsa. « La parole des parents et des organisations syndicales représentant les personnels n’est pas entendue » renchérit le SUipp34.

    Dans ce contexte, les résultats du dernier baromètre du Syndicat des enseignants Unsa n’ont rien d’étonnant. Ils sont ainsi trois sur quatre à se déclarer inquiets sur leur avenir, et 71% ne se sentent ni respectés ni reconnus dans l’exercice de leur métier, selon cette enquête à laquelle ont répondu plus de 42 000 agents et rendue publique à la veille de la rentrée.

    « Le salaire, fatigue majeure des personnels »

    « Ça dit quelque chose de très important de la défiance qui s’est installée entre les personnels et entre les politiques éducatives qui ont été conduites ces dernières années », souligne la secrétaire générale du syndicat enseignant, Élisabeth Allain-Moreno. « Le salaire est devenu la fatigue majeure des personnels de l’Éducation nationale », ajoute Julie Duhamel, secrétaire nationale du SE-Unsa. Pour 48% des répondants, le mot qui vient spontanément à l’esprit lorsqu’ils pensent à leur travail est celui de « salaire », soit une hausse de 14 points par rapport à 2024. « Pour nombre d’entre eux, le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement de son métier », a-t-elle déploré. Le syndicat réclame une revalorisation générale des rémunérations, plutôt qu’un recours accumulé aux primes qui ne rentrent pas dans le calcul de la retraite. Pour Élisabeth Allain-Moreno, le malaise est le résultat de choix politiques accumulés depuis plusieurs années. « Le désengagement du gouvernement dans le service public » depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017 « à des conséquences dramatiques », a-t-elle jugé.

    Chère cantine à Béziers

    Alors que l’État met fin à l’expérimentation de l’uniforme à l’école, le maire d’extrême droite de Béziers le généralise au frais des Biterrois. En revanche, dénoncent les communistes, Robert Ménard n’a pas vanté la hausse des tarifs de la cantine de 20cts par repas. « C’est un coup dur pour les familles les plus précaires. » Le PCF demande l’annulation de la mesure et la création d’un échelon de gratuité « pour les familles les plus modestes. »

  • Plus de 600 000 euros de travaux dans les écoles de Port-Saint-Louis-du-Rhône

    Plus de 600 000 euros de travaux dans les écoles de Port-Saint-Louis-du-Rhône

    À quelques jours de la rentrée, les écoles sont de véritables fourmilières. À l’intérieur, agents et travailleurs s’activent pour que tout soit prêt lors de l’arrivée des élèves, qui devraient être un peu moins de 900 cette année. « On profite de la saison estivale pour réaliser les gros chantiers, et à la fin de l’été on fait une tournée avec l’ensemble des services techniques pour voir les avancées, jeter un coup d’œil dans toutes les classes, essayer tous les interrupteurs, les robinets… pour que les jeunes et les équipes éducatives rentrent dans les meilleures conditions », explique Marc Minoretti, adjoint au maire délégué aux travaux, au cadre de vie et aux affaires générales.

    En 2026, 606 000 euros de travaux ont été consacrés aux sept établissements primaires et maternels de la commune. Dans le détail, 201 000 euros ont été alloués à la climatisation de tous les réfectoires, dortoirs et halls. « On avait fait l’isolation thermique par l’extérieur de 4 groupes scolaires il y a deux ans, ce qui nous a permis de gagner quelques degrés mais c’était pas suffisant, poursuit l’élu. Les clims ont été installées début juin, avant la première vague de canicule ».

    150 000 euros ont été dédiés à la rénovation complète de l’ancien logement de fonction de l’école Paul Éluard, désormais dédié au Rased et au périscolaire, 93 000 euros à la première tranche de rénovation des toitures, et 92 900 euros à la réfection des sols des quatre classes nord de l’école Jules Verne, qui avaient été déformés par les racines des platanes situés à proximité. 109 000 euros supplémentaires sont allés à l’entretien courant des classes, entre peintures, étanchéité, clôtures ou encore sécurisation des accès. La Ville a également fait l’acquisition de 12 écrans numériques interactifs. « C’est un renouvellement, toutes les classes élémentaires sont équipées depuis 5/6 ans », précise Maryline Oxisoglou, adjointe au maire déléguée à l’éducation.

  • Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Le texte de 144 pages, rédigé sous l’égide de l’eurodéputée Chloé Ridel, proche du premier secrétaire Olivier Faure, a vocation « à nous identifier sur le long terme », au-delà de l’élection présidentielle de 2027, a précisé Chloé Ridel à la presse. Il part du principe que le modèle de la social-démocratie « a permis des progrès sociaux considérables » mais « n’a jamais pris en compte les limites planétaires, n’a pas effacé les inégalités entre femmes et hommes ni les discriminations racistes et s’est progressivement fissuré sous l’effet de la mondialisation libérale ». Il doit désormais « être dépassé ». Le texte doit être enrichi par les militants, qui ont six semaines pour l’amender, pour un vote avant l’été.

    Tous les courants du PS ont été associés à la rédaction mais, lors d’un bureau national mardi soir, les opposants à Olivier Faure se sont désolidarisés, déplorant que ce projet soit présenté à la presse avant la consultation des militants. Cette présentation est une réponse de la direction du parti, souvent accusée par ses détracteurs de ne pas avoir « travaillé » sur le fond. « On nous a reproché de ne rien produire, là on a 144 pages qu’on peut amender », défend un proche d’Olivier Faure. Le Premier secrétaire du PS est notamment contesté sur sa volonté de faire participer le PS à une primaire de la gauche et des écologistes, qu’il souhaite soumettre au vote des militants. Ses opposants réclament eux un vote pour désigner rapidement le candidat des socialistes pour 2027. Le projet fait la part belle à la notion de liberté, que le PS veut « reprendre à la droite et l’extrême droite ». Pour la droite et l’extrême droite, la liberté, « c’est l’absence de règles communes, c’est la fin de l’État et des services publics, c’est le règne du tout marché », a détaillé Chloé Ridel. Pour les socialistes, « pour que la liberté soit réelle pour tous, il faut des règles communes, des sociétés solidaires, une puissance publique forte ».

    Le projet entend aussi répondre à Jean-Luc Mélenchon, et à sa notion de « nouvelle France » qu’il semble opposer à « une ancienne France », selon Chloé Ridel. Le PS veut plutôt « réconcilier les Français » par « des politiques de justice radicales en matière de fiscalité, de réforme démocratique, de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, pour les services publics, pour les transports ».

    Smic à 1 690 euros net

    Parmi les mesures, le PS veut rehausser le Smic à 1 690 euros net, instaurer la taxe Zucman de 2% sur le patrimoine des fortunes de plus de 100 millions d’euros et créer un « impôt sur les grandes successions ». Il prévoit aussi d’abroger la réforme Borne sur les retraites et de conserver un régime par « répartition », avec une durée de cotisation de 43 annuités « réductible en fonction de la pénibilité » et des carrières hachées, et « un âge légal de départ ramené à 62 ans » mais qui ne constituera « pas le critère central du système ».

    Concernant l’immigration, autre thème monopolisé par la droite et l’extrême droite, le PS propose une régularisation par le travail, avec un titre de séjour pour toute personne étrangère ayant un contrat de travail depuis au moins 6 mois. En matière de bifurcation écologique, le PS, veut « sortir l’électricité de la logique de marché » et planifier la sortie des énergies fossiles et la transition vers « un mix énergétique 100% décarboné en 2050 ». Le parti à la rose développe aussi de nombreuses mesures pour le logement, les transports, le grand âge (création d’un service public de l’autonomie), l’enfance et l’école (avec un objectif de 19 élèves par classe en 10 ans par exemple). Le projet fait aussi de la réindustrialisation une priorité, et propose « un plan de prises de participation minoritaires ou de nationalisations en dernier recours » sur des filières stratégiques comme « la sidérurgie, l’énergie et la chimie ».

  • Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    Le monde éducatif en lutte pour être entendu

    À l’heure où la sonnerie de midi retentit, le parvis du lycée Jean-Lurçat est bien plus rempli qu’à l’accoutumée. L’Union locale CGT, Sud Éducation, FSU, les associations de parents d’élèves, la FCPE et l’Apeep, ainsi que les personnels de Paul Langevin et des écoles de Martigues s’y sont rassemblés pour protester contre la baisse de la dotation globale horaire et le manque de moyens dans l’éducation.

    Au sein de l’établissement des Rayettes, « c’est un phénomène récurrent », affirme la professeure d’espagnol Vanessa Perdu-Ortiz. Tous les ans, l’équipe pédagogique est en lutte contre ces attaques. « L’an dernier on a eu une diminution assez sévère qui se confirme cette année. Les effets qui se font sentir : dans le lycée professionnel, on a un seul prof d’EPS pour des groupes de 30 élèves, sachant que les classes devraient être dédoublées, on a un regroupement de classes en filière technologique, avec des effectifs à plus de 35… » Son collègue Philippe Sénégas appuie : « Comme par hasard, ceux qui souvent subissent les conséquences de ces politiques antisociales, ce sont les plus fragiles de nos élèves. »

    « Il n’y a pas de prise de conscience des pouvoirs publics de ce que ça implique pour nous, ils considèrent que ça continue de tourner avec toujours moins de moyens parce qu’on met en place des stratégies pour continuer d’assurer un service d’éducation auprès des élèves, regrette Vanessa Perdu-Ortiz. Ça ne peut plus durer. La situation devient insoutenable. Les enseignants se retrouvent parfois avec des salles qui ne sont même pas équipées pour installer le nombre de jeunes. »

    Pour la rentrée prochaine, le lycée Paul Langevin est aussi ciblé, avec des spécialités qui risquent de disparaître à l’instar de la Littérature, langues et cultures de l’antiquité, le théâtre, le numérique et sciences informatiques ou encore le brevet d’initiation aéronautique.

    Une vision court-termiste

    « Ce sont des pans d’études entiers vers lesquels les élèves ne pourront pas se diriger, parce qu’ils n’auront pas la spécialité offerte, et c’est inquiétant parce que les autres établissements du bassin martégal ne les auront plus non plus », dénonce la professeure de physique-chimie Laetitia Jenna, qui s’inquiète d’une « école à deux vitesses » avec une inégalité des chances en fonction de son origine géographique. À Langevin, les enseignants s’organisent dans une grève tournante les mardis et les jeudis, ont lancé une pétition et demandé une audience au rectorat, restée pour le moment sans réponse.

    Le premier degré n’est pas épargné, avec environ 150 fermetures de classes recensées dans les écoles du département. « C’est énorme, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça, s’alarme Valérie Zika-Dussol de la FSU-SNUipp. À Martigues ça se traduit par une fermeture à Carro et à Louise Michel. C’est inadmissible, ça va dégrader les conditions de travail des collègues et l’apprentissage des élèves. » Si la baisse démographique est une réalité dans les maternelles et les primaires, la syndicaliste dénonce la « vision court-termiste » du gouvernement. « L’école est un investissement et ne doit pas être considérée comme un coût. »

    Philippe Sénégas rappelle : « Ce qu’on subit dans l’Éducation nationale, ce sont tous les services publics qui le subissent : la santé, la justice, la culture… Toute cette richesse qui appartient à ceux qui ne l’ont pas. » Alors que le gouvernement investit 413 milliards d’euros sur sept ans dans le cadre de la Loi de programmation militaire, l’enseignant assène : « Je ne sais pas si on a besoin de porte-avions nucléaires mais on a besoin d’écoles, d’options, de spécialités… »

  • Un chirurgien jugé pour une série d’escroqueries à la Sécu

    Un chirurgien jugé pour une série d’escroqueries à la Sécu

    « J’étais submergé, j’ai été dépassé, je le regrette. J’ignorais la séparation entre activités de secteur public et activités libérales », a expliqué, mardi à Marseille, le docteur Ikbel Farhat, 52 ans, dans des déclarations embrouillées mêlant l’erreur, l’ignorance et le complot. Il a in fine éludé la surfacturation à son profit et à grande échelle, entre janvier 2019 et le 21 octobre 2022, d’interventions opératoires d’activité libérale, le plus souvent fictives, puisqu’il détournait les données des patients opérés par plusieurs de ses confrères, ce qui aboutissait en outre à faire payer deux fois un même acte par la Sécurité sociale.

    Le praticien relevait les informations figurant sur les programmes opératoires établis par l’infirmière coordinatrice du bloc opératoire, notamment la date, les prénoms et noms des patients, le nom du chirurgien réellement en charge de l’intervention, ainsi que l’intitulé de l’acte programmé. Il récupérait ensuite, via le logiciel hospitalier, les numéros de sécurité sociale des patients concernés. Ces données lui permettaient de générer, à l’aide d’un logiciel de facturation installé sur un ordinateur portable, des feuilles de soins électroniques qu’il télétransmettait à l’assurance maladie.

    « C’est facturer plus pour gagner plus »

    Il est question de 883 interventions frauduleusement payées au titre de son activité libérale, alors que 768 relevaient du secteur public pour lesquelles il était salarié, percevant déjà 10 000 euros par mois. Il a dit ignorer l’existence du taux maximal de 20% d’activité libérales, lui qui en effectuait jusqu’à 113%. Ses transmissions informatiques, au rythme de 20 par mois, ont trompé neuf caisses primaires d’assurance maladie et la caisse nationale militaire de Sécurité sociale, se faisant créditer de 467 272 euros, dont plus de 400 000 euros rien que de la CPAM des Bouches-du-Rhône.

    Le prévenu s’est défaussé sur un confrère l’accusant de « vengeance », ce dernier ayant lancé l’alerte, d’abord en vain auprès de la direction de l’hôpital, avant de signaler les faits au parquet. « Ma vie a été pulvérisée quand j’ai fait le signalement, a dit ce dernier. J’ai été évincé de l’hôpital d’Aubagne car j’ai dénoncé le système. Il m’a fallu 7 mois pour comprendre ce système frauduleux où l’hôpital y gagne aussi », a ajouté ce chirurgien constitué partie civile.

    « C’est facturer plus pour gagner plus, grâce aussi à des défaillances et des facilités. On peut reprocher à la CPAM de ne pas avoir déclenché plus tôt le contrôle », a dit la procureure, qui a requis 30 mois de prison dont 6 mois ferme sous bracelet et 24 mois de sursis probatoire, ainsi que 50 000 euros d’amende, dont 30 000 avec sursis et interdiction d’exercer une activité libérale au sein d’un établissement public. Délibéré le 4 novembre.

  • Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    Le préfet ordonne la fermeture du centre aéré associatif de la Rouvière

    En raison de « manquements récurrents » dans l’organisation de son centre aéré les mercredis, l’association Union sportive et culturelle de la Rouvière Marseille (USCRM) se voit interdite, par le préfet des Bouches-du-Rhône, d’exercer ses activités de loisirs au sein des écoles maternelle et élémentaire de la Rouvière (9e).

    C’est une mesure rare, exceptionnelle. L’arrêté préfectoral du 7 octobre sonne comme un coup de tonnerre. Les services de l’État justifient cette fermeture « au regard de la gravité et de la récurrence des manquements constatés » et après deux courriers d’injonction non suivis d’effet pour se mettre en conformité avec la réglementation sur l’accueil collectif de mineurs (ACM). Les constats procèdent de cinq contrôles du service départemental de la jeunesse et des sports entre le 22 octobre 2024 et le 1er octobre 2025.

    Sont pointés « le non-respect du taux d’encadrement, l’absence d’une partie des diplômes de l’équipe pédagogique, l’absence de diplôme de la directrice ou de son adjointe, le non-respect des règles de sécurité des locaux, la présence d’individus extérieurs non déclarés au contact des mineurs, l’absence de projet pédagogique ». Parmi les récriminations, le signalement reçu le 14 mai 2025 d’un parent dénonçant « l’unique présence de la directrice pour encadrer une soixantaine d’enfants sans animateur ».

    Interrogée, la Ville de Marseille rappelle qu’elle avait émis « plusieurs alertes et recommandations » à l’égard du centre aéré. Elle indique avoir d’ores et déjà entamé des démarches pour que les enfants soient pris en charge dans des centres aérés alentours, dès mercredi prochain, mais également pour « qu’une autre association puisse assurer la continuité de ce centre aéré à compter de la première semaine des vacances scolaires, en lien avec les services de la CAF 13 et de la Jeunesse et des Sports ». La mairie dit se rapprocher des parents pour les informer de l’évolution de la situation et des mesures mises en place.

    « Les enfants ne sont pas en danger »

    Contacté via son secrétaire général, le président de l’USCRM, Daniel Amar, n’avait pas réagi à l’heure où nous bouclons. Au siège de l’association, 83, boulevard du Redon (9e), c’est un sentiment d’injustice et de colère que nous recueillons auprès d’une bénévole qui veut garder l’anonymat. « Le recrutement des animateurs est un problème que connaissent tous les centres aérés de Marseille. En juin-juillet, On avait tout restructuré et les inspecteurs de la Jeunesse et des Sports nous avaient dit qu’ils nous aideraient et nous soutiendraient. Niveau mairie, nous n’avons eu aucun reproche. Au contraire, la responsable nous a énormément aidés. On avait regardé avec elle les effectifs, les papiers à jour, les dossiers enfants, les fiches d’urgence, le projet pédagogique avec les animations et les emplois du temps, les locaux, l’encadrement, les diplômes des animateurs, le récépissé de la préfecture, les menus du jour, etc. S’il y avait eu le moindre problème, on aurait eu un retour écrit. Là, on sanctionne à tort une nouvelle équipe pour des manquements imputables à l’ancienne en nous fermant du jour au lendemain. »

    La goutte d’eau, c’est le constat du 1er octobre au matin, pourtant moins grave que le signalement parental de mai dernier. Deux inspecteurs de la Jeunesse et des Sports reviennent au centre aéré et constatent qu’il manque deux animateurs. La réglementation exige, pour les maternelles, un animateur pour 8 enfants de 3 à 6 ans et, pour les primaires, un animateur pour 12 enfants de 6 à 11 ans. « Ce mercredi-là, il y avait 4 animateurs, la directrice et son adjointe pour une cinquantaine d’enfants. Il nous manquait deux animateurs. La directrice en remplaçait un, mais les inspecteurs ont estimé que ce n’était pas son rôle. »

    C’est très compliqué, nous assure-t-on, d’avoir le nombre d’animateurs requis disponibles chaque mercredi. « On sait exactement le nombre d’enfants qu’on aura d’un mercredi sur l’autre, mais parfois, un animateur fait défaut au dernier moment. Le 1er octobre, nous n’étions pas arrivés à trouver un animateur au pied levé. Il n’y a eu aucune situation de danger. En aucun cas, nous mettrons des enfants en danger. Nous sommes nous-mêmes des parents. »