Tag: Présidentielles

  • [Entretien] Nathalie Arthaud : « Le problème n’est pas de changer une politique, c’est de changer de système »

    [Entretien] Nathalie Arthaud : « Le problème n’est pas de changer une politique, c’est de changer de système »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir choisi les Bouches-du-Rhône

    pour votre première visite en région, en tant que candidate ?

    Nathalie Arthaud : On a fait une fête en région parisienne, avec un très grand meeting, plusieurs milliers de personnes. Je suis à présent ici, en campagne, pour l’élection présidentielle. Le sens de ma candidature, c’est d’affirmer qu’il faut renverser cette société capitaliste qui nous mène à la catastrophe, aux guerres, à cette folie qu’est la spéculation, à cette crise climatique qu’on va encore ressentir dans deux jours avec une nouvelle canicule qu’on nous promet. Cette candidature vise aussi à dire que les travailleurs ont la force de renverser le capitalisme, cette société c’est eux qui la font tourner.

    Comment ressentez-vous le monde du travail ? N’est-il pas traversé par du découragement, du fatalisme ?

    N.A. : Vous vous rendez compte que vendredi, l’homme le plus riche du monde, Elon Musk, est devenu billionnaire. J’ai découvert le mot. Le gars, il est à la tête d’une fortune de mille milliards de dollars. On va où là ? On a des hommes et des femmes qui font tourner la société, qui s’occupent de nous nourrir, de nous transporter, qui prennent soin des anciens et qui doivent compter chaque euro. Et ceux qui sont au sommet de la société captent des fortunes ahurissantes ? Tout ça pourquoi ? Pour aller spéculer ? Musk, lui, son projet, c’est carrément d’aller développer une colonie sur Mars. Pendant que les travailleurs sont confrontés à cette exploitation, cette pression, ces suppressions d’emplois, ces sanctions pour un rien… Dans toutes les entreprises où nous avons des camarades, c’est ce qui nous revient, on est menacé de licenciement pour un rien. Face à tout ça, moi je suis convaincue qu’il y aura à nouveau des luttes. Regardez aujourd’hui Airbus, dans votre région, les travailleurs sont en colère parce qu’ils n’ont pas eu de primes, parce que les salaires ne décollent pas. Ceux qui remportent la mise sont ceux qui sont les plus loin de la production, les plus parasites dans la société.

    D’autres groupes trotskistes comme le POI ou le NPA soutiennent Jean-Luc Mélenchon ou y réfléchissent, pourquoi pas vous ?

    N.A. : Parce qu’il faut qu’il y ait au moins une candidate qui incite chaque travailleur à se poser cette question : est-ce qu’on va laisser les rênes de cette société entre les mains de voleurs, d’irresponsables et même de criminels ? Ou est-ce que nous les travailleurs, on va revendiquer la direction de cette société ?Je serai là pour dire, contre Mélenchon, que le problème ce n’est pas de changer une politique, c’est de changer de système. Les lois du capitalisme, elles sont mille fois supérieures à toutes les lois qu’il pourrait faire passer à l’Assemblée nationale. Eux, ils ont le fric, ils contrôlent les moyens de productions, ils peuvent planifier. Musk il est en train de planifier une colonie sur Mars et une armée d’humanoïdes. Je veux bien qu’on développe la vie multiplanétaire mais la Terre va être notre habitacle pendant quelque temps encore. Je voudrais qu’on se pose la question : comment on y vit dignement.

    Une candidature suppose 500 parrainages de maires,
    allez-vous y arriver
     ?

    N.A. : Nous, on est des combattants, des militants, on fera tout pour y arriver, et on y arrivera.

  • À la feria de Nîmes, Fabien Roussel fête la victoire de la gauche sur l’extrême droite

    À la feria de Nîmes, Fabien Roussel fête la victoire de la gauche sur l’extrême droite

    Après Georges Marchais et Pierre Laurent, Fabien Roussel est devenu le troisième secrétaire national du PCF à participer à la feria à Nîmes samedi 23 mai. Une réelle fierté pour tous les élus de gauche mais aussi pour les jeunes de la Jeunesse communiste qui l’ont accueilli sur leur stand au Prolé. « Avec ma compagne, on est souvent venu à Nîmes mais c’est la première fois pendant la feria. Et le faire avec Vincent Bouget et une ville devenue une ville de gauche avec un maire communiste, ça décuple le plaisir. Quand j’ai lu l’édito de Vincent Bouget pour parler de la feria, j’ai retrouvé les valeurs que nous portons sur l’accès pour tous à la culture, à la fête, au beau, au plaisir, à la joie et ça, c’est notre fibre à nous », s’est félicité Fabien Roussel au moment de partager un verre avec les élus régionaux dans un Prolé plein à craquer.

    « La première intention de Fabien Roussel, c’est de venir fêter la victoire des communistes, de l’union de la gauche à Nîmes, de Vincent Bouget et de toute son équipe », confirme Pierre Lacaze, vice-président de la région Occitanie. « Aujourd’hui avec la feria toute la ville de Nîmes est en rouge et c’est normal que le secrétaire national des rouges vienne fêter un maire rouge à Nîmes ».

    Mais Fabien Roussel était également dans la capitale du Gard pour parler politique. Entre préparation du congrès national (3-5 juillet à Lille), des élections sénatoriales, législatives et même départementales et régionales qui suivront, mais aussi pour aborder des sujets sociaux comme le pouvoir d’achat ou la désindustrialisation, il a pu échanger avec les élus régionaux pendant plus d’une heure avant de partir découvrir l’ambiance des bodegas nîmoises.

    « Les élus m’ont parlé de leur territoire, des combats qu’ils mènent ici et notamment celui de la papeterie Fibre Excellence, donc on a des combats à mener aujourd’hui. Nous avons aussi parlé de l’emploi, de la vie chère qui frappe tout le monde. Puis nous avons parlé du congrès et des élections à venir. On s’est dit que si on menait des combats aujourd’hui sur ces questions-là, on va forcément parler des propositions que nous portons et donc de l’utilité du Parti communiste dans le débat politique parce que nous avons des propositions fortes qui permettront de répondre à la crise que l’on vit dans le pays », explique-t-il.

    « Fabien Roussel a parlé de la lutte pour le pouvoir d’achat et pour l’augmentation des salaires et contre la vie chère », confirme l’élu départemental et communal Christian Bastid. « Dans un département parmi les plus pauvres de France, ça correspond à la bataille que doit mener le PCF dans les mois à venir. La préparation de l’élection présidentielle qui vient est au centre d’enjeux qui dépassent la question de la candidature et le rôle du PCF au niveau national. Fabien Roussel a bien insisté sur ce point avec le but de rassembler tous les communistes qui est un élément important dans la bataille politique actuelle ».

    Après cette réunion au Prolé, Fabien Roussel a ensuite déambulé dans les ruelles nîmoises, découvrant la façade de la maison d’Olivier Jullian, artiste autodidacte habitué du Prolé, puis s’est rendu à la bodega des cheminots et au Carré d’art. Drapé de son nouveau bandana blanc, feria oblige, il a échangé avec de nombreux Nîmois et a même reçu un : « Bonjour Monsieur le Président ».

    Combattre le RN sur ses terres

    Dans un département qui n’a élu que des députés d’extrême droite lors des dernières élections législatives, Fabien Roussel était également venu délivrer un message d’espoir. « La victoire à Nîmes montre que l’on peut gagner contre le Rassemblement National », précise Pierre Lacaze. « Le RN avait la certitude de la victoire, mais nous avons su démontrer dans un large soutien de toute la gauche à l’exception de la France insoumise qui n’a pas choisi l’unité, que nous pouvions gagner. Fabien était venu fêter une victoire mais surtout saluer une perspective sur les années qui viennent pour que nous fassions reculer le RN ».

    La dernière fois que Fabien Roussel s’était rendu dans le Gard, c’était pour le rassemblement de soutien au Prolé d’Alès attaqué par des militants du groupuscule d’extrême droite violent du Bloc montpelliérain en pleine feria alésienne. Le secrétaire national du PCF a donc aussi profité de son retour dans le département pour se féliciter qu’un procès ait finalement bien lieu en octobre prochain : « J’espère que non seulement les personnes responsables de ces violences seront condamnées mais qu’ils vont parler et que l’on va connaître leur histoire, d’où ils viennent, leurs motivations et les réseaux d’extrême droite dans lesquels ils s’organisent. Il faut que tout cela soit décortiqué pour mettre un coup de projecteur sur ces réseaux qui sont dangereux et qui malheureusement se développent », ajoute Fabien Roussel.

    Le maire de Saint-Amand-les-Eaux a poursuivi son déplacement nîmois en assistant à la corrida du dimanche 24 mai aux côtés de Vincent Bouget. Puis, en début d’après-midi, il a échangé avec les militants communistes au Prolé.

  • Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Le texte de 144 pages, rédigé sous l’égide de l’eurodéputée Chloé Ridel, proche du premier secrétaire Olivier Faure, a vocation « à nous identifier sur le long terme », au-delà de l’élection présidentielle de 2027, a précisé Chloé Ridel à la presse. Il part du principe que le modèle de la social-démocratie « a permis des progrès sociaux considérables » mais « n’a jamais pris en compte les limites planétaires, n’a pas effacé les inégalités entre femmes et hommes ni les discriminations racistes et s’est progressivement fissuré sous l’effet de la mondialisation libérale ». Il doit désormais « être dépassé ». Le texte doit être enrichi par les militants, qui ont six semaines pour l’amender, pour un vote avant l’été.

    Tous les courants du PS ont été associés à la rédaction mais, lors d’un bureau national mardi soir, les opposants à Olivier Faure se sont désolidarisés, déplorant que ce projet soit présenté à la presse avant la consultation des militants. Cette présentation est une réponse de la direction du parti, souvent accusée par ses détracteurs de ne pas avoir « travaillé » sur le fond. « On nous a reproché de ne rien produire, là on a 144 pages qu’on peut amender », défend un proche d’Olivier Faure. Le Premier secrétaire du PS est notamment contesté sur sa volonté de faire participer le PS à une primaire de la gauche et des écologistes, qu’il souhaite soumettre au vote des militants. Ses opposants réclament eux un vote pour désigner rapidement le candidat des socialistes pour 2027. Le projet fait la part belle à la notion de liberté, que le PS veut « reprendre à la droite et l’extrême droite ». Pour la droite et l’extrême droite, la liberté, « c’est l’absence de règles communes, c’est la fin de l’État et des services publics, c’est le règne du tout marché », a détaillé Chloé Ridel. Pour les socialistes, « pour que la liberté soit réelle pour tous, il faut des règles communes, des sociétés solidaires, une puissance publique forte ».

    Le projet entend aussi répondre à Jean-Luc Mélenchon, et à sa notion de « nouvelle France » qu’il semble opposer à « une ancienne France », selon Chloé Ridel. Le PS veut plutôt « réconcilier les Français » par « des politiques de justice radicales en matière de fiscalité, de réforme démocratique, de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, pour les services publics, pour les transports ».

    Smic à 1 690 euros net

    Parmi les mesures, le PS veut rehausser le Smic à 1 690 euros net, instaurer la taxe Zucman de 2% sur le patrimoine des fortunes de plus de 100 millions d’euros et créer un « impôt sur les grandes successions ». Il prévoit aussi d’abroger la réforme Borne sur les retraites et de conserver un régime par « répartition », avec une durée de cotisation de 43 annuités « réductible en fonction de la pénibilité » et des carrières hachées, et « un âge légal de départ ramené à 62 ans » mais qui ne constituera « pas le critère central du système ».

    Concernant l’immigration, autre thème monopolisé par la droite et l’extrême droite, le PS propose une régularisation par le travail, avec un titre de séjour pour toute personne étrangère ayant un contrat de travail depuis au moins 6 mois. En matière de bifurcation écologique, le PS, veut « sortir l’électricité de la logique de marché » et planifier la sortie des énergies fossiles et la transition vers « un mix énergétique 100% décarboné en 2050 ». Le parti à la rose développe aussi de nombreuses mesures pour le logement, les transports, le grand âge (création d’un service public de l’autonomie), l’enfance et l’école (avec un objectif de 19 élèves par classe en 10 ans par exemple). Le projet fait aussi de la réindustrialisation une priorité, et propose « un plan de prises de participation minoritaires ou de nationalisations en dernier recours » sur des filières stratégiques comme « la sidérurgie, l’énergie et la chimie ».

  • Loïc Gachon sauve sa mairie, malgré un haut score du RN

    Loïc Gachon sauve sa mairie, malgré un haut score du RN

    « C’est serré. » Ces deux mots ont résonné pendant les trois longues heures qu’a duré le dépouillement dans la maison des associations, où des Vitrollais se sont retrouvés pour découvrir les résultats. À 20h45, les résultats tombent enfin : la liste d’union de la gauche, menée par Loïc Gachon, maire sortant, arrive en tête avec 46,67%. C’est un soulagement pour une grande partie de la salle qui ne peut s’empêcher d’applaudir à tout rompre.

    Une victoire qui ne reste cependant pas large, avec seulement quelques points d’écart avec le candidat du Rassemblement national, Fabien Bravi, qui récolte 42,67%. À son annonce, les quelques applaudissements du fond de la salle sont rapidement couverts par les huées et les sifflements du reste de la salle. Une très courte victoire pour le maire réélu, Loïc Gachon. « Vitrolles a une nouvelle fois résisté, mais le Rassemblement national se consolide et s’installe, à Vitrolles et dans toute la France. C’est pour ça qu’il faut aller à la conquête de ces gens-là [qui votent RN]. Dès la semaine prochaine on va travailler en direction de ces quartiers qui se sentent marginalisés ou oubliés. »

    « C’est inquiétant »

    Si ces résultats sont un soulagement pour une grande partie de l’assemblée, les habitants ne sont pourtant pas sereins. Pour Kenzi et Younes qui, à 18 ans, votaient pour la première fois, les scores de ce second tour sont « inquiétants, dans une ville comme Vitrolles qui est cosmopolite. Donc on a essayé de mobiliser autour de nous, pour la continuité de [Loïc] Gachon, que l’on a toujours connu, et surtout pour faire barrage ». Une dizaine de leurs amis étaient d’ailleurs également présents pour applaudir la victoire de la gauche sur l’extrême droite.

    Pour Cécile, vitrollaise qui a connu sa ville dirigée par le Front national de 1997 à 2002, ces résultats présagent de la présidentielle de 2027 : « Je vois ces idées monter dans la société, affirme la quadragénaire. Je suis dans une association qui m’amène à discuter avec beaucoup de gens. Même certains qui partageaient mes valeurs ont changé de camps », se désole-t-elle.

    Des scores serrés et élevés pour les deux listes d’union de la gauche et de l’extrême droite, alors que le troisième candidat, Philip Farrugia qui obtient 10,55%, contre 11,53% au premier tour. Une baisse qui pourrait s’expliquer par un désengagement de ses électeurs ou des votes utiles, que ce soit pour l’extrême droite, en opposition au maire sortant, ou pour l’union de gauche pour faire barrage. Un second tour qui a d’ailleurs mobilisé un peu plus que le premier, passant de 52,75% de votants à 53,2%. Mais l’abstention reste, ici aussi, le premier parti.