Tag: Président de la République

  • Macron envoie la flotte en Méditerranée

    Macron envoie la flotte en Méditerranée

    Une allocution brève depuis le palais de l’Élysée : Emmanuel Macron s’est adressé ce mardi ce soir aux Français, pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Un conflit déclenché par une offensive menée samedi par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Mais pour le président français, la République islamique « porte » la « responsabilité première de cette situation », par le développement d’un « programme nucléaire dangereux » et des « capacités balistiques inédites », mais aussi en finançant ses proxys : le Hezbollah libanais, les Houthis au Yémen, des milices chiites en Irak et enfin le Hamas dont le but est « de détruire l’État d’Israël ». L’Iran « qui a une nouvelle fois, en janvier dernier, donné l’ordre de tirer sur son propre peuple », justifie-t-il en référence aux mouvements de protestation durant lesquels des milliers de personnes ont été tuées.

    Les opérations militaires israélo-américaines qui ont suivi, ont été menées « en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons pas approuver », reconnaît néanmoins Emmanuel Macron, sans les condamner pour autant. La France demande, avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, un arrêt « au plus vite de ces frappes » et la reprise de négociations diplomatiques.

    Nul ne sait combien de temps cette guerre peut durer. Dès lors, le chef d’État français annonce le renforcement de la sécurité des bases militaires de la région, de même que les ambassades. Les 400 000 Français présents dans la région se verront proposer, s’ils le souhaitent, des solutions de rapatriement. Le gouvernement a renforcé sur le territoire national le dispositif de protection militaire Sentinelle et « la vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposées ».

    Le jeu des alliances

    Puis, alors qu’une carte de la région est projetée, il rappelle les accords de défense signés avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis et les engagements qui lient la France avec la Jordanie, l’Irak et les alliés kurdes. Il confirme que des avions Rafale, des systèmes de défense anti-aérienne et des radars aéroportés ont été déployés « ces dernières heures » dans la région. Quand, à Chypre, pays membre de l’UE qui a été frappé, des moyens de défense anti-aérienne « supplémentaires » ont été envoyés, en plus de la frégate Languedoc qui arrivera au large de l’île « dès ce (mardi) soir ». Le président dénonce par ailleurs « la faute majeure du Hezbollah » qui a lancé des frappes sur Israël. Alors que l’État hébreu prépare une offensive terrestre, il met en garde contre ce qu’il estime être « une escalade dangereuse et une erreur stratégique ».

    Enfin, avant de conclure, le président qui est le chef des armées, dit avoir ordonné le déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle, ses moyens aériens et son escorte de frégates, en Méditerranée. Ce qui peut être considéré comme une escalade, un point de bascule. « La France demeure une puissance qui protège les siens, une puissance attachée à la paix, fiable, prévisible et déterminée », assure le président de la République. Ce n’est pas le « nous sommes en guerre », au temps du Covid, mais ça y ressemble.

    Réactions

    Parti communiste français

    « L’annonce de l’envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle marque une nouvelle étape dans l’escalade militaire au Proche et au Moyen-Orient. (…) Ne participons pas à une logique de surenchère guerrière. Portons une voix indépendante pour un cessez-le-feu, la reprise des négociations sous l’égide des Nations unies et le respect du droit international. »

    Olivier Faure Premier secrétaire du PS

    « L’urgence est au retour du droit international et au refus d’une escalade régionale dont personne ne maîtrise l’ampleur. Le rôle de la France est de fixer des repères clairs dans un moment où de faux démiurges s’acharnent à les effacer. »

    Marine Tondelier secrétaire nationale d’EELV

    « La guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran n’est pas la nôtre. Elle peut déstabiliser durablement la région. Nous ne défendons pas un camp mais le droit international qui est bafoué par l’Iran, par son programme nucléaire, et par cette intervention militaire sans mandat de l’ONU. »

    Raphaël Glucksmann eurodéputé place publique

    « On est entrée dans un moment de bascule extrêmement dangereux. Il y a un réel risque d’embrasement de la région et ce moment-là ne va pas s’arrêter rapidement. Et il faut que l’Europe, qui n’est absolument pas préparé à ce type de moment historique, prenne au sérieux la situation et affirme sa souveraineté. »

    Jean-Luc Mélenchon fondateur de La France insoumise

    « Il est pénible d’entendre le Président français retirer toute responsabilité de la situation à Trump et Netanyahou. (…) Pour autant le respect des engagements internationaux de notre pays, notamment avec Chypre, membre de l’Union européenne, est légitime. Mais les actions de protection ne peuvent d’aucune manière devenir des actions offensives (…) le cessez-le-feu immédiat est l’urgence politique. »

    L’après

    « Il faut créer, dans le respect du droit international, les conditions pour que les Iraniennes et les Iraniens puissent décider librement de leur futur démocratique. »

    Philippe Poutou Nouveau Parti anticapitaliste

    « Non à la guerre impérialisme et à bas la république islamique ! Solidarité avec les peuples d’Iran en lutte pour la justice sociale, l’égalité et la liberté ! »

    Bruno Retailleau président de Les Républicains

    « La France ne peut rester spectatrice en Iran. Lorsque des missiles visent nos alliés et mettent en danger nos ressortissants, nous devons participer à leur interception. Une nation qui se respecte protège les siens et assume ses alliances. »

  • Un salon de l’Agriculture sous tension

    Un salon de l’Agriculture sous tension

    C’est malheureusement devenu une constante. Le Salon international de l’agriculture, dont le coup d’envoi est donné ce samedi à Paris, Porte de Versailles, va se tenir dans un contexte de tension exacerbée, dans la lignée des précédentes éditions et de la colère du monde agricole.

    En toile de fond, les politiques libérales, historiquement pointées du doigt par une large part du milieu. Et dans le rôle de l’ennemi public numéro 1, l’Union européenne, vectrice de dumping social, de concurrence entre ses membres et d’accords de libre-échange nocifs pour les agriculteurs. C’est justement sur ce dernier point que le courroux a atteint un niveau particulièrement important ces derniers mois, avec la signature, crainte depuis des années et désormais entérinée, d’un accord de libre-échange entre Bruxelles et le Mercosur.

    De ce fait, la Confédération paysanne a annoncé qu’elle boycottait l’ouverture du salon et le traditionnel petit-déjeuner entre le président de la République et les syndicats. « Nous ne voulons pas être la caution de ce spectacle désolant lors duquel Emmanuel Macron a pour habitude de mentir », dénonce Thomas Gibert, porte-parole national du syndicat.

    « Sortir du dogme

    de la compétitivité »

    Ce dernier pointe du doigt l’absence de « la mise en place des prix planchers, qu’il avait promise il y a deux ans. L’année d’après, il nous avait promis, la main sur le cœur, de tout faire pour empêcher le traité de libre-échange avec le Mercosur. Encore une fois, la promesse n’a pas été tenue. Il n’a pas été assez proactif pour construire la minorité de blocage nécessaire ». Mais il indique que la Confédération paysanne sera bien présente pour le reste du salon, afin de porter « la question de la régulation du marché qui est selon nous indispensable pour avoir un revenu paysan et changer de modèle agricole. Les lois récentes, comme la loi Duplomb, ont pour objectif de rester compétitifs sur le marché international. Le problème est qu’on va aller vers toujours plus d’industrialisation, d’abaissement des normes environnementales et sociales. On a besoin de réguler le marché pour sortir de ce dogme de la compétitivité, de produire d’une manière moins intensive, pour utiliser moins de pesticides, avoir un meilleur revenu, pour protéger notre agriculture et de fait notre alimentation ».

    Le syndicat compte également dénoncer la loi d’urgence agricole annoncée en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu : « C’est une réponse aux revendications de la FNSEA. On s’oppose à cette vision de l’agriculture, qui défend les intérêts d’une poignée au détriment de l’ensemble du monde paysan, toujours à destination de l’agro-industrie. On veut crier haut et fort cette différence, et pointer cette cogestion entre la FNSEA et le gouvernement, qui a poussé les politiques agricoles depuis des décennies dans l’impasse dans laquelle on se trouve », clame Thomas Gibert.

    Autre problématique : la dermatose nodulaire contagieuse, et la critique de l’action gouvernementale en la matière. Pour la première fois de son histoire, aucun bovin ne sera présent au salon, ce qui constitue, pour le syndicaliste, « la vitrine de l’échec de cette politique sanitaire inhumaine. L’abattage n’est pas justifié, c’est une décision prise uniquement sous le prisme d’une visée exportatrice, alors que des solutions scientifiques existent ». Une maladie dont ce maraîcher de Haute-Vienne « craint la résurgence au printemps, car les vecteurs risquent de se réveiller avec la hausse des températures. Il est hors de question qu’on revive le même drame que cet hiver, mais on n’a pas de réponse, et il n’y a toujours pas de volonté politique de sortir de l’abattage total », martèle-t-il, annonçant une conférence de presse à ce sujet lundi.

    « La régulation du marché
    est indispensable »

  • Le pilonnage des points de deal se poursuit à Marseille

    Le pilonnage des points de deal se poursuit à Marseille

    Les narcotrafiquants ne tiendront pas les cités marseillaises. » Le message envoyé par le préfet de département, Jacques Witkowski, et la préfète de police déléguée, Corinne Simon, se veut limpide. Après une première frappe anti-narco simultanée le 9 décembre, une nouvelle opération de pilonnage a été organisée, ce mardi 11 février, sur dix points de deal de la ville.

    Pas moins de 250 policiers locaux et 10 compagnies républicaines de sécurité octroyées par le ministre de l’Intérieur, soit plus de 1 000 policiers au total, ont été mobilisés. Leur mission : surveiller, donner l’assaut, occuper le terrain, interpeller les trafiquants et verbaliser les consommateurs.

    Ce dispositif a permis d’interpeller 76 personnes, indique la préfecture dans son bilan, ce mercredi 11 février. Et 95 autres ont fait l’objet d’une amende forfaitaire délictuelle (AFD) pour consommation de stupéfiants. À noter que cette verbalisation, d’un montant de 200 euros, a été présentée par le président de la République comme une des solutions de lutte contre le narcotrafic. Il souhaite d’ailleurs la porter à 500 euros, alors même que la Défenseure des droits avait constaté dès 2023 que l’AFD portait atteinte aux droits de la défense et à l’accès à un juge.

    Des saisies ont également été réalisées : près de 56 000 euros, dont une partie en lien avec une affaire judiciaire, 31 kg de cannabis, 1,4 kg de cocaïne, une arme de poing, quatre armes blanches et trois véhicules. Dans une cité, la présence des CRS a également permis d’interpeller l’auteur d’un coup de couteau, précise-t-elle. Préfet de département et préfète de police déléguée se sont par ailleurs rendus, mardi, dans deux des dix cités ciblées, Kallisté (15e) et La Castellane (15e).

    Un outil supplémentaire

    « Renouvelées régulièrement, ces opérations sont un outil supplémentaire au travail quotidien réalisé par les effectifs locaux », estiment-ils. Cette stratégie de pilonnage ayant été mise en place par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône d’alors, en janvier 2021. La lutte contre le narcotrafic se déploie « à tous les étages » rappellent-ils avec, outre ce genre d’opération, le travail de voie publique, le judiciaire et l’application de la loi narcotrafic.

    Pour mémoire, la précédente opération, qui avait engagé le 9 décembre quelque 1 500 agents, tous services de police confondus, sur quinze points de deal, avait permis de saisir 7 kg de résine de cannabis pour 114 personnes interpellées et 82 garde à vue, de dresser 61 AFD pour consommation de stupéfiants et de prononcer 33 interdictions administratives de paraître. Lors de contrôle dans les commerces, 118 kg de tabac de contrebande avaient été découverts, une arme de poing neutralisée et 10 infractions relevées.

    « Partout où les trafiquants tentent de s’approprier le territoire, ils trouveront une farouche et indéfectible présence de l’État », a prévenu le préfet. Lors d’un bilan des actions de l’État pour l’année 2025, le 4 février, aux côtés du procureur, de responsables de la police, de la gendarmerie et de la douane, il avait tenu à afficher un front commun face au narcotrafic, se félicitant d’avoir obtenu des résultats en jouant collectif, chacun faisant jouer ses compétences. Il rappelait que le nombre de personnes interpellées, à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône, avait augmenté par rapport à l’an dernier, respectivement de 14,2% et 11%, les points de deal avaient eux diminué de moitié : de 181 en 2021 à 89 à Marseille, et de 222 à 114 dans le département.

    Au-delà de ce vaste volet répressif, la préfète de police déléguée a également lancé, vendredi, des assises de la prévention pour éviter que les jeunes ne tombent dans les réseaux.

  • « On meurt dans mon Université » : Anne Fraïsse alerte Macron

    « On meurt dans mon Université » : Anne Fraïsse alerte Macron

    Elle ne mâche pas ses mots.  
    « On meurt dans vos Universités. On meurt dans mon Université. D’excès de travail, de stress, d’usure, de désespoir, d’indifférence. » Ainsi débute la lettre ouverte à Emmanuel Macron adressée par la présidente de l’université de lettres et sciences humaines Paul-Valéry de Montpellier, publiée le 26 janvier par le journal Le Monde.

    Ce n’est pas la première fois qu’Anne Fraïsse tire la sonnette d’alarme sur la situation de son université, parmi les moins bien dotées de France. Mais cette fois, alors qu’ont commencé le 8 janvier les Assises du financement des universités, c’est le Président de la République lui-même qu’elle interpelle, dans un geste de colère et de désespoir.

    À l’automne dernier, au moment des débats budgétaires, le ministre de l’Éducation nationale avait voulu relativiser la crise budgétaire des universités lors de son audition devant la commission de la culture et de l’éducation au Sénat (alors que deux tiers des facs françaises ont fini en déficit en 2025, au détriment des étudiants et personnels) : « Ce n’est pas Zola non plus », avait-il estimé, suscitant un tollé dans la communauté universitaire.

    « La situation de mon université, c’est bien du Zola, Monsieur le président  », rétorque Anne Fraïsse dans ce courrier. « En 5 ans, il y a eu 4 suicides de personnels titulaires (le précédent remontait à 25 ans), 3 crises cardiaques au travail, 2 AVC sans compter les arrêts de travail longue maladie pour burn-out. Cette année, dans notre communauté, 3 fonctionnaires en activité sont morts. Certes, ces décès ont des causes multiples mais les statistiques sont là et ce bilan pour une université de 1 003 titulaires pour 23 000 étudiants révèle des conditions de travail insupportables », dénonce la présidente de l’université montpelliéraine.

    « Nous venons de voter notre sixième budget en déficit ; notre université est une des moins dotées et, plus grave, des moins encadrées de France (11 départements à moins de 50%, voire 40% d’encadrement en enseignants titulaires) », assène-t-elle encore. « Depuis plus de 10 ans nous sommes en surchauffe, en travail forcé, en déséquilibre permanent, jamais sûrs d’arriver à remplir nos missions faute de bras. Nous l’avons dit, répété, crié : il est urgent de créer des postes, de revenir à des dotations pour charges de service public à la hauteur du nombre d’étudiants accueillis, de rétablir un modèle d’allocation des moyens qui répare les injustices, qui soit clair et transparent », insiste-t-elle, dénonçant l’opacité du système : « Pour un étudiant de même discipline, une université peut recevoir deux fois moins qu’une autre. Pourquoi ? Personne ne le sait, aucune justification aux plafonds d’emplois, à la dotation de l’État, aux demandes de fermeture de formations ».

    « Savoir et se taire c’est être complice, je ne peux pas taire cette injustice », conclut Anne Fraïsse avant de saluer Emmanuel Macron « comme les gladiateurs saluaient celui qui finançait les jeux et présidait à leur destinée : “Morituri te salutant” ».

    « Depuis plus de 10 ans, nous sommes en surchauffe. »

  • Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Pas question de « culpabiliser » le consommateur, mais de lui « faire prendre conscience » qu’en prenant des stupéfiants, il contribue au narcotrafic. Corinne Simon, préfète de police déléguée, accompagnée de Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale, et de Pierre Baillargeat, commandant du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône, a lancé officiellement, ce mercredi 28 janvier une vaste opération de contrôle de trois jours dans 23 villes du département, engageant 1 200 agents.

    « Nous avons eu, en 2025, de bons résultats sur les stupéfiants », se félicite Corine Simon au préalable, du pilonnage des points de deal, dont le nombre a été divisé par deux en deux ans, en passant par l’application de la loi sur le narcotrafic avec des interdictions administratives de paraître et autres fermetures de commerce. Un nouveau volet s’ouvre désormais, « la lutte contre les consommateurs ». Et la préfète de dérouler son équation : plus de consommateurs sur les points de deal égal assèchement, égal fermeture du point de deal. « Mon objectif n’est pas de piéger les gens, mais d’avertir », insiste Corinne Simon.

    Sur instruction du ministre de l’Intérieur, policiers et gendarmes sont déployés pour 159 contrôles dans « tous les quartiers sans distinction » prévient Cédric Esson, aux abords des collèges, lycées, facultés, dans les gares, dans les trains, trams, métro ou sur la route, mais aussi la nuit, à la sortie des discothèques.

    Des amendes jusqu’alors inutiles ?

    Les contrevenants écoperont d’une AFD (amende forfaitaire délictuelle) de 200 euros, que le « président de la République souhaite monter à 500 euros », ajoute la préfète. Une des seules « annonces » faites par Emmanuel Macron sur la lutte contre le narcotrafic lors de sa venue à Marseille, le 16 décembre. Près de 14 000 AFD ont été dressées l’an dernier sur le département en zone police. Des amendes dont le taux de recouvrement atteindrait à peine les 20%, estimait le sénateur socialiste Jérôme Durain, qui a fait une proposition de loi pour les réformer. La réponse de Corine Simon : une possible inscription au casier judiciaire en cas de récidive. « Nous allons travailler avec le parquet », promet-elle.

    Si cette opération est une première a priori en France, elle a vocation « à se reproduire tout au long de l’année, régulièrement », prévient Corine Simon, partie en « guerre » contre le trafic. Une guerre « qu’on gagnera d’autant plus vite que les consommateurs seront prévenus », estime-t-elle.

    « En zone gendarmerie, on s’aperçoit que nous sommes clairement sous l’influence de Marseille, voire d’Avignon, dans d’autres parties du département, le narco se développe, nous sommes sur une posture dynamique », ajoute le commandant Pierre Baillargeat, précisant que pour le seul mois de janvier, le stup’ a augmenté de 25% dans l’activité des gendarmes. Ce dernier misant également sur 22 équipes cynophiles, dont quatre des douanes, qui permettent de détecter la drogue de façon plus certaine.

    À l’arrêt de tram des Réformés, pas de policier canin, mais des humains qui ont engagé des séries de « palpations » sur des voyageurs se demandant bien ce qui leur arrive. Si les agents assurent sélectionner leurs cibles au hasard, la majorité des personnes contrôlées ce jour-là sont des jeunes. Certains se disant un peu découragés voire agacés de se voir contrôlés « tout le temps ».

    Et quand on demande justement à la préfète si des actions vont être menées en matière de prévention auprès de la jeunesse, elle affirme lancer des assises sur le sujet en février.

  • Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Une grève de la faim pour que l’État agisse sur le narcotrafic

    Le bout du bout… Mohammed Benmeddour, médiateur avec l’association Apis depuis de nombreuses années, a décidé d’entamer une grève de la faim pour qu’enfin « l’État agisse sur le narcotrafic ». « J’ai récupéré un jeune à deux doigts de replonger. Il sort de prison, il s’est déjà pris une balle dans le genou, il n’a nulle part où aller et personne ne nous aide. Pire, on nous met des bâtons dans les roues », raconte-t-il, visiblement fatigué.

    Alors, il installera son lit de camp et celui de son protégé devant la préfecture, dès ce mercredi 21 janvier, « pour qu’on nous reçoive ». Lors de la venue du président de la République à Marseille, le 16 décembre dernier, Mohammed avait pu lui rappeler leur première rencontre en 2021, à la cité Bassens. Il lui réclamait déjà des moyens.

    Depuis, il a créé un projet de médiation nomade « peu suivi », déplore-t-il, allant notamment à la rencontre des jeunes au pied des immeubles.

    Dès qu’il en a l’occasion, le médiateur n’hésite pas à prendre la parole devant les caméras pour faire entendre sa voix et surtout celle de ceux qui « cherchent à s’en sortir ». Si Emmanuel Macron a publiquement pris l’engagement de soutenir la prévention et l’éducation, « d’accompagner les jeunes », Mohammed n’a rien vu venir. « Aucune suite n’a été donnée. J’ai même interpellé Vincent Jeanbrun, [ministre du Logement Ndlr] à la Maurelette ce vendredi, mais rien du tout », assure-t-il.

    Ultime recours

    Déplorant les effets d’annonce et de communication au fil des visites ministérielles et présidentielles, il s’indigne : « Je fais le travail le plus difficile, je vais à la rencontre des jeunes sur les points de deal, je vais parler avec des gars en prison et derrière, ça ne suit pas, on ne nous considère pas. Là, on a un cas concret. Je ne m’alimenterai plus jusqu’à ce qu’on me donne une réponse. C’est mon dernier recours ».

  • L’état annonce le sauvetage de quatre copropriétés dégradées à Marseille

    L’état annonce le sauvetage de quatre copropriétés dégradées à Marseille

    Le ministre du logement, Vincent Jeanbrun, est allé, vendredi, à la rencontre des habitants de la cité en péril de la Maurelette (15e), dont il a arpenté les allées de commerces fermés, contemplant les parkings souterrains transformés en poubelle géante. Il venait donner le coup d’envoi au sauvetage de 4 copropriétés privées dégradées de Marseille. La publication à Noël des décrets a ouvert la voie à ces opérations attendues de requalification pour les trois autres sites du Mail (14e), des Rosiers/Super Belvédère (14e) et de Consolat (15e). Le planning diffusé vendredi pour ces 4 Orcod-In s’étale jusqu’en 2039, sur 15 années, des études à la maîtrise foncière, des aménagements jusqu’aux relogements.

    « Ces 4 ORCOD-In sont une grande chance parce qu’on voit bien que le niveau de dégradation, dans lequel est arrivé la copropriété, nécessite une intervention des services publics. On ne peut pas vous laisser seul face à toutes ces difficultés », a expliqué le ministre, devant une trentaine d’habitants d’autres cités aussi qui ont raconté le calvaire des ascenseurs en panne, des charges qui explosent, des syndics qui s’engraissent. « À un moment donné, ça suffit. Au plus haut niveau de l’État, le président de la République a dit qu’on ne peut pas laisser la deuxième ville de France souffrir comme elle souffre. Marseille en grand a l’ambition de redonner à Marseille sa grandeur », entonne le ministre devant son auditoire.

    « Marseille, laboratoire des bonnes pratiques »

    Avec ces ORCOD-IN, l’État « promet de mettre les moyens et d’y aller le plus vite possible, même si ça se compte en années pour remonter la pente » avec la Ville, la Métropole et l’établissement public foncier. Le budget est estimé à ce stade entre 577 et 613 millions d’euros. « Nous voulons faire de Marseille le laboratoire des bonnes pratiques et des bonnes idées », a ajouté le ministre au cœur de cet ensemble de 765 logements.

    La Maurelette ce sont 65 barres et 5 tours construites dans les années 60 sur 10 ha et qui s’enfonce dans la misère bâtimentaire et sociale. L’ensemble, placé depuis un an sous administration judiciaire, cumule 3,9 millions d’euros d’impayés de copropriétaires, 1,9 million d’euros de dettes aux fournisseurs. Un plan de sauvegarde et pour près de 19 millions d’euros de travaux d’urgence doivent permettre de lever l’arrêté de péril de 2019 qui suspend toujours la perception des loyers. « Y en a plein qui payent encore, les propriétaires les forcent », dit une habitante. Les marchands de sommeil s’engraissent même si l’un d’eux a écopé de trois ans de prison dont un ferme, l’an dernier.

    « Ici monsieur, c’est pas la peine d’aller voir les films, vous avez tout : trafic de drogue, de mineurs, prostitution. Depuis 20 ans que j’y suis, j’ai tout vu », explique Fathia Mazouzi, présidente de l’association Les Ailes bleues pour l’aide aux devoirs, la distribution d’aides alimentaires en urgence aux familles que la crise frappe de plein fouet. « Il faut que cela redevienne a minima vivable pour nos enfants, supplie-t-elle, il faut mettre de l’argent dans l’éducation, la santé, la sécurité, les bâtiments bien sûr. Il faut donner à nos enfants un futur. Ils sont l’avenir de la France. »

    « Ici tout est en panne »

    « Les ORCOD-IN sont essentielles », se réjouit la maire adjointe de Marseille, Samia Ghali (DVG), qui demande d’étendre l’outil « aux autres copropriétés qui sont au point de bascule, au bord du gouffre ». Elle décrit au ministre le lent déclin de La Maurelette plongée dans la vétusté, la pauvreté, la délinquance. « Il faut étendre complètement le permis de louer sans cela on ne s’en sortira pas », prescrit-elle. « Ce n’est pas normal de pouvoir louer des appartements indignes. On est saturé de demande de logements sociaux parce que le logement privé n’arrive plus à jouer son rôle. C’est important d’avoir du logement privé de qualité pour permettre d’attribuer des logements sociaux à des gens qui en ont vraiment besoin. Et ici tout est en panne. L’ascenseur est en panne au propre comme au figuré. »

    47 grandes copropriétés représentant 11 000 logements sont en difficulté à Marseille. Appelée à la rescousse, la SPLA-IN Aix Marseille Provence doit dresser un diagnostic complet livrable au premier trimestre 2026 des 30 ensembles les plus dégradées.

  • Emmanuel Macron devrait actualiser la loi de programmation militaire

    Emmanuel Macron devrait actualiser la loi de programmation militaire

    Emmanuel Macron revient à la base aérienne 125 d’Istres, jeudi, pour présenter ses vœux aux armées. Presque neuf ans après sa première élection, le président de la République se livrera à un exercice cérémoniel classique : revue des troupes, salutations aux portes-drapeaux, puis discours en fin de matinée.

    Mais, en même temps, le protocole laissera place à une séquence moins banale. L’après-midi, Emmanuel Macron prendra place à bord d’un Airbus multi rôle transport tanker (MRTT), piloté par Thomas Pesquet, colonel de réserve de l’armée de l’air, pour une manœuvre de ravitaillement en vol d’un avion Rafale. Une démonstration du module d’évacuation sanitaire Morphée, dédié aux blessés graves, est également prévue.

    Le choix de la base d’Istres pour cette cérémonie repose sur son contexte exceptionnel. 5 000 personnes y travaillent, dont pour moitié de militaires. La piste est la plus longue d’Europe avec 5 km de long. La présence de 15 Airbus MRTT en fait un « hub stratégique de projection de puissance », dans le monde, selon l’Élysée.

    Un discours attendu sur plusieurs sujets

    Le discours présidentiel est attendu. Notamment au regard de l’actualisation de la prochaine loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030n prévue au 1er trimestre. « C’est un moment qui sera très probablement axé sur ce sujet », avance l’Élysée. 64 milliards d’euros étaient prévus pour le budget pour la Défense en 2030 et Emmanuel Macron a annoncé, l’été dernier, vouloir avancer cet objectif à 2027. C’est le double du budget alloué en 2017 lors de sa première visite.

    Un discours également attendu au regard de la situation géopolitique internationale et du rôle de la France dans les conflits en cours. « Le président fera évidemment un discours en lien avec l’actualité internationale et géostratégique », précise l’Élysée. Particulièrement en ce qui concerne les « garanties de sécurité en Ukraine s’il y a un traité de paix entre belligérants », mentionne l’Élysée.

    Enfin, les trois premières promotions du service national, fortes de 3 000 jeunes, débuteront en septembre prochain. Un service uniquement « sur le territoire national, déconnecté » des enjeux internationaux, assure l’Élysée.

  • Avignon : un site web pour panthéoniser Camille Claudel

    Avignon : un site web pour panthéoniser Camille Claudel

    Le combat d’André Castelli pour la panthéonisation de la sculptrice Camille Claudel continue. Une nouvelle étape est franchie avec la création d’un site internet et d’une pétition en ligne pour porter le sujet au plus grand nombre.

    « L’objectif est de montrer l’intérêt populaire et de donner de la reconnaissance pour l’éternité », confie ainsi l’ancien élu communiste, qui a écrit un livre sur les années d’enfermement de l’artiste dans un asile à Avignon.

    Pour rappel, seul le président de la République peut prendre cette décision par décret. Celui-ci avait répondu en septembre dernier à un courrier adressé par André Castelli et un comité d’élus et de sénateurs. « Soyez assuré de toute l’attention qu’il a portée à vos attentes en faveur de l’entrée au Panthéon de Camille Claudel », pouvait-on y lire. Et cette création de site web est également une question de procédure, car elle « passe forcément par une pétition » qui « doit sortir du seul territoire vauclusien et être reprise au niveau de la région et de l’ensemble du pays », confie l’ex-élu municipal et départemental (PCF). Pour l’heure, la pétition en ligne, lancée avec l’éditrice de son ouvrage il y a quatre semaines, compte 125 signataires.

    Reprise de contact

    Le souhait est donc de rapidement reprendre contact avec le corps décisionnaire. « Cela permettrait également d’augmenter le nombre de femmes au Panthéon, car celui-ci est extrêmement faible », appuie André Castelli, qui souhaite « que la nation reconnaisse que ça a été une grande femme ».

  • [Rue de la République] Laure-Agnès Caradec : « La première priorité de la liste de Martine Vassal, c’est la sécurité »

    [Rue de la République] Laure-Agnès Caradec : « La première priorité de la liste de Martine Vassal, c’est la sécurité »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire.

    Ce week-end, Laure-Agnès Caradec, présidente de la fédération LR des Bouches-du-Rhône.

    la campagne

    Didier Gesualdi : Vous êtes directrice de campagne de Martine Vassal, ça y est Benoît Payan se lance. Votre ennemi principal est désigné ?

    Quelque part ce n’est pas une surprise puisque tout le monde s’attendait à ce moment. Ça va être l’heure de vérité pour lui parce que la fois dernière ce n’était pas lui qui était candidat, c’était madame Rubirola. Les Marseillais ont eu droit à un switch qui a été douloureux pour eux. Il va se présenter tel qu’il est.

    Didier Gesualdi : De chasseur il est devenu chassé ?

    Oui… je n’attendais pas cette formule.

    Didier Gesualdi : Il avait fait campagne sur la critique du bilan de Jean-Claude Gaudin, cette fois ce sont ses concurrents qui s’en prennent au sien.

    En 2020, il a été chassé par certaines forces politiques qui ne voulaient pas qu’il soit candidat. C’est plutôt à ça que je pensais.

    Léo Purguette : La campagne de Martine Vassal a été lancée depuis septembre sans que son adversaire principal ne soit déclaré. Vous n’avez pas eu le sentiment de boxer dans le vide ?

    Pas du tout parce que ça permet d’avoir une position claire vis-à-vis des Marseillais. Elle s’est déclarée suffisamment en amont en disant « moi je suis candidate » pour dérouler ses propositions, pour expliquer tout ce qu’elle a fait aussi pendant son mandat. Les Marseillais vont voter à la fois pour les mairies de secteur, la Ville de Marseille et la Métropole. Au titre de la Métropole, la séquence de cette semaine qui montre la révolution des transports avec l’inauguration du tramway jusqu’à capitaine Gèze et jusqu’à la Gaye, montre combien, en un mandat, elle aura respecté son engagement envers les Marseillais et les métropolitains aussi puisqu’il y a des BHNS, le Val’tram…

    Léo Purguette : Elle avait avancé sur un sujet qui n’est pas très en vogue dans votre camp politique : la gratuité pour les plus jeunes et les seniors. Pourquoi ne pas viser la gratuité pour tous ?

    La gratuité vous savez… il y a toujours quelqu’un qui paye. Malheureusement, les transports ont un coût important. Les efforts qui ont pu être faits, ont été faits. Après, il y a une réalité économique. Martine Vassal s’est engagée à ne pas augmenter les impôts, comme elle l’a fait au Département et à la Métropole. Je rappelle que Benoît Payan a augmenté de 14% la taxe foncière.

    le Bilan du Printemps marseillais

    Didier Gesualdi : Pour vous tout est à jeter dans le bilan de Benoît Payan ?

    En tout cas, j’attends qu’il nous fasse la démonstration de son bilan parce que justement, aujourd’hui, aux yeux des Marseillais il n’y a pas de projet qui soit sorti durant ce mandat. On ne peut pas dire qu’il y ait eu une piscine, un équipement public… Sur les écoles, on voit bien qu’il y a des couacs sur l’utilisation de l’argent du plan Marseille en grand et que les écoles qui devaient être livrées en temps et en heure ne le seront pas toutes. Donc quel acte majeur durant ces six ans ?

    Didier Gesualdi : Pour vous, le quotidien des Marseillais n’a pas changé ?

    Le quotidien des Marseillais a changé notamment grâce à l’action de la Métropole sur les transports, sur l’habitat indigne, Martine Vassal a mis en place la société publique de rénovation du bâti, mais à l’échelle municipale, démontrez moi ce qui a été fait.

    Léo Purguette : Le plan Marseille en grand, c’est quand même bien Benoît Payan qui l’a décroché. Cet argent-là a même ruisselé – si on peut dire – sur la Métropole.

    On a eu la chance d’avoir un président de la République qui s’est penché sur Marseille et a décidé d’octroyer des moyens supplémentaires, notamment pour la mobilité. Martine Vassal s’est saisie de tous les crédits débloqués par l’État et complétés, bien sûr, par la Région et le Département, pour mettre en place dans un temps record du transport en commun pour les Marseillais.

    Jean-Claude Gaudin

    Didier Gesualdi : En 2020, le Printemps marseillais ne l’emporte-t-il pas du fait de l’immobilisme de Jean-Claude Gaudin ? Renaud Muselier a même parlé de deux mandats de trop.

    Moi je défendrai toujours le bilan de Jean-Claude Gaudin. Non, je ne pense pas qu’il y ait eu deux mandats de trop. Chaque mandat a été rythmé par des choses importantes. Les premières lignes de tramway ont été réalisées sous l’impulsion de Jean-Claude Gaudin et de Renaud Muselier.

    Didier Gesualdi : Avec beaucoup de retard…

    Oui mais l’extension du métro également, la capitale européenne de la Culture, le Mucem, le Parc du XXVIe centenaire la piétonisation du Vieux-Port… En 1995, la Ville perdait des habitants, avait un taux de chômage record, les choses ont nettement évoluées. Marseille est devenue attractive, a accueilli des entreprises, des filières d’excellence.

    Léo Purguette : Vous ne pensez pas que la défaite de 2020 est due à son bilan notamment en matière d’habitat ?

    C’est sûr que le 5 novembre a impacté très fortement la campagne municipale, on est bien d’accord. Ça a été un drame qui a marqué tout le monde. Je pense que c’est essentiellement la division de notre côté qui a causé beaucoup de dégâts. Cela a servi de leçon. Aujourd’hui, l’UDI qui était la dernière pièce manquante, lui apporte le soutien dont elle bénéficie déjà, depuis les LR jusqu’au centre.

    Léo Purguette : Jean-Claude Gaudin était en revanche attentif à la cohésion de la mosaïque de communautés qui constitue Marseille. Où est passé ce discours dans votre camp ?

    Si, on est toujours sur cette ligne-là. Marseille est un port, a toujours accueilli. Marseille espérance a peut-être un peu moins de vigueur que sous Jean-Claude Gaudin, je crois qu’il faut retisser les liens entre les communautés et qu’elle se retrouvent dans un projet commun.

    Le bloc central

    Léo Purguette : Le bloc de droite et du centre qu’incarne Martine Vassal correspond à celui qui gouverne la France. N’est-ce pas un handicap dans un pays traversé de colères ?

    Oui tout à fait mais je pense qu’il faut dissocier le local du national. C’est sûr qu’au plan national c’est compliqué : pas de budget, des crises, la crise agricole et ainsi de suite… Mais ici localement, ce que nous souhaitons c’est que les Marseillais jugent sur ce qui a été fait et sur les engagements pris par Martine Vassal. Elle a une vraie volonté de faire. On est élu pour faire et pas pour gagner du temps comme on peut le voir aujourd’hui à l’échelle nationale. Nous sommes sur la rédaction de notre programme, il sera décliné début février.

    Notre objectif c’est faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait.

    Notre but, c’est de faire, de réaliser, dans l’intérêt des Marseillais.

    le Narco- trafic

    Léo Purguette : Vous dites que la sécurité est une priorité. À Marseille on voit l’ampleur qu’a pris le narcotrafic. Il semblerait que Bruno Retailleau lorsqu’il était ministre de l’Intérieur ait préféré mettre plus de moyens contre l’immigration illégale.

    Il a quand même fait passer, avec Gérald Darmanin, la loi contre les narcotrafiquants qui a été un peu vidée de sa substance par le conseil constitutionnel, malheureusement. En tout cas, c’était une vraie volonté d’action contre le narcotrafic. Il faut poursuivre, on voit bien dans cette ville que sa présence est forte.

    Léo Purguette : Peut-on encore gagner face au narcotrafic ?

    Il ne faut surtout pas baisser les bras. On voit bien que la faculté a dû fermer temporairement ses portes à cause de cela. Orange quitte la Belle-de-Mai suite à des impacts de balles, c’est intolérable dans la 2e ville de France. Benoît Payan a minimisé les faits, je crois qu’il faut combattre le narcotrafic avec la plus grande fermeté.

    les adversaires

    Léo Purguette : Vous parlez d’union mais une liste très anti-Vassal se présente avec Erwan Davoux et Nora Preziosi, qui était élue de vos majorités. Ça vous inquiète ?

    Non, je crois qu’il ne faut pas qu’on soit inquiété par ce genre de listes. Je pense qu’elle prendra à la fois sur la liste de Benoît Payan, peut-être sur la nôtre. Je ne sais pas si elle aura un destin important, nous verrons bien. En tout cas, nous, nous sommes concentrés sur ce que nous avons à dire aux Marseillais.

    Léo Purguette : Il y a eu une polémique importante sur la question du rapport au RN. Une clarification a été apportée mais les centristes ont beaucoup grincé des dents. Est-ce que ça va tenir jusqu’au bout ?

    La ligne a été clarifiée de suite. Martine Vassal a toujours combattu l’extrême droite, dans tous les scrutins. Elle continue à la faire. Aujourd’hui, il y a trois blocs. Martine Vassal représente celui de la droite et du centre face à l’extrême droite et à l’extrême gauche car ne nous leurrons pas, Benoît Payan sera avec Sébastien Delogu au deuxième tour. Il ne s’en cache quasiment pas. Et Sébastien Barles qui soutient Sébastien Delogu n’a pas été exclu de la majorité de Benoît Payan, donc on voit bien qu’il y a des connexions. Ne trompons pas les Marseillais.

    Didier Gesualdi : Vous aurez besoin des voix du RN au second tour, à moins que cela ne soit le contraire.

    Mais pourquoi veut-on toujours franchir l’étape du premier tour ? Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? Nous allons nous battre pour arriver en tête au soir du premier tour.

    Didier Gesualdi : Que dites-vous aux électeurs du RN ? Ça veut dire quoi quand on dit qu’on « partage des valeurs » ?

    Un des objectif prioritaire et affirmé de Martine Vassal, c’est la sécurité. Est-ce que c’est là dessus qu’on pourrait se dire qu’on a un point commun ? Je n’en sais rien. C’est la priorité de Martine Vassal et aussi des LR dans la continuité de l’action menée par Bruno Retailleau lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Nous avons envie d’une ville apaisée où les Marseillais peuvent déambuler en toute sécurité. Des efforts colossaux ont été faits dans les transports avec 2000 caméras déployées et le Groupe d’assistance et de protection qui maintient des agents de sécurité dans le métro et le tramway. Ce sont des choses concrètes, Martine Vassal a démontré sa capacité à faire et elle veut continuer.

    Didier Gesualdi : La sécurité est plutôt une prérogative nationale.

    La police municipale peut venir en appui. Martine Vassal mettra une priorité sur le recrutement de 1 500 policiers municipaux supplémentaires, sur le déploiement de la vidéosurveillance. Elle veut une BAC municipale pour lutter aussi contre la criminalité. Tous les moyens qui pourront être utilisés le seront pour faire en sorte que les Marseillais puissent vivre en toute sécurité dans leur ville.

    Didier Gesualdi : Franck Allisio du RN semble enclin à venir sur un terrain « probusiness » qui est plutôt le vôtre. Ça vous surprend ?

    Il est député de Marignane, il y a des pôles économiques importants dans sa circonscription. Je ne l’ai jamais entendu défendre l’aéroport, l’aéronautique, le pôle économique de Vitrolles. On ne peut pas dire que le programme de la présidentielle de Marine Le Pen soit très pro-économie.

    Didier Gesualdi : Et pourtant quand il y a sur l’affiche Marine Le Pen ou Jordan Bardella ça fonctionne plutôt.

    Oui, papa-maman sur les affiches c’est un peu désespérant. En fait, je crois surtout que ce sont les Français qui sont désespérés et qui veulent retrouver une France dans laquelle ils se retrouvent. Dans laquelle il y a du respect, de la bienveillance. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Les essayer ce n’est pas la bonne solution. Faisons confiance aux élus engagés pour le territoire.