Tag: précarité alimentaire

  • Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    Occitanie : une ordonnance verte pour le Printemps montpelliérain

    À cinq mois des municipales, ça bouge du côté de Montpellier. Le Printemps montpelliérain, liste regroupant plusieurs partis de gauche, vient de dévoiler dix propositions afin de changer de politique alimentaire. « Avec les évolutions de la société, la perte du pouvoir d’achat, l’alimentation devient un sujet politique important. 13% des Français sont en insécurité alimentaire  », souligne Jean-Louis Roumégas, tête de liste et député les Écologistes de l’Hérault.

    Des propositions issues d’un forum sur l’alimentation et l’agriculture conduit par le mouvement, le 18 octobre. Tout d’abord, une « ordonnance verte  ». « Dès que le bébé est en route, nous distribuerons des paniers bio hebdomadaires et gratuits à toutes les femmes enceintes, sans condition de revenus », détaille Julia Mignacca, membre du Printemps. L’objectif à terme serait que cette ordonnance bénéficie à 1 600 Montpelliéraines. Également présenté par le Printemps afin de mieux se nourrir, la création d’un réseau d’épiceries municipales. « Nous proposerons des produits à prix coûtant grâce à une centrale d’achat. Cela coûtera peu car nous vendrons sans marge, ce qui permettrait aux agriculteurs d’avoir un prix décent », reprend Jean-Louis Roumégas. À cela s’ajoute le soutien à des caisses alimentaires et aux circuits courts.

    Un office métropolitain

    Si ces mesures concernent uniquement la ville de Montpellier, d’autres ont une visée plus large en s’adressant à toute la métropole, comme la création d’un office agricole. « À Montpellier, nous devons lutter contre les lobbies de l’immobilier et sanctuariser les terres agricoles. Cet office nous permettra de les acquérir puis d’installer des paysans », précise Boris Chenaud. Pour les agriculteurs en herbe, le Printemps propose la mise en place de jardins partagés. « Cela permettra de créer du lien social entre les gens dans les quartiers et de redécouvrir la saisonnalité », insiste Coralie Mantion. Dans le même genre, le Printemps espère créer une ferme pédagogique à Malbosc.

    Une sensibilisation au bien manger qui passera également par l’école puisqu’il est prévu de mettre fin aux plastiques à la cantine et de tendre vers le 100% bio et local – contre 30% actuellement. Enfin, pour lutter contre la malbouffe, l’équipe ambitionne de mettre en place des ateliers autour du goût sur le temps périscolaire. Les enfants ne sont pas les seuls visés puisque le grand public est aussi invité à travers l’organisation d’une journée sans sodas. « Nous voulons répondre aux besoins du quotidien en apportant des réponses concrètes », soutient Jean-Louis Roumégas.

  • En 30 ans, l’extrême pauvreté a explosé, alerte le Secours catholique

    En 30 ans, l’extrême pauvreté a explosé, alerte le Secours catholique

    Dans le Var, le constat est implacable : 96% des aidés vivent sous le seuil de pauvreté dont 66% en situation d’extrême pauvreté. Les principales bénéficiaires sont les femmes seules ou mères célibataires (60,9%), alors qu’elles ne représentaient que 6% en 2003. « Avant, la pauvreté était associée au chômage et aux crises économiques. Mais elle n’est plus conjoncturelle. Elle est continue, multidimensionnelle et stigmatisée. Ça rejoint un discours des pouvoirs publics de critique des pauvres, perçus comme coupables de leur condition », résume Jean-Michel Permingeat, président du Secours catholique du Var.

    Créé en 1994, le Secours catholique est un acteur majeur de la lutte contre la pauvreté en France, avec 1,11 million de personnes aidées en 2024 dans 2 500 lieux d’accueil, grâce à 3 500 équipes locales composées de 58 000 bénévoles et 910 salariés. Ils sont 28 dans le Var, pour 530 bénévoles, 7 salariés et 5 000 bénéficiaires. Des chiffres qui ont tous connu une nette augmentation en 30 ans.

    Le très attendu rapport annuel de l’association s’attelle à dresser un bilan évolutif des niveaux de pauvreté depuis sa création. Si le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté (60% du salaire médian de 2 193 euros, soit 1 316 euros en 2024) a un temps stagné, de 14,5% en 1996 à 14,4% en 2022, il a connu une nette progression en 2023 pour atteindre 15,4%. « La pauvreté n’a pas reculé mais a profondément changé de nature et de visage » , pointe le rapport. Les salariés et bénévoles varois abondent. Mêmes constatations ici.

    En effet, en 1994, 10% d’entre eux vivaient dans l’extrême pauvreté, contre 74% 30 ans plus tard. Parmi eux, un nombre croissant de femmes et d’enfants, de 51% en 1994 à 56,5% en 2024. Les familles sans aucunes ressources constituent 25,7% des bénéficiaires (10% en 1994), parmi lesquels 50% d’hommes seuls, mais le nombre de mères seules a aussi explosé (de 7 à 15% entre 1999 et 2024). La majorité sont étrangers (71%, 26 il y a 25 ans).

    « Une pauvreté continue »

    En cause, notamment, les réformes de l’assurance chômage et du RSA, rendant les aides moins accessibles, les conditions drastiques pour obtenir un titre de séjour (et donc pouvoir travailler), le manque d’accès aux aides (38% des ménages éligibles n’en font pas la demande). Le niveau de chômage (23,7%) reste supérieur à la moyenne nationale (7,4%) mais a largement baissé (44% entre 2005 et 2015). Enfin, 18% des bénéficiaires travaillent, mais occupent des postes précaires pour un faible niveau de vie (855 euros par mois contre 2 443 pour la population en général).

    Autres facteurs aggravants : les problèmes de santé et le handicap (23% des bénéficiaires, 15% en 1994), qui complexifient l’accès à l’emploi, renforcés par les difficultés d’accès aux allocations. L’âge entre aussi en ligne de compte : parmi les personnes aidées, la part des seniors de 60 ans et plus a triplé, de 2,6 à 7,3%. Et les associations sont au bout du rouleau.

  • La région frappée de plein fouet

    La région frappée de plein fouet

    La journée du refus de la misère éclaire de manière crue la prégnance de ce fléau qui ne doit rien à la fatalité. Les inégalités dans le partage des richesses dans l’une des économies les plus riches au monde s’aggravent. Si le projet de budget de l’État n’est pas radicalement amendé, la machine à appauvrir va s’accélérer. C’est une question de choix de société : l’individualisme ou la solidarité. Le libéralisme ou des services publics renouvelés et musclés.

    Accès au logement, à l’éducation, aux soins, à la formation, à l’emploi : les personnes dans la misère ne veulent pas l’aumône mais la dignité. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est très concernée et l’Insee fournit des données précises. Nul ne peut dire qu’il ne sait pas. Nul ne peut ignorer l’urgence.

    17% de la population

    « En 2020, près de 850 000 personnes, soit 17% de la population, vivent dans un ménage dont le niveau de vie se situe sous le seuil de pauvreté. La région est particulièrement touchée par la pauvreté : le taux de pauvreté est le 3e le plus élevé des régions de France métropolitaine. » Première salve.

    « 260 000 enfants sont pauvres en 2018, soit un quart des habitants de moins de 18 ans. C’est la deuxième région de province la plus touchée après les Hauts-de-France. » Deuxième salve.

    « 9% des travailleurs sont pauvres soit 172 000 personnes (..) Ils vivent plus fréquemment seuls ou au sein d’une famille monoparentale », comprendre que ce sont essentiellement des femmes. Troisième salve.

    Derrière les chiffres, des vies qui ne sont pas marginales mais marginalisées par des politiques antisociales. Il est grand temps de tout faire pour en changer.

  • La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La grande récolte dans les supermarchés, c’est 10% de ce que nous distribuons à l’année. » Devant des membres de la Banque alimentaire, bénévoles, associations et entreprises, Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône, rappelle l’importance de cet événement. Ce lundi, une centaine de personnes se sont réunies dans la salle d’honneur du Département, à Marseille, pour lancer l’organisation de ces collectes de dons dans les supermarchés, du 28 au 30 novembre. Face à l’augmentation de la précarité et des besoins, le président espère mobiliser de nombreux de bénévoles pour récolter plus de nourriture.

    Des dons nécessaires dans un contexte où l’insécurité alimentaire explose. Dans les Bouches-du-Rhône, 107 000 personnes ont recours à l’aide alimentaire, soit 5,3% de la population du département, d’après les chiffres de la Banque alimentaire. L’association permet d’approvisionner 188 associations qui s’occupent de la redistribution. Des associations qui viennent prêter main-forte pour ces trois jours de collecte. « C’est grâce à cet organisme que l’on peut fournir des paniers aux personnes dans le besoin, donc on se doit d’aider », explique Nathalie Dumas, bénévole à la Croix Rouge d’Aubagne.

    Le nombre de bénévoles est, pour le moment, insuffisant pour atteindre les objectifs du président de la banque alimentaire : 200 tonnes de plus que l’année dernière, où déjà 400 tonnes de denrées avaient été données dans le département. « Il y a une baisse des dons liée à l’augmentation de la précarité et donc des besoins, explique Alexis Lada, chef d’exploitation. C’est pour cela que l’on a besoin de plus de monde pour récolter plus de dons. ».

    « 360 commerces, dans toutes les Bouches-du-Rhône, ont donné leur accord, mais il faut que l’on trouve des bénévoles », insiste Julie Caseville, salariée de la Banque alimentaire en charge de la grande collecte. « Pour l’instant, nous sommes à 40% d’inscription. Mais on est optimiste et on espère avoir assez de bénévoles pour que les 360 magasins participent à la récolte », sourit-elle.

    Mail : ba130.collecte@
    banquealimentaire.org

  • Sur la Rocade, les Restos du cœur restent sous l’eau après la pluie

    Sur la Rocade, les Restos du cœur restent sous l’eau après la pluie

    Il est à peine plus de 9h, ce mardi matin. Près d’une dizaine de personnes patiente devant les portes de l’antenne des Restos du cœur sur la rocade, l’une des trois que compte Avignon. À côté de l’arrêt de tram des Olivades, le sous-sol de la salle polyvalente désaffectée de la Cabrière abrite l’association caritative. La porte affiche encore les stigmates de la semaine passée, où un mot indique que « suite aux fortes pluies, le centre est fermé mardi 23 et jeudi 25 ».

    La réouverture a donc lieu ce mardi. « On a envoyé un SMS groupé aux bénéficiaires », expose Antoine Perroy, bénévole et responsable de l’accueil et des inscriptions. Soit quelque 640 familles qui, une fois par semaine, ont accès à une distribution alimentaire, mais aussi à quelques produits d’hygiène de première nécessité. « Le nombre de bénéficiaires a progressé ces dernières années », constate-t-il.

    Dès qu’on pénètre dans le local, un ancien parking semi-enterré, l’odeur de l’humidité est encore prégnante. Mais ce n’est rien comparé à l’état observé de la semaine dernière, où jusqu’à 5cm d’eau ont envahi les lieux. « Le lundi, on a commencé avec les moyens du bord pour nettoyer, mais le mardi, la Ville a envoyé une société de nettoyage », souligne Antoine Perroy.

    Fort heureusement, les pertes alimentaires n’ont pas été majeures, avec un seul congélateur qui a rendu l’âme. « Mais c’est toujours écœurant de devoir jeter la nourriture », se désole Inès, bénévole depuis le mois de mai. Aux côtés de Jean-François, elle est dévolue ce mardi au rayon légumes et conserves. « Je ne sais pas si on aura plus de monde cette semaine, mais pour certaines familles, ça a dû être très compliqué de manger la semaine dernière », redoute Inès, tout en délivrant des attentions aux bénéficiaires qui défilent de stands en stands. Certains, comme Wafa, sont à la fois bénéficiaires et bénévoles. « C’est ma manière de les remercier », confie pudiquement cette maman de trois enfants.

    « Avec 570 euros par mois, vous ne vivez pas »

    « C’est vraiment la galère », lâche Christine. À 65 ans, elle est au RSA et espère toucher sa retraite dès le mois prochain. « Avec 570 euros par mois, vous ne vivez pas, assène-t-elle. Je ne suis pas venue depuis un mois à cause de soucis de santé, j’habite Verquières [petite commune du nord des Bouches-du-Rhône, Ndlr], je suis prête à vendre ma voiture, mais il n’y a rien là-bas, sauf une petite épicerie qui vend les yeux de la tête. La baguette est à 1,40 euro, alors je me rabats sur du pain de mie longue conservation à 70 centimes. » Cherchant à se rapprocher de sa fille à Avignon, Christine est en attente d’un logement social.

    Les Restos du cœur cherchent aussi, depuis longtemps, un nouveau toit, la salle polyvalente devant être rasée. L’inondation de la semaine dernière est venue renforcer la nécessite d’un local moins vétuste, de 600 à 700 m2. « On ne sait pas encore quand aura lieu la démolition, mais les besoins sont là, on a des idées, mais pour le moment ça ne colle pas », fait valoir Antoine Perroy. Le but étant de rester dans le secteur Rocade. Au plus près des besoins.

  • La réinsertion des femmes par la cuisine à l’honneur

    La réinsertion des femmes par la cuisine à l’honneur

    C’est le troisième grand festin que l’on organise, mais le premier de cette ampleur » s’enthousiasme Florence Armitano, responsable nationale du réseau Des étoiles et des femmes. Après le Pays basque et Arles, c’est à Marseille qu’aura lieu, ce vendredi, le grand banquet pour l’anniversaire du programme de réinsertion féminine par la cuisine, Des étoiles et des femmes. Sur la place Bargemon, des chefs des 14 villes où le programme est développé prépareront le repas avec des femmes qui ont bénéficié de l’initiative.

    Un programme lancé par l’association Festin à Marseille et qui fête ses 10 ans. « L’idée est d’accompagner des femmes qui sont éloignées de l’emploi pour qu’elles passent des diplômes en cuisine et qu’elles retrouvent un emploi », explique la responsable du réseau. Le suivi de ces femmes passe par une aide pour trouver des solutions de garde d’enfants, une aide au logement ou un accompagnement contre la précarité alimentaire si elles en ont besoin. « On leur propose aussi des stages dans des restaurants étoilés ou bistronomiques pour briser le plafond de verre », ajoute Florence Armitano. Depuis sa création, plus de mille femmes ont suivi le programme et trois quarts auraient retrouvé un travail d’après la responsable.

    Ce vendredi, certaines seront présentes sur la place Bargemon, avec des chefs de toute la France, pour préparer des repas aux participants du banquet. Des personnalités locales, comme des danseurs de (La)Horde ou l’autrice de Marseille Trop Puissante Margaux Mazellier, prêteront main-forte et pourront échanger avec les participants. Une exposition photos et un dj set sont également prévus.

    35 euros, réservation sur helloasso.com