Tag: précaires

  • Un rendez-vous militant pour rompre avec la précarité

    Un rendez-vous militant pour rompre avec la précarité

    La cuisine de l’Arc à Noailles accueillera, ce samedi, la Comuna, organisée par le Comité chômeurs et précaires de la CGT 13. « Un moment à la fois interprofessionnel, intersyndical, voire transpartisan. L’idée est de se rencontrer pour discuter ensemble sur la question de la précarité. Et d’en faire un moment militant, donc politique », résume l’adhérent Cyrille Choupas. La journée sera notamment consacrée à la précarité alimentaire, avec une épicerie solidaire suivie d’un dîner partagé, tous deux à prix libre.

    Un tissu de solidarité

    La Comuna s’adresse à l’ensemble des publics précaires : chômeurs, intermittents, travailleurs à temps partiel, « qui partagent des objectifs communs », souligne Cyrille Choupas, sans oublier « les camarades aux métiers plus stables : énergéticiens, fonctionnaires… ». La Comuna cherche à « tisser une forme de solidarité interprofessionnalité » pour donner place aux revendications contre la précarité.

    L’adhérent dénonce aussi « le partenariat fait entre France Travail et l’armée, en Paca ». Une stratégie qui conduirait, selon lui, « France Travail à pousser l’embauche des personnes précaires vers le monde de l’industrie de l’armement. Vers des métiers qu’on ne veut pas, vers des sortes de guerre qu’on ne veut pas non plus. Cette armée de réserve n’est pas une armée de réserve du capital, mais une armée de réserve du syndicalisme ». La Comuna fait aussi écho aux manifestations « contre la guerre et celle contre la trêve hivernale » prévues le même jour, impactant ces profils précaires.

    Épicerie dès samedi à 14h30 ; repas partagé de 19h à 22h.
    Prix libre.

  • Le Geres met en valeur les femmes agricultrices

    Le Geres met en valeur les femmes agricultrices

    Trop souvent invisibilisées, précaires et peu reconnues, les agricultrices n’en sont pas moins des garantes essentielles de notre alimentation. C’est pourquoi l’ONG environnementale Geres les met en avant à travers une série de quatre portraits de travailleuses (deux Bucco-Rhodaniennes, une Varoise, une Vauclusienne). « L’objectif était de valoriser les expériences quotidiennes et les perspectives des agricultrices de la région », explique Olivia Pelestor, chargée de programme agriculture et sensibilisation au Geres. « On ne s’intéresse à elles que depuis 1959. Avant, on en parlait via les couples, mais très peu des femmes elles-mêmes malgré leur énorme travail. »

    « Générer une conscience » quant aux difficultés

    Mais pour la porteuse du projet, « il est important de ne pas les visibiliser en tant que femmes, mais pour leur travail. Elles participent à la souveraineté alimentaire, à maintenir le patrimoine local avec la viticulture, l’oléiculture… Et elles s’engagent dans des pratiques agroécologiques, plus résilientes au niveau climatique. »

    Et même si pour elles, l’agriculture est « un métier passion », il n’en reste pas moins « physique et nécessite beaucoup d’investissements. Elles travaillent presque tous les jours, avec un manque de soutien financier des institutions », déplore Olivia Pelestor, d’autant plus que les quatre agricultrices travaillent dans le domaine du bio et « doivent justifier leurs prix, en expliquant leur travail, leurs pratiques. » La chargée de programme pointe aussi « les à-côtés », tels que « les remplacements difficiles pendant la grossesse » et « les retraites parfois en dessous de 350 euros. Il est important d’en parler pour générer une conscience citoyenne. »

    Les portraits dès le 8 mars sur www.geres.eu

  • Quand les denrées interdites en vol deviennent des dons à Marignane

    Quand les denrées interdites en vol deviennent des dons à Marignane

    « Un tant pis pour un tant mieux. » Voilà comment les passagers voient la confiscation de leurs produits de plus de 100 ml qui ne passent pas les contrôles de sécurité. Car, depuis fin janvier, l’Aéroport Marseille Provence (AMP) a noué un partenariat avec le Samu social de la Ville pour leur donner une seconde vie.

    Donia Joly, responsable innovation sociale chez Suez, qui collabore avec AMP depuis 2019, estime que « sur le premier mois, 1,5 tonne sera collectée ». « 60% des produits sont des denrées alimentaires, le reste sont des produits d’hygiène, détaille-t-elle. On a environ 1 500 bouteilles de 50 cl, 950 conserves et 1 100 gels douche ou shampoings. Et encore, on est dans une période creuse par rapport à ce qui va arriver cet été. »

    Jérôme Dominion, responsable multiservices de l’aéroport, à l’origine de ce projet, précise : « En ce moment, on a 200 000 voyageurs par mois, en période estivale on est plutôt sur 1,5 million. » AMP estime que 15 à 20 tonnes de denrées seront collectées en faveur des plus précaires sur une année.

    Plus de 200 000 précaires

    En bout de chaîne, le Samu social vient chercher ces dons trois fois par semaine et les redistribue aux plus de 200 000 personnes en situation de grande précarité que compte Marseille. Elsa Peinturier, sa directrice, explique : « Les produits d’hygiène sont redistribués en rue par les maraudes qui sillonnent le territoire pour aller vers les personnes très marginalisées. D’autres, qui sont en grande contenance, et les boissons, partent aux douches municipales dont les nouveaux locaux ont ouvert la semaine dernière. C’est hyper apprécié que les personnes puissent avoir accès à un rafraîchissement, c’est un moment de répit et d’apaisement dans leur journée. » Elle ajoute : « Sur les denrées alimentaires, les petits contenants sont redistribués en rue et le reste on le transmet à des associations partenaires. On a également un partenariat avec la régie de quartier Noailles-Belsunce, qui offre des petits déjeuners aux enfants qui n’ont pas trois repas par jour, et ils sont super contents d’avoir de la pâte à tartiner grâce aux usagers de l’aéroport. »

  • Bras de fer autour de la CDIsation d’un surveillant

    Bras de fer autour de la CDIsation d’un surveillant

    Au terme d’une mobilisation de longue haleine, les assistants d’éducation (AED), souvent appelés surveillants, ont obtenu, en septembre 2022, la publication par le ministère de l’Éducation nationale d’un décret autorisant leur CDIsation. Ces personnels précaires « qui travaillent 41 heures par semaine pour 1 400 euros par mois avec des contrats d’un an faits au bon vouloir des chefs d’établissement pour les maintenir sous pression, étaient les seuls personnels non-titulaires de la fonction publique qui ne se voyaient pas proposer de CDI après 6 ans de service dans les établissements scolaires », explique Karine Abauzit, enseignante en lycée professionnelle dans l’Aude et militante Sud Éducation.

    Depuis, nombre d’entre eux tentent de faire valoir ce droit fraîchement obtenu dans leurs académies respectives. « La plupart essuient des refus. On se bat poste par poste pour obtenir des CDI », confie Karine Abauzit. « Esteban avait reçu un avis favorable de son chef d’établissement, il y avait des besoins dans son lycée de Lézignan », poursuit-elle. Le Rectorat a néanmoins refusé sa CDIsation, ce qui a débouché, entre 2023 et 2025, sur deux années de procédures juridiques qui se sont soldées par une décision victorieuse pour l’AED, le tribunal administratif ayant ordonné sa CDIsation. « La première décision de ce type à ma connaissance », souligne l’avocate montpelliéraine Sophie Mazas, qui assure la défense d’Esteban Jimenez.

    « Le rectorat a modifié les conditions de son contrat »

    L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf qu’à la réception du contrat début janvier, « le Rectorat lui impose de travailler à plus de 100 km de chez lui, sans proposition préalable pour les transports, sur un poste comportant deux nuits par semaine, sachant qu’il a ses deux enfants en garde alternée », énumère l’avocate. Le tout « avec 8 jours pour signer ». Mission impossible pour Esteban, dans l’impossibilité de réorganiser sa vie en si peu de temps. « Le Rectorat, ce faisant, a modifié les conditions de son contrat en opérant une mutation de sa résidence administrative, qui correspond normalement à son établissement d’origine, à Lézignan  », souligne Me Mazas.

    Un argument qu’a fait valoir la délégation reçue ce jour-là au Rectorat dans l’espoir de trouver une solution. « Le Rectorat ayant été enjoint de proposer un CDI avant le 5 février, ses représentants disent qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu, à savoir proposer le seul poste qu’ils avaient. Nous leur avons signifié que la règle étant de respecter la résidence administrative, ils auraient dû lui proposer un poste à Lézignan », rapporte Karine Abauzit. Les deux parties se sont quittées sur l’engagement, pris par le Rectorat, que « des efforts seraient faits pour trouver un poste plus près. M. Jimenez devrait être contacté d’ici le 20 février. De notre côté nous avons maintenu que si le poste n’était pas sur le lieu de la résidence administrative, nous saisirions une nouvelle fois le tribunal. »

  • À l’hôpital des Rayettes, un plan d’efficience alarme les syndicats

    À l’hôpital des Rayettes, un plan d’efficience alarme les syndicats

    Les syndicats de l’hôpital sont inquiets. Un plan d’efficience leur a été présenté par la direction lors du Comité social et économique de décembre. La CGT affirme que « plus de 90 suppressions de postes sont envisagées d’ici 2030 ». Dans un courrier envoyé à la ministre de la Santé Stéphanie Rist le 27 janvier, la CFDT parle de « politique de réduction d’effectifs déguisée » par le biais d’un « mécanisme de départs à la retraite non remplacés ».

    Jointe, la direction répond avoir « fait une évaluation globale » des moyens « à optimiser ou ne pas remplacer » sans avoir précisément identifié de secteur à ce jour. « Une évaluation externe est en cours de réalisation par l’Agence nationale d’appui à la performance, qui aidera l’établissement à déterminer les projets à engager, apprend-elle. Il est tout à fait envisageable que le nombre initial soit modifié au regard des conclusions. »

    La CGT dénonce un double discours. Alors qu’un plan d’investissement de 100 millions d’euros vient d’être annoncé, principalement pour financer un nouveau bâtiment qui abritera un bloc opératoire, des urgences et une unité de soins critiques d’ici 2032 (60 millions d’euros), « une transformation profonde de l’hôpital public se prépare : externalisations, mutualisations et remise en cause de services essentiels », s’agace-t-elle.

    Des besoins en hausse

    Une élue de la CFDT pointe « l’absence de logique » : « Ils augmentent le capacitaire, les locaux, ils veulent plus d’activité mais ne renouvellent pas le personnel qui part. » D’autant que les besoins du territoire risquent d’évoluer à la hausse avec l’arrivée de nouvelles usines dans la zone industrialo-portuaire qui devraient créer près de 10 000 emplois directs d’ici quelques années. Dans sa lettre au gouvernement, le syndicat pointe : « Un établissement de santé ne se réforme pas uniquement avec du béton, ce sont les professionnels qui font fonctionner le service public hospitalier. »

    La direction confirme que des externalisations et des mutualisations sont étudiées, mais elles ne concernent « pas les activités de soins, pour lesquelles l’objectif premier est de les conforter sur le territoire », tente-t-elle de rassurer.

    Une réponse qui ne satisfait ni la CGT, qui demande un plan d’investissement public porté à 170 millions d’euros et la création immédiate de 90 postes statutaires à temps plein ; ni la CFDT, qui milite pour un plan pluriannuel de remplacement systématique des départs à la retraite avec la résorption des emplois précaires et une réorientation des politiques ARS vers les ressources humaines et non exclusivement l’immobilier.

  • L’Open 3 favorise l’inclusion sociale à travers le sport

    L’Open 3 favorise l’inclusion sociale à travers le sport

    En un an d’existence seulement, l’Open 3, association omnisports créée en février 2025 « par une bande d’amis tous issus du 3e arrondissement de Marseille », a vu son travail quotidien être récompensé. La section basketball, qui compte déjà près d’une centaine de licenciés, a officiellement intégré les championnats proposés par le Comité 13 au mois de janvier.

    Une belle récompense pour ce club qui prône avant tout une mission « sociale et éducative ». « La demande des habitants est forte, mais l’offre d’activités physiques reste encore limitée, ce qui oblige parfois certains à se déplacer loin pour pouvoir pratiquer un sport », martèle Youssouf Samirdine, président de l’Open 3.

    « Et du coup, ça faisait qu’il y avait beaucoup de basketteuses qui ne pouvaient pas s’inscrire dans un club en compétition (FFBB) et qui n’avaient pas cette possibilité-là d’avoir de la pratique, malgré qu’il y ait les infrastructures aujourd’hui », poursuit le minot originaire de l’avenue Camille-Pelletan dans le quartier de Saint-Lazare. Un des territoires les plus précaires d’Europe. « Aujourd’hui, nous proposons la licence la moins chère de tout le département au prix de 120 euros. On a des familles qui payent cette adhésion en 10 ou 12 fois », souligne Samirdine. Une douzaine de licenciés seulement ont payé la totalité de la cotisation.

    Le sens du sacrifice

    Certaines familles sont dans l’obligation de faire des sacrifices pour offrir à leurs enfants la possibilité de poursuivre leur passion. « Il y a trois semaines, une famille vient sur un entraînement de basket. Deux enfants vont s’entraîner et le troisième reste en tribune. Je vais voir celui qui est dans les tribunes, je lui dis, “le basket, ça ne te plaît pas ? Tu n’as pas envie d’en faire ?”. Et il me dit, “j’ai envie d’en faire. Mais cette année, ce sont mes deux autres frères qui font du sport. Et moi, j’en ferai l’année prochaine”», témoigne le directeur d’un organisme de formation pour devenir éducateur.

    Ces personnes peuvent derrière être intégrées à l’Open 3. « La grande majorité des habitants de nos quartiers sont au chômage. On est dans un secteur où, si tu veux faire de l’argent, soit tu essaies de travailler légalement, soit tu vas en bas du bloc et tu deales », constate Youssouf Samirdine, persuadé que les jeunes peuvent s’en sortir grâce aux valeurs du sport.

    Par ailleurs, son association dépasse le simple plaisir d’apprendre le basket. Un temps d’aide aux devoirs obligatoires d’une demi-heure est organisé avant chaque séance. « On cherche à proposer des solutions qui vont répondre à toutes les problématiques qu’un enfant ou une famille peut être confronté aujourd’hui dans ce secteur qui a été, à un moment donné, abandonné par la ville », lance le président dévoué.

  • Femmes solidaires, 80 ans auprès des plus précaires à Avignon

    Femmes solidaires, 80 ans auprès des plus précaires à Avignon

    Dans un communiqué, elle confirme la relance de sa collecte de produits d’hygiène et de protection au profit du Secours populaire et des étudiantes. Jusqu’au mois de mai, le dépôt de produits ou de chèques se fait au local, 6 place Michel-Goutier à Avignon. Mais aussi, à nouveau, des ateliers de lecture les troisièmes mardis du mois, des ateliers d’écriture les vendredis 20 février et 20 mars, ou encore une discussion sur le thème du choc des générations le 7 février prochain. Actualité à suivre sur la page Facebook Femmes Solidaires Avignon.

  • Les dispositifs pour les plus précaires en débat au conseil municipal de Gardanne

    Les dispositifs pour les plus précaires en débat au conseil municipal de Gardanne

    Dernier conseil municipal et dernière lecture de l’ordre du jour avant la fin du mandat. « Le conseil de décembre étant très conséquent, les dernières délibérations sont calées à aujourd’hui », justifie, en début de conseil, Hervé Granier, maire (LR) sortant. Parmi les derniers sujets à l’ordre du jour, étudiés ce jeudi 8 janvier, quatre ont été dédiées aux attributions de subventions, notamment à destination du centre communal d’action sociale (CCAS). À ce sujet, Samia Gamèche, élue d’opposition au sein du groupe Collectif Gardanne Biver (CCGB), mené par Claude Jorda (PCF), s’est saisie de la question pour s’insurger d’un « manque » d’assistants sociaux sur la commune. Selon l’élue, en 2023, quatre assistantes sociales composaient les équipes du CCAS. Contre « une et demie aujourd’hui, à peu près », estime Samia Gamèche, la seconde n’occupant son poste que « 80% » du temps précisera Noura Arab, élue en charge du CCAS. Autre interrogation posée par l’élue : « En cette période de grand froid, des personnes dorment dans nos rues. Pourtant des logements vacants existent. Dans votre bilan de 30 pages vous dites être contre l’assistanat. Mais la solidarité, ce n’est pas ça, c’est éviter que des gens meurent. Il faut immédiatement ouvrir des logements (supplémentaires) pour l’hiver. Aujourd’hui, il est également urgent de recruter les assistants sociaux manquants, titulariser les agents précaires et ouvrir immédiatement des logements d’urgence qu’on libère. » Samia Gamèche appellera notamment à pérenniser le poste « vacataire » et « précaire » d’un agent municipal, en charge d’une troisième tournée de portage de repas, récemment mise en place par la municipalité… « Il sera déprécarisé, c’est dans notre volonté de titulariser nos agents, comme les 104 autres que j’ai fait déprécariser sur le mandat », précisera Hervé Granier.

    Besoins « différents »

    Côté municipalité, les comptes au sujet des agents du CCAS sont différents. Un troisième agent serait déjà en cours de recrutement pour le secteur Asell (Accompagnement socio-éducatif lié au logement), selon Noura Arab, qui assure que le poste « évoluera ». L’élue en charge du CCAS ajoute : « Les besoins sont différents. Nous sommes à trois semaines de délai de rendez-vous, contre presque deux mois avec quatre assistantes sociales. » « Si demain (les agents du CCAS) ont besoin d’avoir un poste supplémentaire, ils nous font la demande », ajoute Antonio Mujica, premier adjoint au maire, qui précisera que d’ici la « fin 2026 », les mesures Asell devraient être « reprises par le Département ». « Pour les personnes qui dorment dehors, on a des personnes en charge des tournées. Malheureusement, je répète ce que les agents sur le terrain rapportent, certains ne veulent partir et refusent un logement. On ne peut pas les prendre de force. » Réponse insuffisante, pour l’élue d’opposition, qui insiste : « Mais, ils sont où, les abris pour ces personnes-là ? » L’occasion, pour la municipalité, de rappeler que des espaces sont libérés pour les sans-abri dans les vestiaires du gymnase Jérôme-Palun, situé avenue de Nice, rouvert il y a un an.

  • Les employés de l’Ehpad Mille Soleils au Muy mobilisés pour les salaires

    Les employés de l’Ehpad Mille Soleils au Muy mobilisés pour les salaires

    Depuis de longues semaines, les négociations annuelles obligatoires (NAO) achoppent entre la direction de l’Ehpad Mille Soleils (établissement du groupe EMERA) et les employés sur la question des salaires. À date, les augmentations proposées – 36 euros brut pour les aides soignants, 7 pour les ASH – demeurent bien loin des revendications : une augmentation significative généralisée à l’ensemble du personnel, et un complément contractuel de 350 euros « afin de garantir l’égalité de traitement », revendique Katherine Zede, déléguée syndicale CGT EMERA.

    En conséquence, un débrayage suivi par l’ensemble des salariés a eu lieu mercredi devant l’établissement, ces derniers quittant leur poste entre midi et 14h, laissant la direction s’occuper des résidents. « D’autres établissements du même groupe, dont un dans le département, un dans les Alpes-Maritimes, ont des salaires plus importants sur les mêmes postes. À travail égal, salaire égal », clame Nathalie Blasco, co-secrétaire de l’Union syndicale départementale Santé et Action sociale de la CGT.

    Un autre Ehpad du groupe mobilisé au Mans

    Une augmentation que les syndicalistes estiment justifiée par les « milliards d’euros d’aides publiques versés à des entreprises comme EMERA, dont certaines réalisent d’importants profits. Cet argent doit servir à une augmentation générale des salaires, et non à enrichir une minorité au détriment de celles et ceux qui font vivre l’entreprise », pointe Katherine Zede, qui dénonce aussi les conditions précaires subies par les soignantes, « contraintes d’effectuer des vacations dans d’autres établissements afin de boucler leurs fins de mois. Cette situation se fait au détriment de leur vie de famille, de leur santé et de leur repos alors même qu’elles exercent un métier essentiel et éprouvant ». « Ils ont augmenté la rémunération des infirmières par rapport à des difficultés de recrutement. Augmenter les salaires permettrait de réduire le turn over et l’absentéisme », affirme Nathalie Blasco.

    Après leur mobilisation – aussi suivie dans un autre établissement du groupe, au Mans -, la totalité des salariés (y compris les cuisiniers et le reste du corps soignant) ont regagné leurs postes, mais annoncent être prêts à poursuivre le mouvement si leurs revendications n’étaient pas écoutées.

  • [Rétro 2025] À Béziers, Ménard s’en prend encore aux quartiers populaires

    [Rétro 2025] À Béziers, Ménard s’en prend encore aux quartiers populaires

    Interdiction de la vente des canettes de bière à l’unité, zèle pour la construction d’un centre de rétention administrative… On ne compte plus les fois où, en 2025, Robert Ménard s’en est à nouveau pris aux populations précaires, quelles que soient leurs nationalités.

    L’une de ses décisions unilatérales les plus commentées fut sans doute le choix d’étendre, durant tout l’été (vacances scolaires incluses), son arrêté municipal instaurant un couvre-feu pour mineurs de moins de 15 ans. Une mesure motivée à l’époque par les émeutes dans les banlieues (suite à la mort du jeune Nahel tué par un policier), qui avait déjà fait réagir en 2024, bien que le Conseil d’État n’ait pas jugé opportun de l’annuler.

    N. Cossange : « Mépris de classe »

    Se sentant pousser des ailes, le shérif de la cité Paul Riquet a donc remis ça en ciblant des quartiers populaires. De 23h à 6h du matin, les mineurs de moins de 15 ans résidant en centre-ville, à la Devèze ou à Irranget-Grangète se sont donc vus confinés chez eux jusqu’au 30 septembre, mais aussi pendant les vacances scolaires et la nuit d’Halloween, le 31 octobre. Le tout sous couvert de lutter contre le trafic de drogue.

    « Robert Ménard réduit la question de la délinquance aux quartiers populaires. Il affiche un mépris de classe qui est aussi un aveu d’impuissance : sa politique de ravalement de façade sans lien avec la nécessité de services publics est un échec », commentait alors l’opposant Nicolas Cossange (PCF).

    Du côté de la LDH 34, Sophie Mazas n’en démord pas. « L’article 34 de la Constitution dit que toute mesure de restriction de liberté doit se faire au niveau du Parlement. Son arrêté est directement contraire à la loi. »