Tag: Ports et Docks

  • La CGT des portuaires suspend son action à Fos-sur-Mer

    La CGT des portuaires suspend son action à Fos-sur-Mer

    Nous tenons à vous alerter que la fédération sera très attentive en attente de réponses claires lors de la réunion du 10 juin. » C’est de cette manière que la Fédération nationale des ports et docks CGT a indiqué la suspension de son action d’arrêt du travail initialement prévue vendredi.

    Dans son courrier adressé à l’Union des ports de France (UPF) et l’Union nationale des industries de la manutention (Unim) mercredi, la fédération CGT indique avoir « pris en compte la confirmation d’une table ronde qui se tiendra le 10 juin » avec les acteurs « divers et variés » en lien avec le sujet.

    Le sujet, c’est celui de « la problématique de Port-la-Nouvelle », dans l’Aude en région Occitanie, soulevée par la fédération. « Nous dénonçons l’évolution de ce nouveau port qui, dès sa création, suscite bien des interrogations », selon la fédération syndicale.

    Une « concurrence déloyale » selon la CGT

    Les interrogations sont notamment liées aux « nombreux trafics portuaires sont menacés ici ou là », d’après l’organisation, citant Sète, Bayonne, La Rochelle, Fos-sur-Mer et Le Havre. La fédération « n’acceptera pas qu’un nouveau port au modèle atypique remette en cause les équilibres actuels », se disant « consciente d’une concurrence dans les ports qui a toujours existé, mais pas une concurrence déloyale » qui selon l’organisation « remet en cause l’esprit et les engagements des réformes portuaires successives ».

    Ce conflit s’opère dans un contexte de mutation de la stratégie portuaire française. Comme pour d’autres modes de transports, la gestion irrite la CGT. « La Région Occitanie a investi plus de 650 millions d’euros d’argent public pour créer un hub hydrogène et la construction d’éoliennes à Port-la-Nouvelle, qui vient prendre des trafics rouliers vracs aux ports voisins », déplorait la fédération CGT fin avril.

    De même, l’organisation s’oppose au projet Deos de fabrication de flotteurs d’éoliennes en mer à Fos-sur-Mer, à destination de Port-la-Nouvelle. La Région Occitanie et la société d’économie mixte du Port « ne peuvent pas venir concurrencer les autres ports français dont Fos, et espérer la complémentarité sur l’éolien », assenaient les syndicalistes portuaires.

  • Les dockers rendent hommage à Marcel Sanchez

    Les dockers rendent hommage à Marcel Sanchez

    C’est à un monument du syndicalisme sur le port qu’a rendu hommage la section syndicale des retraités dockers CGT de Marseille. Cette dernière a inauguré, vendredi 22 mai dernier, un local « Marcel-Sanchez », secrétaire général des dockers CGT du port de 1987 à 1993 et décédé en janvier 2021. « Marcel Sanchez mena notamment le combat contre la réforme du statut des dockers, administrateur du port, responsable à la Fédération CGT des Ports et Docks », relate la section, qui a également posé une plaque commémorative pour l’occasion. Une pose réalisée par le secrétaire des retraités dockers, Henri Ballester et Nora Sanchez, son épouse.

    « De nombreux dockers retraités étaient présents pour cette cérémonie, aux côtés du représentant du syndicat, Gilles Olivieri. Des représentants du Grand Port Maritime, de la Réparation navale, des Douanes ainsi que du bureau de l’Union syndicale des retraités CGT 13 avaient également fait le déplacement, tout comme une délégation de la section PCF du port », poursuit la section.

    Elle rappelle que c’était un « militant profondément attaché aux valeurs de la CGT, son parcours fut marqué par son engagement au sein du PCF, à la section du port. Il a contribué au développement de notre section de retraités et veuves de dockers jusqu’à sa mort ». C’était aussi un artisan du « rapprochement des travailleurs portuaires, en particulier avec les dockers de Fos et de l’ensemble du bassin méditerranéen » puisqu’il était « à l’initiative de la coordination internationale IDC, aujourd’hui EDC [syndicat européen des dockers, Ndlr.] ».

  • Les dockers en grève contre la concurrence déloyale

    Les dockers en grève contre la concurrence déloyale

    Le port de Fos, avec l’ensemble des ports français, sera à l’arrêt le vendredi 29 mai prochain pendant une journée entière, annonce ce mardi par communiqué le syndicat général CGT des ouvriers dockers et des personnels de la manutention portuaire du golfe de Fos. L’organisation, qui avait déjà appelé à quatre heures de grève le 28 avril, dénonce une concurrence déloyale orchestrée par la Région Occitanie à Port-la-Nouvelle. « Le port de Port-la-Nouvelle, où la Région a investi plus de 650 millions d’euros d’argent public pour créer un hub hydrogène et la construction d’éoliennes, vient prendre des trafics rouliers vracs aux ports voisins », déplore le communiqué. Le 23 mars, le syndicat avait donc écrit à la présidente (PS) de la collectivité, Carole Delga, pour demander une rencontre, sans succès. Finalement, le 24 avril une réunion a pu être organisée avec le vice-président de la Région Occitanie et la fédération CGT des Ports et docks, lors de laquelle l’organisation d’une table ronde avec l’ensemble des acteurs a été demandée. « Là aussi, toujours pas de réponse ni de date », déplore le syndicat qui regrette le « mépris de l’ensemble de ces acteurs ».

    Alors l’organisation syndicale annonce que désormais elle s’oppose au projet Deos, qui devait s’implanter sur les bassins ouest du Grand Port maritime de Marseille-Fos. 550 millions d’euros devaient y être investis, dont 82 millions de l’État annonçait mi-avril le ministre des Transports Philippe Tabarot, pour implanter un site de fabrication de flotteurs d’éoliennes en mer… à destination de Port-la-Nouvelle. « La Semop avec Europort et la Région Occitanie de Mme Delga ne peuvent pas venir concurrencer les autres ports français dont Fos, et espérer la complémentarité sur l’éolien », tacle la CGT qui demande à l’État des éclaircissements sur sa stratégie portuaire.

  • Contre la répression judiciaire, la CGT fait front avec Pascal Galéoté

    Contre la répression judiciaire, la CGT fait front avec Pascal Galéoté

    Ce sont tous les militants du mouvement social qui font front commun avec le secrétaire général du Grand port maritime de Marseille (GPMM), Pascal Galéoté. Ce dernier est convoqué, ce mardi devant le tribunal correctionnel de Marseille, dans le cadre de l’affaire de la gestion du Comité social et économique (CSE) du port. L’ancien trésorier du CSE, Bernard Cristalli, est également mis en cause.

    De quoi provoquer une réaction unanime du côté de leurs camarades, avec une multitude d’organisations CGT qui appellent à la mobilisation au moment de l’audience, à partir de 8 heures du matin. « On est complètement dans le cadre d’une criminalisation de l’action syndicale, d’une justice de classe et d’un acharnement », tonne Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône (UD CGT 13). Avant de développer : « Cela s’inscrit dans des attaques plus globales contre les ports : la Cour des comptes les a visés, une mission parlementaire a été confiée à des députés du Rassemblement national… Ce sont des bastions cégétistes que certains veulent affaiblir. »

    Même écho du côté de François Canu, secrétaire de l’UD et secrétaire général de l’Union locale d’Aix, qui évoque une « procédure orchestrée ». « Ce n’est pas une attaque comme les autres. Cela va au-delà des deux camarades. On n’est pas dupes », martèle-t-il. Pour rappel, le 18 février 2025, à la suite d’une garde à vue éclair du syndicaliste, le parquet faisait le point sur l’affaire en évoquant une enquête préliminaire pour « abus de confiance » et « recel ».

    Plusieurs centaines

    de militants attendus

    « Elle a été ouverte à la suite d’un signalement adressé au parquet de Marseille, en décembre 2021, par le procureur général près la Cour des comptes, au regard de faits identifiés à l’occasion du contrôle des comptes et de la gestion du comité d’entreprise du GPMM », précisait l’institution dans un communiqué de presse. Tout en rappelant que Pascal Galéoté est présumé innocent, le parquet développait : « Les faits dénoncés sont relatifs à plusieurs anomalies constatées dans l’utilisation des moyens du comité d’entreprise du GPMM permettant de suspecter des dépenses à des fins personnelles (achat de matériel informatique et numérique, frais de déplacement, dépenses de bouche, etc.) ainsi que la prise en charge de dépenses syndicales, donc étrangères à l’objet du comité d’entreprise. Les sommes évoquées s’élèvent à plus de 250 000 euros sur une période allant de 2014 à 2018. »

    Pas de quoi faire trembler les militants. « Ceux qui pourraient être lésés dans cette affaire, le CSE et le port ou sa direction, n’ont pas porté plainte et ne sont même pas parties civiles, ça en dit long », commente Marc Pietrosino. Il rappelle que Pascal Galéoté avait répondu point par point à ces accusations à la suite de sa garde à vue (lire notre article du 24/01/25).

    De la CGT France Travail Paca, de la réparation navale, celle des cheminots de Marseille ou encore des agents des télécoms, en passant par la CGT Centrale de Gardanne… la liste des syndicats qui ont apporté un soutien « inconditionnel » aux deux portuaires est longue comme le bras. Et dépasse le cadre local, puisque Fédération des Ports et Docks comme la CGT au niveau confédéral ont appuyé publiquement Pascal Galéoté. Le syndicat CGT des Ouvriers Dockers et Portuaires du golfe de Fos appelle d’ailleurs à la mobilisation le même jour. La Fédération CGT des Ports et Docks également, avec la présence attendue d’agents portuaires de l’autre bout de la France. Tandis que la CGT GPMM Fluxel appelle à un arrêt de travail de 7h30 à 13h. Le soutien dépasse même la CGT, puisque la FSU 13 apporte aussi son soutien au secrétaire général. « On va envoyer le message que si quelqu’un touche un membre de la CGT, c’est toute la CGT qui répond », conclut François Canu.

  • Appels à la mobilisation pour soutenir Pascal Galéoté

    Appels à la mobilisation pour soutenir Pascal Galéoté

    « L’ensemble de nos organisations CGT appelle à soutenir nos camarades le mardi 28 avril à partir de 8 heures, devant le tribunal correctionnel de Marseille. » Dans un communiqué commun, la Fédération CGT des Ports et docks, l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône et la CGT au niveau confédéral donnent le ton de la riposte syndicale prévue la semaine prochaine.

    Une riposte face à la convocation de Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM), ainsi que de Bernard Cristalli, trésorier, au tribunal, dans le cadre d’une procédure autour de la gestion du comité social et économique (CSE) du port.

    Des dizaines de motions de soutien

    Les organisations mettent les points sur les i : « Ces attaques sont orchestrées par les autorités politiques avec la complaisance d’un patronat souhaitant mettre fin à toute forme de contestation. » De quoi faire écho à l’envoi de dizaines de motion de soutien par une myriade de syndicats CGT de toute la région et au-delà (lire notre brève du 21/04). Plusieurs unions locales de Marseille, dont celle des Quartiers nord ou celle de La Rose, ont réalisé des communiqués apportant une solidarité « inconditionnelle » aux deux syndicalistes et donnent également rendez-vous à leurs militants devant le tribunal. Même principe pour l’Union locale d’Istres ou encore la CGT d’ArcelorMittal. Et que dire du communiqué commun entre plusieurs organisations de la CGT du secteur de l’énergie qui tonne : « Portuaires et énergéticiens, même combat. » Et évoque une « répression généralisée contre la CGT ».

  • Sophie Binet enflamme la centrale thermique de Gardanne

    Sophie Binet enflamme la centrale thermique de Gardanne

    « Nous le montrons au quotidien dans les Bouches-du-Rhône : nous n’avons pas besoin de patrons pour faire tourner nos usines ! » Ce vendredi, sous les cheminées de la centrale thermique de Gardanne et devant plus de 500 militants venus des Alpes au Vaucluse en passant par Arles ou Istres, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, n’a cessé de louer « la pertinence de la gestion ouvrière ».

    Une gestion qui prend tout sens à l’occasion du « meeting de victoire » qui venait fêter « la réussite emblématique » des travailleurs du site. « Cette victoire est magnifique, elle a été arrachée grâce à votre détermination : 7 ans de lutte, de grève, de manifestations, d’ascenseurs émotionnels, de travail sur les dossiers, de gouvernements qui disparaissent avant des signatures promises », lance Sophie Binet, aux côtés du secrétaire général de la fédération Mines-Énergie, Fabrice Coudour, et l’adjoint de celle des Ports et docks, Serge Coutouris. Une victoire symbolisée par la réembauche progressive de travailleurs licenciés lors du dernier plan de licenciement sur le site, via une société créée par les salariés (voir ci-dessous). Et en vue « de la mise en œuvre concrète du projet BioMéthane Provence, porté et développé par les travailleurs et la CGT », comme le rappelle Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT de la centrale de Gardanne. Un projet « novateur de production de biogaz et de biocharbon à base de bois en fin de vie ».

    Autant dire que depuis la fin du charbon, les salariés reviennent de loin. « C’est une victoire emblématique sur tous les aspects. Elle montre ce qu’il faut faire pour réindustrialiser le pays. Nous voulons reprendre le pouvoir dans les entreprises et votre lutte en montre le chemin », martèle Sophie Binet. De quoi mettre en avant une proposition phare de la CGT : « Le maintien des emplois pour décarboner l’industrie passe par un moratoire sur les plans de licenciement. » Et d’appeler à refuser « l’opposition mortifère entre le social et l’environnemental ».

    L’histoire industrielle du bassin minier se poursuit

    Elle vante surtout « une grande victoire de plus dans les Bouches-du-Rhône, un département précurseur, le département des 1336, des CPMM [Coopérative de presse et de messagerie Méditerranéenne, Ndlr.] ». Cette dernière, coopérative née sur les cendres de l’ex-Sad, filiale de la messagerie de presse Presstalis à Marseille liquidée judiciairement, fête d’ailleurs son 5e anniversaire, jour pour jour. « Nous n’avons rien inventé », reconnaît Jean-Michel Roccasalva. Pas d’invention peut-être, mais beaucoup de détermination. « Il était hors de question de perdre nos emplois, notre statut des Industries électriques et gazières, un statut pionnier mis en l’œuvre à l’après-guerre, par Marcel Paul et Ambroise Croizat [ministres communistes, Ndlr.] », insiste le secrétaire général. Car les embauches se font bien à ce statut si cher aux énergéticiens. « C’est avant tout la victoire des travailleurs. On a un bijou entre les mains, il faut en tirer le meilleur », abonde le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi. Marina Mesure, députée européenne insoumise était également présente.

    Ce rapport à l’histoire a sans doute nourri la réflexion collective pour l’avenir industriel de tout un territoire. « J’ai connu le départ des mineurs, le plan de départs de 2013, le plan de licenciement de 2020. Aujourd’hui, les copains licenciés ont retrouvé un emploi. Aujourd’hui, on montre que nos idées se concrétisent », explique, entre fierté et soulagement, Joël Capra, salarié de la centrale depuis bientôt 26 ans. « L’industrie dans le département n’appartient pas au passé. Nous avons besoin d’activités tournées vers l’avenir », abonde Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13. Un avenir qui s’écrit à partir de ce « vendredi 13 qui restera dans les annales », conclut Sophie Binet.

    Historique et avenir

    7 décembre 2018 : fin du charbon et début de la lutte

    La date du 7 décembre 2018 marque le début de la lutte des salariés de la centrale de Gardanne. Ils commencent une grève reconductible en réponse au refus d’un moratoire sur l’arrêt du charbon par le gouvernement. Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, repreneur de la centrale, lancera plus tard un plan de licenciement.

    Octobre 2020 : création de l’Association des Travailleurs

    Les salariés et la CGT lancent l’Association des Travailleurs de la Centrale de Gardanne. « En quelques semaines, il y a une énorme solidarité financière qui permet le

    financement de deux études de faisabilité pour notre projet », développe Jean-Michel Roccasalva.

    12 octobre 2021 : mise sous protection du site

    Face au blocage du dossier, les travailleurs enclenchent la « reprise en main de l’outil de travail » et mettent « le site sous protection ». Concrètement, l’usine est sous leur contrôle et un bras de fer inédit s’enclenche avec GazelEnergie.

    20 avril 2023 : déplacement de Sophie Binet

    Les dispositifs d’accompagnement des salariés dans le cadre des licenciements, en lien avec la fin du charbon, prennent bientôt fin. Sophie Binet fait son premier déplacement sur site. « Nous gagnons ensuite le prolongement des dispositifs », se félicite Jean-Michel Roccasalva.

    31 juillet 2025 : accord inédit

    Un accord est arraché avec GazelEnergie et l’État pour le lancement concret du projet des salariés, BioMéthane Provence. La création d’une société est actée en ce sens et va permettre l’embauche des salariés licenciés. L’Association des Travailleurs y est présente.

    26 novembre 2025 : premières embauches

    Les 3 premiers contrats de la société, créée par les salariés et leur association, sont signés. Au total, 14 travailleurs licenciés le sont à cette date. 9 autres vont l’être en 2026.

    2026-2028 : permis et construction

    Les salariés prévoient le dépôt du permis de construire et permis d’exploiter à l’été, pour un démarrage des travaux en 2027. S’ensuit un an et demi de construction prévue, puis 6 mois de tests. Le démarrage de la phase commerciale est dans le viseur pour 2028.

  • La CGT, qualifiée de « mafia des dockers », porte plainte

    La CGT, qualifiée de « mafia des dockers », porte plainte

    Dans un communiqué commun diffusé ce mercredi, la CGT des dockers et portuaires de Fos, les dockers CGT de Marseille, le syndicat CGT du Grand Port maritime et de Fluxel, ainsi que la fédération nationale CGT des ports et dock, ont annoncé qu’ils allaient déposer plainte suite à des « propos mensongers et insultants », tenus par le chroniqueur de l’émission « Les Grandes Gueules », Jean-Loup Bonnamy, sur les ondes de RMC ce mardi.

    « Les dockers de la CGT ont complètement détruit l’activité du port de Marseille, les bateaux préfèrent aller à Gênes, où c’est bien tenu, plutôt qu’à Marseille, où c’est complètement tenu par la mafia des dockers. Ils jouent un rôle dans le narcotrafic », osait le normalien, dans la foulée d’une visite à Marseille sans annonces concrètes d’Emmanuel Macron.

    « Les ouvriers dockers et travailleurs portuaires sont les premières victimes de ce narcotrafic et nos camarades du Havre en ont payé un lourd tribu avec l’assassinat d’un des leurs », rappellent les organisations syndicales, cinq ans après l’assassinat d’un docker CGT par des trafiquants dans le port normand. « Comment peut-on affirmer que les marchés sont détournés vers Gênes, “mieux organisé”, alors que la réalité est très différente avec une précarisation des emplois et des problématiques justement d’organisation qui amènent régulièrement à des tensions sociales en Italie ? », interpellent aussi les signataires du communiqué, soulignant que, au contraire, les propositions formulées par leurs organisations « ont été partagées par de nombreux acteurs économiques et politiques et plus particulièrement du port de Marseille – Fos ».

    « Ce genre de dénigrement nous conforte dans nos valeurs d’unité, de solidarité et de lutte des classes pour améliorer nos acquis sociaux, nos emplois et développer nos activités de nos ports », écrivent-ils. Des actions sont envisagées pour obtenir des excuses du chroniqueur, mais aussi de la chaîne et de ses propriétaires, la CMA CGM.

    De son côté, le sénateur PCF Jérémy Bacchi a aussi apporté une condamnation immédiate des propos. « Laisser entendre qu’ils seraient complices est grave, faux et irresponsable », appuie-t-il, rappelant qu’ils sont « des travailleurs essentiels qui défendent leurs droits et un outil stratégique pour le pays ».

  • [Entretien] Serge Coutouris : « Un enjeu national sur le modèle des ports »

    [Entretien] Serge Coutouris : « Un enjeu national sur le modèle des ports »

    La Marseillaise : Quel est le sens de votre mobilisation ?

    Serge Coutouris : Rappelons le contexte : À Port-la-Nouvelle, il y a de nouveaux projets avec de nouveaux acteurs portuaires. Le tout, voulu et impulsé par la Région Occitanie. Depuis le début, le montage capitalistique et sa gouvernance nous interpellent. Surtout lorsqu’on voit qu’un manutentionnaire est devenu concessionnaire tout en étant actionnaire du port. Il y a peut-être là une forme de conflit d’intérêts. On voit aussi que la place de la Région au sein du port et de la société Semop [société d’économie mixte à opération unique qui assure la gestion du port via une concession de service public, Ndlr.] diminue. Une diminution au profit du privé, qui impose petit à petit sa manière de faire. Cela fait des années que nous nous inquiétons sur le sujet. Au sein du port, les travailleurs portuaires demandent une visibilité, et une lisibilité, sur leur avenir. Il était annoncé un « port vert », avec un enjeu de transition écologique, puisque tourné vers l’éolien en mer, les énergies marines renouvelables [EMR Ndlr] et l’hydrogène. Sauf qu’aujourd’hui, il y a des interrogations sur l’hydrogène et un retard pris sur l’éolien… Et donc le concessionnaire a d’autres vues et entend se diversifier.

    En quoi cette diversification vous inquiète ?

    S.C. : Il y a sur la table des creusements de quais en eaux profondes pour accueillir de gros navires vraquiers et l’occupation d’un espace pour faire du roulier… Actuellement, avec les informations que l’on a, cela impliquerait un transfert d’activités de ports à proximité, comme Sète ou Marseille, pour combler les volumes de Port-la-Nouvelle. Il y a donc une vraie menace sur les trafics existants. Et ce, pour l’ensemble des ports français, de Bayonne à Toulon. C’est pour cela que des dockers et travailleurs portuaires de tous les ports du pays sont présents, avec les organisations territoriales de la CGT comme l’Union départementale, Comité régional, Union locale… On est sur un enjeu national sur le modèle économique des ports. Même certaines directions de grands ports reconnaissent que ce qui est fait à Port-la-Nouvelle est problématique.

    Vous évoquez un « port low-cost ». Comment cela se concrétise pour les travailleurs ?

    S.C. : On est sur un port low-cost car le montage capitalistique et les conditions données au concessionnaire et manutentionnaire permettent d’avoir des prix défiants toute concurrence. Concrètement, on a des pressions dans tous les ports avec des menaces sur l’emploi et les conditions de travail. Il nous est dit : « Si vous ne baissez pas vos compositions d’équipes, on s’en va sur Port-la-Nouvelle ». Avec ce nouveau port qui attirerait des trafics, car beaucoup moins cher, on pourrait avoir un chantage à l’emploi. Il est moins cher parce que la précarité est de mise sur ce site : des intérimaires et des occasionnels travaillent sur les bateaux. Alors que dans notre profession, on a un cursus et une réglementation sur la formation professionnelle. Par ailleurs, on n’a pas d’éléments sur l’avenir des travailleurs portuaires, leur périmètre à venir ou des embauches éventuelles… Il pourrait y avoir de l’externalisation et donc encore plus de précarité. Avec, donc, des salaires bien inférieurs à la moyenne des autres ports, des conditions de travail qui ne respectent pas forcément la réglementation. Preuve en est : Depuis deux ans, on négocie avec la direction du port sur les salaires, l’organisation et l’emploi. Mais on s’enlise puisque le port n’a plus la main.

    Quel message adressez-vous à la Région Occitanie et à l’État ?

    S.C. : On dit à la Région de reprendre la main ! De reprendre son rôle dans un port qu’elle laisse à une privatisation totale… À Port-la-Nouvelle, la Région est minoritaire, mais a une minorité bloquante, donc elle peut, et doit, jouer son rôle. Il y a deux ans, dans un salon international qui rassemblait tous les acteurs du maritime, on retrouvait une pancarte : « Port-la-Nouvelle, premier port 100% privé en France ». On est aussi dans un contexte où une loi est en discussion sur les modèles économiques dans les ports décentralisés. Cette loi pourrait être un pas de plus vers une privatisation totale de ces ports. On demande des garde-fous au ministère des Transports.

    C’est une remise en cause de la planification industrielle nécessaire sur les ports ?

    S.C. : À la CGT, on ne parle pas de concurrence entre les ports, mais de complémentarité. Or, on voit qu’on se dirige vers une spécialisation des ports. Alors qu’on veut que les ports gardent leurs trafics ! Un exemple concret : Port-la-Nouvelle prévoit d’accueillir du trafic de véhicules alors que Sète et Marseille en ont… Ce schéma de port low-cost pourrait mettre en péril les trafics existants tout en mettant la pression sur l’emploi portuaire. On est dans la lignée de la déréglementation totale orientée par l’Union Européenne et les recommandations ultra libérales de la Commission européenne.

  • Portuaires et marins vent debout contre le low-cost

    Portuaires et marins vent debout contre le low-cost

    Sur les quais comme en mer, ça tangue sérieusement pour l’emploi en Méditerranée. Ce sont des personnels de tous les ports de France, très inquiets face à un redoublement de l’offensive libérale, qui sont appelés à se mobiliser à Port-la-Nouvelle, ce 11 décembre. Craignant que le port audois devienne « une zone de non-droit pratiquant une concurrence déloyale », les syndicats interpellent les Régions et l’état sur leur stratégie de développement du trafic maritime et industrialo-portuaire.

    Côté ports, c’est l’ouverture d’une ligne de déchargement de véhicules pour Neptunes lines, dans l’enceinte de Port-la-Nouvelle, qui provoque d’énormes remous chez les ouvriers dockers et travailleurs portuaires. Mais c’est l’ensemble des ports qui est concerné. « Hors de question d’avoir un port “low cost” mettant en péril les équilibres sur l’ensemble des ports de la Méditerranée, de Nice à Port-Vendres, en passant par Marseille, Fos, Sète et utilisant une précarité structurelle, jusqu’à ne pas respecter les règles conventionnelles en termes de formation professionnelle », explique la FNPD CGT, dans son communiqué.

    L’opérateur grec livre déjà 80% des 90 000 véhicules par an à Sète. à partir de janvier 2026, ce partenariat avec la Semop (société d’économie mixte à opération unique), qui est à la fois manutentionnaire, concessionnaire et actionnaire de Port-la-Nouvelle, lui permet de passer à 180 000 véhicules sur 20 ans.

    Ne pas baisser pavillon

    « Ce que nous dénonçons depuis des mois, c’est une gestion des ports qui s’organise sans contrôle sur le trafic, où on laisse s’implanter des entreprises qui ne respectent pas les statuts des travailleurs », résume Pascal Galéoté, le secrétaire général CGT du grand port maritime de Marseille (GPMM). L’occitanie ferait office de cheval de Troie de la « low-costisation » des ports en utilisant le dumping social. La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), proposant de « jouer la complémentarité et faire pack », n’a pas eu l’heur de rassurer les portuaires. Ils exigent aujourd’hui : « La question de la gouvernance opaque de ce port doit être éclaircie, alors que des projets de loi sur l’avenir des ports sont en cours de discussion. » Contactés, les services de la Région n’ont pas donné suite.

    Déréglementation également côté mer. Une délégation syndicale CGT Marins de Maritima, du Remorquage, de Corsica Linea et de La Méridionale a bloqué à quai deux navires, ce mercredi, dans le port de Marseille-Fos. C’est l’exploitation sous pavillon international du pétrolier Shana des Slops par la société port-de-boucaine Sermap et de l’avitailleur Gaz Vitality, affrété par TotalEnergies, qui provoque la colère des marins. « Ces sociétés pratiquent une concurrence déloyale avec les opérateurs historiques du port de Marseille-Fos, précise Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT Marins. Elles mettent en péril l’emploi maritime en allant à l’encontre des droits sociaux des marins et en passant par des sociétés de placement de travail temporaire pour échapper au droit et aux cotisations sociales de notre régime ENIM [établissement national des invalides de la Marine]. »

    Là encore, depuis 2018, les marins n’ont cessé de dénoncer ces conditions d’exploitation. Lors des dernières Assises de la mer, la Fédération nationale des syndicats du maritime CGT s’était encore alarmé « de l’annonce de la volonté du gouvernement de supprimer la dotation publique des ports, qui devront s’autofinancer par la privatisation du domaine public maritime ».

    Repères

    12

    Outre le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM), la façade méditerranéenne compte 12 ports de commerce décentralisés dont Sète, Toulon, Bastia, Port-La-Nouvelle, Ajaccio, Port-Vendres, Porto-Vecchio, Propriano, Nice, Cannes…

    3

    Outre les ports de plaisance, la Région Occitanie compte 3 ports majeurs : Sète-Frontignan, Port-la-Nouvelle et Port-Vendres. En région Paca, le port de Marseille est le seul port maritime d’État de la façade méditerranéenne.

    800

    Port-la-Nouvelle prévoit 800 millions d’euros d’investissements pour atteindre un trafic de « 12 millions de tonnes, entre 2040 et 2060 ». Marseille-Fos prévoit plus d’un milliard pour son projet stratégique « Marseille Fos 25-29 ».

    3 000

    La Région Occitanie table sur la création 3 000 emplois, directs et indirects, à venir avec le développement de Port-la-Nouvelle, quand la réindustrialisation du golfe de Fos est estimé à 10 000 emplois dans les Bouches-du-Rhône.

    66

    Au total, la France compte plus de 500 ports décentralisés, dont des ports de plaisance, de pêche… Parmi eux, on décompte 66 ports de commerce maritimes, dont 11 ports maritimes d’État.

  • Hisser haut l’emploi portuaire !

    Hisser haut l’emploi portuaire !

    Si Paris valait bien une messe pour le futur Henri IV, la compétitivité des ports du sud de la France ne vaut certainement pas de passer par-dessus bord les droits des travailleurs, de niveler par le bas leurs salaires et de déséquilibrer l’économie des territoires.

    Ces sites stratégiques, au cœur des échanges mondiaux et moteur du développement de la façade méditerranéenne, sont en plein essor, mais une logique suicidaire de mise en compétition pourrait enrayer cette belle dynamique. C’est pour protester contre ce danger que de nombreux ouvriers dockers et travailleurs portuaires se rassemblent, ce jeudi 11 décembre, sur le port de Port-la-Nouvelle (Aude), un des plus importants d’Occitanie et de Méditerranée, à l’appel de la Fédération nationale des ports et docks CGT.

    Intérêt général

    Car le développement des activités portuaires ne peut se réaliser en jouant la concurrence entre les ports français. Or, certains opérateurs jouent sans vergogne cette carte pour attirer des clients au détriment des autres places portuaires. Mettre en concurrence Marseille, Sète et Port-la-Nouvelle relève d’un calcul à très court terme, où seul l’accumulation de l’argent domine au détriment de l’équilibre économique de toute la façade méditerranéenne. Or, pour tirer les coûts vers le bas, le moyen le plus simpliste est de dévaloriser les métiers portuaires en embauchant une main-d’œuvre mal payée. C’est aussi accepter l’inacceptable : le non-respect du pavillon français. Bref, la mobilisation des travailleurs portuaires est d’intérêt général. Ils attendent aussi de l’État et des collectivités des engagements forts au service des ports.