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  • À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine

    Un peu après 11h, le son des trompettes et des tambours remonte de l’avenue Pasteur. Le défilé termine sa course devant le Monument aux morts de la place du 8-Mai-1945. « Une date qui marque la victoire de la liberté sur la barbarie, la défaite du nazisme et le retour de l’espérance », rappelle le maire communiste, Gaby Charroux.

    Derrière la « joie légitime » des peuples meurtris après six ans de guerre « demeurait une réalité impossible à effacer : celle d’un continent dévasté et d’un bilan humain d’une ampleur vertigineuse », poursuit l’édile. Entre 1939 et 1945, la Seconde Guerre mondiale a engendré la mort de plus de 60 millions de personnes, dont la moitié de civils et plus de 6 millions de Juifs.

    « Ce qui distingue cette guerre des précédentes, c’est qu’elle fut aussi une guerre idéologique, une guerre pensée, organisée et conduite au nom d’une idéologie raciste, antisémite et profondément inégalitaire », appuie Gaby Charroux, évoquant les camps de la mort, les persécutions et exterminations visant les tsiganes, les opposants politiques, les résistants, les homosexuels et les handicapés.

    Que les jeunes participent

    Le maire s’interroge : « Comment la haine a-t-elle pu devenir un projet politique ? C’est une question essentielle pour comprendre le passé, mais aussi éclairer l’avenir. L’histoire nous enseigne que les grandes catastrophes humaines ne surgissent jamais brutalement. Elles s’installent progressivement à mesure que les discours de haine se banalisent, que les préjugés s’installent, que les discriminations deviennent tolérables et que l’indifférence remplace la vigilance. » À l’heure où l’extrême droite opère une montée dans l’opinion publique, le devoir de mémoire et la transmission sont plus que jamais essentiels.

    Jen-Luc Duthoit s’y emploie. Porte-drapeau depuis 28 ans après avoir fait une carrière militaire, il embarque dès qu’il peut son petit-fils de 12 ans, Nathan, dans les commémorations. « Il faut que les jeunes participent. J’essaie de lui rappeler les valeurs de paix pour préserver notre liberté. »

  • La paix, fil conducteur de la cérémonie du 8-Mai à Marseille

    La paix, fil conducteur de la cérémonie du 8-Mai à Marseille

    Représentants de l’État, des collectivités locales, des armées, des forces de police et de secours, élus, mais aussi cadets des marins-pompiers, collégiens ou jeunes de l’Epide (établissement public d’insertion) se sont retrouvés Porte d’Aix à Marseille, ce vendredi 8 mai, pour commémorer la capitulation de l’Allemagne nazie. Un moment solennel avec un maître-mot : la paix, à l’heure où la situation internationale se tend inexorablement et où les opinions se radicalisent dangereusement.

    À la tribune, Sirine, jeune élève de l’école de porte-drapeau de la Ville de Marseille, donne lecture des inquiétudes de l’Union française des associations de combattants et victimes de guerre. « Le 8 mai 1945 portait un espoir de paix. Or, nous assistons aujourd’hui à la résurgence de fléaux qui nous ont menés aux abominations de la Seconde Guerre mondiale. Au mépris des enseignements du passé, fanatisme religieux, terrorisme, réveil du nationalisme, retour des empires et retour de la guerre aux quatre coins du monde nous rappellent que la paix et la liberté ne sont jamais définitivement acquises », alerte-t-elle, avant d’appeler « à poursuivre le combat ».

    La jeunesse en relais

    Relayant le message de Catherine Vautrin, ministre des Armées, et d’Alice Rufo, secrétaire d’État auprès du ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, le préfet de région, Jacques Witkowski, ne dit pas autre chose. « N’oublions jamais : avant d’être une défaite des armes, la défaite de 1940 fut d’abord une défaite de l’esprit », pose-t-il. Et de citer Marc Bloch, « historien combattant de 14, volontaire à nouveau en 39 et fusillé en juin 1944, [qui] avait porté sur les responsables de la débâcle ce constat implacable : ils avaient estimé trop tôt naturel d’être battus ». Le préfet appelle ainsi à « résister au déni du droit et de la justice ».

    Vient ensuite, « alors que nous célébrons les 400 ans de la Marine nationale », un hommage à l’amiral Muselier, grand-père de Renaud, président (Ren.) de la Région. L’Amiral, « rallié dès 1940 à la France libre et qui lui donna son emblème : la croix de Lorraine ». Ceux qui ont débarqué sur les plages de Provence ne sont pas oubliés. Des « soldats venus d’Afrique, d’Asie et du Pacifique : tirailleurs, goumiers, spahis de la 1ère armée française menée par le général de Lattre de Tassigny, jusqu’à Berlin », rappelle le préfet de région.

    À l’issue de la cérémonie, Benoît Payan (DVG) maire de Marseille, insiste : « La paix n’est pas un acquis, c’est quelque chose qui s’entretient. » Inquiet de voir « qu’autour de nous, tout est en train de s’écrouler », il martèle : « Ce que nous pensions être des acquis étaient en réalité des conquêtes », avant de s’en prendre « aux politiques de ce pays qui ne mesurent pas leur responsabilité quand ils disent “voilà ce qu’il faudrait faire”, “voilà quel pays il faudrait attaquer”, “voilà quelle armée il faudrait arrêter” ». Comme autant de raisons de passer le flambeau à la jeunesse, car « les anciens partent ».