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  • La tortue Caouanne s’installe sur la côte Bleue

    La tortue Caouanne s’installe sur la côte Bleue

    C’est un carnet rose inattendu pour la côte Bleue, à Martigues. Le 13 octobre dernier, des coquilles d’œufs sont retrouvées sur la plage de Sainte-Croix, deux semaines après un signalement de promeneurs ayant aperçu un bébé tortue marine sur le sable.

    La soixantaine de membranes d’œufs vides retrouvées dans le nid ne laisse aucun doute sur ce qu’il s’est passé. Pour les équipes de l’Office français de la biodiversité, du Parc marin de la Côte Bleue et de l’association Émergence chargée du suivi de l’espèce. Il s’agit du premier nid de tortue Caouanne (Caretta caretta) découvert dans l’emprise du Parc marin de la Côte Bleue et le neuvième recensé sur le littoral méditerranéen français, sur les 11 ayant été découverts jusqu’à fin octobre.

    Cette découverte tend à renforcer l’idée selon laquelle le comportement de l’espèce change. « La Caouanne se reproduit plutôt vers la Turquie, Chypre et la Grèce », indique Sidonie Catteau, déléguée générale de l’association Émergence et cheffe de projets relatifs aux tortues marines. « Nos côtes méditerranéennes n’étaient pas jusqu’alors un site de ponte, mais d’alimentation, principalement fréquenté par des juvéniles et des subadultes, rarement des adultes », précise la déléguée.

    Le climat pourrait changer le comportement

    Plusieurs pontes ont été observées sur les littoraux méditerranéens français, italiens et espagnols depuis 2023, dont une quinzaine en 2025 dans chaque pays. La tortue Caouanne étant une espèce protégée et surveillée, le défi qui se présente pour Émergence est d’avoir « une vision sur l’ensemble du bassin méditerranéen », dans l’idée de Sidonie Catteau, en pleine création des groupes de travail avec la Turquie et la Grèce en ce sens.

    La question de fond reste de savoir ce qui provoque ce changement de comportement. Certains individus balisés ont été suivis dans leur déplacement entre les eaux françaises où les Caouannes s’accouplent et pondent, et repartir jusqu’en Turquie. « On pense qu’il y a un lien avec le dérèglement climatique, mais il faudra du temps pour le confirmer », explique la déléguée d’Émergence, rappelant que « la température d’incubation détermine le sexe » des tortillons. Parmi les hypothèses, « soit les femelles explorent de nouveaux sites pour échapper aux températures à l’est, soit c’est une expansion ou un déplacement de la zone de ponte ». Dans une dynamique comparable à celle des oiseaux migrateurs. « Peut-être y a-t-il un groupe qui fait tout son cycle de vie par chez nous ? », s’interroge Sidonie Catteau.

    En attendant, face à ce nouveau phénomène, la spécialiste insiste sur « le défi de la cohabitation » sur nos plages. En cas de découverte d’œufs ou de tortillons, surtout : « On n’intervient pas ! », prévient la déléguée. Il faut noter la date, localiser au mieux l’endroit de la découverte et contacter le Réseau tortues marines de Méditerranée française (RTMMF) coordonné par l’association Émergence au 06.16.86.26.86. Les photos sont possibles, à distance, et sans flash puisque les tortillons se guident avec la lumière et reflets de l’eau.

  • [Week-end] À Hyères, la santé au soutien de la nature

    [Week-end] À Hyères, la santé au soutien de la nature

    Existe-t-il, en France, un hôpital doté d’un plus beau cadre que l’hôpital Renée-Sabran de Hyères ? Situé sur la presqu’île de Giens, au cœur d’un domaine de 30 hectares en bord de Méditerranée, encerclé par les pins, les plages et les espaces marins, l’établissement, consacré, en majeure partie, à la réadaptation physique, psychologique, se revendique « héritier de la tradition de la cure marine », et fait « la nature un outil thérapeutique. [Cela] nous confère une responsabilité particulière en termes de réservation et de restauration de cet environnement d’exception et de notre territoire », affirme Karine Hamela, directrice de l’Hôpital Renée Sabran.

    L’hôpital s’y engage depuis plusieurs années à travers son plan stratégique 2035, qui porte un axe lié à la préservation de la biodiversité. C’est à ce titre qu’il est engagé, depuis 2022, dans le programme « Refuges LPO » de la Ligue pour la Protection des Oiseaux. Cette collaboration, basée sur des inventaires réguliers et sur la sensibilisation des soignants et des patients, permet de mieux connaître la faune et la flore du site et d’adapter la gestion en conséquence. Son impact est non-négligeable, puisqu’en quatre ans, le nombre d’espèces recensées est passé de 77 à 127.

    Projet CARET : protéger la tortue caouanne

    Dans la même optique, l’hôpital Renée-Sabran est également lié au Parc National de Port-Cros, puisqu’il fait partie du territoire. Déjà effective depuis plusieurs années à travers des prospections floristiques sur le domaine, cette collaboration vient d’être appuyée par la signature d’une convention entre les deux entités, jeudi.

    Le principe directeur : une approche dite « one health » qui regroupe santés humaine, environnementale et animale. « Toutes sont étroitement liées », appuie Karine Hamela, pour qui « on ne peut penser la santé humaine sans les autres. Cette alliance permet de combiner et d’associer les expertises et les compétences ». Celle-ci implique quatre axes de travail, dont le plus important est le projet Caret (Conservation et actions de restauration des écosystèmes de la tortue caouanne). Porté par le Parc national avec le soutien de l’Office français de la biodiversité, il vise à restaurer et protéger les littoraux sableux des cinq communes adhérentes du Parc (La Garde, Le Pradet, Hyères, La Croix-Valmer et Ramatuelle), où de nouveaux sites de ponte de tortue caouanne sont apparus. Sur la plage de la Vignette, qui borde l’hôpital, seront menés un chantier de restauration de l’arrière-plage, la sensibilisation du personnel et des patients à la protection des pontes, ainsi que des actions de suivi.

    L’expertise floristique sera aussi poursuivie, grâce au Conservatoire botanique national méditerranéen, avec lequel le Parc national poursuivra l’inventaire et le suivi de la flore, en particulier du genêt à feuilles de lin et du Sérapia d’Hyères. L’aspect pédagogique sera renforcé, avec des interventions de l’institution dans les événements de l’hôpital. Enfin, ce dernier participera à la concertation sur le milieu marin, afin de transformer les sentiers sous-marins de l’Aire marine adjacente du Parc national en Zones de protection forte, statut juridique qui permet de supprimer ou limiter les pressions des activités humaines d’un espace naturel pour en préserver les enjeux écologiques.