Tag: politique pénale

  • Josée Massi revendique avoir réalisé 87% de sa feuille de route

    Josée Massi revendique avoir réalisé 87% de sa feuille de route

    Un peu plus de six mois après l’installation de sa nouvelle équipe municipale, Josée Massi a dressé, mercredi matin, un deuxième bilan de son début de mandature. Une conférence de presse qui a permis à la maire (sans étiquette) de détailler les actions engagées autour de ses trois priorités : la sécurité, la proximité et l’attractivité. Sur les 110 engagements et 20 priorités de sa feuille de route, elle revendique un taux de réalisation de 87%. « Écouter, concerter et décider », résume-t-elle pour rappeler sa méthode.

    Sur le volet sécurité, la municipalité met en avant le renforcement de la présence policière au Pont-du-Las et à Saint-Jean-du-Var. Depuis la mise en place des points d’appui, 519 patrouilles ont été effectuées dans le premier quartier et 249 dans le second. La Ville annonce également 387 doléances traitées et plus de 350 verbalisations ou interventions dans ces secteurs. Et le cap qui fixe le recrutement de dix policiers municipaux supplémentaires chaque année est maintenu au budget 2027.

    Autre annonce : un arrêté doit paraître aujourd’hui pour encadrer l’usage des trottinettes et autres engins motorisés dans l’hypercentre, avec une interdiction de circulation dans la zone piétonne ainsi que le port du casque et du gilet jaune qui devient obligatoire. Il rentrera réellement en vigueur dès lundi, le temps de laisser les usagers s’équiper, mais avec des verbalisations annoncées à partir de cette date.

    La maire entend également mieux coordonner les maraudes auprès des personnes sans domicile fixe, tout en demandant à l’État de renforcer les capacités d’hébergement d’urgence. « Chacun doit faire sa part », insiste-t-elle.

    Pour couper court définitivement aux rumeurs concernant la construction d’un nouveau stade alimentées par le président du RCT, Josée Massi a une nouvelle fois affirmé que « Mayol restera Mayol ! » En revanche, la Ville a lancé une étude globale sur son devenir, avec une assistance à maîtrise d’ouvrage, afin d’examiner plusieurs scénarios allant de la rénovation à la réhabilitation.

    « Mayol restera Mayol ! »

    « Mayol restera Mayol. Il n’y a pas de débat », martèle la maire à nouveau, en rappelant que le stade appartient à la Ville. Mais aussi que les investissements que Toulon consacre à l’infrastructure sont réguliers et conséquents. Après plus de cinq millions d’euros destinés à l’éclairage et à la sonorisation, une pelouse hybride a été installée cet été pour 850 000 euros. Sans compter que le club s’acquitte d’une redevance et d’un loyer tellement bas que la Chambre régionale des comptes avait estimé important de le souligner, considérant presque cela comme une anomalie.

    Le premier adjoint Julien Orlandini est revenu, lui, sur la consultation citoyenne consacrée au Faron qui constitue un autre enseignement majeur de ce bilan, avec près de 3 200 personnes qui se sont exprimées. « Pour 92,4% des répondants, la priorité est claire : préserver le site naturel avant d’y développer de nouveaux aménagements », se réjouit-il. Une grosse majorité demandant même la limitation de la circulation automobile.

    Ce qui ressort également c’est le désir que l’accueil et le balisage soient améliorés. « Nous allons à présent passer de la consultation à la concertation, en associant dès novembre les associations, les services métropolitains et les acteurs concernés », ajoute Julien Orlandini. Et un plan d’action est attendu d’ici au début du mois de mars. La réflexion porte aussi sur l’évolution du zoo. « On veut absolument faire évoluer la fauverie existante, puisque c’est essentiellement de ça dont il s’agit, en une ferme pédagogique mettant en valeur la fane et la flore méditerranéennes », explique Josée Massi.

    Concernant l’attractivité, la Ville travaille aussi à une harmonisation des périodes de gratuité dans les parkings souterrains concentrées sur des créneaux plus pertinents, notamment le mercredi après-midi ou le samedi, avec l’objectif de soutenir davantage les commerces du centre-ville.

    Parmi les dossiers prioritaires sur lesquels travaille la municipalité : la demande de dérogation pour pouvoir faire bénéficier des fonds de l’Anru au quartier de Sainte-Musse et de la Grande Plaine et, entre autres, faire passer dans l’habitat social la copropriété privée délabrée qui compose ce dernier afin de la réhabiliter.

    Bref, un début de mandature placé sous le signe des engagements tenus.

  • Une peine de 12 ans de prison pour Félix Bingui

    Une peine de 12 ans de prison pour Félix Bingui

    Ce sera finalement 12 ans d’emprisonnement pour le chef présumé du clan Yoda, Félix Bingui, Alésien de 35 ans, condamné ce vendredi 5 juin pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment par le tribunal correctionnel de Marseille. Une peine assortie de 200 000 euros d’amende et de cinq ans d’interdiction de paraître dans les Bouches-du-Rhône. Son appartement de Dubaï est également saisi ainsi que 40 250 euros d’avoirs.

    Le ministère public avait requis 16 ans de prison avec maintien en détention et sûreté des deux tiers de la peine, une amende de 500 000 euros avec saisie de son bien immobilier dubaïote. « Le tribunal a fait le choix d’enlever la sûreté et de condamner M. Bingui à 12 années de prison, ce qui signifie que M. Bingui a un avenir pour lui », a réagi son avocat Maître Philippe Ohayon après que le délibéré a été prononcé en fin d’après-midi. La défense qui avait estimé le réquisitoire très politique, « sous pression gouvernementale » s’est félicité « que cette juridiction, il n’y avait aucune raison d’en douter, ait encore une fois démontré son indépendance ». Pour l’homme de loi, « c’est un bijou, d’avoir des juges indépendants, des pressions politiques, des pressions parfois du ministère public. Ils nous ont rappelé que, certes, la politique pénale fait partie intégrante d’une décision, mais qu’elle ne peut pas monopoliser l’ensemble du jugement. »

    Un prévenu

    qui n’a cessé de nier

    Et de marteler que lorsque Félix Bingui a été extradé du Maroc, le ministre de la Justice d’alors, Gérald Darmanin, s’était « permis de [le] qualifier d’un des plus gros trafiquants de drogue de France, ce qui aurait pu sévèrement écorner l’image de la justice ».

    Durant deux ans entre 2021 et 2023, les enquêteurs se sont attachés à démonter les rouages d’un trafic de stupéfiant « lucratif » alimentant la cité de la Paternelle (14e) au cœur duquel le point de deal de la Fontaine estampillé « la frappe à Yoda ».

    Ils ont tenté de déterminer les rôles précis de chacun entre collecte de l’argent, ravitaillement, go-fast, nourrice, prête-nom pour organiser la venue de Bingui à Marseille qui se sentait menacé. Les policiers évoquent aussi la guerre avec la DZ Mafia, source d’assassinats en nombre. Pas moins de 14 personnes tuées en 2022 à Marseille, 52 en 2023 détaillait le procureur de la République dans son réquisitoire. Autant d’éléments que « le Chat » comme les 19 autres prévenus de l’affaire, n’a cessé de nier au cours de trois semaines de procès.

    Celui désigné comme son bras droit, Mohamed H. dit « Pirate », absent à la lecture du délibéré, a écopé de 9 ans de prison et de 50 000 euros d’amende. Un soulagement pour son conseil, Maître Gaëtan Poitevin, au regard des 12 ans requis. « Sur l’échelle des valeurs, vous avez parfois des violeurs qui sont retenus sous contrôle judiciaire et en liberté. Nous, on a des dossiers de résine de cannabis où on a des peines d’emprisonnement au-dessus de 10 ans requises et prononcées. C’est plutôt un bon résultat pour M. H. parce qu’il sera aménageable rapidement », a-t-il commenté. Si son client a déserté le tribunal, désormais sous mandat d’arrêt, c’est qu’il a « eu peur de partir immédiatement en détention », assure l’avocat. Il ne veut « pas se soustraire à la justice » mais « avoir le temps de se préparer ».

    Pour le présumé numéro 3 de la bande, toujours en fuite, dit « Zino », 8 ans ont été prononcés avec une amende à 50 000 euros et 5 ans d’interdiction de paraître dans le département. Dix prévenus ont été relaxés sur tout ou partie de leurs chefs d’accusation, les autres peines s’étalant au total de 12 mois à 6 ans.

    « Avoir
    des juges indépendants, c’est un bijou. »

  • Un réquisitoire tout politique pour l’avocat de Félix Bingui

    Un réquisitoire tout politique pour l’avocat de Félix Bingui

    « Seize ans, c’est une peine d’assises qui est requise », a dénoncé Philippe Ohayon, avocat de Félix Bingui, dirigeant présumé du clan Yoda, en charge notamment du point de deal de la Paternelle selon les enquêteurs. Enquêteurs dont la défense n’a eu de cesse de mettre le travail en doute tout au long des plaidoiries de ce mercredi 3 juin, au tribunal correctionnel de Marseille. Car il n’a pas échappé aux avocats que les trois policiers en charge de la vidéosurveillance et des écoutes du dossier Bingui sont mis en examen dans le cadre de l’affaire Trident dont les dessous ont été révélés en octobre 2025 par Libération et Mediapart. Avec des « sonorisations illégales » rappelle maître Ohayon, « ils ont pris des risques déontologiques incroyables pour faire tomber un dénommé “Mimo”, [ce] qui a raté ».

    « La procédure est construite sur une pyramide à la gloire de Monsieur Bingui dont on se demande si elle n’est pas un hologramme, et dont tous les éléments ont pour but de le mettre en cause », poursuit l’avocat qui martèle : « Les constatations policières en matière délictuelle ne valent qu’information. » Pour lui, dans ce dossier basé sur une « quinzaine de déclarations éparses », issues de « centaines d’heures d’écoutes », il n’y a « rien de précis sur le trafic de stupéfiants. Même pas des éléments déductifs. Moins il y a de preuves, plus [Bingui] est coupable ».

    Un procès sous pression gouvernementale

    Il enchaîne : « Ce que nous savons c’est qu’il y a des parties de cartes, de barboute [jeu de dés, Ndlr] ou je ne sais pas quoi » dans un local attenant à une alimentation rue Thubaneau, « un sac plastique donné devant cette épicerie et c’est le trafic de drogue. C’est le sac plastique conspiratif… ».

    L’avocat déplore également que dans ses réquisitions « le ministère public ait si peu évoqué les débats » de ces trois semaines d’audience, comme s’il y avait « un mur de culpabilités, de certitudes, de convictions ». Il s’inquiète du contexte de « guerre » contre le narcotrafic, « une pression gouvernementale » qui pèse lourd dans la balance de la justice estime-t-il, « alors qu’à Marseille il y a de vrais sujets, que nous parlons plus en France de trafic que d’éducation, de progrès ». Il n’ose imaginer qu’il s’agit dans ce procès de « faire de la politique ».

    Puis de nuancer : « Nous ne sommes pas là pour faire passer Monsieur Bingui pour une victime, il y a 35 éléments à charge. » Abordant son train de vie, qui pour le procureur « ne correspond pas à une activité légale », Philippe Ohayon admet que « la non-justification de ressources » est « possible ». « Nous ne nions pas que ces dépenses soient liées à d’autres activités délictuelles, mais quel lien avec la Paternelle ? » interroge-t-il. Sur son patrimoine immobilier dont un appartement à Dubaï dont il serait propriétaire, « nous avons fait la demande. Les Émirats arabes unis n’ont toujours pas répondu », assure l’avocat.

    Philippe Ohayon en rajoute une louche sur la sévérité de la peine d’emprisonnement requise. « Seize ans pour trafic de cannabis est-ce bien sérieux ? Nous sommes dans l’inversion des valeurs » s’indigne-t-il, où « la tête de Félix Bingui sur une pique, c’est le sort qu’on réserve à tous les trafiquants de drogue, voilà le message de la justice ». Citant des vers d’Aragon, « rien n’est jamais acquis à l’homme. Ni sa force. Ni sa faiblesse, ni son cœur », il assène : « Félix Bingui a un avenir. » Reste à savoir lequel. Délibéré ce vendredi 5 juin.