C’est une consigne ferme de notre ministre de l’Intérieur, de rassurer les fidèles quels qu’ils soient et quel que soit le lieu de culte », appuie le directeur de cabinet adjoint de la préfète de police déléguée des Bouches-du-Rhône. Depuis l’esplanade de la Bonne Mère ce mardi, le sous-préfet Pierre Gilardeau a présenté à la presse le dispositif déployé pour sécuriser les offices de Noël dans tout le département. Ainsi, quelque 230 effectifs de police nationale vont être déployés aux abords des lieux de culte à Marseille. « Nous allons avoir nos effectifs en tenue, visibles, qui mettent pied à terre et qui sortent des voitures pour se montrer et sécuriser tous les fidèles », détaille-t-il. Avec l’objectif d’être présent à l’entrée ou à la sortie des fidèles, et une garde statique pour les offices les plus fréquentés. S’ajoutent aussi 110 CRS « qui vont être mobilisés sur le centre-ville et sur des cités de Marseille », précise le sous-préfet. Sans compter les patrouilles des militaires de la force Sentinelle et les équipages de police municipale également déployés. En zone gendarmerie, plus de 300 gendarmes sont également mobilisés ou mobilisables pour assurer la protection des 118 lieux de cultes concernés. « Nous nous voulons dissuasifs et visibles pour rassurer », insiste Pierre Gilardeau, ajoutant que des contrôles routiers sont aussi prévus. Un arrêté interdisant la vente et le transport d’artifices est également en vigueur depuis lundi, « ce qui va aider les forces à opérer des contrôles des commerces, de transporteurs ».
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Les policiers jouent les pères Noël à l’hôpital Saint-Joseph
« Merciiiiiiii père Noël ! » Dans les couloirs de l’hôpital Saint-Joseph en cette veille de week-end c’est un peu les festivités avant l’heure. Avec Minnie, Léo le lion policier et le bonhomme Noël, les membres de l’association Partenaires police 13 assurent la distribution de cadeaux aux enfants malades du service pédiatrie.
« On fait ça chaque année depuis 5 ans, on a fait appel à une collecte nationale avec une autre association parisienne qui s’appelle Fraternité police », explique Cyrille Faure, président fondateur de l’association. L’idée : « Apporter des cœurs dans les yeux des enfants », ajoute-t-il, mais aussi donner une autre image des gardiens de la paix, montrer que derrière l’uniforme, « il y a des papas Noël, des mamans Noël ». Un moment également « solennel, fraternel qui rapproche tout le monde ». Et d’en profiter pour rappeler que « les parents sont là pour éduquer les enfants, nous, on est là pour les protéger ».
Coiffés d’un bonnet, on retrouve là des personnels du Raid, de la BRI (brigade de recherche et d’intervention), de la Sûreté urbaine ou de la Bac (brigade anti-criminalité) qui se relaient pour remettre les puzzles, jeux de société, poupées et autres petites voitures aux petits malades. Parmi eux, Alain, la cinquantaine, membre de la brigade motocycliste qui insiste sur le côté humain de son métier. Pour lui, « donner de la joie aux enfants cela n’a pas de prix ». Dans une des salles d’attente, Ranya, bout de chou de 3 ans, n’en croit pas ses yeux, ravie. « Franchement c’est très sympa, car ici ce n’est pas très gai », commente sa maman. Au fil des chambres, l’accueil est chaleureux.
Bouffée d’air frais
pour les parents aussiDepuis son lit à barreau, Soan, 2 ans et demi, qui bataille avec son asthme, n’est pas franchement rassuré mais un check avec Léo le lion le convainc, il finira par un petit sourire. Une bouffée d’air frais pour son papa, « les journées sont interminables, on espère en sortir très bientôt » nous confie-t-il. Plus loin cette petite-fille raconte : « Quand j’ai vu les policiers tous en rond par la fenêtre de la chambre de mon petit frère, j’ai cru qu’il y avait un problème. Il a l’appendicite mon petit frère ». Impressionnée, sa grand-mère envoie : « Eh bien c’est toute la brigade qui s’est déplacée, et pour une fois en douceur ». Alain encaisse la pique : « Vous savez pour nous c’est chaud quand c’est chaud en face ». Un petit tour en néonatologie et il est temps de prendre la pose avec les soignants, tout aussi emballés par la présence des policiers qui promettent évidemment de revenir l’année prochaine.
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Des policiers dans l’hôpital à Marseille pour recueillir les plaintes
Des plaintes prises directement sur site… L’AP-HM et la police nationale ont signé ce vendredi 19 décembre une convention de partenariat. De quoi finaliser la présence, début janvier, d’effectifs de police pour assurer le dépôt des plaintes des agents éventuellement agressés au travail mais aussi des femmes victimes de violences conjugales accueillies au sein de la Maison des femmes Marseille Provence, avec une permanence assurée une fois par semaine.
Le résultat d’un processus démarré sous l’égide de l’ex-préfète de police, Frédérique Camilleri, raconte Wanda Wrona, directrice de la sécurité de l’AP-HM et ex-commissaire de police. Avec près d’un million de personnes accueillies chaque année « la violence à l’hôpital fait partie du quotidien », témoigne-t-elle, « l’idée était de simplifier les démarches ». Une centaine d’agents sont victimes de violences physiques par an, 500 de violences psychologiques avec par exemple des insultes, précise François Crémieux, directeur général de l’AP-HM.
Le début de la réparationUne situation « inacceptable et qui prend de l’ampleur » à laquelle il fallait réagir, avec de la formation pour désamorcer les crises, des aménagements dans les salles d’attente aussi, le tout financé par l’Agence régionale de santé à hauteur de « plusieurs millions d’euros », et une meilleure prise en charge de l’équipe, résume-t-il.
Avec plus de 400 nouvelles femmes qui se sont présentées entre janvier et septembre à la Maison des femmes, une permanence, à l’image de celle installée à Saint-Denis, était aussi nécessaire pour convaincre celles qui « par crainte, par manque d’accompagnement », n’ont pas poussé la porte d’un commissariat, estime Wanda Wrona. Et ce malgré l’intervention du bureau d’aide aux victimes, de la permanence avocats. « La plus grosse des difficultés, c’est aussi la confrontation, il faudrait voir comment les protéger » ajoute le Pr Florence Bretelle, cheffe de service de la Maison et responsable du service obstétrique de la Conception.
Le dépôt de plainte est « très important, c’est le début d’une réparation morale pour la victime », ajoute Christophe Allain, directeur zonal de la police nationale. Il insiste sur le recours aux réservistes pour assurer ce dispositif. « Une force supplétive » qui devrait passer de 2 500 sur la zone aujourd’hui à 8 000 en 2030, constituée de policiers à la retraite mais aussi de citoyens volontaires complète Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale des Bouches-du-Rhône.
Côté justice, Sylvie Odier, procureure de la République adjointe, a assuré d’une réponse pénale « ferme et systématique », se félicitant de cette prise en charge « pluridisciplinaire » de la victime.
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Toulon : la police ouvre le feu et blesse grièvement la passagère d’un véhicule après un refus d’obtempérer
Il est 19h30, ce mercredi soir, lorsque des coups de feu se font entendre dans le quartier du Pont du Las, à Toulon, près de l’église Saint-Joseph. Une voiture blanche de type berline vient d’être ciblée par des agents de la police nationale après avoir renversé un policier stagiaire suite à un refus d’obtempérer.
Le chauffard tentait d’échapper à un contrôle consécutif à une infraction routière, tel qu’on peut le voir sur une vidéo qui circule sur internet.
Malgré les tirs, il parvient à prendre la fuite. Le véhicule est retrouvé à l’abandon, 500 mètres plus loin, avec à son bord la passagère, grièvement blessée par balle, notamment au niveau de la nuque, tel que le rapporte le procureur de la République de Toulon. Particularité : celle-ci se trouvait à gauche, puisque la voiture était de type anglo-saxon, ce qui pourrait avoir eu une incidence sur la destination des tirs.
Elle est rapidement transportée en urgence absolue en direction de l’hôpital Sainte-Anne, où elle a subi une intervention chirurgicale pendant la nuit.
Le conducteur rapidement interpellé, le parquet et l’IGPN ouvrent deux enquêtes.Le conducteur du véhicule, en état d’ébriété avancé, est interpellé quelques minutes plus tard, près du domicile de la victime. Il est placé en garde à vue pour « refus d’obtempérer aggravé, non assistance à personne en péril, vol de véhicule (qui appartenait à un membre de sa famille) et tentative d’homicide sur un policier ».
Le Parquet de Toulon a ouvert une enquête confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) du Var. Comme le prévoit la procédure, les deux policiers ayant fait usage de leurs armes ont également été placés en garde à vue. Ils s’y trouvaient encore ce jeudi matin. Une seconde enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été ouverte pour « violence avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique ».
Le policier renversé, légèrement blessé mais choqué, a été pris en charge par les secours.
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Un président les mains presque vides
Un mois après l’assassinat de Mehdi Kessaci, le président de la République était particulièrement attendu à Marseille ce mardi, pour apporter des réponses face aux menaces du narcotrafic. Mais à l’issue de cette visite marathon, il n’aura guère sorti de ses poches qu’une seule nouvelle proposition, celle de sanctionner toujours plus durement les consommateurs de drogue avec une amende forfaitaire délictuelle passant de 200 à 500 euros. Déroulant pour le reste les actions déjà lancées dans le cadre du plan Marseille en grand.
Taper le portefeuille« Nous avons tous une pensée pour la famille de Mehdi Kessaci après le drame qui s’est passé », a commencé Emmanuel Macron au cœur de l’entrepôt solidaire de la CMA CGM, à la Joliette, après s’être recueilli sur la tombe du jeune homme en présence de sa famille. « On avait déjà commencé le combat, et je vais tenir les engagements que j’ai pris », assure il au milieu des cartons d’aide humanitaire, entouré par quelque deux cent personnalités triées sur le volet pour un « Face aux lecteurs » de La Provence. Il énumère la création de l’Office anti-stupéfiants (Ofast), les renforts de police à Marseille avec 300 policiers en plus depuis 2021, l’arrivée de nouveaux magistrats. « Nous avons diminué par deux le nombre de points de deal physiques, je sais que c’est dur à entendre, mais on ne lâche rien », assène-t-il. Et d’annoncer le passage à une deuxième étape, après l’adoption de la loi narcotrafic au mois de juin. Le parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) sera installé le 5 janvier, à Paris malgré les demandes des élus marseillais, les initiatives diplomatiques se poursuivront dans les prochains jours pour pouvoir arrêter les têtes de réseau à l’étranger tandis que l’action continue à l’échelon européen pour peser sur des réseaux sociaux de plus en plus mêlés au narcotrafic, des ventes en ligne à l’embauche des petites mains, jusqu’aux images des exécutions. « On ne doit rien lâcher, on doit pilonner », insiste Emmanuel Macron.
Mais c’est face aux consommateurs qu’il durcit le ton. « Rien de tout ça n’arriverait s’il n’y avait pas des gens qui achètent de la cocaïne, du hash, lâche-t-il. Moi j’en ai ras-le-bol d’avoir des jeunes qu’on pleure et dans d’autres quartiers des gens qui considèrent que c’est festif d’acheter de la drogue. » Et donc d’annoncer cette hausse de l’amende forfaitaire délictuelle. « Il faut taper au portefeuille ceux qui consomment », défend-il, promettant une nouvelle campagne de communication.
Mais au milieu de l’entrepôt glacial, il reste sourd aux interpellations des acteurs du terrain. « On voit les budgets des services publics diminuer drastiquement, les centres sociaux, les missions locales qui sont une part essentielle de la lutte contre le trafic perdre beaucoup », alertait Fadella Ouidef, de l’association culturelle Busserine, rappelant les coupes de la Métropole et de la Région. « L’État ne peut pas se substituer aux associations, c’est à vos collectivités de le faire », balaie Emmanuel Macron. Le plan Marseille en grand, répète-t-il, avec ses trois milliards d’euros de l’État déjà engagés, « est un plan qui n’a pas d’équivalent ailleurs ».
« L’amende, c’est un pansement sur une jambe de bois, lâche de son côté l’éducateur spécialisé Mohamed Benmeddour à la sortie des échanges. Un jeune au chômage, qu’est-ce que vous voulez qu’il en ait à foutre ? » Et de témoigner : « Ces jeunes, ils se disent que ce qui va les sortir de la misère sociale, c’est le narcotrafic. Tu vas pouvoir dealer 6 mois puis acheter un commerce. »
« On n’arrive pas à suivre »Les chantiers promis par l’Élysée sont pourtant bien sortis de terre, et le président de la République tour à tour s’est rendu au nouveau commissariat des 13e et 14e arrondissements (13,5 millions d’euros), puis à l’extension du centre pénitentiaire des Baumettes 3 (92 millions d’euros). Des avancées saluées par les agents concernés. Mais malgré tout, le désarmement des services publics s’y fait aussi sentir. « Il nous manque du matériel, des balises, expose une capitaine de l’Ofast. On doit prioriser des dossiers, c’est compliqué au quotidien. On n’arrive pas à suivre la grande criminalité. » « On retrouve une situation équilibrée, mais il y a un déficit de personnels, reconnaît de son côté le chef d’établissement des Baumettes, Jean-Marie Landais. On espère récupérer des sorties d’école en mai pour avoir des effectifs complets. » Le président, lui, écoute, puis part. Sans que la presse ne puisse lui poser de questions.
Et aussiFeu vert pour la rénovation des copropriétés dégradées
C’est en fin de journée, sur le chantier de construction de la nouvelle gare Saint-Charles souterraine, que le président de la République a annoncé que les quatre opérations marseillaises d’intérêt national de requalification des copropriétés dégradée ont obtenu le feu vert du Conseil d’État. « On sait que c’est une des choses les pires en matière de rénovation urbaines, partageait Emmanuel Macron. Quand on a plein de copropriétaires, on n’arrive pas à avancer. » De quoi déroger au droit commun pour rénover les 2 450 logements des Rosiers (14e), de Consolat (15e), du Mail (14e) et de la Maurelette (15e). Quant aux transports, la présidente (DVD) de la Métropole Martine Vassal se félicitait d’avoir déjà consommé le milliard d’euros de subventions : « Tout ce que j’espère, c’est que prochainement nous allons pouvoir renouveler ce contrat. »
Une loi pour une majorité numérique en janvier
À l’occasion de son tour de France de la presse quotidienne régionale imposé aux grands éditeurs par l’Élysée, le président de la République a répété, comme lors des précédents rendez-vous, son souhait : « L’idée, c’est d’arriver au début de l’année prochaine avec un texte qui définit la majorité numérique à 16 ans. » C’est qu’il a fait le constat, après des rencontres répétées auprès des propriétaires des réseaux sociaux, que « ceux qui produisent ces contenus ne sont pas intéressés par la santé mentale des jeunes, pour eux, ce ne sont que des produits ». Résolu à pousser au niveau européen pour faciliter la censure de contenus mensongers susceptibles de créer des troubles à l’ordre public, il ne rappelle que par un mot, à la fin, les besoins de trouver un modèle économique pour la presse, après les travaux des états généraux de l’information. Plus intéressé pour débrider la législation sur l’IA.
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Les salariés d’Orange de retour à Saint-Mauront
Des salariés plus gênés par la présence des caméras qu’autre chose… Sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e), c’est la rentrée ce lundi 15 décembre, après quinze jours de fermeture temporaire. La direction de l’entreprise ayant pris cette décision fin novembre après des « événements répétés » qui ont entraîné deux confinements. Les syndicats CGT et CFE-CGC avaient déposé des droits d’alerte pour « danger grave et imminent ». Tandis que la préfète de police déléguée, Corinne Simon, démentait, assurant n’avoir recensé aucun appel au 17, pas plus qu’avoir été alertée par la direction d’Orange.
À la sortie du métro National, les salariés pressent le pas. « Franchement, on a l’habitude de cette ambiance, disons un peu chaude, les tags sur les murs, et tout le reste… Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Mais je n’ai jamais eu peur », confie l’une d’entre eux. Elle poursuit : « Ce n’est pas quinze jours de fermeture de site qui va régler un problème aussi important. » Même son de cloche chez un de ses collègues, Frédéric, habitant des quartiers Nord. Lui, ce qui « le tue », « c’est qu’on a un commissariat à quelques mètres et des points de deal de partout ». Un peu plus loin, un habitant tient à intervenir : « Y a pas qu’Orange, nous aussi on est là ! »
La CGT prône
le vivre-ensembleDepuis l’ouverture des portes ce matin-là une voiture de police a pris place sur le trottoir d’en face, une autre un peu plus loin. Le trafiquant de cigarettes est au rendez-vous lui aussi, vendant à l’unité, non sans succès si on en croit la liasse de billets qu’il compte. Les organisations syndicales ont pu rencontrer le responsable d’Orange France. « On est rassuré par le dispositif mis en place, on a aussi demandé une hotline avec des psychologues » indique Jérôme Bissey, délégué syndical CFDT Orange grand Sud Est, précisant que pour le moment 380 sur les 1 200 salariés du site, ceux qui viennent en transports en commun, sont concernés, dans l’attente de travaux sur les parkings.
Contrairement à la CFE-CGC qui dénonce dans un communiqué un « retour forcé » et demande le « transfert des collaborateurs, tant que l’ordre républicain ne sera pas durablement rétabli dans le quartier », la CFDT réclame l’ouverture d’un deuxième site sur Marseille, Orange ayant vendu une bonne partie de son patrimoine immobilier. « Pour nous, cette réunion a permis de recadrer un peu certains syndicats qui font monter la sauce sur des thèmes politiques, ce qui n’est pas de bon augure dans un quartier comme Saint-Mauront, au lieu de travailler sur le vivre-ensemble, à la part sociale que doit prendre Orange dans le quartier », estime Guillaume Lamourette secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Pour le syndicaliste, la disparition des services publics dans les quartiers est aussi un facteur aggravant. Dans un tract distribué aux salariés, la CGT rappelle ses revendications : remboursement des abonnements RTM, ouverture de plusieurs sites, un parking…
Après plus d’une heure de réunion, la préfète de police estime que la « crise est passée » mais précise que le dispositif restera « souple et adapté ». Au-delà des rondes et patrouilles, une présence statique est assurée « sur des horaires de rentrée et de sortie des salariés pour leur permettre de travailler en toute sécurité ». Et ce pour au moins quinze jours. La direction d’Orange affirme, elle, « rester pleinement mobilisée pour assurer un environnement de travail sécurisé et serein. »
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L’État montre les muscles face aux narcotrafiquants
Pas moins de 15 points de deal ciblés simultanément, 1 500 agents supplémentaires déployés tous services de police confondus, 7 équipes cynophiles, des drones… L’opération chapeautée ce mardi 9 décembre par le préfet de région, Jacques Witkowski, n’avait pas franchement de nom, mais une certitude : elle est de « grande ampleur », a expliqué le représentant de l’État devant une foule de caméras, au pied d’un bâtiment des Oliviers A (13e). Une opération de « visibilité, judiciaire, de voie publique, de police administrative » avec la fermeture d’un certain nombre de commerces « pour suivre les directives du ministre de l’Intérieur qui m’a demandé d’insister et d’accélérer sur la lutte contre les narcotrafics », poursuit le préfet.
Une demi-heure avant de convoquer la presse, l’« assaut » a été donné pour dégager un point de deal avec chicane tenu par des charbonneurs. Consommateurs, nourrices étaient également dans le collimateur. « Des perquisitions sont en cours », a indiqué Jacques Witkowski, ajoutant que « toute la circonscription de Marseille » était concernée par ces descentes de police et ce « jusqu’au bout de la nuit ». Avec « une pointe d’effort sur le 3e arrondissement, qui a été ces derniers temps le théâtre d’actions criminelles que nous condamnons », précise-t-il.
En début d’après-midi, plus d’une vingtaine d’interpellations et quelques saisies de stupéfiants avaient déjà été réalisées, un commerce fermé.
« Nous ne souhaitons pas laisser les narcotrafiquants tenir le terrain, la République ne leur passera rien », martèle le préfet, promettant que « ces opérations d’ampleur seront réitérées en fonction des moyens ».
Il enchaîne sur une saisie qui en dit long sur le sens du commerce des réseaux… Une affichette truffée de fautes, trouvée quelques instants plus tôt dans un hall : « Les Oliviers A fête Noël, du 25 au 31 décembre, appéritif (sic), chips, boisson, bonbon, ect… Pochons beuh ou shit cadeau, venez comme vous êtes », remerciant les acheteurs de leur passage, « à la prochaine ! ».
Des habitants apeurés ou complètement désabusésÀ l’avant-veille d’une nouvelle réunion sur le narcotrafic à l’Élysée, à laquelle le préfet va participer, et à quelques jours de la venue de son locataire le 16 décembre dans la cité phocéenne, pas question pour autant d’y voir une simple opération de com’, assure Jacques Witkowski. Même si le plan « Marseille en grand », c’est la « reprise de la sécurité, la première de nos libertés » convient le préfet, il rappelle aussi qu’il est question du « développement du logement, de l’éducation ». Et de marteler qu’au-delà de ce moment « spectaculaire », les forces de police resteront mobilisées quotidiennement.
Aux balcons des bâtiments délabrés, on reste sceptique… « Ils sont pas souvent là », nous assure une dame désabusée. Alors qu’un habitant se fait fouiller, un petit groupe de jeunes dénonce l’inutilité de l’action policière. « Regardez les façades, ça tombe en ruine, Macron, il est déjà venu ici ça n’a rien changé, ils préfèrent mettre les sous là-dedans », s’indigne l’un d’entre eux, pointant du doigt un camion de gendarmerie stationné devant les murs lézardés ou qui perdent des morceaux de béton, entre deux barres métalliques rouillées.
D’autres habitants refusent de témoigner, parce qu’« on a peur », reconnaît une dame, quand cet homme est en colère : « Même pas on va se fatiguer à vous répondre, pour vous dire quoi ? Ça sert à rien, on est abandonnés et ça dure depuis des années. En quoi elle compte notre parole ? »
Alors que les patrouilles de police se poursuivent, les caméras lèvent le camp au bout de quelques heures. « Revenez nous voir quand ils seront partis, vous verrez, ici ils se passent aussi des choses bien », nous assure un gamin, le col remonté jusqu’aux yeux.

![[Rue de la République] Posez vos questions à notre invité Jacques Witkowski](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2025/12/e93170c71463efa499abef24c0e52de5.jpg)
