Tag: poids lourds

  • Vaucluse : le pont de Roquemaure fermé pour travaux

    Vaucluse : le pont de Roquemaure fermé pour travaux

    À noter que la semaine précédente déjà – du 19 au 23 octobre –, la circulation sera alternée entre 9h et 16h. Pendant la fermeture, une déviation sera mise en place. Depuis le Vaucluse, les automobilistes et chauffeurs de poids lourds souhaitant rejoindre le Gard devront passer par Caderousse, puis Codolet, récupérer la RN 580 à Orsan, rejoindre Saint-Laurent-des-Arbres avant de reprendre la direction de Roquemaure. Et inversement depuis le Gard vers le Vaucluse.

  • Le secteur de l’hydrogène tente de séduire le transport

    Le secteur de l’hydrogène tente de séduire le transport

    La station cherche encore son public. Un an après sa mise en service, la pompe à hydrogène bas-carbone Teal Mobility, située au niveau du terminal Elengy Fos-Tonkin, est uniquement utilisée par Genesis Magma Racing, l’entité motorsport de Hyundai basée au Castellet, et Transdev. Après avoir transformé la motorisation de ses véhicules grâce à une opération rétrofit réalisée par le groupe GCK, la Métropole exploite depuis février 2026 trois bus à hydrogène sur les lignes 1 et 2 du réseau Ouest de l’Étang de Berre.

    Christian Nissing, directeur commercial Europe de Teal Mobility, explique : la naissance de cette infrastructure, la première dédiée aux poids lourds dans la région Paca, était « particulière ». Si aujourd’hui, la démarche consiste à s’assurer d’un « socle d’enlèvement minimal de volume », à Fos « il y avait cette proximité avec la production d’Air Liquide » et « beaucoup d’activité potentielle de transporteurs » sur le bassin. « Par contre on est assez en amont sur le développement de l’activité poids lourds », reconnaît-il.

    Des discussions sont engagées avec les acteurs du secteur. « La prochaine étape est de proposer les premiers tests de véhicules », annonce Christian Nissing. Pionnier de la conversion et de l’exploitation de véhicules lourds hydrogène, Hyliko met un camion rétrofité de sa flotte à disposition des transporteurs pour leur permettre d’essayer cette technologie en conditions réelles. Le principal avantage est environnemental, dans un secteur qui représente 34% des émissions nationales de CO2. Là où le bât blesse, c’est au niveau du tarif, encore loin de rivaliser avec le diesel.

  • Les Gapençais sceptiques face au projet de rocade

    Les Gapençais sceptiques face au projet de rocade

    Près de 80 habitants de Gap ont participé, ce mardi, à la réunion publique sur la partie sud de la rocade, dont l’enquête publique se clôturera le 9 octobre. « C’est un contournement souhaité depuis longtemps, a introduit le maire Roger Didier (DVD). Il n’est plus possible d’avoir des poids lourds qui circulent au centre-ville ! »

    Pierre Charlot, ingénieur en charge de la portion sud, a rappelé les objectifs du projet : faire sortir le trafic qui n’a rien à faire en ville, assurer la sécurité du centre et y privilégier les mobilités douces. « Ce n’est pas qu’un projet pour les Marseillais qui viendront skier à la station des Orcières, c’est aussi pensé pour les Gapençais, pour qui la circulation en vélo ou à pied est actuellement compliquée », assure-t-il.

    Pensé dès les années 70, le projet a depuis évolué et prévoit l’aménagement de deux voies limitées à 70km/h, avec une voie verte. Le tout pour un coût de 28,9 millions d’euros, répartis entre l’État, la Région, le Département et la Ville.

    Les habitants dont la résidence se trouvera au plus près de la rocade se sont montrés particulièrement inquiets : « Comment va-t-on traverser cette route ? Avez-vous pensé à la sécurité ? Au bruit ? » La Ville assure que ces éléments sont réfléchis. Elie Cordier, de l’opposition municipale de gauche, a tenté de nuancer le débat : « Tout le monde, initialement, est d’accord sur la nécessité du projet. Mais les habitants ont besoin d’être rassurés avec des réponses, des analyses d’impacts et des chiffres clairs. »

    Les travaux sont prévus dès 2027. L’avancée de la partie centrale, gérée elle par l’État, reste incertaine depuis un glissement de terrain de 2025.

    Agathe Di Lenardo

  • À Marseille, plusieurs dizaines de familles menacées d’expulsion

    À Marseille, plusieurs dizaines de familles menacées d’expulsion

    « On est fatigués d’être expulsés chaque année. Nos enfants, ils sont fâchés parce que bientôt, ils vont recommencer l’école. » Réunis ce mardi soir, hommes, femmes et enfants sont inquiets. Installés depuis un peu moins de deux ans sur la friche de l’ex-usine Procida, route de la Valentine (11e), ils craignent d’être évacués au cœur de l’été.

    Le camp de 250 personnes est sous le coup d’une ordonnance d’expulsion en date du 24 décembre 2025, explique leur avocat Me Borie, portée par le propriétaire des lieux, Retail Prodev. Une filiale du groupe Frey, spécialisée dans le développement de centres commerciaux. Pour mémoire, l’entrepreneur imaginait implanter là, fin 2024, un vaste centre de logistique, au grand dam des habitants, dénonçant un afflux de poids lourds dans un quartier déjà saturé. Ces derniers imaginant plutôt de laisser la place à un espace vert alors que coule l’Huveaune non loin, ce genre d’équipement étant réduit comme peau de chagrin dans le secteur. La Ville de Marseille refusera finalement de délivrer le permis de construire quelques mois plus tard.

    Solidarité à tous les étages

    Aux côtés des familles roms, des représentants de la CGT Interim, de la Confédération générale du logement, des riverains, des membres d’ATD Quart Monde, Michel Pruvost (PCF), conseiller d’arrondissement des 11e et 12e arrondissements, et Jean-Marc Guéris, animateur du groupe d’action La Penne insoumise. « Nous sommes là si vous avez besoin d’aide », assure ce dernier. De son côté, l’élu communiste, accompagné de Jean-Pierre Breda, secrétaire de la section PCF du 11e, estime que tout le monde doit rester « tant qu’il n’y a pas de solutions de relogement » et indique avoir « fait remonter le problème » à la mairie centrale. « Le jour où vous devrez quitter ce camp, c’est avec des alternatives, pour pouvoir être relogés, et notamment pour que les enfants, qui sont scolarisés, gardent une stabilité », insiste-t-il.

    Un squat à Saint-Just en 2020, une évacuation « brutale » à Maison Blanche en 2021, une destruction de lieu de vie à la Barasse en 2022, puis en 2023 et 2024 à la Madrague, à la Cabucelle… Laurent Sapin, riverain, revient sur les expulsions à répétition qui bouleversent le quotidien de familles dont les parents travaillent et dont les enfants sont inscrits dans les établissements scolaires alentours, comme en attestent les certificats remis ce jour-là à Me Borie. Certains petits ont un parcours brillant, précise Agnès, qui anime avec ATD Quart Monde des ateliers livres tous les samedis.

    « Un recours a été déposé auprès de la cour d’appel d’Aix-en-Provence », ajoute l’avocat, une audience étant prévue en février 2027. D’ici là, il espère une sortie négociée, pour permettre aux enfants de suivre une année scolaire complète.

  • Des véhicules sous main de justice pour les futurs mécanos des lycées pro

    Des véhicules sous main de justice pour les futurs mécanos des lycées pro

    Une Polo et une Peugeot 2008 pour commencer… Une convention a été signée, ce jeudi 9 juillet, entre le tribunal judiciaire de Marseille et le rectorat pour attribuer à deux lycées professionnels de la ville des véhicules sous main de justice. De quoi permettre aux élèves de s’entraîner en mécanique ou en carrosserie. Pour le moment, celui de La Floride (14e) et des métiers de l’automobile et des services aux entreprises, Frédéric-Mistral (8e) se sont manifestés.

    « Cette convention répond à un triple objectif », se félicite Olivier Leurent, président du tribunal judiciaire de Marseille. D’abord, « pédagogique puisque ces véhicules seront destinés à former les lycéens de ces deux établissements » estime-t-il, mais aussi « éducatif, puisque les élèves sauront d’où proviennent ces véhicules, et sauront que quand on transgresse la loi, on peut se faire confisquer sa voiture » ; et enfin, un « objectif de réduction des frais de justice ».

    Du gagnant-gagnant

    Car cet accord gagnant-gagnant permet de faire des économies non négligeables de gardiennage. Sur la juridiction marseillaise, pas moins de 919 véhicules saisis et en attente de confiscation sont stockés dans des garages agréés, moyennant 3,20 euros la journée soit environ 3 000 euros par jour, calcule rapidement de procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone. De 80 à 100 voitures par mois viennent grossir les rangs.

    « L’intérêt, c’est que ces véhicules rapportent à l’État plus qu’ils ne coûtent », précise-t-il. Si les grosses cylindrées « des criminels, des voyous » sont souvent remises aux services enquêteurs ou vendues avant jugement, la justice entend donner un certain nombre de véhicules moyenne et bas de gamme voués à la destruction, explique-t-il.

    « Pour nous, chefs d’établissement, il est important de proposer des supports pédagogiques à nos élèves, qui leur permettent d’acquérir des connaissances, des compétences et, à la fin, un diplôme qui leur permettra, soit de poursuivre des études, soit de s’insérer dans la vie professionnelle », commente Gilles Pierrisnard, proviseur du lycée La Floride, dont l’établissement est spécialisé sur les poids lourds et motocycles. Ces modèles vont donner aux lycéens un aperçu d’innovations technologiques sur lesquelles ils ont besoin de travailler, pour « être les plus compétitifs possibles dès leur entrée en entreprise » poursuit-il. Mieux, l’apport régulier de véhicules « va être une plus-value, en plus de l’aspect civique sur lequel on va pouvoir réfléchir avec les élèves, sur le fait que l’erreur se paye », complète Rémi Formaggio, proviseur du lycée Frédéric Mistral.

    Pour Pascale Darras, directrice de greffe, il s’agit également d’ouvrir un peu les horizons en travaillant avec de nouveaux partenaires, cette dernière espérant que cette convention donne des idées à d’autres lycées…

  • La liaison Fos-Salon intégrée à une concession ?

    La liaison Fos-Salon intégrée à une concession ?

    Encore un serpent de mer. La liaison Fos-Salon entre dans sa 5e année de concertation publique. Ce lundi 22 juin, la troisième séquence consacrée au choix des variantes et aux modalités de financement s’est ouverte après avoir été reportée de deux ans à la demande du comité des élus. Mais alors, où en est ce projet d’infrastructure routière, dont le coût est aujourd’hui estimé à 566 millions d’euros ?

    L’hypothèse d’un financement public à hauteur de 50% de la liaison avait d’abord été confirmée par le Conseil d’orientation des infrastructures en 2023, avant d’être repensé lors de la conférence « Ambition France Transports ». Son rapport, remis en juillet 2025, établit que les ressources publiques sont insuffisantes et identifie « l’opportunité offerte par le renouvellement des concessions autoroutières historiques », qui s’étaleront entre 2031 et 2036. La possibilité d’une concession autonome avait au départ été étudiée, mais elle « conduisait à des péages très importants », assure Nadia Fabre, responsable du service transport infrastructure et mobilité de la Dreal.

    À l’heure actuelle, deux scénarios sont envisagés : celui d’un péage complet du nord au sud de cette deux fois deux voies de 25km, pour un tarif de 9,6 centimes par km pour les véhicules légers et 28,8 centimes pour les poids lourds ; ou celui d’un péage uniquement sur les sections nord et sud, pour un tarif de 25 centimes par km pour les véhicules légers et de 74 centimes pour les poids lourds.

    Dans la salle, les habitants ont le « sentiment d’une concertation bâclée ». « Et on comprend pourquoi : vous êtes dans l’urgence », dénonce Christian, du collectif Cistude. La Dreal a présenté un calendrier prévisionnel « impératif » comprenant une finalisation du dossier préalable à la déclaration d’utilité publique à la fin de l’année, pour une enquête publique ouverte en 2028 et une désignation du concessionnaire en 2031.

    D’ici là, d’autres projets sont inscrits dans le contrat de plan État-Région signé fin 2025 : la dénivellation du giratoire de la fossette (14 millions d’euros) ; le réaménagement du giratoire de toupiguières pour améliorer la desserte de Clesud (3,5 millions d’euros) et le réaménagement du giratoire des Bellons (21 millions d’euros de la Métropole).

  • L’échangeur nord est enfin complet et mis en service

    L’échangeur nord est enfin complet et mis en service

    Après 20 mois de travaux et 20 millions d’euros d’investissements, l’échangeur « Salon Nord » est enfin complet ! Les premières voitures ont pu emprunter le complément de l’aménagement historique, attendu depuis près de 50 ans, ce jeudi à 17h30.

    Le président de la Métropole et maire de la commune Nicolas Isnard (LR) réagit : « Ce qui se passe a beaucoup de signification : c’est rendre possible ce qui a longtemps été impossible et inimaginable dans cette ville, réparer une ineptie vieille d’un demi-siècle. (…) C’est ce que nous attendions tous pour évacuer un certain nombre de nuisances qui s’étaient accumulées avec le temps (…) et qui faisaient courir aux habitants des risques, des gênes sonores et de la pollution. »

    Jusqu’ici, le demi-échangeur ne permettait d’accéder à l’A7 que vers le nord, en direction d’Avignon et de Lyon, obligeant de nombreux automobilistes à traverser Salon-de-Provence pour se diriger vers le sud. Avec la création de deux nouvelles bretelles – une entrée vers Aix-en-Provence/Marseille et une sortie depuis le sud vers Salon – les échanges seront désormais possibles dans les deux sens de circulation.

    Un projet de territoire

    Situé sur l’un des axes majeurs du sud de la France, emprunté quotidiennement par jusqu’à 135 000 véhicules en période estivale, cet aménagement va donc désengorger la commune de 44 500 habitants. « C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour la mobilité quotidienne en Pays salonais, avec des bénéfices très concrets, se félicite Sabine Granger, directrice générale de Vinci Autoroutes et d’ASF. Grâce à cette nouvelle infrastructure, le trafic de transit dans le centre-ville va se réduire d’environ 4 000 véhicules par jour et surtout le trafic de poids lourd va diminuer de 50%. » La société concessionnaire estime également que les temps de trajets pourraient être divisés par deux le matin en direction du sud. Nicolas Isnard insiste : ce projet dépasse sa seule ville. Selon lui, il concernerait 70 000 à 80 000 habitants.

    Le préfet de région Jacques Witkowski donne sa vision sur ces aménagements de mobilité : « Je suis plutôt un bétonneur (…) parce qu’on a besoin de ces équipements pour ne pas thromboser un certain nombre d’activités. On a d’autres projets routiers importants sur la Métropole : en partant d’ici pour aller vers le Grand Port maritime, un contournement de Martigues qui est en route et puis peut-être un contournement d’Arles dont je dis qu’il faut qu’il se fasse. »

  • Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Le contournement d’Arles revient sur le devant de la scène. Après 25 ans d’instruction par les services de l’État, le projet a été désavoué par la commission de l’enquête publique, le 28 février dernier. Dans son avis défavorable au classement de l’ouvrage en autoroute, celle-ci pointe les incertitudes budgétaires ainsi que le report du trafic sur les voies secondaires. Pour éviter tout enlisement, les acteurs économiques du territoire interpellent l’État dans un courrier que Stéphane Paglia a adressé au ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot.

    Le président de la CCI du Pays d’Arles appelle « à la saisine du Conseil d’État afin d’obtenir la déclaration d’utilité publique dans les délais légaux », pour ce projet qu’il estime être « d’intérêt national et européen », puisqu’il « contribuera au développement économique d’un territoire stratégique, à la croisée de l’axe rhodanien et de la zone industrialo-portuaire de Fos-Marseille », en assurant une « continuité autoroutière entre l’Italie et l’Espagne ».

    Concernant le dispositif de péage, envisagé en 2024 puis remis en cause car il pourrait engendrer un report de près de 10 000 véhicules par jour, dont 3 000 poids lourds, sur le réseau secondaire gratuit, il assure que « ces paramètres peuvent encore évoluer ».

    Pour Stéphane Paglia, « le renouvellement, dans les prochaines années, de plusieurs concessions autoroutières [telle qu’Escota, filiale de Vinci Autoroute, Ndlr] constitue pour l’État une véritable fenêtre d’opportunité : intégrer la réalisation du contournement autoroutier d’Arles dans un ensemble remis en concurrence, plutôt que d’en porter une concession autonome et isolée ». Une option qui permettrait, selon lui, de sécuriser « un montage financier robuste », d’inscrire l’infrastructure de 26 km dans une « logique de réseau » et de répartir « l’effort économique dans le temps, sans faire peser une charge excessive sur les usagers locaux ».

  • Dans le Gard, la Conf’ paysanne alerte sur l’extension d’un abattoir à volailles

    Dans le Gard, la Conf’ paysanne alerte sur l’extension d’un abattoir à volailles

    À Saint-Bauzély, l’abattoir de volailles Duc ne fait plus seulement débat dans le village. Si l’abattoir fait vivre la commune de 700 habitants depuis 40 ans, le projet d’extension du site, qui prévoit une montée en puissance considérable de l’activité, suscite désormais l’opposition frontale de la Confédération paysanne du Gard. Dans un communiqué publié le 22 avril, le syndicat dénonce une opération qui incarnerait, selon lui, « une fuite en avant industrielle, incompatible avec les enjeux sociaux, environnementaux et paysans actuels ».

    Le dossier prévoit de faire passer la capacité actuelle d’environ 75 tonnes de volailles par jour à près de 200 tonnes à l’issue du programme d’investissement, selon les éléments présentés lors de l’enquête publique. La Confédération paysanne évoque, elle, une perspective de 250 tonnes : cela représenterait environ 250 000 volailles abattues chaque semaine. Une échelle qui, pour le syndicat, dit tout du modèle défendu : celui d’un élevage intensif, tourné vers les volumes. « Derrière ces outils industriels se cachent des cadences élevées, une pénibilité accrue et une déshumanisation du travail », insiste le syndicat.

    Un village face aux risques

    Les inquiétudes traversent déjà une partie du village situé entre Nîmes et Alès : odeurs, bruit, circulation de poids lourds, risques d’incendie ou pollution des eaux nourrissent la contestation. Le collectif Non aux plumes et au goudron dénonçait le 19 janvier un « dossier incomplet et peu clair » et relève de « nombreuses zones d’ombre ». Il s’alarmait aussi de l’ancien abattoir incendié, toujours pas sécurisé, dont la démolition ne figurait pas dans le dossier malgré la présence d’amiante. S’ajoute un avis du Sdis 30, cité par la Mission régionale d’autorité environnementale, estimant qu’« un feu généralisé est probable » et que les secours pourraient être confrontés à une « impossibilité opérationnelle » pour en limiter la propagation, alors que l’usine se situe à 80 mètres des premières habitations et à 150 mètres d’une école.

    La question de l’eau concentre aussi les critiques. La Confédération paysanne dénonce une consommation qui passerait de 403 à 800 m³ par jour, avec des pointes pouvant atteindre 900 m³. Dans un département déjà régulièrement frappé par les sécheresses et les restrictions, le syndicat y voit « un non-sens écologique ». Plus de production, martèle-t-il, c’est « plus de pollution, des rejets d’eaux usées, une consommation d’eau exorbitante, une circulation de poids lourds incessante. À l’heure de l’urgence climatique et de la relocalisation alimentaire, ce projet fait exactement l’inverse ! ».

    Un refus du chantage

    à l’emploi

    Le débat local n’est pas nouveau. Lors de la réunion publique de janvier, la direction de Duc avait mis en avant la nécessité de répondre à une demande croissante de volaille en France et de lutter contre les importations étrangères, présentées comme moins-disantes sur les normes. Des créations d’emplois ont également été avancées : jusqu’à 100 salariés supplémentaires. Là encore, Reporterre soulignait les écarts entre les annonces publiques et le dossier déposé en préfecture, qui mentionnerait 26 créations de postes directs. D’autant que ces emplois risquent surtout d’être des postes pénibles et précaires.

    Mais pour le syndicat, la promesse d’emplois ne peut pas servir de blanc-seing à l’agro-industrie : « Soutenir ce projet revient à tourner le dos à une agriculture paysanne, locale et durable au mépris des populations environnantes », affirme-t-il. Face à ce modèle, la Conf’ met en avant d’autres choix : développement des circuits courts, abattoirs de proximité à taille humaine, soutien à l’installation paysanne. Le syndicat demande donc aux pouvoirs publics de refuser le projet, aux élus locaux de « prendre leurs responsabilités » et aux citoyens de se mobiliser. Son exigence est claire : « l’abandon du projet d’extension », « l’arrêt du soutien public à l’agro-industrie » et des « investissements massifs dans l’agriculture paysanne et les circuits courts ». La décision finale appartient désormais au préfet du Gard.

  • Marseille : toujours mobilisés contre un data center à Saint-André

    Marseille : toujours mobilisés contre un data center à Saint-André

    « Le tramway, la première chose positive depuis bien longtemps dans le quartier, va passer là. Et on veut ajouter des camions ? » Venus de l’Estaque gare, Riaux ou de Saint-André, des habitants se sont de nouveau mobilisés, ce mardi 28 avril, devant le 90, chemin de Ruisseau-Mirabeau (16e). C’est là, sur 6 hectares de la friche industrielle de TCSI, qu’un data center, d’une puissance de 33 mégawatts, et une plateforme logistique de 34 000 m2 sur trois étages, devraient être construits si le projet porté par le groupe britannique Segro est validé.

    Il a déjà franchi, le 27 mars, l’étape de l’enquête publique avec des avis favorables. « Un Coderst [Conseil de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques Ndlr.] doit se tenir demain matin. Nous demandons à ce qu’il soit repoussé jusqu’à ce que soit faite une étude sérieuse sur le plan de circulation », pose Patrick Robert, président du comité d’intérêt de quartier (CIQ) de l’Estaque Gare et vice-président de la fédération des CIQ du 16e arrondissement. Une centaine de poids lourds transitent déjà, chaque jour, pour desservir la quarantaine d’entreprises de logistique domiciliées à cette adresse.

    « Prédation foncière »

    En ajouter davantage paraît intenable pour les riverains. « On a proposé de changer la destination du plan local d’urbanisme et de faire des logements, on en manque. Au CIQ Saint-André, on réclame l’arrêt total de ce projet », insistent Denis et Élisabeth Pelliccio, vice-président et présidente du CIQ en question. De son côté, Stéphane Coppey, délégué au juridique, aux transports et à la mobilité au sein de l’association France nature environnement (FNE) Bouches-du-Rhône, sera présent au Coderst. « Nous porterons la voix des CIQ », promet-il.

    Pour Antoine Devillet, du collectif « Le nuage était sous nos pieds », la perspective de cet énième data center, quand Marseille en compte déjà cinq sur son port, et qu’outre celui de Saint-André, un autre bâtiment serait prévu sur le site de Saint-Louis Sucre, pose problème. Ces installations « prennent la place d’autres projets, pour pratiquement aucun emploi. C’est de la prédation foncière », estime-t-il, quand environ 400 postes, dont 129 pour le data center, sont évoqués. Il pointe une « empreinte écologique énorme ». Autant de raisons pour lesquelles les habitants seront aussi devant le conseil municipal, ce mercredi à 8h, pour alerter les élus. À noter que dans l’enquête publique, Samia Ghali (DVG), maire adjointe, indiquait être « en désaccord avec le projet (…) dans les conditions actuellement proposées ».