Tag: pluralisme

  • [Entretien] René Villard : « Le journal des combats des salariés et de la ruralité »

    [Entretien] René Villard : « Le journal des combats des salariés et de la ruralité »

    La Marseillaise : Comment percevez-vous l’arrivée de La Marseillaise dans les Alpes à partir du 7 février ?

    René Villard : Je ne peux que m’en féliciter ! J’étais présent au congrès de l’UD 04 où cette idée a été évoquée pour la première fois. J’ai vu la détermination qui a été mise depuis pour y parvenir, je ne peux que la saluer. Cela renoue le fil de notre histoire. Lorsque je militais à l’usine, on diffusait La Marseillaise parce que c’était le journal qui retranscrivait les combats des salariés. Cela a beaucoup manqué quand le journal a dû se retirer de notre territoire que ce soit au niveau syndical ou politique. Avoir un journal qui nous accompagne à nouveau, c’est une très bonne chose !

    Quels sujets concernant votre département, votre commune, ses habitants, vous semblent particulièrement importants à appréhender ?

    R.V. : La santé, la sécurité et le logement, c’est le triptyque de priorités qui figure dans mon programme municipal, je crois que ça correspond aux préoccupations de la population et j’imagine que cela dépasse notre département.

    Vous êtes communiste, vous avez été responsable syndical, engagé sur la reconnaissance des maladies professionnelles liées à l’amiante, quelle place attendez-vous dans nos colonnes pour le monde du travail ?

    R.V. : Ce sont des sujets qui sont très importants pour moi. Quand on a monté le « Comité amiante, prévenir et réparer » (Caper), La Marseillaise avait été au rendez-vous. Le pluralisme des médias est essentiel pour faire apparaître ces problématiques. C’est vrai pour le monde du travail, c’est vrai pour la ruralité aussi. Je me languis d’avoir La Marseillaise sur le bureau le matin. Il faut se battre pour que tous les maires, quelle que soit leur opinion politique, fassent de même.

    L’extrême droite progresse aussi dans les Alpes. Ça vous inquiète ?

    R.V. : On l’a vu lors des dernières législatives. Les gens en ont tellement marre de tout… Ce n’est pas en regardant les chaînes d’info en continu que ça ira mieux. Il faut que La Marseillaise soit attrayante, pour apporter un autre regard sur l’actualité, toucher le maximum de personnes. Nous avons à convaincre tout un tas de gens de s’en saisir. À l’occasion de la diffusion massive du journal le week-end qui arrive, on sera sur le marché de Château-Arnoux-Saint-Auban dimanche 8 février.

    Quels sont les enjeux des JO selon vous ?

    R.-V. : Personnellement, je trouve que c’est une bonne chose pour nos départements. Sans doute encore plus pour le 05 que le 04. Je sais que ça fait débat. Il faut que les investissements tiennent compte de l’existant et des besoins de la population.

  • Le pluralisme en débat à la Fête du Patriote Côte d’Azur

    Le pluralisme en débat à la Fête du Patriote Côte d’Azur

    Réunis autour d’un même débat, Mathilde Tranoy (Nice-Matin), Sébastien Germain (Ici Azur), Bernard Lucchetti (le Patriote Côte d’Azur), Léo Purguette (La Marseillaise) accompagnés de Théo, étudiant à l’école de journalisme de Nice, ont débattu de l’état de la presse dans notre région.

    Au menu de l’échange, animé par Gilles Verrier-Dollé de la rédaction du Patriote Côte d’Azur : les pressions exercées sur les médias à l’occasion des élections municipales de Nice qui ont nécessité la signature d’une « charte de respect mutuel » entre candidats et journalistes mais aussi les conséquences de l’essor de l’intelligence artificielle, la concentration des médias, l’avenir de l’audiovisuel public…

    Mais ce sont les conditions d’existence d’une presse progressiste dans les Alpes-Maritimes qui ont retenu le plus l’attention des participants. « La survie du Patriote Côte d’Azur est en jeu. Nous sommes confrontés à une baisse de la publicité institutionnelle et à la nécessité d’être imprimés très prochainement dans les Bouches-du-Rhône, tout cela nécessite le lancement d’une souscription dont dépend notre avenir », alerte Bernard Lucchetti.

    Léo Purguette annonce l’arrivée de La Marseillaise dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes comme « un pari, un défi » pour notre journal et affirme : « Nous n’oublions pas que le tout premier fondateur du Patriote Côte d’Azur est aussi celui de La Marseillaise : Pierre Brandon. Nous ne vous laisserons pas tomber. Des coopérations sont possibles. »

  • [Entretien] Bertrand Perrin : « Le journal du combat pour les services publics »

    [Entretien] Bertrand Perrin : « Le journal du combat pour les services publics »

    La Marseillaise : Quelle est votre réaction après l’annonce de l’arrivée de « La Marseillaise » dans les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes à partir du 7 février ?

    Bertrand Perrin : Un grand plaisir de renouer avec un journal qui porte les aspirations des citoyens et de celles et ceux qui font bouger le territoire. J’adresse un grand remerciement au journal qui nous fait confiance en tant qu’habitants de territoires reculés vis-à-vis des grandes métropoles et qui fait le pari de venir se réimplanter en croyant à la vie collective de nos départements. C’est un vrai plus pour le pluralisme de la presse et donc pour la démocratie. Les Alpins sont très attachés à la République, on habite le territoire qui s’est levé en 1851 pour la défendre contre le coup d’État de Napoléon III. C’est un héritage toujours présent. Je pense qu’il y a une vraie attente d’un journal avec un point de vue différent, une ligne éditoriale assumée. On est hyper-heureux de retrouver La Marseillaise. C’est ce que les gens confirment quand on va les voir le journal à la main. Je ne m’attendais pas à une telle réaction. Ils sont enthousiastes, ils trouvent chouette de renouer avec une part de notre histoire mais aussi avec l’idée de nous reconnecter au reste de la région. Ils espèrent un éclairage sur leur vie quotidienne dans un territoire qui est souvent oublié par l’État.

    Quels sujets prégnants dans les Alpes méritent, selon vous, un traitement spécifique ?

    B.P. : On a besoin d’une approche éditoriale qui ne se résume pas aux vide-greniers. Nos départements ont une réalité territoriale très différente du bassin métropolitain et qui nécessite des journalistes qui vivent ici. C’est important pour appréhender en profondeur les enjeux de la ruralité. Je trouve très intéressant qu’ils figurent dans une édition de dimension régionale. Ce qui se passe dans les Alpes rayonnera ainsi sur le reste de la région et on sera informé de ce qui se passe ailleurs. C’est une ouverture au monde, une manière de ne pas être en vase clos. C’est une source d’inspiration également d’avoir accès à des expériences ou des combats qui se mènent ailleurs.

    Vous évoquez l’histoire républicaine des Alpes-de-Haute-Provence, mais il est aussi le théâtre de la progression de l’extrême droite. Comment l’expliquez-vous ?

    B.P. : Oui, la montée de l’extrême droite se construit sur un sentiment de relégation. Territoire oublié de la République, plus d’éducation pour nos enfants, pas assez d’emplois, des difficultés à se soigner… Il y a un vrai sentiment d’abandon. La Marseillaise contribuera à nous reconnecter à la région, au reste du pays. D’autant plus qu’elle assume son histoire et prend position pour éclairer les débats. Ça ne peut apporter que du positif en rupture avec le discours dominant.

    « La Marseillaise » défend les services publics. Ça entre en résonance avec les combats menés dans votre département ?

    B.P. : Oui, malheureusement, les Alpes comme les autres départements ruraux sont en avance sur le recul des services publics que connaît tout le pays. Chez nous, l’ensemble des services publics sont attaqués, à commencer par l’éducation, on est en bagarre perpétuelle pour éviter les fermetures de classes ou d’écoles, en passant par la santé qui est un point central pour l’activité des communistes dans le département. On affronte un plan de réduction du personnel hospitalier. Mais il faut aussi défendre les bureaux de poste, la tranquillité publique, on manque de gendarmes… Une question fondamentale se pose chez nous également, c’est celle des transports dans un territoire très morcelé où il faut prendre la voiture parfois 30-40 mn pour avoir accès à un service de base. Ça complique beaucoup la vie des jeunes, des jeunes couples, des personnes âgées ou à mobilité réduite.

    Comment appréhendez-vous l’enjeu des JO ? En quoi vont-ils influer sur la vie quotidienne dans les Alpes ?

    B.P. : Les épreuves auront lieu dans le 05, mais le 04 est le département qui est au centre de la région et qui sera nécessairement traversé par ceux qui viendront des grandes métropoles. C’est l’occasion de poser en grand la question des transports, de la desserte ferroviaire, des aménagements durables et j’insiste sur le mot « durable » qui pourront être réalisés à cette occasion. On ne veut pas d’infrastructures jetables mais qui s’inscrivent en réponse aux besoins de la population à long terme. Il y a beaucoup à faire au niveau du train.

  • [Entretien] Élie Cordier : « Contribuer à faire entendre la voix des Haut-Alpins »

    [Entretien] Élie Cordier : « Contribuer à faire entendre la voix des Haut-Alpins »

    La Marseillaise : Comment avez-vous reçu l’annonce de l’arrivée de « La Marseillaise » dans les Alpes
    du Sud le 7
     février ?

    Élie Cordier : Je considère l’arrivée de La Marseillaise dans les Hautes-Alpes comme une excellente nouvelle pour le pluralisme de l’information et pour la vitalité du débat démocratique local. Dans un contexte où la presse régionale est souvent fragilisée, l’extension d’un journal engagé dans le traitement approfondi des enjeux sociaux, territoriaux et humains est un signal positif. Nos territoires de montagne ont trop souvent le sentiment d’être relégués à la marge de l’actualité régionale. Le regard singulier que porte La Marseillaise, attentif aux réalités du terrain, aux acteurs locaux et aux enjeux de long terme, peut contribuer à mieux faire entendre la voix des Haut-Alpins. C’est aussi une opportunité de nourrir un débat public plus exigeant, plus nuancé, loin des raccourcis et des polémiques stériles. À l’heure où les citoyens attendent des réponses concrètes et crédibles, la diversité des regards médiatiques est indispensable.

    Quels thèmes, aspects et enjeux spécifiques aux Hautes-Alpes
    et à la ville de Gap vous paraissent importants à traiter ?

    É.C. : Les Hautes-Alpes sont confrontées à des défis structurels majeurs : l’accès aux services publics, la démographie, l’attractivité économique, la mobilité, mais aussi la transition écologique dans un territoire de montagne fragile. À Gap, ces enjeux prennent une dimension très concrète dans le quotidien des habitantes et des habitants.

    Le dynamisme du centre-ville, la sécurité, le logement, l’accès à la santé, la place de la jeunesse et le soutien au tissu associatif sont des sujets centraux. Ils doivent être traités sans caricature, en tenant compte des contraintes réelles des collectivités, mais aussi des attentes légitimes de la population.

    Il me semble également essentiel de parler du rôle de Gap comme ville pivot du département, capable de coopérer davantage avec les communes voisines et les autres institutions. C’est cette capacité à penser le territoire dans son ensemble qui conditionnera notre avenir collectif.

    Les Jeux olympiques vont marquer l’actualité jusqu’en 2030.

    Quelle est votre perception
    de ce sujet et quel traitement journalistique en attendez-vous
     ?

    É.C. : Les Jeux olympiques à venir constituent un événement majeur, mais ils ne doivent pas être abordés uniquement sous l’angle de la communication ou de l’exceptionnel. Pour un territoire comme le nôtre, l’enjeu est d’abord de comprendre ce que ces Jeux peuvent laisser durablement : en matière d’équipements, d’emploi, de pratiques sportives et d’aménagement du territoire.

    J’attends du traitement journalistique qu’il soit à la fois exigeant et ancré dans le réel : quels investissements, pour quels usages, avec quels impacts sociaux et environnementaux ? Comment associer les habitants et les acteurs locaux à ces projets ?

    Les Jeux peuvent être une opportunité, à condition qu’ils s’inscrivent dans une vision de long terme, au service du territoire et non l’inverse. C’est ce regard critique, constructif et indépendant que j’espère voir porté dans le débat public.

  • [Entretien] François Balique : « La Marseillaise dans les Alpes, c’est une excellente nouvelle ! »

    [Entretien] François Balique : « La Marseillaise dans les Alpes, c’est une excellente nouvelle ! »

    La Marseillaise : Comment avez-vous reçu l’annonce de l’arrivée de « La Marseillaise » dans les Alpes
    du sud le 7
     février ?

    François Balique : C’est une excellente nouvelle ! Je trouve très courageux de la part de La Marseillaise, de s’engager de cette manière. C’est un moyen d’information supplémentaire et cela participe de la diversité des opinions. Dans le 04 et dans le 05, il n’y a qu’un journal par département. Plus il y a de presse, mieux c’est pour la démocratie, pour les communes, pour les citoyens.

    C’est-à-dire ?

    F.B. : J’ai vécu par le passé avec trois quotidiens : Le Provençal, Le Méridional et La Marseillaise. Chacun avec sa sensibilité politique distincte. Ça fonctionnait bien, chacun achetait le quotidien dont il se sentait proche. Je me réjouis qu’un journal porteur d’idées différentes soit bientôt présent à nouveau. J’espère qu’il sera proche de la population. On est un département, les Alpes-de-Haute-Provence, de tradition républicaine ancienne. C’est le dernier à avoir résisté au coup d’État de Napoléon III. Quand vous regardez les derniers résultats des élections, il y a de quoi se poser des questions et être inquiet quand on est démocrate et républicain comme je le suis. Les jeunes, notamment, sont sensibles aux solutions simplistes. J’espère que La Marseillaise contribuera à ouvrir les yeux de ces jeunes sur les dangers de l’extrémisme.

    Quelles sont les problématiques auxquelles une commune comme
    la vôtre est confrontée
     ?

    F.B. : Je suis le maire le plus ancien du département, j’ai été élu en 1977. J’ai une donc une vision rétrospective de l’organisation communale. J’ai beaucoup œuvré pour l’intercommunalité, j’ai été vice-président de la communauté du pays de Seyne et depuis 2020 j’ai été confronté à la suppression de cette intercommunalité avec son intégration dans la communauté de Digne dans laquelle les communes rurales comme la mienne n’ont pas voix au chapitre. C’est un réel problème quand vous êtes maire d’une commune de 130 habitants quand vous êtes dans une agglomération de 47 000 habitants, vous comptez pour zéro. Je pense qu’il faut mener le débat pour un rapprochement avec le Département.

    Le Vernet a été tristement sous
    les feux des projecteurs avec la disparition du petit Émile, au-delà de cette actualité tragique qu’est-ce qui devrait selon vous intéresser
    un média de proximité dans votre commune
     ?

    F.B. : Nous donnons la priorité au pastoralisme, aux activités agricoles, à l’environnement et aux forêts. Il y a longtemps que la commune s’est engagée dans une politique de développement du tourisme vert avec la création de 7 emplois permanents et 7-8 emplois saisonniers. Tout ça fonctionne en harmonie, notamment sur le plan du logement permanent et des capacités d’accueil touristique et mériterait d’être mis en lumière.

    Quel regard portez-vous sur les JO qui arrivent ?

    F.B. : Ce que je crains, c’est que beaucoup de moyens soient mis pour un événement de quelques jours. J’espère que cela laissera des équipements pour les stations qui en ont besoin. S’il pouvait en sortir la continuité de l’autoroute entre Sisteron et Grenoble, et une amélioration des lignes de chemin de fer entre Aix-en-Provence et Briançon, ce serait déjà pas mal.

  • [Entretien] « Un apport précieux au débat démocratique »

    [Entretien] « Un apport précieux au débat démocratique »

    La Marseillaise : En quoi l’arrivée de « La Marseillaise » dans les Hautes-Alpes constituerait une bonne nouvelle pour vous ?

    Sophie Delfino : Ce serait une très bonne chose. Dans le 05, il n’y a qu’un seul journal. Avec tout le respect que j’ai pour ce journal d’ailleurs, il me semble évident que la pluralité de la presse favorise la démocratie. Cela diversifie les points de vue, les approches. Avec les municipales qui arrivent, la présence de La Marseillaise permettrait un apport précieux au débat démocratique.

    « La Marseillaise » est issue de la Résistance, vous reconnaissez-vous dans son histoire et sa démarche actuelle ?

    S.D. : Oui, il y a besoin de donner de l’écho à toutes les démarches progressistes. Dans notre département l’extrême droite prend de l’ampleur de façon inquiétante. La Marseillaise, avec les valeurs qu’elle porte, permet d’opposer publiquement une parole de progrès aux idées de régression.

    Dans un monde déchiré par les conflits, notre journal contribue-t-il, à vos yeux, à la bataille pour la paix ?

    S.D. : Oui, actuellement, et je l’espère à l’avenir dans les Hautes-Alpes. Le Parti communiste est depuis longtemps dans une démarche de défense de la paix. Nous avons besoin, ici, d’espaces pour exposer ce point de vue que je crois salutaire au regard de l’instabilité croissante du monde. De même, dans ce département, nos amis du Mouvement de la paix sont actifs mais rencontrent peu d’écho médiatique alors même qu’il y a plus que jamais besoin de visibilité pour ces combats-là.

    Quels enjeux spécifiques aux Hautes-Alpes vous semblent importants à prendre en compte pour un traitement utile de l’actualité ?

    S.D. : Il y a le thème des saisonniers qui est insuffisamment traité de mon point de vue, il est à la jonction de l’emploi, du logement et du tourisme. Ce serait intéressant d’avoir un point de vue différent sur le sujet, d’aller chercher la parole des saisonniers eux-mêmes, de recueillir le témoignage de celles et ceux qui, dans le 05, sont dans l’incapacité de se loger sur place. Ces sujets-là me paraissent vraiment prégnants et je sais que La Marseillaise les traite de bonne manière dans d’autres territoires.

    Les Jeux olympiques vont structurer l’actualité jusqu’en 2030, quelle est votre perception de ce sujet ?

    S.D. : C’est un sujet extrêmement clivant. Souvent c’est tout pour ou tout contre. Nous on défend une position autre : pour des JO populaires, à la portée de tous, qui favorisent le sport scolaire. C’est très important pour nous de faire cheminer cette approche qui prend en compte les intérêts du monde du travail. Nous avions pu mettre en lumière ces aspects de la préparation des JO à l’occasion de la venue de Bernard Thibault, à l’invitation de la CGT à Gap. Mais c’est insuffisant. Si La Marseillaise réussissait son pari de venir dans les Alpes, elle serait un atout certain pour mettre au cœur de l’actualité cette préoccupation.

  • ” La ruralité a besoin de pluralisme de la presse “

    ” La ruralité a besoin de pluralisme de la presse “

    La Marseillaise : Comment percevez-vous la démarche impulsée par les Amis de La Marseillaise pour créer les conditions
    d’une arrivée de notre journal
    dans les Alpes
     ?

    Lionel Tardy : Je trouve ça bien ! Je suis agréablement surpris qu’il y ait un regain de dynamisme. Je suis ravi pour le journal, pour son histoire, pour les valeurs qu’il porte. Bravo ! J’ai appris aussi qu’il y avait eu l’ouverture d’une nouvelle agence en Occitanie, je ne peux que m’en féliciter au regard des difficultés de la presse. Je trouve ça encourageant. Que La Marseillaise, puisse aller sur l’ensemble de notre région, c’est bien, ça lui donne une dimension importante. Je trouve qu’apporter du pluralisme dans ces bastions où ça ronronne est une bonne chose. J’espère que les acteurs du mouvement social, écologiste, associatifs pourront s’en saisir.

    Que représenterait pour vous l’arrivée de « La Marseillaise » ?

    L.T. : Un journal qui donne de l’écho aux mouvements qui appartiennent au spectre du progrès social, ça apporte du pluralisme. C’est à la fois un journal qui apporte matière à réflexion au monde du travail et qui organise le Mondial La Marseillaise à pétanque, c’est un repère dans notre région. Je souhaite que votre journal progressiste trouve sa place dans les Alpes, apporte par sa présence une sécurité démocratique.

    Vous êtes maire d’une petite commune alpine, quelles sont les thématiques qui vous importent et que vous aimeriez voir traitées dans un journal différent ?

    L.T. : C’est vrai que dans la ruralité nous sommes relativement isolés, dépendants de la voiture, éloignés des bassins d’emplois, avec des personnes âgées ou des personnes en refuge socialement parce qu’elles cherchent des logements pas cher. C’est toute une réalité qui mérite d’être prise en compte. Et pour autant dans ma commune de 500 habitants, à notre échelle, on se démène pour rendre service au plus grand nombre. On est dehors, on est avec les gens. On organise nous-mêmes des services de transports, on bricole, mais si on ne le fait pas on ne peut pas regarder son voisin dans les yeux. On ne peut pas se satisfaire quand il y a des manques. Ce sont des batailles pour faire en sorte que tous les gamins puissent manger à la cantine, on fait le repas à 1 euro. On est les premiers à faire du logement locatif. Il y a un volet social important. Tout cela n’a pas forcément un grand écho. Ce n’est pas notre priorité de faire parler de nous mais ça aurait sa place dans un journal qui ne soit pas lisse, qui prenne en compte les personnes discrètes qui font des choses généreuses et fortes, aurait du sens.

    Comment voyez-vous la perspective des Jeux olympiques ?

    L.T. : Les territoires alpins sont coupés en deux depuis les années 1960 avec d’un côté les zones de développement du tourisme d’hiver et les autres. Il y a de grandes disparités entre les zones tirées par la neige et celles qui ne l’ont pas été. On vit la fin du ski pour tous parce que la neige va manquer et qu’il y a une orientation un peu élitiste de ce secteur. La question pour moi c’est comment ces JO vont-ils pouvoir accompagner la montagne dans sa bifurcation, dans son avenir. Ils peuvent redessiner l’avenir des territoires de montagne. J’espère qu’il y aura des retombées pour tous, notamment en matière de desserte ferroviaire et de grandes infrastructures, et pas que des promesses.

  • [Entretien] « Un journal né de la Résistance a toute sa place dans les Alpes »

    [Entretien] « Un journal né de la Résistance a toute sa place dans les Alpes »

    La Marseillaise : C’est dans votre commune, aux Mées, que s’est tenu, début novembre, le banquet des Amis de La Marseillaise pour
    que notre titre étende sa zone de diffusion aux Alpes. L’affluence était forte. Ça vous a surpris
     ?

    Frédéric Puech : Oui, agréablement surpris comme on dit. Il y avait beaucoup de monde et on sentait la forte envie de voir La Marseillaise venir sur les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes. J’ai senti un véritable engouement.

    À votre avis, à quoi est-ce lié ?

    F.P. : Il y avait des gens qui avaient connu et apprécié La Marseillaise et qui ne l’ont plus et puis d’autres qui déploraient un manque de pluralisme, d’approches différentes. Tous recherchent, je crois, un regard sur notre territoire, c’est très important et aussi un accès à une vision plus large de l’actualité. Il y a besoin d’une pluralité de traitement de l’actualité.

    Quels sujets, quelles thématiques jugez-vous prioritaires et insuffisamment traités ?

    F.P. : Il y a plusieurs sujets de préoccupations dans les Alpes. Les services publics et tout particulièrement la santé. On l’aborde souvent du point de vue des luttes sociales et c’est bien mais il faudrait aussi qu’on prenne cette question plus politiquement. Qu’on regarde comment on peut aider les territoires ruraux à retrouver un accès aux soins qui répondent aux besoins des gens. Dans les territoires ruraux et montagnards, c’est difficile. C’est un sujet qui mérite un regard un peu plus critique que la seule installation de maisons de santé pour pallier l’urgence. Bien évidemment il y a aussi le développement économique. Ici l’industrie est peu présente, il y a quelques sites mais ils ont leur importance. Le tourisme est un enjeu important. Les Jeux olympiques qui arrivent nous aideront-ils sur le plan du désenclavement et du développement des sports ou non ? C’est un véritable sujet qui mérite un approfondissement.

    Il y a aussi des échéances démocratiques qui arrivent bientôt. Est-ce que l’identité de « La Marseillaise » qui est née dans la Résistance est un repère pour vous, face à l’influence croissante de l’extrême droite ?

    F.P. : Oui, les valeurs portées par La Marseillaise sont importantes de ce point de vue là. Ici, l’extrême droite atteint des niveaux très importants alors que nous sommes un territoire de Résistance. Il y a toute une mémoire qui mérite d’être rappelée. Il y a eu des largages, des groupes de travailleurs étrangers qui sont entrés en Résistance. Un journal né de la Résistance, qui est sur ces valeurs humanistes, progressistes, de partage, de solidarité a toute sa place dans les Alpes.

  • [Entretien] Sylvain Moretti : « “La Marseillaise” est nécessaire dans les Alpes »

    [Entretien] Sylvain Moretti : « “La Marseillaise” est nécessaire dans les Alpes »

    La Marseillaise : En mai dernier, le congrès de l’UD CGT 04 posait en grand la question du pluralisme de la presse avec un débat qui lui était dédié. Pourquoi aviez-vous fait ce choix ?

    Sylvain Moretti : C’était lié à l’absence de La Marseillaise dans notre département depuis 10 ans. La direction de l’UD avait fait ce choix, constatant la nécessité d’avoir un pluralisme de la presse et une présence d’un journal progressiste. Ça a soulevé un débat plus qu’intéressant et ça a surtout généré un engagement et une volonté des syndicats de remédier à cette problématique que nous vivons dans le département. Ça a été un moment fort du congrès, car tout le monde a compris qu’il est indispensable pour nos luttes d’avoir une presse progressiste qui traite nos informations.

    Depuis ce point de départ, des Amis de La Marseillaise se sont organisés dans les Alpes pour prendre des initiatives pour populariser notre journal et créer les conditions de son arrivée. Ça vous a surpris ?

    S.M. : On a été surpris et réjouis. Bien sûr, comme je l’expliquais, on a un intérêt à ce qu’une presse progressiste existe mais on a été surpris de l’engouement que la démarche a pu prendre avec régulièrement beaucoup de monde sur les initiatives et un élan de solidarité envers le journal que l’on ressent au quotidien sur nos mobilisations. On est surpris et enthousiaste parce qu’on est persuadé que dans le monde dans lequel on vit la présence de La Marseillaise sur le 04 permettrait de changer les choses et de conforter les positions que peut porter la CGT pour combattre toutes les inégalités, pour remédier aux difficultés que l’on rencontre et pour faire émerger un monde nouveau.

    Les Amis de La Marseillaise diffusent le journal tous les samedis avec un point d’orgue le 7 février ou ils seront présents simultanément dans 6 communes. De quel œil voyez-vous cette démarche ?

    S.M. : C’est une très bonne chose. Notre objectif dans notre congrès, c’était d’engager les syndicats pour gagner le pluralisme de la presse dans notre département donc toutes les initiatives qui seront prises dans ce sens, dans celui du retour de La Marseillaise, aura notre soutien. La CGT s’engagera avec toutes les forces qui sont en capacité de se mobiliser pour y arriver le plus rapidement possible.

    En quoi, pour vous, « La Marseillaise » se distingue-t-elle dans le paysage médiatique ?

    S.M. : Il suffit de l’ouvrir pour constater sa spécificité. Aujourd’hui, il y a peu de journaux qui donnent autant de place aux mobilisations sociales, aux luttes et aux batailles des salariés menées dans les entreprises et les services publics. C’est précieux pour faire connaître les propositions de la CGT, les propositions de progrès social. La Marseillaise porte une alternative, une vision bien différente des médias détenus par le grand capital qui répètent à l’infini que la seule solution pour s’en sortir c’est l’austérité. La Marseillaise, elle, est porteuse d’espoir pour l’ensemble des travailleurs de notre département.

    Dans quel délai imaginez-vous pouvoir remporter la bataille pour l’arrivée de « La Marseillaise » dans les Alpes ?

    S.M. : Plus rapidement on aura le journal dans les Alpes, plus on aura de chance de remporter nos batailles. La bataille des idées, de l’information, c’est quelque chose de fondamental pour construire des victoires. On a réellement besoin dans un département comme le nôtre, avec son histoire, d’avoir La Marseillaise en kiosques tous les matins.