Tag: pluie

  • Le Lunellois sous les eaux, le Gard durement touché

    Le Lunellois sous les eaux, le Gard durement touché

    C’est le Lunellois qui a enregistré les plus gros dégâts dans l’Hérault lors de l’épisode méditerranéen survenu dans la nuit du 19 au 20 octobre. Jusqu’à 200 mm de pluie sont en effet tombés localement en quelques heures. Face à la montée des eaux, la maire de Lunel, Paulette Gougeon, a activé la cellule de crise dès 1h du matin. Les agents municipaux se sont relayés toute la nuit au gymnase Arnassan pour accueillir les personnes sinistrées. Selon la préfecture, 25 personnes ont été mises en sécurité, une dizaine d’habitations ont été touchées et près de 70 sapeurs-pompiers mobilisés. Quatre véhicules ont également été bloqués par les eaux après s’être engagés sur des axes inondés. Mardi 20 au matin, la préfète de l’Hérault s’est rendue sur place aux côtés de la maire de Lunel pour établir un bilan de la situation. Les communes voisines de Saint-Just, Saint-Nazaire et Villetelle ont aussi été impactées. L’agglomération de Montpellier a, elle, été relativement épargnée. Les volumes de pluie y ont été bien moindres que dans les secteurs voisins.

    Axes routiers coupés

    De l’autre côté du Vidourle, dans le Gard, les conséquences ont aussi été importantes. Les plaines et la Petite Camargue ont subi d’importants ruissellements. Les villes d’Aigues-Mortes, Vauvert et Vergèze ont été particulièrement touchées par les inondations. Les débordements et les chaussées submergées ont entraîné de nombreuses coupures de routes et de ponts, notamment autour du Vidourle (qui a atteint, à Sommières, une hauteur de 3,10 mètres) et du Vistre (qui a atteint 2,88 mètres au Cailar), compliquant les déplacements entre la Petite Camargue et le Lunellois. L’autoroute A9, fermée dans les deux sens entre Nîmes et le secteur de Gallargues-le-Montueux, a été progressivement rouverte mardi 20. Les inondations ont également endommagé des voies ferrées, entraînant une interruption du trafic sur tout ou partie des lignes Nîmes-Lunel (les premières circulations devraient reprendre le 25 octobre) et Nîmes-Grau-du-Roi. Lié à la dépression « Adam », l’épisode a ensuite progressé vers la Provence.

  • Résilience et solidarité au lendemain des intempéries

    Résilience et solidarité au lendemain des intempéries

    Adossé au capot de sa voiture, Arnaud boit un verre de blanc entouré de ses fils et de ses amis. « On se laisse pas abattre », plaisante-t-il, alors qu’il prend une pause dans le vidage de sa maison. Derrière lui, des tas d’affaires détrempées. Hier, ce Saint-Mitréen a « tout perdu ». L’eau a commencé à pénétrer son foyer dès 4h du matin, avant de devenir un véritable torrent et de tout dévaster sur son passage. Son voisin d’en face, emporté par les flots, est décédé. En contrebas, une 208 rouge embarquée jusque dans l’étang de Berre témoigne de la violence du phénomène auquel ont dû faire face les habitants de Massane.

    Au lendemain des intempéries, Arnaud répète : « On va s’en sortir, ça va aller », les yeux embués. « Sur le coup, on réagit, confie-t-il. C’est après qu’on a peur. » Le traumatisme est là. Heureusement, la solidarité aussi. Ses amis, Lucie et Benjamin, sont venus d’Istres pour prêter main-forte. « On a eu 80 cm d’eau dans la dépendance, raconte le couple. Au départ, on était angoissés, mais quand on a vu ce qui se passait ailleurs, on s’est dit qu’on était chanceux. »

    Revoir le schéma

    de risque inondation

    La veille, des centaines de foyers ont été détruites lors d’un épisode méditerranéen d’une ampleur exceptionnelle, la tempête Adam. Dans l’Ouest des Bouches-du-Rhône, plus de 300 mm de pluie sont tombés en moins de 24 heures par endroits. Ce mercredi 21 octobre, la présidente du Département (DVD), Martine Vassal, est allée à la rencontre des sinistrés dans les communes les plus touchées. Elle annonce la création d’un fonds de soutien doté d’une « première enveloppe » de 5 millions d’euros « pour pouvoir aider à la reconstruction des équipements qui ont subi des dommages ». « On est de tout cœur avec les victimes, affirme-t-elle. C’est choquant, surtout un événement qui ne s’est jamais vu de cette importance-là. Donc il faut prévoir les choses, le Département est aux côtés des maires. » Les modalités d’utilisation seront déterminées à l’échelle communale.

    À Saint-Mitre-les-Remparts, la priorité des prochains jours est de « libérer les voies, nettoyer les routes, les sécuriser avec l’aide du Département », détaille le maire (DVD), Vincent Goyet. Au-dessus du hameau, des gravats entravent la route des Plages, où quatre voitures ont fini dans le fossé. À l’échelle des Bouches-du-Rhône, une trentaine de voies départementales ont été endommagées. Une centaine d’agents sont sur le terrain pour rétablir la situation. La direction des routes affirme : « Il est encore tôt pour évaluer les dégâts, mais des analyses seront réalisées au cours de la semaine ».

    Une fois ces urgences réglées, Vincent Goyet souhaite engager une réflexion sur la « gestion du risque inondation avec l’aide de la Métropole et de la Région ». Dans cette petite commune de 6 000 habitants, le sous-dimensionnement du réseau d’eaux pluviales a signé le destin du quartier de Massane. Entre deux habitations, la roubine « mère » a cédé sous la pression du flux, emportant avec elle un mur entier. « On est ici dans l’axe de vallons agricoles qui ont concentré des eaux de ruissellement, c’est de là qu’est venue la difficulté, même si on n’avait jamais connu un tel événement, précise l’édile. Il faut qu’on repense un schéma qui soit à la hauteur de ces risques exceptionnels, qui doit nous conduire notamment à redimensionner et aménager roubines et bassins de rétention. »

    Arnaud se remémore : « Il y avait déjà eu des travaux pour renforcer les infrastructures, pendant dix ans, on n’a plus eu de problème, et là, on vient de prendre un truc hors norme. Après, on est sur une zone à risques. C’étaient des cabanons ici historiquement. On gère avec l’héritage ». Un héritage lourd à porter. Dans sa maison, l’eau est montée jusqu’à 1,5 m. Les portes-fenêtres ont été arrachées, les meubles en bois massif déplacés, les objets balayés. « Ça a fait une vague qui a tout explosé. » « Maintenant, il faut attendre l’expert de l’assurance et obtenir la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle », résume-t-il. Les maires des communes affectées et la présidente du Département en ont fait la demande auprès du préfet.

    Les pompiers des Bouches-du-Rhône indiquent que 760 pompiers, ainsi que des renforts extra-départementaux, ont été présents sur le théâtre des opérations, mercredi, avec 400 interventions recensées.

  • Les communes de l’Étang de Berre les pieds dans l’eau

    Les communes de l’Étang de Berre les pieds dans l’eau

    Les Villes de Martigues, Berre-l’étang, Saint-Mitre-les-remparts, Istres et Port-de-Bouc ont activé leur Plan communal de sauvegarde (PCS) à la suite des fortes intempéries survenues dans le secteur depuis lundi.

    Le vallon de Massane et la ZAC des Étangs sont signalés comme impraticable, Saint-Blaise est à éviter. Plus de 220mm de pluie sont tombés par endroits. La Théâtre de La Manare, à Saint-Mitre, est ouvert comme lieu d’accueil des sinistrés, de la même manière que le gymnase Donadieu et la Grange à Entressen, ou la salle Gagarine à Port-de-Bouc. L’ensemble des crèches de Martigues sont fermées, certaines inondées comme à Port-de-Bouc. Les centres de loisirs de Martigues sont fermés sauf pour celui de Canto-Perdrix, comme pour tous ceux de Berre et de Port-de-Bouc.

    Partout, la même consigne est donnée : ne pas emprunter les routes et de différer les déplacements, insistent les Pompiers 13.

  • Comment les Cévennes gardoises s’adaptent au risque inondation ?

    Comment les Cévennes gardoises s’adaptent au risque inondation ?

    Les Cévennes sont-elles prêtes pour les prochains épisodes cévenols violents ? Pas si sûr. Pourtant ce territoire est habitué à voir ses rivières sortir de leur lit. Les plus anciens se souviennent notamment des inondations de 1958. À l’époque le Gardon, le Vidourle et la Cèze, en crue, provoquèrent d’importants dégâts sur 45 communes, tuant plus de 30 personnes.

    Suite à cet épisode, une prise de conscience collective s’effectue. À cette époque de grands travaux, la décision est prise de construire cinq barrages qui verront le jour entre 1967 et 1982. Un autre est également construit à Villefort, en Lozère, en 1964, qui permet d’influencer les cours d’eau cévenols. Des infrastructures très onéreuses gérées par le Département. Le barrage de Sainte-Cécile-d’Andorge subit par exemple actuellement d’importants travaux de mise en sécurité et de confortement estimés à plus de 27 millions d’euros.

    Pour les trois barrages situés sur le Vidourle, c’est aussi 600 000 euros d’entretien chaque année à débourser. Ces barrages, dont deux sont écrêteurs de crue, permettent chacun de retenir 10 millions de mètres cubes d’eau. Pourtant, leur impact est limité. « Si l’orage est un kilomètre après le barrage, ça ne sert à rien », prévient Jacques Dautheville, maire de Conqueyrac et ancien vice-président de l’Établissement public territorial de bassin (EPTB) du Vidourle. L’élu a surtout constaté qu’en 2002, les deux barrages situés sur sa commune n’avaient pas empêché l’importante crue de toucher sa mairie, qui s’était retrouvée sous 1,5 mètre d’eau.

    En réalité, la plupart des habitants du territoire savent qu’il est impossible de se prémunir complètement face à ces épisodes violents.

    Adaptation du bâti

    C’est pour cela qu’un important travail de signalisation des zones inondables, mais aussi des ponts submersibles (notamment après 2024 lorsque six personnes avaient péri sur ces infrastructures) a été réalisé. Comme partout en France, le système FR-Alert s’est démocratisé depuis 2022. Les municipalités se sont également munies de plans communaux de sauvegarde (PCS) pour faire face à la crise. Alès a également créé une réserve communale de sécurité civile en 2022.

    Aujourd’hui, la compétence Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) a été cédée aux intercommunalités, qui travaillent avec les syndicats de bassin pour entretenir les cours d’eau, restaurer les zones d’expansion des crues et réduire les dommages. Mais ce sont bien les trois syndicats (Vidourle, Gardon, Cèze) qui ont en charge le Programme d’actions de prévention des inondations (Papi) permettant non seulement de construire des digues mais aussi d’adapter la vulnérabilité des bâtiments.

    Celle-ci est l’un des axes privilégiés pour se prémunir du risque. Les communes ont d’abord des plans de prévention du risque inondation (PPRI), qui permettent de réglementer l’urbanisation selon la hauteur et la vitesse possibles des eaux. Ensuite, les mairies n’hésitent plus à mettre en œuvre des relocalisations de logements dangereux c’est-à-dire racheter à leurs propriétaires les habitations dans des zones dangereuses pour ensuite les détruire, renaturer et désimperméabiliser la zone. Ce fut par exemple le cas à Alès près du ruisseau du Grabieux, où 27 ventes ont été conclues et 24 maisons détruites sur les 35 identifiées comme les plus dangereuses.

    Pour les logements restés occupés, a été créé le dispositif Alabri (Accompagnement à l’adaptation du bâti face au risque Inondation), qui n’est pas forcément connu de tous. Il permet pourtant d’accompagner les propriétaires dont le logement est situé en zone inondable, avec la possibilité de réaliser un diagnostic individuel et de lancer des travaux comme la mise hors d’eau des équipements électriques, la protection des ouvertures, l’adaptation des accès ou la création d’espaces refuges. Il permet également de débloquer des aides pour les ménages les plus modestes.

  • Les caprices du ciel sèment le chaos dans le Gard et l’Hérault

    Les caprices du ciel sèment le chaos dans le Gard et l’Hérault

    Onze départements d’Occitanie avaient été placés en vigilance orange aux orages par Météo-France. L’accumulation d’air chaud liée aux canicules successives de cet été a servi de carburant aux orages qui ont balayé la région ce 24 août, avec un épisode particulièrement violent dans l’Aude (lire aussi P.22), où une tornade dévastatrice s’est abattue vers 17h30 sur le village de Pomas, faisant 39 blessés et de nombreux dégâts matériels (300 habitations impactées).

    Ces pluies torrentielles, accompagnées de grêle et de fortes rafales de vent, ont ensuite frappé l’Hérault, où les intempéries ont débuté vers 17h30 pour traverser le département d’ouest en est. Vers 20h30, les orages avaient filé vers le Gard voisin. Un phénomène relativement rapide, mais très intense. Les stations météorologiques ont en effet enregistré des vents d’une violence rare, avec des pointes à 121 km/h mesurées à Pézenas-Tourbes et 112 km/h à Murviel-lès-Béziers. Couplées à des précipitations pouvant atteindre 50mm dans le Biterrois et 20 à 30 mm à Montpellier en quelques minutes, ces rafales ont causé d’importants dégâts.

    Dans l’Hérault, où plus de 500 sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour 150 interventions d’urgence, « 35 communes ont subi des dégâts matériels lors de cet épisode, majoritairement liés aux fortes rafales et aux chutes d’arbres », indique la préfecture dans un communiqué qui dresse le bilan de l’épisode.

    Un seul blessé léger

    dans l’Hérault

    « Des dégâts ont notamment été constatés sur des toitures, des routes et les réseaux électriques, ainsi que dans plusieurs parcelles viticoles avec des rangs de vignes couchés et des arbres fruitiers brisés ». Une quarantaine de maisons ont été endommagées sur l’ensemble du département. Paulhan, à mi-chemin entre Béziers et Montpellier, a été particulièrement touchée par les intempéries. De même que Saint-Georges d’Orques, dans l’agglo montpelliéraine, qui offrait elle aussi, au lendemain de ce violent épisode orageux, un paysage de désolation avec une centaine d’arbres déracinés, dont certains se sont abattus sur des voitures en stationnement. Les lignes électriques (au plus fort de l’épisode, 22 000 clients ont été privés d’électricité dans l’Hérault) et le réseau routier ont particulièrement souffert. À Montpellier, les pluies torrentielles ont inondé certaines rues, rendant le passage des bus et des trams difficile. Fort heureusement, le bilan humain reste très limité : « Une seule personne a été légèrement blessée lors des intempéries à la suite d’une chute de branche, tandis qu’à Capestang, une famille dont le véhicule avait été touché par la chute d’un arbre a été secourue et est indemne », relate la préfecture. L’événement n’est pas classé en état de catastrophe naturelle, informe-t-elle : « les particuliers ayant subi des dommages sont invités à se rapprocher de leur assurance dans les plus brefs délais ». Un classement toutefois réclamé publiquement par le sénateur PS de l’Hérault Hussein Bourgi et la députée PS héraultaise Fanny Dombre-Coste.

    Dans le Gard, que les orages ont atteint vers 20h30 avec un peu moins d’intensité, une centaine de pompiers ont réalisé une vingtaine d’interventions, dont trois pour des débuts d’incendie liés à la foudre dans des maisons à Alès, Sauve et Bernis. Sur le plan humain, « un motard a été légèrement blessé après avoir percuté une branche sur la route à Nîmes », relate Ici Gard-Lozère. Le 25 août au matin, 300 foyers étaient toujours privés d’électricité dans le département, selon la radio locale. À noter que la journée du 24 août a été « la plus foudroyée de l’année », avec 26 000 impacts de foudre recensés, selon l’observatoire des tornades et orages Keraunos. Un phénomène immortalisé par l’agroclimatologue et chasseur d’orages héraultais Serge Zaka, qui a saisi et publié sur son réseau social X des images spectaculaires. Amélie Goursaud

  • Marseille : annulation du concert «scène sur l’eau»

    Marseille : annulation du concert «scène sur l’eau»

    Ce samedi soir à partir de 20h30, les artistes Jungeli, Holly G & Shanika et Scorpio Qveen devaient se produire sur la scène sur l’eau de l’Été Marseillais. En raison des mauvaises conditions météorologiques et pour des raisons de sécurité, le concert est annulé, a informé cet après-midi la Ville de Marseille.

  • En Occitanie, des nappes phréatiques bien rechargées

    En Occitanie, des nappes phréatiques bien rechargées

    « Les précipitations hivernales et printanières ont permis une recharge efficace des aquifères du département de l’Hérault. Dans l’ensemble, les niveaux des nappes sont au-dessus des moyennes en cette fin de printemps. Les restrictions d’usages sur les aquifères étant fonction de leur état de remplissage, ces restrictions devraient être limitées dans les semaines à venir, par rapport à celles observées les années précédentes », assure Perrine Fleury, hydrogéologue pour le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) en charge du périmètre de l’Hérault.

    « Toutefois, en ces périodes de très forte chaleur, le suivi des nappes se poursuit afin de qualifier l’évolution des situations dans les semaines et mois à venir, en effet le tarissement des nappes risque de s’accélérer en lien avec l’augmentation des prélèvements », précise tout de même cette dernière, au regard des épisodes de forte chaleur prévus avant l’été.

    Pour rappel, les restrictions d’usage de la ressource en eau ont été levées par la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet en février 2026, après des épisodes pluvieux très encourageants.

    Après plusieurs années marquées par des sécheresses répétées et des restrictions d’usage parfois sévères, l’Hérault aborde l’été 2026 dans une situation hydrique plus favorable.

    Les pluies abondantes de l’hiver et du printemps ont permis de recharger efficacement les nappes phréatiques du département, poussant même la préfecture à lever dès février dernier les restrictions d’eau en vigueur. Une amélioration saluée par les spécialistes, qui restent néanmoins prudents face aux épisodes de fortes chaleurs déjà annoncés pour les prochaines semaines.

    Une situation meilleure, mais encore fragile

    Pour Guillaume Latgé, hydrogéologue, les pluies importantes enregistrées ces derniers mois ont permis de sortir d’une situation particulièrement critique. « On a eu une recharge pluviométrique nettement plus importante que les moyennes habituelles en fin d’année dernière et en début d’année, avec des épisodes assez conséquents et répétés qui ont permis une recharge efficace de la plupart des aquifères », explique-t-il. Résultat : les nappes affichent aujourd’hui des niveaux « modérément hauts », voire localement « hauts », une situation qu’il qualifie de « plutôt favorable par rapport à d’habitude ».

    Cette amélioration tranche avec les années précédentes, marquées par l’accumulation des déficits hydriques. Dans certains secteurs de l’Hérault, notamment dans les hauts cantons et la vallée de l’Orb, des communes avaient dû être approvisionnées par camions-citernes pour faire face au manque d’eau potable. « A priori, cette année, on ne devrait pas se retrouver dans des situations aussi critiques », estime l’hydrogéologue.

    Mais ce répit pourrait rester temporaire. Car la situation dépend désormais largement des précipitations à venir et surtout des températures estivales. « S’il ne pleut pas du tout, la situation va quand même s’aggraver un petit peu », prévient Guillaume Latgé, qui rappelle que certains aquifères disposent de faibles capacités de stockage et peuvent rapidement retomber en tension.

    L’hydrogéologue alerte également sur les conséquences du réchauffement climatique. « Les scientifiques mettent en évidence des étés de plus en plus chauds, de plus en plus précoces, avec des périodes de fortes chaleurs plus longues », souligne-t-il. Ces épisodes accélèrent la consommation d’eau par la végétation mais aussi par les usages humains. « On va vers des situations de plus en plus tendues si la météorologie continue comme ça », conclut-il.

    Si les restrictions d’eau devraient donc rester limitées à court terme, le département de l’Hérault demeure sous surveillance à l’approche de l’été.

  • L’état de la ressource en eau rassurant à l’approche de l’été

    L’état de la ressource en eau rassurant à l’approche de l’été

    À l’instar de ce qui est fait à travers le projet Var Bleu, le département du Var est mobilisé contre les risques de stress hydrique. C’est à ce titre que le Comité ressources en eau se réunit à intervalles réguliers, sous la direction du préfet du Var Simon Babre, pour réaliser un état des lieux. Un exercice important à l’approche de la saison estivale, qui s’est tenu jeudi 28 mai en compagnie des acteurs de la gestion de l’eau et de la sécheresse dans le département (services de l’État et établissements publics, élus, collectivités, usagers et associations).

    Le premier constat se veut rassurant : après une saison de recharge de l’hiver 2025-2026 excédentaire (+24% de précipitations, soit 775 mm pour 626 attendus), les nappes souterraines sont à un niveau satisfaisant. « Fin 2025, les nappes, notamment celles du centre Var, étaient déjà rechargées, et le niveau des nappes côtières était stable, un peu en dessous de la moyenne », explique Marc Moulin, hydrologue au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM). « Il y a eu un tournant en décembre avec les crues spectaculaires du Gapeau, de la Giscle et de l’Argens, ce qui a conduit les nappes alluviales, situées sous les fleuves côtiers, à des niveaux plutôt hauts. »

    Pas de prévisions saisonnières fiables

    Comme en 2025, les trois premiers mois de l’année ont conforté cette tendance, notamment grâce aux nouvelles crues de février ayant placé les nappes « en position hautes à très hautes. On a désormais commencé la phase de tarissement », poursuit le scientifique, qui annonce « un étiage relativement modéré cette année. Comme on part de haut, on ne va pas arriver très bas, même si le tarissement est un peu précoce par rapport à d’habitude. » Et ce, malgré l’absence de pluie et des températures assez élevées depuis le début du mois d’avril.

    Mais avec des cours d’eau en baisse, il conviendra cependant de faire preuve de sobriété, annonce la préfecture, afin de restreindre tant que possible les mesures de restriction. D’autant plus que pour ce faire, on ne pourra pas vraiment compter sur les prévisions en termes de précipitations, celles-ci n’offrant pas « de tendances marquées à trois mois en Europe de l’ouest. Il y a trop d’incertitudes car nous sommes sur une zone de latitude moyenne », annonce Hélène Correa, responsable du service Prévision et Climatologie de Météo France sur la région sud-est.

    Ce Comité ressources en eau a aussi permis d’aborder la question de l’amélioration de la connaissance des prélèvements (près de 210 millions de m³ par an dans le Var) : 62% destinés à l’eau potable, 32% pour les usages agricoles et 6% pour d’autres usages économiques (golfs, ports, industries…). La Chambre de commerce et d’industrie a également présenté le programme ReS’Eau, qui accompagne les entreprises du tourisme vers la sobriété hydrique, du diagnostic des usages jusqu’à la mise en place d’actions concrètes.

  • Le chemin des Alpilles réaménagé

    Le chemin des Alpilles réaménagé

    Limiter les phénomènes d’accumulation d’eau lors des épisodes pluvieux, adapter la chaussée au passage des poids lourds fréquentant quotidiennement la zone d’activité ou encore sécuriser la circulation des riverains, piétons et cyclistes entre l’avenue du Colonel-Noël et la voie douce… Voici les principaux objectifs qui ont conduit Provence Alpes Agglomération, gestionnaire de la zone d’activité des Sièyes à réaliser ces travaux d’aménagement pour un coût global de 323 000 euros (HT).

    Les travaux comprenaient : la réalisation de deux voies de circulation d’un gabarit de 2,25 mètres de large, adaptées aux véhicules jusqu’à 40 tonnes, un giratoire de retournement pour les poids lourds, une voie sécurisée dédiée aux piétons et cyclistes et un réseau d’eaux pluviales, accompagné d’un bassin de rétention pour éviter les inondations de la chaussée.

    Démarré en octobre, le chantier s’est achevé début juin, « il a nécessité la prise en compte de plusieurs contraintes majeures », commente le gestionnaire, avec notamment « l’évacuation de vestiges de l’ancienne activité industrielle du site, le déplacement de réseaux (électricité et fibre optique) sans interruption de service et bien évidemment » et « le maintien de la desserte des entreprises de la zone d’activité pendant la durée des travaux ».

    À noter que « des plantations d’arbustes d’essences locales sont également prévues cet automne pour verdir le site », stipule Provence Alpes Agglomération qui a financé les travaux avec le soutien du Département des Alpes-de-Haute-Provence à hauteur de 20 000 euros. « Des travaux qui contribuent à renforcer l’attractivité de la zone d’activité économique du territoire », conclut-elle.

  • Quand les moustiques attaquent en plein hiver

    Quand les moustiques attaquent en plein hiver

    Attention ça pique… déjà. Sans présager de ce que pourra être la saison estivale, l’EID (Entente Interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen), constate « des éclosions généralisées d’Aedes detritus, une espèce de moustique hivernale caractéristique des zones temporairement inondées ». La bestiole, plus discrète que son cousin tigré, car « sans motif particulier », sans « ornementation sur les pattes », reste « un des moustiques les plus présents et nuisants des marais halophiles du littoral méditerranéen » estime l’EID. La multiplication des étendues d’eau et les températures douces depuis décembre ont permis sa prolifération. Les agents de l’EID étant aussi empêchés d’agir à terre de par les inondations et n’ayant eu qu’un « recours restreint » aux moyens aériens. Résultat : la présence de larves a été repérée sur près de 6 000 hectares entre janvier et février, contre 2 900 hectares sur la même période en 2025.

    Des traitements par drones

    Portés par le vent, les insectes se déplacent « assez rapidement, de plusieurs kilomètres vers l’intérieur des terres » et tendent « à se réfugier dans les zones abritées en attendant les moments calmes et doux pour piquer en journée à l’extérieur ». Dans son bulletin concernant les Bouches-du-Rhône pour la semaine, l’EID indique qu’ils ont débarqué en Camargue et dans les communes de l’étang de Berre. Des traitements larvicides biologiques avec l’épandage d’une bactérie qui bloque le développement des larves, « ont été réengagés par différents moyens aériens et terrestres dès mardi 17 mars, et vont se poursuivre au gré des conditions favorables », précise-t-on.

    Plus de 160 hectares ont été traités la semaine précédente dont 31 % par avion. Des traitements par drone ont également été effectués. L’EID prévoit un risque de nuisance maintenu sur les territoires déjà impactés « avec un déplacement possible vers l’intérieur des terres lors des journées où les vents de mer souffleront faiblement. »