Tag: plongeurs

  • [C’est l’été] Une plongée dans l’histoire du sous-marin Saga

    [C’est l’été] Une plongée dans l’histoire du sous-marin Saga

    À l’Estaque, un géant jaune de 28 mètres de long et de 300 tonnes sommeille dans un hangar. Le Saga, plus grand sous-marin civil du monde, imaginé par le commandant Cousteau, reprend vie à travers une conférence donnée par l’association des Compagnons du Saga ce vendredi, au stade nautique Florence-Artaud. L’évènement, gratuit, affiche déjà complet.

    Pendant près d’une heure et demie, le public va remonter aux origines du Saga, né d’une ambition de Jacques-Yves Cousteau : « faire vivre et travailler des hommes sous l’eau », rappelle Marius Orsi, vice-président des Compagnons du Saga. Après trois expériences de vie sous-marine, Cousteau imagine une maison autonome pour « cracher » des plongeurs jusqu’à 450 mètres de profondeur.

    Le projet prend forme en 1970 à L’Estaque, mais s’arrête rapidement, faute de financement de l’État. Il ne reprend qu’en 1983 sous l’égide de la Comex, la compagnie maritime d’expertises et de l’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer. « Ils sont partis d’une nouvelle étude, en tenant compte des nouvelles technologies », précise Marius Orsi. Ce qui a permis d’« aboutir sur un projet bien plus performant que le premier », souligne celui qui a participé au premier chantier du Saga en tant que mécanicien. En 1987, une fois achevé, le sous-marin possède une autonomie de 21 jours, contre huit initialement.

    « C’est, encore aujourd’hui, le seul sous-marin au monde où on a pu faire sortir et travailler des plongeurs à 320 mètres de profondeur », insiste Marius Orsi. Pourtant, faute de moyens financiers pour le déployer sur de longues missions, l’histoire du Saga s’arrête une nouvelle fois, en 1991, où il est remisé à l’Estaque.

    Des visites virtuelles gratuites

    Ce n’est qu’en 2012 qu’une douzaine de passionnés, les Compagnons du Saga, entreprennent sa sauvegarde : restauration dans l’ancien atelier de la Comex, visites ouvertes au public depuis 2017 et un livre publié cette année. « Le but de ce livre c’est de laisser une trace des compagnons et des 50 ans d’histoire de ce sous-marin », explique le vice-président de l’association.

    Les visites du hangar sont toutefois suspendues depuis août 2025, pour des raisons de sécurité liées au site. « On reste optimistes pour rouvrir très rapidement », soutient-il. En attendant, les Compagnons du Saga proposent ce vendredi, avant la conférence, de 16h à 18h, par créneaux de 15 minutes, des visites virtuelles gratuites du sous-marin. « Dans des casques de réalité virtuelle, les visiteurs pourront découvrir le Saga de l’intérieur, comme s’ils y étaient. C’est très beau. On s’y croirait ! » assure Marius Orsi.

  • À bord des contrôles de plongée en Méditerranée

    À bord des contrôles de plongée en Méditerranée

    Gilet de sauvetage, robinet, détendeur et masque… Aucun équipement de plongée n’échappe au contrôle. Alors que cette année, dans la région, deux personnes sont décédées d’un accident de plongée, les autorités engagent un 8e jour de patrouille en mer, ce mardi 28 juillet.

    La Brigade des affaires maritimes et la DDPP se sont élancées de Marseille pour contrôler la conformité des équipements d’associations et de clubs de plongée. Un dispositif « renforcé durant l’été » afin de « protéger les touristes », explique Yves Zellmeyer, directeur de la DDPP des Bouches-du-Rhône. Durant cet après-midi, les efforts sont concentrés sur la Côte Bleue, avec un arrêt sur la calanque de Niolon.

    Sur place, un bateau de plongeurs, reconnaissable à son drapeau blanc et bleu. Premier réflexe pour Emmanuel Jacquot, employé du département chargé des contrôles : demander la fiche de sécurité du bateau. Une manière pour lui de connaître le responsable et les encadrants. Durant une dizaine de minutes, l’agent de la DDPP inspecte aléatoirement six équipements du navire. Aucun problème pour la vingtaine de passagers, qui ont pu reprendre leur sortie en mer. Si elle a semblé interroger les touristes, l’opération n’a rien de surprenant pour Julien Dubois, moniteur de plongée : « Chaque année, je suis contrôlé au minimum une fois en début de saison ».

    Travail de longue haleine

    Après 15 ans de contrôles auprès des clubs de plongée, Emmanuel Jacquot constate « une vraie amélioration », mais, pour cela, il a fallu « se fâcher et fermer des clubs », se souvient-il. Sa méthode : « Se mettre au même niveau que les plongeurs ». En effet, il pratique aussi la plongée. Des connaissances qui l’avantagent, car « ils ne peuvent pas me mentir et ils le savent ».

    Une fois l’opération en mer réalisée, le travail n’est pas terminé. « Dès que je rentre au bureau, je contrôle les diplômes des moniteurs inspectés auprès de la fédération », ajoute ce contrôleur. En cas de matériel défaillant ou de problème avec les diplômes, les clubs risquent des amendes ou la fermeture temporaire, le temps de la régularisation.

  • De la médiation contre les plongeons dangereux

    De la médiation contre les plongeons dangereux

    « Plouf. » Un adolescent plonge de plus de dix mètres de haut depuis la corniche Kennedy, ce lundi, près de l’Anse de la Fausse Monnaie. « Là-bas, là-bas ! », s’exclame un médiateur. Depuis début juillet, et jusqu’à fin août, une cinquantaine de médiateurs sociaux sillonnent le littoral marseillais et rencontrent de jeunes adeptes des plongeons sauvages pour leur rappeler les risques. « Vous connaissez les dangers de sauter à cette hauteur ? », s’adresse, aux amis du plongeur, Jérôme Borgeot, médiateur depuis plusieurs années. « Détruire sa vie à votre âge, c’est dommage. Imaginez les gens qui vont annoncer à vos parents que vous êtes blessés, paralysés ou décédés. Si vous vous loupez, vous allez arriver comment en bas ? Vous vous imaginez à 16 ans en fauteuil roulant ? », poursuit-il. En face, le groupe d’adolescents est à l’écoute. « Je compte sur vous les gars, vous faites pas de bêtise », conclut Jérôme Borgeot. « C’est bien de faire ça pour les jeunes, ça évite les blessures. On est conscient des risques. Ça me fait peur, mais je sais sauter », confie Alexandre, 15 ans, adepte des plongeons depuis un an. « On essaye de leur parler avec des mots forts. C’est du travail au quotidien. On gagnera peut-être pas la guerre dessus, mais c’est important de gagner des microbatailles », assure Jérôme Borgeot.

    Interdit depuis 2006

    Les médiateurs travaillent en collaboration avec la police municipale, en signalant les plongeurs aux agents. Les sauts de plus de trois mètres de hauteur étant interdits sur l’ensemble du littoral, depuis un arrêté municipal de 2006. Une fois qu’un plongeur est repéré, son identité est relevée et il peut écoper d’une amende, allant de 38 à 150 euros. « Le plongeur a l’obligation de venir en mairie pour un rappel à la loi. Lors de cette réunion, il y a également un ancien féru de saut qui s’est blessé lors d’un plongeon et aujourd’hui paralysé. S’il se rend à la mairie, l’amende est annulée », explique Pierre-Marie Ganozzi, adjoint au maire et délégué à la sécurité. Dans le programme du maire de Marseille, figuraient un aménagement de plongeoirs et un accompagnement de la pratique. « On est en train d’analyser les choses, ce n’est pas aussi simple que ça. On verra dans un futur proche, comment on peut, ou pas, arriver à aménager le littoral. Mais pour l’instant, ça fait partie des réflexions », déclare l’adjoint au maire. Depuis le début de l’été, deux personnes se sont gravement blessées en plongeant depuis le littoral marseillais.

  • [Entretien] « C’est un site qui est extrêmement émouvant »

    [Entretien] « C’est un site qui est extrêmement émouvant »

    La Marseillaise : Vous avez plongé ce [mercredi] matin et remonté ce fameux canon, que représente cette mission pour vous ?

    Maître Principal Ludovic : Les ressentis sont multiples parce qu’il y a l’aspect historique, archéologique, et en tant que plongeur-démineur au Cephismer, il y a aussi des objectifs opérationnels et techniques pour la Marine dans ce genre de mission. Effectivement, c’est un site qui est extrêmement émouvant, parce que c’est chargé d’histoire. C’est une sorte de trésor national avec ces énormes pièces d’artillerie, cette ancre qui trône au niveau de l’épave, c’est un peu le phare du plongeur d’ailleurs, parce qu’on la repère de très loin. C’est plaisant de pouvoir remonter une pièce qui est dans l’eau depuis quasiment 400 ans, de pouvoir « contribuer » à l’Histoire. J’espère avoir le retour des archéologues à ce propos.

    Aviez-vous déjà plongé dans
    le cadre de cette campagne
    de fouilles avant ce matin
     ?

    M.P.L. : Sur La Lune, c’est la troisième plongée que je faisais. Et dans le cadre de cette campagne, en quinze jours, c’est la cinquième plongée. Dans nos procédures d’intervention, on fait souvent une plongée d’environnement pour finaliser les techniques d’intervention avant une première intervention. Donc on a fait une plongée d’expertise vendredi dernier par exemple, avant de relever une jarre lundi, avec différentes pièces de mobilier qui étaient dans les sédiments.

    Quelle place occupe
    votre expertise militaire
    dans une campagne de fouilles archéologiques comme celle-ci
     ?

    M.P.L. : Pour nous, l’objectif premier, c’est l’objectif militaire. Il y avait aussi un grand intérêt pour moi d’effectuer cette plongée parce que les techniques mises en œuvre, que ce soit aujourd’hui ou les jours précédents, peuvent être transposées à des missions militaires. Mais effectivement, travailler avec le Drassm, qui est un organisme français prestigieux, ça nous change, et c’est très flatteur. Pour nous, l’objectif final, reste de mettre en œuvre des techniques de travail, des procédures de décompression, des manières de travailler qu’on pourra valider dans un cadre opérationnel. Il va falloir qu’on débriefe, qu’on réfléchisse à améliorer certains détails techniques, mais aujourd’hui, on est assez satisfait du résultat. Ça nous montre que ce domaine d’emploi des 80-120 mètres de profondeur, on peut y arriver bientôt. Notamment avec les nouvelles technologies de recycleur.

    En quoi consiste le recycleur ? C’est une nouvelle technologie déterminante pour votre travail ?

    Maître Premier Grégory : Ce genre de travail, on est habitué à le faire dans des profondeurs beaucoup moins profondes. La grande nouveauté, c’est de mettre en place ces techniques, notamment le recycleur, mais avec de nouvelles procédures, puisqu’on les utilise à des profondeurs plus importantes. Le recycleur avec lequel on a plongé c’est le recycleur JJ. C’est un appareil qui nous permet de respirer en boucle fermée et qui va recycler le gaz qu’on utilise. Concrètement, ça nous permet de plonger plus profond, plus longtemps, et de sortir en meilleure forme physique.

  • Les trésors de la Lune remontés à la surface

    Les trésors de la Lune remontés à la surface

    Jusqu’à « 60, 70, 80… », compte Michel L’Hour, à mesure que les plongeurs-démineurs de la Marine nationale s’enfoncent pour arrimer les sangles de L’Alfred-Merlin au canon tricentenaire, immergé à 90 mètres de profondeur. Le directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), dirige également les recherches sur l’épave de La Lune, aux côtés d’Olivia Hulot. L’opération est délicate : des sédiments recouvrent le canon. Toute l’équipe a les yeux rivés sur les sept écrans de la salle de contrôle, reliés aux caméras des plongeurs et du site de fouilles archéologiques.

    La mer est calme, « On a un temps parfaitement propice à ce genre d’opération », se réjouit Michel L’Hour. « Mais le soulagement, c’est quand c’est fini, quand les plongeurs sont dehors », ajoute-t-il. Après 20 minutes de remontée où toute l’équipe retient son souffle, le canon sort enfin de l’eau. « C’est l’aboutissement de beaucoup de travail, et quand ça marche, on ne peut pas rêver mieux, ça en fait le plus beau métier du monde ! », s’exclame sourire aux lèvres, Olivia Hulot, archéologue maritime, conservatrice patrimoine et cheffe de la mission de La Lune, aux côtés de Michel L’Hour.

    Depuis plus de six mois, le Drassm et le Centre d’expertise et d’essais pratiques de la Marine nationale (Cephismer), spécialisé dans la plongée humaine et l’intervention sous la mer, travaillent ensemble sur cette mission. Elle « demande une orchestration hyperfine, hyperciselée » selon Olivia Hulot. « Ça va du matériel qu’on doit acheter aux missions que doivent avoir nos spécialistes pluridisciplinaires qui sont à bord. Ça monte en puissance au fil des semaines », précise-t-elle. Le temps réduit des plongeurs au fond de la mer, seulement 15 minutes, impose aux équipes de connaître le site de fouilles sur le bout des doigts. C’est dans cette perspective que le site de La Lune a été numérisé en 3D en 2022. « On a une vue complète de tout ce qui s’y trouve. L’idée, c’est que les actions soient vraiment chirurgicales avec des gestes précis », explique Olivia Hulot, dont le rôle est de coordonner les informations entre les marins-plongeurs et l’équipage. « C’est une belle synergie qui fait de belles concrétisations comme aujourd’hui », se satisfait-elle. Avant la remontée du canon mercredi, deux plongées ont préparé le terrain. Une plongée « d’expertise » a d’abord permis d’« évaluer la résistance et la nature des sédiments autour du canon », explique le Major Aymeric, plongeur-démineur au Cephismer. La seconde plongée a servi à positionner les sangles autour du canon et à régler la pantoire, l’instrument qui allait en maîtriser l’élévation le jour J.

    « Un bateau emblématique sublimement conservé »

    Après 330 ans endormie au large de Toulon, l’épave de La Lune, est découverte en 1993 par le Nautile, sous-marin de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer. Sa tragique histoire se déroule au XVIIe siècle. La Lune fait partie d’une expédition militaire commandée par Louis XIV, qui cherche à asseoir son pouvoir en Méditerranée face aux corsaires Barbaresques. Alors que le fleuron de la Marine royale est largement fragilisé, il est déclaré apte à naviguer. Le 6 novembre 1664, une tempête lui est fatale, le navire sombre à pic, emportant avec lui près d’un millier d’hommes à bord. « C’est la soudaineté du naufrage qui fait que les objets sont miraculeusement préservés », explique Olivia Hulot. « C’est une vraie bulle temporelle ». Entre sa proue et sa poupe, La Lune mesure 40 mètres de long sur 11 mètres de large et recèle des « centaines de milliers d’objets conservés ».

    Le succès d’une telle opération a une saveur particulière pour Michel L’Hour, qui dirige les recherches autour de l’épave depuis 2012. « On a connu des moments un peu catastrophiques il y a quelques années sur un canon comme ça, alors qu’il n’était qu’à un mètre de la surface », se souvient-il.

    Long de 3,25 mètres et large de 24 cm, le canon remonté ce mercredi pèse 1,7 tonne. « Il est cerné de fleurs de lys, c’est rare qu’on en ait autant », se réjouit-il. Sur le canon trône également un blason et une ancre, « symbole de la Marine, que l’on trouve associé notamment aux armoiries de Richelieu », explique-t-il avec fierté. « Le fondeur s’est donné la joie de faire quelque chose de très prestigieux, on lui rendra hommage quand on aura fini de le nettoyer, on trouvera peut-être ses initiales ».

    « Rien n’a été cassé »

    Il faudra rester patient avant de percer tous les secrets du canon. Le colosse de bronze va être envoyé à Nantes, au laboratoire « Arc’antique », pour le libérer des organismes marins et des chlorures qui l’ont envahi depuis trois siècles. « La restauration permettra, via le procédé d’électrolyse, de voir l’âme du canon », s’impatiente Olivia Hulot. « Comptez deux à trois ans » et « un petit billet de 10 000 euros », avant de pouvoir l’admirer dans sa meilleure forme, précise Michel L’Hour. Pour les plus impatients, pas de panique, des services de vaisselle ont également été remontés lors de l’opération. « Rien n’a été cassé lors de la remontée », se félicite Olivia Hulot. À bord, une céramologue prodigue « les premiers soins » aux précieux vestiges, tandis qu’un ingénieur du CNRS numérise chaque pièce avec minutie. « Le scan présente cet avantage d’avoir une définition parfaite de l’objet dans son état actuel de sortie d’eau », explique Olivia Hulot. Au-delà de l’étude scientifique, cette numérisation permettra à l’épave de raconter son histoire au public lors d’une visite immersive, visuelle et sonore. D’ici là, certaines pièces de La Lune seront exposées au musée national de la Marine dès le 18 novembre prochain, au cœur de l’exposition Plongée(s) dans l’inconnu. L’aventure sous-marine en Méditerranée.

    « On est dans les 10 sites probablement les plus riches aujourd’hui pour leur potentiel scientifique, archéologique
    et même artistique »

  • Le club de plongée de Port-de-Bouc se prépare à une immersion grecque

    Le club de plongée de Port-de-Bouc se prépare à une immersion grecque

    En passant dans la cuisine pour se faire chauffer de l’eau, Naïma El Ghazzar demande : « Qui veut un thé ? » Une proposition quasiment impossible à refuser, vu le froid mordant amené par le Mistral. Ses camarades Marc Ambelas et Jérôme Amphoux récupèrent leur tasse avant de s’installer autour de la table, devant leur ordinateur. Un drapeau grec est tendu derrière eux, comme un signe de ce qui se prépare.

    Deux fois par semaine, les membres du bureau du club de plongée et d’archéologie de Port-de-Bouc se réunissent pour travailler sur un nouveau projet : un échange avec leurs homologues de Kalymnos. « L’idée est partie du jumelage des deux villes », explique Marc Ambelas, le président de l’association sportive. Un jumelage qui s’explique par l’histoire de la commune : ici, la communauté kalymnote représente environ 20% de la population.

    Signé en avril 2025, l’accord entre les deux villes sœurs doit désormais s’accompagner d’actions. Kalymnos étant une « île de plongeurs, avec de nombreux scaphandriers qui vivent de la pêche des éponges », c’est naturellement que le club s’est lancé dans un projet d’échange.

    Un projet fédérateur

    « L’idée, c’est de partager nos pratiques respectives pour s’en inspirer, précise Naïma El Ghazzar. En Grèce, il y a des espèces invasives qui menacent la biodiversité marine qu’on ne connaît pas encore en France, mais qui finiront par arriver. Là-bas, les plongeurs sont payés par les autorités pour pêcher le poisson-lion qui pullule par exemple. »

    « De notre côté, on pense à leur montrer les récifs artificiels mis en place sur la côte, que ce soit à Fos-sur-Mer, à Marseille ou à Port-de-Bouc au niveau du sentier sous-marin, développe Marc Ambelas. Ce sont des infrastructures créées pour faire venir la vie. La Grèce affronte une problématique de désertification, avec des eaux très peu poissonneuses. »

    Le départ est prévu en septembre. D’ici là, le bureau se démène pour obtenir des subventions européennes du fonds Erasmus, accompagné par un incubateur de la Métropole. Que ces demandes aboutissent ou non, les plongeurs port-de-boucains voient dans ce nouvel exercice une opportunité. « C’est fédérateur pour le club et c’est porteur pour l’avenir », affirme le président.

    Naïma El Ghazzar illustre : « Ça nous oblige à mettre à jour le site et à le faire vivre, alors qu’il était peu utilisé jusque-là. On envisage aussi de faire une formation handisport pour emmener des personnes en situation de handicap. On met en place de nouveaux outils pour les prochains adhérents. » Dans la droite lignée de ces dernières années, lors desquelles l’association s’est dotée d’un nouveau bateau dessiné sur-mesure, d’un compresseur haut de gamme et d’un équipement pour obtenir du Nitrox, un mélange d’air suroxygéné qui garantit une meilleure sécurité aux plongeurs.

  • [Biodiversité] Le Pradet : Une campagne de lutte contre la caulerpa taxifolia

    [Biodiversité] Le Pradet : Une campagne de lutte contre la caulerpa taxifolia

    Comme chaque année depuis 2002, la mairie du Pradet, en partenariat avec le Parc national de Port-Cros, le Naturoscope du Var, l’association Telo Sub et le centre de plongée du Pradet, coordonne une campagne de lutte contre la caulerpa taxifolia.

    Une opération menée du 20 au 23 octobre, qui vise à repérer les aires de prolifération de cette algue invasive, transportée par les ancres des bateaux, qui modifie les équilibres de la biodiversité marine et s’attaque aux herbiers de posidonie, puits carbone essentiels à la vie humaine, « même si ceux-ci se défendent très bien tout seuls, car ils sont tellement denses que la caulerpa n’arrive pas à pénétrer dedans et ne reste qu’en bordure », explique éric Pironeau, président de Telo Sub. « Le problème, c’est qu’elle prend de la place et qu’aucune espèce ne s’en nourrit. Elle n’est pas non plus exploitable par l’homme. »

    « Il n’y a pas de risque pour le baigneur », précise toutefois Jean-Marc Illich, conseiller municipal en charge du Développement durable et du Littoral. Loin du qualificatif « d’algue tueuse », qui lui est souvent accolé et que réfutent les spécialistes.

    Une présence désormais minime

    Durant quatre jours, une vingtaine de plongeurs sont intervenus au quotidien dans les 80 hectares de la baie de la Garonne, qui fait partie de l’aire maritime adjacente du Parc national de Port-Cros et à ce titre, de l’aire marine protégée. « Le Pradet est une des seules communes à faire ça, affirme éric Pironeau. La Garde et La Londe commencent à s’y mettre. Le Parc, quant à lui, n’agit que sur son cœur, autour de Port-Cros et Porquerolles. »

    Dans un premier temps, pour de la prospection, grâce au soutien d’amateurs, puis pour des missions d’élimination, assurées par des professionnels, au moyen d’aspiration ou de dépotage au couteau. « On cible une zone et on s’y attaque. Il n’y a plus beaucoup de “caulerpa”. On travaillait sur 35 points en 2002. Aujourd’hui, il ne nous reste plus qu’une petite zone, située en dehors de notre stratégie, avec des tâches de quelques cm², mais on s’y attelle pour éviter que ça s’étende. »

    Ces missions permettent également de repérer de nombreuses autres espèces, « comme des tortues, des raies, ce qui pour nous est exceptionnel », appuie le président de Telo Sub. « à l’inverse, avant, on recensait de grandes nacres et on ne repère plus que des épineuses. Cela nous permet de donner un état des lieux à la mairie et de voir qu’il n’y a pas que la “caulerpa” qui envahit. Il y a d’autres algues et espèces qui modifient eux aussi les écosystèmes. »

    En conséquence, la mairie a créé « une zone interdite au mouillage (Ziem). On observe un réel impact positif dans cette aire très riche en biodiversité », complète Jean-Marc Illich, qui met enfin l’accent sur la sensibilisation des populations, « via des campagnes estivales et grâce aux communications des associations toute l’année ».

  • Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    C’est une phase de chasse aux trésors du Rhône un peu particulière qui se termine, ce week-end. Les rives arlésiennes du fleuve sont passées au peigne fin des plongeurs de l’opération Fouilles du Rhône 2025, depuis le 25 août et jusqu’à ce 3 octobre. Cette mission archéologique est conduite par le Musée départemental Arles antique et un consortium scientifique comptant l’Université d’Aix-Marseille et le CNRS, avec une équipe d’une quinzaine de spécialistes en plongée, en céramique ou encore en topographie.

    La cible principale des chercheurs est l’épave « Arles Rhône 15 », une chaloupe du Ier siècle de 4,70 m de longueur, découverte en 2009. Lors d’un point presse, le 30 septembre, le responsable de l’archéologie subaquatique du musée, David Djaoui, détaille l’opération : « une prospection de 900 m2 autour de l’épave pour inventorier des trouvailles, parmi lesquelles des amphores datant de 100 après JC, à l’âge d’or d’Arles. » Et plus encore, avec la découverte d’un « madrier de 15 m », un morceau de bois qui « signe l’assemblage d’un bateau », selon l’archéologue.

    Des conditions difficiles

    La mission revêt quelques difficultés, particulièrement pour les plongeurs, comme l’explique Sabrina Marlier, du Musée Arles antique. « Les conditions de travail sont dures. Le courant est fort, la visibilité faible et on fait des otites à répétition », indique l’archéologue, pour qui « le dérèglement climatique ne facilite pas la prévision des sorties en raison du temps ». S’il pleut en amont du Rhône, les alluvions viennent logiquement troubler l’eau plus qu’elle ne l’est déjà.

    Les objets présents dans l’eau aussi posent question, relève Louise Contant, du Musée national de la marine. « Les strates historiques se mélangent et il est surprenant d’observer des objets historiques à côté de canettes de boisson », ironise la cheffe des collections, quand il n’y a pas de verre brisé pouvant blesser les plongeurs. Entre 7 et 14 m de fond au maximum, les poubelles côtoient les trésors, ironiquement.

  • Une plongée avec les scaphandriers du nucléaire à Marseille

    Une plongée avec les scaphandriers du nucléaire à Marseille

    « Sous l’eau, tout est plus compliqué. On a toujours de l’air dans les mains, les gestes sont plus longs. C’est un peu comme pour les astronautes, on a les mêmes sensations. » Julien Pillard, scaphandrier pour Onet Technologies, vient à peine de sortir de la piscine de la Comex (compagnie maritime d’expertise) dans le 9e arrondissement de Marseille. Avec encore de l’eau sur sa combinaison et son attirail de plus de 50 kilos sur le dos, il ressort d’un exercice « de montage-démontage mécanique » quasi en conditions réelles.

    Pendant sa plongée, il était surveillé par son collègue Rémi Douzou, ingénieur et scaphandrier depuis un poste de commande aux multiples écrans et un assistant prêt à intervenir à tout moment pour la sécurité du plongeur. « Chacun de ses déplacements est suivi par des caméras et des remontées d’informations radiologiques qu’on a avec toutes les sondes qui équipent le plongeur », détaille Rémi Douzou. Une surveillance de tous les instants qui s’explique facilement : l’exercice visait à reproduire l’immersion dans une piscine d’un réacteur nucléaire, la spécialité des scaphandriers d’Onet Technologies. « On a les plongeurs en milieu nucléaire les plus expérimentés du monde », note Rémi Douzou. Une affirmation pas exagérée : ils réalisent une centaine de missions par an, en France et à l’international. « On est sollicité par tous les exploitants du nucléaire et on intervient sur les centrales, qu’elles soient en activité ou en démantèlement, mais aussi sur les usines de recyclage de déchets nucléaires ou les centres de recherche… », développe l’ingénieur. Un métier encore plus spécifique que les soudeurs sous-marins et scaphandriers en travaux publics, déjà réputés pour leurs dangerosité et pénibilité, puisqu’ils sont « dans un milieu contaminé radiologiquement ». Mais rien d’insurmontable pour Julien Pillard : « La pression, c’est de ne pas s’approcher d’éléments irradiants. On a des capteurs et le chef d’opération en surface nous dit de s’approcher ou pas des éléments. Il faut toujours rester vigilant mais quand ça fait des années qu’on en fait, c’est un travail comme un autre. »

    250 ingénieurs à Marseille

    De quoi mettre en valeur les travailleurs d’Onet Technologies, division axée sur le nucléaire et l’ingénierie de l’entreprise marseillaise. « On est très connu pour la propreté, beaucoup moins pour d’autres métiers », reconnaît Magali Bousquet, directrice marketing et communication du groupe Onet. Pourtant, avec 40 ans dans le milieu et 3 000 salariés, son expertise n’est plus à prouver : « On est aussi aux États-Unis et au Japon, où l’on participe au démantèlement de Fukushima. » Et son siège marseillais a une place bien particulière. Claire-Amélie Gabriel, responsable de la communication et du marketing d’Onet Technologies met en avant le « centre d’ingénierie avec 250 ingénieurs spécialisés et 20 000m2 de capacité industrielle pour la fabrication » du site. En bref, une expertise made in Marseille.