Tag: plongée

  • [Tous dehors] Une balade au plus près de la biodiversité marine locale

    [Tous dehors] Une balade au plus près de la biodiversité marine locale

    L’association l’Atelier Bleu CPIE Côte Provençale emmène les curieux, dès six ans, à la découverte des sentiers sous-marins sur le littoral de La Ciotat et de Saint-Cyr. Une fois équipé de combinaison, palmes, masque et tuba fournis par l’association, direction le site de Mugel ou Port d’Alon pour une heure dans l’eau aux côtés d’un éco-guide diplômé d’État de plongée. « On fait découvrir les espèces et leurs interactions. On parle aussi des marées en Méditerranée, puisque la plupart des gens sont persuadés qu’il n’y en a pas, alors que certaines espèces en dépendent pour survivre », décrit Damien Braconnier, moniteur de plongée à l’Atelier Bleu.

    Une expérience personnalisée

    Éducateur sportif formé à la biologie marine, il insiste sur la dimension éducative de l’activité : « Contrairement au snorkeling, on apporte un vrai contenu pédagogique qui demande au guide des connaissances écologiques conséquentes ». Les groupes, limités à huit personnes, évoluent selon la saison. « Pendant l’année je travaille surtout avec des enfants. L’été, on a des touristes, mais aussi des locaux intrigués, qui ne savent pas où regarder dans les fonds marins », indique Damien Braconnier. Il évoque notamment le site de Mugel où « des formations rocheuses appelées poudingues donnent un fond différent du calcaire habituel de Provence ».

    À l’Atelier Bleu, aucune sortie n’est identique : « Il n’y a pas de déroulé type, ça dépend de la curiosité des gens. Le guide choisit le trajet le jour même. Ça permet de s’adapter au public, à la météo et d’être plus réactif aux questions qui nous sont posées, précise le moniteur. Ça m’est arrivé d’avoir des gens qui n’y connaissaient rien, comme j’ai pu avoir des biologistes ! » Pour les nageurs moins aguerris, les moniteurs disposent de bouées afin de garantir un point d’appui tout au long de l’activité.

    Toute l’année, l’association assure un suivi biologique des espèces dans les calanques. Damien Braconnier alerte d’ailleurs sur leur souffrance face à « des hausses de température brutales de l’eau, comme on en a eu dernièrement ».

    Réservations sur :
    cpie-coteprovencale.org

  • À bord des contrôles de plongée en Méditerranée

    À bord des contrôles de plongée en Méditerranée

    Gilet de sauvetage, robinet, détendeur et masque… Aucun équipement de plongée n’échappe au contrôle. Alors que cette année, dans la région, deux personnes sont décédées d’un accident de plongée, les autorités engagent un 8e jour de patrouille en mer, ce mardi 28 juillet.

    La Brigade des affaires maritimes et la DDPP se sont élancées de Marseille pour contrôler la conformité des équipements d’associations et de clubs de plongée. Un dispositif « renforcé durant l’été » afin de « protéger les touristes », explique Yves Zellmeyer, directeur de la DDPP des Bouches-du-Rhône. Durant cet après-midi, les efforts sont concentrés sur la Côte Bleue, avec un arrêt sur la calanque de Niolon.

    Sur place, un bateau de plongeurs, reconnaissable à son drapeau blanc et bleu. Premier réflexe pour Emmanuel Jacquot, employé du département chargé des contrôles : demander la fiche de sécurité du bateau. Une manière pour lui de connaître le responsable et les encadrants. Durant une dizaine de minutes, l’agent de la DDPP inspecte aléatoirement six équipements du navire. Aucun problème pour la vingtaine de passagers, qui ont pu reprendre leur sortie en mer. Si elle a semblé interroger les touristes, l’opération n’a rien de surprenant pour Julien Dubois, moniteur de plongée : « Chaque année, je suis contrôlé au minimum une fois en début de saison ».

    Travail de longue haleine

    Après 15 ans de contrôles auprès des clubs de plongée, Emmanuel Jacquot constate « une vraie amélioration », mais, pour cela, il a fallu « se fâcher et fermer des clubs », se souvient-il. Sa méthode : « Se mettre au même niveau que les plongeurs ». En effet, il pratique aussi la plongée. Des connaissances qui l’avantagent, car « ils ne peuvent pas me mentir et ils le savent ».

    Une fois l’opération en mer réalisée, le travail n’est pas terminé. « Dès que je rentre au bureau, je contrôle les diplômes des moniteurs inspectés auprès de la fédération », ajoute ce contrôleur. En cas de matériel défaillant ou de problème avec les diplômes, les clubs risquent des amendes ou la fermeture temporaire, le temps de la régularisation.

  • [Week-end] Plongée dans un fort de guerre à Niolon

    [Week-end] Plongée dans un fort de guerre à Niolon

    Depuis la départementale 48 s’ouvre la calanque de Niolon, terminée à sa pointe par un curieux complexe faisant face à la mer avec une vue privilégiée sur la rade de Marseille. Les calanquais le connaissent depuis près de deux siècles, sous des formes différentes au gré des transformations du site.

    Ici, les pierres meulières de 1861, date inscrite sur l’encadrement de porte du fort de Niolon, côtoient le béton des bunkers allemands de 1943 et les matériaux modernes de 1975 utilisés pour les petits bungalows d’inspiration méditerranéenne du centre de plongée de l’Union nationale des centres sportifs de plein air (UCPA), qui occupe le site depuis 1966.

    Depuis la reprise du club de voile local, l’association a bien modifié les lieux. « À l’origine, on proposait des stages de voile, mais très rapidement, on a développé la plongée en parallèle » retrace Thierry Sturzer, directeur de l’UCPA Niolon depuis deux ans. La peinture blanche et les postes informatiques trahissent la nouvelle occupation du bâti maçonné. « Au tout début, on utilisait l’intérieur du fort comme logement, puis comme magasin pour le matériel de plongée », poursuit le directeur, jusqu’en 2012, où il a été réhabilité comme bâtiment administratif.

    Le lieu est occupé à des fins de défense depuis le début du XVIIIe siècle, sur ordre du Roi-Soleil. Certaines sources font état d’une réquisition de dix Carryens en 1665 pour aménager les premières fortifications servant à barrer la rade de Marseille et le mouillage de l’Estaque, terminées en 1702. Les premières ébauches du fort que l’on connaît aujourd’hui furent posées sous la forme d’une tour-modèle 1811 de type 2, abritant 30 hommes et pouvant accueillir trois canons sur son toit. Cet ensemble a été fortement modifié au cours de la fin du XIXe siècle avec la progression de la portée des canons et la construction, en conséquence, de fortifications plus hautes et retranchées comme le fort de Niolon haut, fin 1880.

    « 70 000 plongées chaque année »

    L’occupant allemand et son organisation Todt ont aussi participé au dessein défensif du site. C’est en se promenant au cœur du village d’inspiration méditerranéenne dédié aux logements des stagiaires que l’on peut les reconnaître. Là où se trouvaient autrefois des pièces d’artillerie françaises de 90 mm récupérées, se trouvent désormais des portes-fenêtres offrant une vue privilégiée sur la mer. « Tout l’existant a été réutilisé », reprend Thierry Sturzer, « tous les bungalows datant de 1975 sont en rénovation depuis deux ans » et les quatre bunkers servant d’habitation vont également l’être. Le poste de direction de tir en béton, comme les autres bunkers, est quant à lui utilisé pour la technique.

    Une grande partie de la muraille ouest est surplombée d’un espace de restauration, tandis que le pôle technique, inauguré en 2012, trouve sa place au plus près des quais du Port, toujours sur le promontoire fortifié. « Le centre s’est développé à partir du fort » au fil des années, resitue le directeur, pour devenir aujourd’hui « l’un des plus gros centres de plongée d’Europe » selon son tenancier. « Il y a un ou deux ans, on avait calculé 70 000 plongées par an » complète-t-il, d’où les infrastructures dédiées.

    Cette aventure est rendue possible par le contrat qui liait l’UCPA à Marine nationale, propriétaire jusqu’au 15 novembre 2008, date de cession au Conservatoire du littoral. Une convention renouvelée en 2025 lie toujours l’association et le Conservatoire jusqu’en 2055. « Durant cette période, l’UCPA verse une redevance à la commune du Rove qui permet de financer la gestion du site, dont un agent de terrain qui est garde du littoral », détaille le Conservatoire.

    Thierry Sturzer souhaite valoriser l’histoire des lieux. « J’aimerais bien mettre quelques photos de canons dans les bunkers. Pourquoi ne pas dédier une salle à l’histoire ? Voire une ouverture au public aux journées du patrimoine ? » Les idées ne manquent pas.

  • Une épave de la Seconde Guerre mondiale ravagée : un voilier de luxe dans le viseur

    Une épave de la Seconde Guerre mondiale ravagée : un voilier de luxe dans le viseur

    Vendredi 17 juillet au matin, Patrick Bellantonio, gérant du club de plongée Aquanaut, à Saint-Cyr-Sur-Mer, plonge à 39 m de profondeur en direction de l’épave de l’avion de combat P-38 Lightning, immergé au large des côtes. Sur place, la découverte qu’il fait lui crève le cœur : le morceau d’histoire abattu en août 1944, sur lequel il a l’habitude de plonger avec ses stagiaires à la fin de leur formation, a été complètement ravagée. « Elle a été découverte en 1996 par les anciens gérants du centre de plongée de La Ciotat. Ils l’ont identifiée, ils l’ont désensablée, et depuis, c’était une attraction de la baie, maintenant elle est désintégrée », confie le plongeur.

    Les soupçons de Patrick Bellantonio se portent vers le plus grand voilier de croisières de luxe au monde : « L’Orient Express Corinthian a mouillé au-dessus de l’épave, la veille. » Selon le moniteur, le voilier aurait pu labourer l’avion en remontant son ancre, malgré sa signalisation sur les cartes marines.

    « Avant, c’était un avion, certes très abîmé, mais on reconnaissait sans problème la forme, maintenant, ce n’est plus que de la ferraille broyée, déplore Patrick Bellantonio. Dès le retour de ma plongée, j’ai contacté la mairie de Saint-Cyr-Sur-Mer pour qu’elle se joigne à la mairie de La Ciotat et qu’elles entament des démarches auprès de la préfecture maritime. » Celle-ci a pris un arrêté pour interdire la plongée au-dessus des restes en raison des débris contondants, et également pour éviter que des pillards désireux de récupérer des souvenirs de l’épave ne viennent se servir.

    La DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines) a été contactée et doit inspecter, ce mardi matin, l’épave afin de constater les dégâts.

    Louis Golliot

  • [Entretien] « C’est un site qui est extrêmement émouvant »

    [Entretien] « C’est un site qui est extrêmement émouvant »

    La Marseillaise : Vous avez plongé ce [mercredi] matin et remonté ce fameux canon, que représente cette mission pour vous ?

    Maître Principal Ludovic : Les ressentis sont multiples parce qu’il y a l’aspect historique, archéologique, et en tant que plongeur-démineur au Cephismer, il y a aussi des objectifs opérationnels et techniques pour la Marine dans ce genre de mission. Effectivement, c’est un site qui est extrêmement émouvant, parce que c’est chargé d’histoire. C’est une sorte de trésor national avec ces énormes pièces d’artillerie, cette ancre qui trône au niveau de l’épave, c’est un peu le phare du plongeur d’ailleurs, parce qu’on la repère de très loin. C’est plaisant de pouvoir remonter une pièce qui est dans l’eau depuis quasiment 400 ans, de pouvoir « contribuer » à l’Histoire. J’espère avoir le retour des archéologues à ce propos.

    Aviez-vous déjà plongé dans
    le cadre de cette campagne
    de fouilles avant ce matin
     ?

    M.P.L. : Sur La Lune, c’est la troisième plongée que je faisais. Et dans le cadre de cette campagne, en quinze jours, c’est la cinquième plongée. Dans nos procédures d’intervention, on fait souvent une plongée d’environnement pour finaliser les techniques d’intervention avant une première intervention. Donc on a fait une plongée d’expertise vendredi dernier par exemple, avant de relever une jarre lundi, avec différentes pièces de mobilier qui étaient dans les sédiments.

    Quelle place occupe
    votre expertise militaire
    dans une campagne de fouilles archéologiques comme celle-ci
     ?

    M.P.L. : Pour nous, l’objectif premier, c’est l’objectif militaire. Il y avait aussi un grand intérêt pour moi d’effectuer cette plongée parce que les techniques mises en œuvre, que ce soit aujourd’hui ou les jours précédents, peuvent être transposées à des missions militaires. Mais effectivement, travailler avec le Drassm, qui est un organisme français prestigieux, ça nous change, et c’est très flatteur. Pour nous, l’objectif final, reste de mettre en œuvre des techniques de travail, des procédures de décompression, des manières de travailler qu’on pourra valider dans un cadre opérationnel. Il va falloir qu’on débriefe, qu’on réfléchisse à améliorer certains détails techniques, mais aujourd’hui, on est assez satisfait du résultat. Ça nous montre que ce domaine d’emploi des 80-120 mètres de profondeur, on peut y arriver bientôt. Notamment avec les nouvelles technologies de recycleur.

    En quoi consiste le recycleur ? C’est une nouvelle technologie déterminante pour votre travail ?

    Maître Premier Grégory : Ce genre de travail, on est habitué à le faire dans des profondeurs beaucoup moins profondes. La grande nouveauté, c’est de mettre en place ces techniques, notamment le recycleur, mais avec de nouvelles procédures, puisqu’on les utilise à des profondeurs plus importantes. Le recycleur avec lequel on a plongé c’est le recycleur JJ. C’est un appareil qui nous permet de respirer en boucle fermée et qui va recycler le gaz qu’on utilise. Concrètement, ça nous permet de plonger plus profond, plus longtemps, et de sortir en meilleure forme physique.

  • Une bouteille à la mer

    Une bouteille à la mer

    Des plongées fantastiques du commandant Cousteau au récit illustré de Tintin à la recherche du trésor de Rackham le Rouge, c’est tout un imaginaire que réveillent ces journées de fouilles, menées par le département des recherches archéologiques et la Marine nationale. Archéologues et plongeurs n’ont pas ramené de grandes caisses remplies de louis d’or des entrailles de ce navire de guerre envoyé par le fond il y a plus de 300 ans. Mais un canon au blason royal, de la vaisselle, des pièces, qui viendront augmenter notre connaissance de l’époque et témoigneront, une fois restaurées, de la grande histoire de la Royale et bien au-delà.

    Notre héritage culturel

    Car l’histoire est une science vivante, palpitante même,
    qui se vît au gré
    des découvertes, des analyses, des recherches, avec patience et minutie, très loin des raccourcis, des stéréotypes, des platitudes et des hauts cris sur les prétendues « racines » de la France, par exemple.

    Les objets recueillis par les archéologues ont vocation à être exposés au musée de la Marine nationale, pour aider à l’œuvre de pédagogie pour les prochaines générations. Pour raconter l’histoire de ce navire et de l’expédition qui a permis de retrouver et d’extraire ces reliques d’un autre temps. Et ainsi d’appréhender, au mieux, notre héritage culturel et patrimonial commun. Tout ceci exige des financements, des lignes budgétaires sonnantes et trébuchantes pour développer notre Culture. à l’heure où ses acteurs et protagonistes en sont à jeter des bouteilles à la mer…

  • Baptême de plongée pour des personnes en situation de handicap

    Baptême de plongée pour des personnes en situation de handicap

    Ils se sont jetés à l’eau. Samedi, 23 personnes en situation de handicap, pris en charge dans différentes structures régies par l’association Phar 83, ont participé à un baptême de plongée dans la piscine de l’établissement d’accueil médicalisé le Siou Blanc. Une initiative du Département, pilotée par le Comité départemental Études et Sports Sous-Marins (CD FFESSM 83), avec son programme « Handisub », qui vise à rendre les sports subaquatiques accessibles aux personnes en situation de handicap.

    Plongée en mer le 9 juillet

    Durant toute la matinée, les participants ont été encadrés individuellement, pendant 10 à 15 minutes chacun, par des moniteurs formés à l’accueil de ce type de public. L’objectif était avant tout de « prendre du plaisir », assure Christophe Arciero, référent départemental « Handisub ». L’initiative va un peu plus loin : « Au début, les établissements sont toujours un peu réticents parce qu’ils pensent que certains n’y arriveront pas. Et puis ils découvrent que le champ des possibles est énorme. » Il en va de même pour les bénéficiaires, « parfois un peu stressés au début et qui repartent avec une banane jusqu’aux oreilles ».

    Une première étape pour une dizaine d’entre eux, qui auront l’occasion de participer à une journée de plongée en mer, le 9 juillet, à Hyères. Une action qui s’inscrit dans « l’objectif du conseil départemental du Var, dans sa politique de sport de pleine nature, de rendre accessible la pratique sportive à tous, dont les personnes en situation de handicap », explique Coralie Aubert, du service activités et sports de pleine nature. D’autres initiations sportives leur seront d’ailleurs proposées en septembre et en octobre.

  • Plongée dans le bazar des 182 box du Marché du Soleil

    Plongée dans le bazar des 182 box du Marché du Soleil

    La plongée judiciaire dans ce haut lieu marseillais de la contrefaçon s’avère difficile. Dès les premières questions, les mémoires s’effilochent à la barre, tout devient flou, confus, magmatique. Il faut au président Adrien Fauchier Delavigne la ressource des PV de garde à vue et des écoutes pour éclairer sur la « gestion opaque et désorganisée » des baux et sous baux des 182 cellules commerciales du Marché du Soleil, dont la grande majorité vendait des produits contrefaits, parfois réalisés sur place.

    « Tu enlèves les contrefaçons, il n’y a personne qui rentre au Marché du Soleil ! Sur 180 box il y en a 20 qui n’en vendent pas. La vente de contrefaçons a explosé en 2016-2017. Tout le monde s’est mis à en vendre », relate Abdelmalek Es Saddouki, gardien depuis 2011, qui nie avoir tenté de corrompre un douanier le 5 mai 2025. Le gabelou est formel : « Il m’a demandé de ne pas contrôler le camion et a spontanément proposé de l’argent à plusieurs reprises. “Tu veux combien ?” “Si tu ne veux pas pour toi, prends pour tes enfants”. »

    Les chiffres de l’Office national anti-fraude parlent. En 2024, 24 711 articles de contrefaçon ont été saisis dans 12 box différents, pour une valeur de 2 016 000 euros. Sur les sept premiers mois de 2025, 19 939 articles de contrefaçon saisis dans quatre box différents et les parties communes du 1er étage pour 5 190 000 euros. Depuis 2023, ce sont 47 348 articles saisis de plus de 26 marques contrefaites pour une valeur totale de 7 698 000 euros. Le chiffre d’affaires global annuel du Marché du Soleil, estimé en valeur haute par les Douanes en prenant un ratio de 80% de box proposant des contrefaçons et un chiffre d’affaires de 800 euros par jour, pourrait s’élever jusqu’à 31,5 millions d’euros.

    Second gardien depuis trente ans et collecteur des loyers pour Georges Dahan, 81 ans, le propriétaire du marché, Abdelhamid Djermoune conteste tout : « Ce sont des ragots. On est impuissant avec Dahan à lutter contre la contrefaçon. » Même s’il dit en acheter pour ses frères en Algérie : « Au début, on fermait les magasins et on a pris des coups. J’ai déposé deux plaintes. Je suis menacé. Quand j’ai coupé l’électricité à des commerçants une dizaine de fois, on m’a agressé, frappé et cassé ma voiture. Il n’y a pas de solution, sauf fermer le Marché. » Il rame pour expliquer l’écoute dans laquelle il parle avec Georges Dahan de « l’argent noir » des loyers perçus, 99% en espèces.

    Aucun vendeur ne figure parmi les 18 prévenus, dont trois sociétés. La plupart ne sont pas déclarés, sont sans papiers et payés de 30 à 60 euros par jour. Interrogé sur sa cargaison de 1 000 paires de fausses Nike TN, l’un d’eux expliquait aux enquêteurs : « Je vends tout le temps 35 euros. C’est pour les pauvres qui ne peuvent pas se payer des baskets à 200 euros. À 95%, mes fournisseurs se trouvent en Turquie. » Il s’approvisionne à Clignancourt ou Aubervilliers et paye cash la marchandise.

    Beaucoup regardent Leïla Hireche, 56 ans, la gestionnaire au quotidien du marché depuis 2022, comme un personnage central du système, celle qui attribue les box, celle qui appelle des policiers municipaux pour les mauvais payeurs. « Lorsqu’elle appelle les policiers, ils viennent et ils font ce qu’elle demande : mettre la pression ». « C’est une mafieuse. Même la DZ Mafia ne fait pas ça. Elle a fermé des magasins aux gens », accuse un commerçant. « Elle fait ce qu’elle veut car c’est elle aussi qui fait les papiers pour les sous-locations, elle gère tout », a dit aux enquêteurs Haouari Abed Boumediene, président de l’association des commerçants, qui ajoute : « Georges Dahan, c’est le propriétaire du Marché du Soleil. Lui, tant que l’oseille rentre, il en a rien à foutre, il fait totalement confiance à Leïla. Et avec tout le respect que je vous dois, elle tient les 300 commerçants par les couilles. »

    « Je ne vais pas contrôler ce qu’il y a dans chaque carton. » « Ce n’est pas à nous de contrôler d’où vient l’argent et ce que font les locataires, réplique Leïla Hireche. On n’a aucune relation avec la contrefaçon. On galère pour se faire payer. La société a 700 000 euros de dettes de loyers. »

  • Une nouvelle plongée dans l’épave Camarat 4 pour mieux comprendre son histoire

    Une nouvelle plongée dans l’épave Camarat 4 pour mieux comprendre son histoire

    Découverte par hasard en mars 2025 au large de Ramatuelle, à plus de 2 500 mètres sous le niveau de la mer, l’épave Camarat 4 est le site archéologique le plus profond jamais référencé dans les eaux françaises. Datée du XVIe siècle, elle est considérée comme un témoin clé de l’histoire maritime, dont l’étude permettra de mieux saisir l’époque, notamment grâce à sa mise en perspective avec son contexte et les autres épaves découvertes sur le littoral.

    Les équipes du Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer (Cephismer) de la Marine nationale et du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm – ministère de la Culture) y ont ainsi mené une mission conjointe du 6 au 8 avril. Celle-ci avait pour premier objectif de réaliser une photogrammétrie de l’objet, afin d’en produire un modèle numérique à partir de près de 67 000 photos, en collaboration avec le CNRS. L’intérêt : pouvoir étudier avec une grande finesse l’architecture de l’épave et les détails de son matériel (canons, ancres, céramiques, chaudronnerie…), ainsi que questionner la répartition originelle des mobiliers, l’effondrement de ses structures, mais aussi les conditions de son naufrage.

    Un intérêt militaire

    La mission a également permis le prélèvement ponctuel d’objets céramiques (en l’occurrence trois pichets et une assiette), qui ont eux aussi ont été numérisés pour être étudiés sans risquer de les endommager. Ils ont été remontés à l’aide d’un véhicule télé-opéré depuis la surface (ROV), développé par la société Travocean. Cet engin, pouvant intervenir jusqu’à 4 000 mètres de profondeur a été mis en œuvre par l’équipe du Groupe d’intervention sous la mer (Gismer) du Cephismer, avec l’appui scientifique du Drassm et technique de Travocean.

    Bien que l’archéologie ne soit pas son domaine d’action principal, cette opération a permis de faire monter en compétence le personnel du Gismer quant au pilotage du ROV et à l’utilisation des techniques photogrammétriques. Un aspect essentiel pour la Marine nationale, pour qui ces coopérations civilo-militaires permettent de mieux maîtriser l’usage de ces technologies.

  • Le Cross Med lance la campagne de sécurité des loisirs nautiques

    Le Cross Med lance la campagne de sécurité des loisirs nautiques

    « La prudence c’est vous, la sécurité c’est nous. ». Telle est la devise martelée par les acteurs de la sécurité maritime à travers le pays, apanage du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de Méditerranée (Cross Med) dans notre région, ainsi que sur les quelque 1 700km de côtes et les neuf départements de la zone. C’est dans ses locaux de la Garde, fraîchement rénovés, et qui seront inaugurés fin mai par la ministre de la Mer et de la Pêche Christine Chabaud, qu’a été lancée, lundi, sa campagne de sécurité des loisirs nautiques et de la plaisance 2026.

    En maître mot, un sigle : PEA, soit « se préparer », « s’équiper », « alerter ». Car « les premières causes d’interventions sont l’inexpérience, l’impréparation, l’inconscience et l’irresponsabilité », souligne le vice-amiral Christophe Lucas, préfet maritime de Méditerranée, après une recrudescence en la matière en 2025 (14% d’opérations supplémentaires sur la saison haute, +6% sur l’année, et 87 décès, soit une hausse de 26%).

    De nouveaux moyens

    de communication

    La campagne 2026, qui s’étend de mai à octobre, recense trois leviers : prévention et sensibilisation, contrôle, et réglementation. Sur le volet prévention, Christophe Lucas invite les usagers à « se tenir informés des conditions météo et de baignade, connaître le milieu dans lequel ils évoluent », ainsi qu’à « vérifier leur matériel », avant chaque sortie. Un accent particulier est mis sur la pratique du paddle, toujours plus importante, et sur la plongée, qui a vu son nombre d’accidents doubler sur le mois d’avril et le premier week-end de mai par rapport à la même période l’an dernier (avec deux décès à déplorer). « Le facteur fatigue intervient dans 60% des cas d’accidents de plongée », alerte Muriel Vergne, médecin urgentiste, responsable du Samu de coordination médicale maritime Méditerranée (SCMM), qui appelle chacun à « savoir s’écouter et dire non ».

    En cas d’accident ou danger, la technologie a également un rôle à jouer, avec le traditionnel canal 16 pour les signaux de détresse radio, et le 196, numéro d’urgence téléphonique. Pour optimiser leur fonctionnement et traiter les alertes toujours plus nombreuses (5 700 en 2025, un record), quatre nouvelles stations radio, en lien avec les 19 sémaphores de la zone, ont été installées en Méditerranée (portant leur nombre à 26), et le réseau de téléphonie optique a été modernisé. Un autre outil d’alerte, déjà déployé dans l’Hérault et en Corse, qui consiste en l’envoi de SMS pour alerter sur les conditions météorologiques et maritimes, va aussi être déployé dans les mois à venir, et des messages diffusés sur les panneaux numériques autoroutiers pour informer les personnes arrivant en zone littorale. « Il y a de plus en plus en plus d’usagers, ce qui nécessite de multiplier les moyens de communication », commente Aymeric le Masne de Chermont, directeur du Cross Med.

    Si la prévention reste la priorité, les contrôles, dont le nombre (12 000) est en augmentation de 10% sur 2025 (+12% d’infractions relevées), demeurent la suite logique. « On en fait une petite moitié sur les défauts de matériel de sécurité, et une petite moitié sur la vitesse », précise le préfet maritime, qui prône la tolérance zéro quant aux comportements dangereux.

    Et pour éviter d’être mis à l’amende, connaître la réglementation est la meilleure solution. Parmi les fautes récurrentes, l’absence d’un des deux coupe-circuit obligatoires sur les bateaux, ou le non-port d’une combinaison en néoprène, réglementaire pour l’usage d’un jet-ski. Des obligations consignées dans la division 240, texte qui fixe les règles de sécurité sur les embarcations de longueur inférieure ou égale à 24 mètres, et que chacun peut consulter sur l’application Nav&Co, également conçue comme un outil d’aide à la navigation.