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  • Les maires de la Métropole réunis face aux coupes du projet loi de finances

    Les maires de la Métropole réunis face aux coupes du projet loi de finances

    Loin du psychodrame budgétaire traversé par l’intercommunalité depuis le mois d’avril, les maires de la Métropole Aix-Marseille retrouvaient un front uni ce jeudi à l’occasion de leur conférence, au palais du Pharo, soudainement rassemblés par la perspective de nouvelles coupes imposées par le gouvernement dans le projet de loi de finances. Un sujet qui a occupé la majeure partie des échanges à huis clos. « Cela me fait plaisir d’entendre certaines personnes parler de services publics », souriait le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, à la sortie de l’hémicycle, face à la perspective d’une « catastrophe pour le service public et ceux qui en ont besoin ». Avec environ 60 millions d’euros en moins pour la Métropole, estime la maire (UDI) d’Aix Sophie Joissains, qui déplore : « On prend sur les services publics locaux pour rembourser les intérêts de la dette ». L’hémicycle devrait voter une motion pour dénoncer ces coupes, le 15 octobre, tandis que les idées fusaient pour les dénoncer, jusqu’à la proposition d’un sit-in à Paris. Charge au président des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, de les recueillir.

    Mais pour le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari, cette conférence était aussi l’occasion de saluer « une victoire directe du terrain » après le moratoire sur l’abandon de la gratuité dans le pays d’Aubagne. Alors que la nouvelle grille de la RTM doit être dévoilée mardi, il portera une motion pour demander au gouvernement une hausse du versement mobilité payé par les entreprises.

  • Pour plus d’autonomie, les maires appellent à la décentralisation

    Pour plus d’autonomie, les maires appellent à la décentralisation

    Cinq, six ou sept milliards d’euros ? À quelques jours du dépôt du Projet de loi de finances (PLF), personne ne connaît encore le montant exact de l’effort qui sera demandé aux collectivités territoriales. Mais une chose est sûre : après des années déjà marquées par la rigueur, l’État s’apprête une nouvelle fois à leur demander de participer au redressement des comptes publics.

    Entre un gouvernement qui promet que « l’État réalisera l’effort le plus important » et l’Association des maires de France qui dénonce un copier-coller intenable des exercices précédents, le budget 2027 ravive une question de fond : les collectivités peuvent-elles encore faire des économies sans renoncer à investir, ou l’équation est-elle, cette fois, réellement impossible ? C’était le thème du débat organisé ce vendredi matin au Salon des maires des Bouches-du-Rhône.

    Entre la baisse des dotations de l’État et des exigences citoyennes toujours plus fortes en matière de services publics, Hélène Gaillard, édile (DVG) de Gréasque, reconnaît une équation « très complexe ». D’autant que « nous avons vu nous, élus locaux, nos impôts supprimés, notamment la taxe d’habitation ». Sa compensation a coûté environ 22,8 milliards d’euros à l’État en 2026. « Les communes, la mienne en particulier, ont été dans l’obligation d’augmenter la taxe foncière. Aujourd’hui l’impôt local des mairies pèse uniquement sur les propriétaires, ce qui est inégalitaire », estime-t-elle.

    Dans sa gestion quotidienne, la maire de Gréasque dit porter une attention particulière aux dépenses, rechercher l’efficience en termes « d’organisation des services » et mutualiser les équipements avec les communes voisines. « À chaque fois que nous faisons un investissement, nous réfléchissons aux coûts de fonctionnement, qui pèsent lourd sur les finances des collectivités. » Même son de cloche du côté de Salon-de-Provence, où la Ville a réussi à « ne pas augmenter les impôts depuis 12 ans parce qu’on a complètement revu l’organisation de nos services et qu’il y a 15% d’agents publics en moins », souligne David Ytier, premier adjoint (LR) et vice-président de la Métropole chargé des finances.

    Changer de logiciel

    « Toutes ces mesures nous permettaient jusqu’ici de tenir. Idem à la Métropole. Mais on est arrivés à un point de rupture parce que le modèle ne tient plus la route. On ne peut plus demander aux communes et aux intercommunalités de porter toujours plus de services publics, de développer toujours plus de projets en leur enlevant leurs moyens. » Il prévient : « Soit on change de logiciel, soit les sparadraps qu’on avait l’habitude de mettre ne suffiront plus ». L’élu appelle notamment à une plus grande autonomie fiscale, financière et technique des collectivités territoriales, et à une simplification des règles intercommunales. « Il faut se questionner : est-ce que c’est à l’État de faire l’essentiel des choix et des politiques publiques ? »

    Yves Moraine, vice-président (LR) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône en charge des finances, approuve : « L’État doit se réformer mais il ne va pas le faire d’ici le 31 décembre ». Si, selon lui, des solutions sont à trouver dans l’immédiat dans l’optimisation des ressources et la recherche des économies, sur le long terme, il souhaiterait voir la « suppression des strates » et la création de trois échelons : « le local, l’aménagement du territoire, le national ». Avec, pour chacun, « un impôt et des compétences associées ».

    Georges Cristiani, édile de Mimet et président de l’Union des maires des Bouches-du-Rhône, appelle aussi de ses vœux cette décentralisation, s’agaçant de la situation actuelle : « Ce n’est pas possible de déverser à ce point la responsabilité des gouvernements successifs sur les maires, les retraités ou les malades. (…) Les collectivités locales respectent la règle d’or : nous dépensons que ce que nous avons. Sauf l’État qui se permet de gérer la France en déficit. Ça ne peut pas continuer. »

  • Pour le meeting de Fabien Roussel, la parole au monde du travail

    Pour le meeting de Fabien Roussel, la parole au monde du travail

    Un rendez-vous au milieu des tempêtes de l’actualité. Ce dimanche à partir de 13h30, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, tient un meeting au parc Chanot. L’occasion, entre les débats budgétaires, les élans guerriers internationaux et la campagne des municipales, de porter les propositions du PCF à travers un Pacte pour l’avenir de la France, avec la création d’un fonds d’avances pour l’industrie et les services publics. Mais cette rencontre sera aussi l’occasion de redonner largement la parole au monde du travail et à ses représentants. « Nous répondons toujours positivement aux invitations des partis politiques progressistes pour porter nos revendications pour qu’ils puissent les relayer à l’Assemblée, qu’ils entendent les revendications du salariat », explique Virginie Akliouat, co-secrétaire départementale de la FSU, qui prendra la parole ce dimanche. Une intervention d’autant plus importante alors que se poursuivent les débats sur les lois de finances au Parlement. « Nous sommes en première ligne dans la période budgétaire actuelle, assène-t-elle. Il faut que l’opinion publique ait conscience des menaces qui pèsent sur l’ensemble des services publics : l’hôpital et l’école sont dans des états lamentables… » Et de rappeler : « Les services publics sont la pierre angulaire de la société française. »

    C’est d’autant plus vrai après l’assassinat de Mehdi Kessaci. « C’est dramatique ce qui se passe à Marseille », partage la co-secrétaire de la FSU, alors que l’organisation syndicale a appelé, à l’échelon départemental comme national, à se joindre à la marche blanche organisée samedi. « Le service public de proximité est le dernier rempart pour les publics les plus défavorisés, ce sont les plus concernés par les politiques mises en place par Emmanuel Macron », insiste-t-elle.

    Préparer le 2 décembre

    Cette menace du narcotrafic, les portuaires et dockers la connaissent bien eux aussi. « Nous sommes confrontés à des questions de menaces pour certains d’entre nous, la question de la protection des travailleurs devient importante, encore plus avec ce qu’il s’est passé pour la famille Kessaci », s’alarme le secrétaire général de la CGT du Grand Port maritime de Marseille, Pascal Galéoté, un des premiers signataires de l’Appel de Marseille. Il n’oublie pas qu’au Havre, un docker CGT a déjà été assassiné par les réseaux de narcotrafiquants. « Il y a eu une loi narcotrafic votée, mais sans moyens supplémentaires, sans vraie démarche dans les quartiers autour du port, autour des bassins Est », déplore-t-il.

    Lui aussi reste mobilisé face aux débats budgétaires. « C’est important de prendre la parole dans ce meeting dans cette période de plus en plus compliquée pour le monde du travail, la discussion sur le budget aura des conséquences économiques sur l’activité portuaire, sur la question sociale, sur la nécessité d’avoir un État qui assume ses responsabilités et peut mener ses investissements », détaille-t-il, rappelant les revendications sur la Sécurité sociale, sur les retraites. « De l’argent il y a en a, on produit des richesses, mais on fait des économies sur le dos du peuple », dénonce Pascal Galéoté. Et d’insister, d’autant plus face à la menace de l’extrême droite : « Aujourd’hui, il faut qu’il y ait un sursaut, ce meeting doit préparer le mouvement du 2 décembre. »

  • Budget pour 2026 : des débats de fond, sans vote

    Budget pour 2026 : des débats de fond, sans vote

    Le vote solennel du projet de loi de finances (PLF) était prévu ce mardi 4 novembre. À l’heure où nous écrivons ces lignes, les députés ne sont pas arrivés au bout de l’examen des plus de 2 000 amendements déposés. Cette dernière journée de débat, où les invectives se sont succédé, de même que les rappels au règlement et les interruptions de séance, était consacrée aux questions de justice fiscale.

    Les députés ont ainsi rejeté tous les amendements émanant de la gauche visant à réformer les droits de succession. « L’héritage est devenu le premier facteur d’inégalité de notre pays », a conspué le député LFI Aurélien Lecoq, « parmi les neuf dernières personnes à être devenues milliardaires, 7 sont de super-héritiers. 60% du patrimoine provient de l’héritage », insiste-t-il. En vain. Pire, après l’adoption d’amendements de Laurent Wauquiez et de Guillaume Kasbarian : « On a aujourd’hui modifié le plafond total de donations qu’un enfant peut recevoir de ses deux parents, de 200 000 euros à potentiellement 750 000 euros », annonce la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.

    Les élus ont également voté un amendement visant à supprimer les biens non-professionnels des exonérations permises par le pacte Dutreil. « Le problème de la loi Dutreil, c’est que certains l’ont utilisée à d’autres fins que la transmission d’entreprise, en mettant des biens qui n’ont pas de caractère professionnel », a appuyé le député Liot Charles de Courson. Pour Nicolas Sansu : « Cette mesure est très utile aux PME, aux artisans, mais il ne faut pas cacher la holding de Bernard Arnault derrière le boulanger ! », renchérit le député communiste.

    Vers des ordonnances

    ou une loi spéciale ?

    Les groupes de gauche ont refusé à la mi-journée de se rendre à une réunion de négociation avec le gouvernement autour des ministres en charge des questions budgétaires et à laquelle le RN était également convié. Les débats ont été interrompus dans la soirée pour laisser place à ceux sur le projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Ils devront reprendre le 12 novembre, jusqu’au 23 novembre au plus tard. Après cela, le gouvernement sera dans l’obligation de transmettre le texte au Sénat, selon les délais fixés par la Constitution. Si la partie « recettes » est rejetée, c’est la version du budget tel que présenté par le gouvernement qui sera examiné par les sénateurs. Si le Parlement ne s’est pas prononcé le 23 décembre, le gouvernement peut légiférer par ordonnances. Une procédure jusqu’alors inédite mais à laquelle l’exécutif semble vouloir recourir. « J’ai bien compris que le gouvernement nous dit qu’il ne compte pas sur les ordonnances, n’empêche, on y va tout droit », estimait ce lundi le président LFI de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel.

    Pour les Socialistes, qui ont conditionné leur non-censure à la suspension de la réforme des retraites dans le PLFSS, puis à l’instauration de la taxe dite Zucman sur les ultrariches, le recours aux ordonnances pourrait – cette fois – les pousser à faire chuter le gouvernement. « S’il y a ordonnances, notamment sur le budget de la Sécu, ce sera le texte initial dans lequel il y a le gel des prestations, le doublement des franchises, toutes les mesures que nous combattons. Donc forcément, le gouvernement chutera », a assuré le député socialiste Jérôme Guedj sur le plateau de LCI. À suivre, donc.