Tag: plateformes

  • Le déblocage des licences de taxi passe enfin à l’étude

    Le déblocage des licences de taxi passe enfin à l’étude

    Mieux vaut tard que jamais ? Évoquée au printemps 2024, l’étude sur les taxis de la ville de Marseille doit enfin démarrer début 2026. Le processus a été enclenché en septembre sur la base d’un cahier des charges « élaboré cet été », auquel les syndicats de taxis ont été conviés. Si les locataires (LUTM) ont joué le jeu, les propriétaires ont décliné l’invitation, regrette-t-on en mairie où l’on évoque deux réunions en signe de bonne volonté.

    Complexe et insatisfaisant

    Le sujet est brûlant. Dans une ville où aucune autorisation de stationnement (ADS) n’a été délivrée depuis 1963, seuls 1 115 taxis circulent. C’est 1,3 taxi pour 1 000 habitants, deux fois moins qu’à Lyon. Ils étaient 1 380 en 1995, lorsque ces licences sont devenues cessibles et rentables, certaines valant jusqu’à 250 000 euros. Il y a un an, lorsque Sami Benfers adjoint (Ambition citoyenne / GRS) chargé des taxis, a annoncé vouloir créer 80 ADS, tout s’est tendu sur fond de conflit ouvert entre chauffeurs locataires et propriétaires.

    « La situation est complexe et de mauvaises habitudes ont été prises mais Marseille s’est développée depuis soixante ans et personne ne peut dire qu’aujourd’hui l’offre en taxi est satisfaisante », tempère-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville où l’on estime que 100 à 400 nouvelles ADS sont nécessaires. 220 à 230 taxis sont sur une liste publique en attente du précieux sésame qui comme l’impose la loi ne sera plus cessible.

    Le nombre de nouvelles ADS doit être affiné par l’étude qui reposera sur la comparaison avec d’autres collectivités et une analyse des spécificités locales en termes de superficie, de liaison avec l’aéroport, de transports médicaux, d’offres touristiques. Elle portera aussi sur les nouvelles demandes des clients ou les stations d’accueil. « Le but est de créer un outil performant pour combattre les plateformes VTC », précise Sami Benfers. Une efficacité d’autant plus nécessaire que la faiblesse des transports collectifs est patente. La Ville espère aboutir après les élections municipales sans en faire « un enjeu électoral ».

    « La mise en route est tardive, c’est dommage », regrette toutefois l’élu marseillais quand le responsable du LUTM se montre plus incisif. « Cette étude est une victoire car c’est le fruit d’un combat dans lequel nous perdons beaucoup mais on a bien compris qu’elle a été retardée pour ne pas se retrouver pas dans l’embarras d’une décision à prendre avant les élections. Or c’est un enjeu de justice sociale », note son président Saïd Djefaflia. Lui surtout regrette qu’un « accord obtenu cet été pour la création de 65 ADS » n’ait pas été validé.

    En mairie, on explique ce retard par le conflit entre syndicats, l’héritage du passé et des équipes municipales sous-dimensionnées au service taxi. En attendant, la municipalité a prolongé la suppression des décades, ce système de rotation des taxis avec quatre jours de repos pour douze jours travaillés, qui réduit leur circulation…

  • Fin de bataille contre les plateformes logistiques

    Fin de bataille contre les plateformes logistiques

    À la fin, c’est le pot de fer qui gagne. Alors que s’est ouverte, vendredi, une nouvelle enquête publique pour régulariser deux plateformes logistiques à Saint-Martin-de-Crau, gérées par Logiprest et CTLog International, Jean-Luc Moya annonce tout de go : « Nous n’allons pas y aller, nous laissons tomber. Nous sommes fatigués de voir la justice leur donner raison. » L’administrateur de l’association de protection de l’environnement Agir pour la Crau était pourtant au premier rang pour lutter contre la multiplication de ces « boîtes à chaussures » géantes. « Nous avons dépensé énormément d’énergie et d’argent dans ce dossier et nous avons obtenu des décisions favorables », rappelle-t-il. Mais, le temps que dure le bras de fer, les documents d’urbanisme ont été révisés pour mettre en conformité les installations. « Le temps donne raison à des personnes qui ont détruit des sites protégés, déplore Jean-Luc Moya. Ce sont des victoires à la Pyrrhus. Mais dans la Crau, le mal est fait. »

    Les deux plateformes logistiques soumises à enquête publique pour un mois illustrent cette longue bataille. La préfecture avait autorisé l’exploitation des deux entrepôts dès 2014, avec des prescriptions complémentaires en 2016, lorsqu’ils ont été confiés aux deux sociétés aujourd’hui propriétaires. Le premier, de 46 000 m² divisés en huit cellules, est exploité depuis 2016 par CTLOG International, avec en moyenne 80 salariés en CDI (dont 50 encadrants et administratifs) et 150 en interim ou CDD. Et 109 poids lourds par jour pour desservir le site. Le second, confié aux filiales du géant néerlandais Katoen Natie, n’a été livré qu’en 2020. Il s’étend sur 73 000 m² divisés en douze cellules, avec en moyenne 39 magasiniers, 13 encadrants et 7 personnes pour les services supports, et quelque 48 poids lourds quotidiens en circulation.

    Pas de nouvelles compensations

    Mais, le 22 janvier 2020, ces autorisations successives ont été annulées par le tribunal administratif, saisi par les associations Agir pour la Crau et France nature environnement. Sans que l’activité ne cesse sur aucun des deux sites, constatait six mois plus tard l’inspection de l’environnement. Poussant la préfecture à mettre en demeure les deux exploitants pour régulariser leur situation administrative. Mais, alors que les deux entreprises avaient déposé leur dossier, une série d’arrêts de la cour administrative d’appel annulait les décisions de justice passées, soulignant que le tribunal n’avait pas pris en compte l’évolution du plan local d’urbanisme. De quoi remettre à plat toutes les procédures après une réunion de crise en sous-préfecture le 1er mars 2023. C’est que la décision pointait le manque d’indépendance de la direction régionale de l’environnement dans son avis et une dérogation pour la destruction d’espèces protégées périmée.

    Peu importe : l’état des lieux pour l’étude d’impact est cette fois réalisé avec des plateformes logistiques déjà construites. Les exploitants n’ont donc pas à proposer de nouvelles mesures de compensations pour les atteintes à l’environnement. De quoi faire grincer des dents du côté de l’autorité environnementale, qui voulait que soit pris en compte l’état initial des lieux en 2014, avant la construction des bâtiments, tandis que les porteurs de projet s’abritent derrière la jurisprudence. Il restera malgré tout encore à régulariser les deux entrepôts voisins, face à des dérogations là aussi illégales. Quant aux associations écologistes, « nous restons engagés sur de nombreux autres dossiers », rappelle Jean-Luc Moya. Le regard tourné vers les centres de données en projet autour de Marseille.

    Refus de permis annulé à Rognac

    Le tribunal administratif de Marseille a retoqué, le 15 octobre dernier, le refus de l’ancienne maire de Rognac d’accorder un permis de construire pour la plateforme logistique de la société Gemfi sur les anciennes emprises de Shell, à Berre-l’Etang. L’entreprise avait en effet obtenu une autorisation tacite, le 24 août 2022, que la municipalité de Rognac n’avait pas le droit de retirer trois mois plus tard. Les quelque 57,4 millions d’euros d’indemnités réclamés par la société Gemfi sont en revanche retoqués par les juges administratifs. La préfecture, de son côté, a donné son feu vert au projet avec un arrêté pris le 6 juin, et contesté par la municipalité, pour cet entrepôt de 29 125 m² (pour une capacité de stockage de 87 250 tonnes). Y.S.

  • Nouvelle opération de retrait de boîtiers à clé Airbnb

    Nouvelle opération de retrait de boîtiers à clé Airbnb

    La Ville de Marseille a organisé hier une nouvelle opération médiatisée d’enlèvement de boîtes à clé de location de meublés touristiques, pour ceux en tout cas abusivement accrochés à du mobilier urbain.

    Pour cette 5e édition qui intervient quatre jours après le renvoi du procès civil des quatre premiers multipropriétaires en infraction, la mairie ciblait un secteur particulièrement stratégique. Après deux traques au Panier, une à la Plaine et une autre autour du cours d’Estienne d’Orves, c’est aux Catalans que s’est attaqué un commando d’agents municipaux emmené par l’adjoint au logement Patrick Amico et la maire de secteur Sophie Camard, tenaille à la main. Il faut dire que le secteur balnéaire compris entre les boulevards Pasteur et Charles-Livon, la rue des Catalans et l’avenue de la Corse concentre 208 locations de meublés de courte durée dont 71 de plus 130 jours par an qui, cumulés, ont réalisé 22 256 nuitées l’an dernier. C’est dire l’ampleur de ce business qui s’affranchit des règles.

    Pour préparer l’opération, les agents de la « mission ville » ont repéré ces derniers jours 62 boîtes à clé dans l’espace public sur lesquelles ils ont collé un avertissement avec injonction de retrait. Certains avaient obtempéré. Quelques boîtiers avaient été éventrés à coups de marteau ou englués, signe du seuil d’intolérance franchi pour les habitants du quartier excédé par les nuisances collatérales.

    Sous les objectifs de la presse conviée, la disqueuse municipale crépite d’étincelles à plusieurs angles de rue, sous les regards mi amusés mi interloqués des passants et des automobilistes. « Le but pour nous, c’est de récupérer de la location familiale de longue durée », explique Patrick Amico. « Ça permet de faire de la pression pour remettre sur le marché des logements pour les habitants » complète, ravie, la maire de secteur qui sait que 10% en moyenne des logements dans les 1er et 7e arrondissements sont captés par les plateformes touristiques au détriment des habitants dans une ville où 6 200 et 19 800 meublés saisonniers recensés sont en infraction : pas de numéro d’enregistrement donc pas de taxe de séjour perçue, pas d’autorisation préalable sollicitée pour un changement d’usage qui serait refusé, dépassement du seuil de 120 jours par an qui va d’ailleurs être abaissé à 90 jours au premier janvier prochain.

    « Comme un jet clandestin ! »

    Au standard d’Allo Mairie où l’on se fait passer pour un propriétaire en quête de sa boîte à clé, personne n’est au parfum que les boîtes sont récupérables aux Objets trouvés. « Mais Monsieur, c’est fini les boîtiers dans la rue ! C’est considéré comme un jet clandestin ! Y a eu un décret qui fait qu’on n’a plus le droit. C’était marqué dans les journaux », nous houspille drôlement l’agente qui bascule l’appel. « Non, c’est pas chez nous. Ici c’est le cadastre. Mais c’est vrai qu’on gère la taxe de séjour c’est peut-être pour ça qu’on vous envoie ici. La Ville a été tolérante mais depuis février c’est fini », nous dit une autre avant de basculer à l’urbanisme dont la messagerie est saturée. « On en a de cet été dans des cartons. Des gens viennent », finit par répondre un agent des Objets trouvés, boulevard de Briançon (3e). « On les garde trois mois avant de les envoyer à la fonte. Si vous reconnaissez votre boîtier avec le code c’est bon, on vous le rend. Mais de ce matin, on n’a rien. Voyez avec la police municipale… »