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  • Des parlementaires au chevet des cœurs de ville

    Des parlementaires au chevet des cœurs de ville

    Sur la rue de la République, célèbre pour ses façades haussmanniennes, les devantures flambant neuves côtoient les rideaux tirés et les locaux vides. Sur cette artère importante du 1er arrondissement de Marseille, le problème de la vacance commerciale est particulièrement prégnant. C’est la raison pour laquelle le député (PS) des Bouches-du-Rhône, Laurent Lhardit, a décidé d’y faire une audition décentralisée dans le cadre d’un rapport parlementaire sur l’avenir des commerces de proximité.

    « Sur la rue de la République, on a un taux de vacance de 25 % d’après nos estimations », affirme Corneille Fondjo, dirigeant de quatre agences immobilières dans le centre de Marseille et membre de l’association des commerçants de la rue de la République. Un taux largement au-dessus du niveau national, qui est de 14 % et de Marseille qui est de 20 %. Accompagné de son co rapporteur, le député (LR) de Haute-Loire, Jean-Pierre Vigier, Laurent Lhardit a échangé avec les commerçants aux sujets de leurs problématiques.

    5 000 euros par mois

    Si certains évoquent la crise économique, la concurrence d’internet ou des locaux parfois vétustes, tous sont unanimes : leur principal souci est les loyers trop élevés. Mehdi Bouzghaia a ouvert son salon Le barbier de Marseille en 2019 sur la rue. « Notre activité fonctionne bien, mais on a envie de partir tellement on paye cher », se désole le gérant. Même son de cloche dans la boutique Cloclo et Chacha, qui vend jouets et objets de puériculture. Gaelle Genaud a ouvert sa boutique il y a un an et paye 5 000 euros par mois pour 130 m2 : « Au début, j’avais la trésorerie, mais j’ai eu un dégât des eaux et ça a tout foutu en l’air. J’ai des dettes envers l’ancien bailleur maintenant, et je ne sais pas comme on va s’arranger avec le nouveau ». Tout comme Medhi Bouzghaia, elle fait partie des boutiques dont le bailleur a changé (cf encadré).

    Des problématiques de loyers trop élevés qui viennent de l’achat de plus en plus fréquent de locaux par des holdings foncières, dont la rue de la République en a été le triste exemple. « Ces foncières n’achètent que pour spéculer, donc ils font monter les loyers. Et lorsque les locataires ne payent pas ça ne les dérange pas, puisqu’ils défiscalent », se désole le député des Bouches-du-Rhône. Le plafonnement des loyers serait l’une des recommandations des parlementaires pour protéger les commerces de proximité.

    Diversité commerciale

    Une manière de permettre à plus de commerçants de s’installer et ainsi recréer une synergie entre les boutiques. « Les commerces attirent les commerces. Rue de la République, comme il y a beaucoup de locaux vides [notamment à cause des prix] on ne flâne pas dans cette rue donc c’est plus compliqué », explique la gérante de la boutique de puériculture. Pour Jean-Pierre Vigier, la diversité des commerces est également essentielle afin de revitaliser efficacement le centre-ville. L’importance de l’implantation de services publics tout comme une plus grande équité fiscale contre les plateformes de commerce en ligne seront également des pistes de réflexion. Le rapport devrait être présenté devant la commission des affaires économiques en juillet pour tenter de faire rebattre le cœur des villes.

    Un nouveau propriétaire de rue de la République

    Fin du mois d’avril dernier, l’entreprise lyonnaise Régie du commerce, a racheté 129 boutiques de la Rue de la République à l’entreprise Commerces de la République. Le nouveau bailleur est notamment spécialisé dans le rachat de centres commerciaux avec un fort taux de vacance qu’il redynamise en baissant les loyers. Rebecca Bernadi, adjointe (PM) au maire de Marseille en charge du commerce affirme que « son discours est plutôt rassurant ». Les commerçants touchés par le changement de bailleur espèrent trouver un propriétaire plus à l’écoute de leurs problématiques et qui réduira leur loyer afin de redynamiser cette emblématique rue.