Tag: piste cyclable

  • [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    La Marseillaise : Les jeunes sont à nouveau mobilisés aujourd’hui pour réclamer des moyens pour l’enseignement. Comment l’ancienne professeure de mathématiques analyse-t-elle la situation ?

    Josée Massi : Leurs revendications sont légitimes. Je suis allée à leur rencontre, la semaine dernière, avec Monsieur le préfet, le futur président de la Région et le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale) devant le lycée Bonaparte, dans lequel j’ai été élève puis j’ai enseigné, après avoir été pion comme on disait avant. Donc, je connais par cœur ces bâtiments. Je pense qu’en effet, ils ont un peu vieilli.

    Vous connaissez ma méthode, je suis plutôt pour écouter, consulter et trouver des solutions. Je regrette simplement que certains profitent de leur mobilisation pour casser. Mais, je le répète, ils ont des revendications tout à fait légitimes et il faut les écouter. Je leur ai d’ailleurs proposé une table tonde.

    Vous revendiquez depuis votre première élection une position sans étiquette. Est-ce toujours aussi important pour vous ?

    J.M. : Oui, c’est important. C’est uniquement l’intérêt général qui me guide à chaque fois. On peut avoir de bonnes idées à gauche et de bonnes idées à droite. Ce qui m’intéresse, c’est : qu’est-ce qui est bien pour les Toulonnais ? Dans ma liste, il y a des personnes de sensibilités différentes et je ne leur ai pas demandé d’être encartées. C’est pour cela que je ne me suis pas positionnée pour les sénatoriales. J’ai été beaucoup approchée pour aller sur des listes, mais j’ai fait le choix de rester cohérente. Après, la liberté de s’engager a été laissée à chacun tout en précisant simplement que rejoindre untel ou untel reviendrait à s’inscrire en sortie de la majorité municipale. Il faut être cohérent.

    Deux sénateurs RN ont été élus dans le Var. Quel regard portez-vous sur ce résultat ?

    J.M. : C’est la démocratie, il faut la respecter. Je veux d’abord féliciter les deux autres sénateurs, Françoise Dumont et Christian Simon. Ce que je crois, c’est que la division nous a coûté un sénateur. Ils auraient pu s’entendre et mettre de côté des problèmes d’ego… Quand on passe à quatre listes à droite, franchement, on peut se poser des questions. J’espère que cela servira de leçon à tous pour les prochaines échéances électorales.

    Toulon peut-elle rester la place forte qui dit non au RN, comme elle l’a fait lors des dernières législatives, en étant la seule circonscription sur les huit à ne pas mettre genou à terre devant l’extrême droite. Vous engagerez-vous dans la bataille ?

    J.M. : Je vous confirme : nous entrerons dans la bataille. Il y aura des candidats issus de la majorité municipale aux législatives, aux départementales et aux régionales. Nous n’étions pas prêts pour les sénatoriales avec une équipe issue principalement de la société civile, mais là, nous le serons. « Majorité municipale », je pense que c’est une bonne étiquette. Et comme vous le dites, Toulon est la seule circonscription du Var à ne pas avoir un député RN. J’espère bien qu’on va continuer. En tout cas, je mettrai tout mon poids dans la bataille.

    Votre prédécesseur, Hubert Falco (DVD), ne rate jamais une occasion, depuis quelque temps, de lâcher une vacherie à votre encontre…

    J.M. : C’est son droit. Je remarque que, dernièrement, il s’exprime beaucoup sur les réseaux sociaux. Mais moi, je n’ai plus de nouvelles depuis la campagne. Je pense simplement qu’il y a des données qu’il n’a pas sur certains sujets, notamment sur la cité judiciaire.

    C’est un sujet qui me tient à cœur parce que je pense qu’il est incroyable que le tribunal de Toulon soit dans un état d’insalubrité pareil. J’en ai fait un combat depuis trois ans. L’État demande maintenant aux collectivités de mettre la main à la poche. Le projet représente environ 130 millions d’euros, dont 30 millions pour une cité provisoire. Nous avons donc cherché des solutions permettant de diminuer ce coût. Il existe notamment des locaux de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) qui sont vides et sécurisés. Un chargé d’admission est venu les examiner. Il faudrait y réaliser quelques travaux, notamment pour les salles d’audience. Nous avons proposé que toutes les collectivités se mettent autour de la table et aident. Pour le moment, nous en sommes là.

    Pourquoi cet acharnement de sa part aujourd’hui ?

    J.M. : Il faudrait lui poser la question. Je suis devenue maire de Toulon en 2023 pour le dépanner, parce que j’étais la seule en qui il avait confiance et de qui il pouvait dire : « Si je dois revenir, c’est la seule qui me rendra la place. » Et l’année dernière, en juin, il a fait un communiqué me demandant d’y aller. C’est important de le rappeler. Après, il a changé d’avis. Vous pourriez me demander pourquoi, mais je ne vais pas rajouter de la polémique à la polémique. Il n’a qu’à prendre ses responsabilités. J’ai toujours été loyale, je crois que celui qui n’a pas été fidèle, c’est quand même lui. Quand je vois sa garde rapprochée, je me demande ce qu’est devenu son positionnement politique ? Certains d’entre eux sont partis rejoindre Éric Ciotti ou carrément le RN… En tout cas, puisqu’on parle de parole donnée, je tiens à rendre hommage à Michel Bonnus [ancien sénateur LR et candidat à la mairie de Toulon, ndlr] qui se bat contre la maladie et à qui je souhaite de remporter ce combat. Il avait promis que, s’il n’était pas devant, il se retirerait. Et c’est ce qu’il a fait.

    Vous êtes régulièrement attaquée par l’extrême droite. Comment le vivez-vous ?

    J.M. : Madame Lavalette cherche la polémique. C’est sa technique. Moi, je ne rentre jamais là-dedans. Elle me caricature, mais je ne réponds pas. En conseil municipal, elle cherche la confrontation. C’est la stratégie du chaos. Elle répète que j’ai été élue avec les voix de la gauche ou de La France insoumise, quelle importance ? Ce sont les Toulonnais qui ont choisi. J’ai fait 52%. Elle a fait 48%. Elle peut dire ce qu’elle veut. Et mon programme, je vais l’appliquer. Elle parle d’idéologie en critiquant la mise en place de la piste cyclable sur l’avenue de la République. Mais les résultats sont là et c’est un grand succès. Nous faisons toutes les mesures. Entre 7 et 8 heures du matin, il passe 600 vélos et on constate 5 000 voitures en moins par jour. Je regarde maintenant si elles se sont reportées ailleurs. Elle prétend aussi que la ville est saccagée par les tags de l’extrême gauche depuis mon élection. Bizarrement, elle passe sous silence ceux du groupe Némésis, des identitaires… Alors qu’il y en a beaucoup.

    L’État menace de torpiller encore davantage les finances des collectivités territoriales. Comment réagit la maire de Toulon et présidente de la Métropole ?

    J.M. : On sait qu’avec la dette colossale de la France, on va tous devoir faire des efforts. Moi, j’en suis consciente. Mais ce n’est pas nouveau, ça fait trois ans que je suis maire et qu’on construit des budgets sans savoir ce qu’on va avoir en termes de dotation de l’État. Après, j’ai regardé ce que va proposer le Rassemblement national, qui se positionne, lui, sur 150 milliards de moins. Je ne sais pas où ils vont les trouver.

    Quel regard portez-vous sur les prochaines échéances électorales nationales ?

    J.M. : Je suis résolument optimiste. Je pense que les Français, à un moment, prennent leurs responsabilités. Et ce ne sont pas ceux qui hurlent le plus qui feront l’élection. Moi, je suis relativement confiante. Je rappelle que j’étais donnée perdante face à la numéro 3 du RN, Laure Lavalette, et que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé au final. Moi, je suis relativement confiante.

  • Toulon 4e ville française où il est le plus agréable de circuler à vélo

    Toulon 4e ville française où il est le plus agréable de circuler à vélo

    De quoi remettre en lumière l’expérimentation de la piste cyclable de l’avenue de la République à Toulon, défendue par la municipalité et les associations écologistes, mais vivement critiquée par l’opposition RN, qui lui reproche ses supposés effets négatifs sur le trafic automobile.

    À l’occasion de la Semaine européenne de la mobilité (du 16 au 22 septembre), l’ENTPE, école d’ingénieurs placée sous la tutelle du ministère de la Transition écologique, et son laboratoire Énergie et Mobilité (EMob-Lab) ont dévoilé le premier classement des 28 plus grandes villes françaises en fonction de leur facilité de circulation à vélo. Et le Port du Levant se classe à la 4e place, derrière Nîmes, Reims et Paris.

    « Une belle surprise qui met en avant le travail réalisé avec Madame la maire, se félicite Albert Tanguy, adjoint aux mobilités douces à la mairie de Toulon. Cela va dans le sens des premiers retours concernant la piste cyclable depuis la rentrée, avec 500 cyclistes par heure le matin, montrant que cela répond à un besoin. »

    Piste cyclable pérennisée

    Réalisée par le chercheur Tristan Lemoalle, doctorant à l’ENTPE, cette étude revendique une cartographie complète et reproductible de la sécurité et du confort des infrastructures cyclables en milieu urbain, en France, autrement dit de leur « cyclabilité ». L’indicateur repose sur un croisement de données ouvertes, d’enquêtes de terrain et de sondages. À partir de ces éléments, Tristan Lemoalle a développé un programme capable d’attribuer à chaque tronçon cyclable une note sur cinq. « Cette méthode se distingue par sa précision. Elle permet d’évaluer la cyclabilité à l’échelle de chaque rue et apporte ainsi un éclairage différent, mais complémentaire, au Baromètre des villes cyclables, qui mesure la satisfaction des usagers au niveau des villes », détaille le doctorant.

    Cette note se base sur plusieurs critères : le type de piste (séparée, partagée, bande cyclable…), le degré de pente, l’exposition au trafic motorisé, ainsi que l’environnement urbain autour des pistes cyclables (végétation, éclairage…). « L’idée n’est pas de pointer du doigt certaines villes », affirme le doctorant, mais d’offrir aux collectivités un outil facile d’accès pour identifier les points à améliorer sur leurs infrastructures. Celui-ci pourrait être utile à Toulon pour dresser, fin octobre, le bilan de l’expérimentation de la piste cyclable, qui sera « quoi qu’il en soit pérennisée, qu’elle soit maintenue en l’état ou de l’autre côté de l’avenue », affirme Albert Tanguy.

  • À Port-de-Bouc, l’urbanisme de demain se pense aujourd’hui

    À Port-de-Bouc, l’urbanisme de demain se pense aujourd’hui

    Les bâtiments qui vont tomber vont permettre de redéfinir deux îlots d’habitation à gauche et à droite de la route qui va relier les deux côtés de la mer », explique Séverine Mignot, architecte de Port-de-Bouc, au pied des immeubles des Aigues Douces. Vendredi matin, les membres de l’association Architecture et maîtres d’ouvrage (AMO) ont été invités à un tour d’horizon du renouvellement urbain de la ville.

    C’est entre terre et mer, à l’image de Port-de-Bouc, que les enjeux des années à venir se concentrent. De l’ancienne halle aux poissons devenue Maison des projets au bord de mer de la presqu’île, le parcours révèle plusieurs exemples. Devant la barre et la tour de la Lèque, la cheffe de projet, Fabienne Sanchez, indique qu’« ici, une fois la barre démolie et la tour rénovée, la Métropole refera les espaces publics en concertation avec les habitants », comme aux Aigues Douces. Séverine Mignot développe : « L’enjeu est de faire continuer le centre-ville jusqu’à la jetée » du Port. La démolition interviendrait début janvier, selon l’architecte, avant une dépollution à un million d’euros, financée par l’Agence nationale de renouvellement urbain, et promotion immobilière.

    Plus loin, place Lazzarino, Fabienne Sanchez parle de « désimperméabilisation » et de « doubler la plantation d’arbres » en plus de sécuriser la place face aux véhicules.

    « Créer des routes permet de redéfinir une ville »

    Idem aux Aigues Douces, où tout le quartier est voué à changer, comme il n’a cessé d’évoluer depuis sa construction : « L’État avait proposé huit tours pour protéger la ville du Mistral. Puis l’architecte Fuksas a arasé les tours et fait les trouées pour laisser passer le vent » dans les années 1990, détaille Séverine Mignot, « la création des parkings et des routes ont permis de redéfinir une ville » dans le quartier. Y compris pour les vélos. La nouvelle piste cyclable de la côte est expérimentale car « faite de matériaux réutilisés et de béton poreux », comme l’explique Fabienne Sanchez.

    « Toutes nos réflexions partent avec l’humain au centre », affirme l’adjoint aux finances Akrem M’Hamdi (PCF), face aux architectes, lors d’un échange pré-visite. À la veille d’enfin voir se réaliser le contournement autoroutier de Port-de-Bouc, l’adjoint évoque de « vraies opportunités à saisir » dans la requalification de la future ex-RN168, qu’il va falloir « réimaginer ». Son collègue délégué à l’urbanisme, Houssine Rehabi, complète : « Le PLUi en discussion depuis 2025 prévoit la création de 1 200 logements minimum à Port-de-Bouc. Nous aurons la possibilité de transformer la RN168 en boulevard urbain et de créer du logement autour, tout comme à la place du collège Éluard, qui va déménager au nord de la ville. »

    Après la visite, le vice-président d’AMO Gilles Féraud fait part d’un « grand intérêt », « les élus et leurs techniciens sont en train de contrôler un effort de reconstruction en travaillant l’art de vivre et la mixité sociale dans une très belle synergie », observe-t-il. « Port-de-Bouc a toutes les possibilités d’être une ville durable et nous, acteurs privés, devrons concentrer nos savoir-faire pour nous insérer dans cette idéologie urbaine généreuse », conclut-il. L’urbanisme de demain se pense donc aujourd’hui.

  • Le président du Département au collège Cousteau, à La Garde

    Le président du Département au collège Cousteau, à La Garde

    Il a également rappelé les investissements réalisés par la collectivité sur les deux collèges du canton, soit près de 4 millions d’euros sur la période 2021-2026. Avec entre autres 92 000 euros utilisés pour le mobilier remplacé du restaurant scolaire de Cousteau et 201 500 euros de travaux, en 2026.

    À noter également les futurs travaux de renaturation de la cour de récréation et le projet d’un futur gymnase estimé à 8 millions d’euros. Et une future piste cyclable reliant le collège à celle du littoral. Le président a annoncé que le 30 septembre, le Département du Var récompensera les collégiens varois ayant obtenu une mention « Très bien » au Brevet des collèges.

  • À Avignon, le plan Faubourgs encore détricoté par l’avenue Monclar

    À Avignon, le plan Faubourgs encore détricoté par l’avenue Monclar

    Il est presque midi vendredi dernier. Au croisement de l’avenue Monclar et des boulevards Monod et Ferry, les automobilistes ralentissent et peinent à savoir s’il faut se fier au stop ou au nouveau feu tricolore encore éteint pour adopter la bonne conduite. Normalement, ce lundi à 9h, le feu fera foi et sera mis en service dans le cadre de la révision du plan Faubourgs, mis en place par la nouvelle majorité. Une nouvelle étape importante de franchie depuis trois mois et le lancement, en grande pompe, du premier ajustement de circulation autour de l’inflammable sujet des mobilités.

    Malgré l’absence de concertation, et trois semaines après la remise en double sens de la porte Saint-Lazare (notre édition du 28 juillet), le maire Olivier Galzi (DVD) continue de détricoter une des mesures phares du mandat précédent de sa prédécesseure, Cécile Helle (PS). Lors du conseil municipal de fin juin, au moins 300 personnes avaient bruyamment manifesté leur hostilité à ce démantèlement sous les fenêtres de l’Hôtel de ville, réclamant un moratoire. Olivier Galzi reste, lui, persuadé d’avoir l’adhésion d’une majorité silencieuse…

    « J’ai peur des risques pour nos enfants »

    Le changement sur l’avenue Monclar est encore perçu comme « une autre modification sans concertation ni étude d’impact » par l’association des 4 boulevards qui invite les riverains à faire remonter « les problématiques nouvelles soulevées par cette décision unilatérale ». L’opposition de gauche, qui avait porté ce dossier, parle d’un « contre sens historique », craignant « une insécurité routière ».

    Principal bouleversement, la réouverture de l’avenue Monclar dans le sens sud/nord (vers les remparts) depuis le croisement des boulevards Monod et Ferry. Les automobilistes pourront à nouveau passer devant l’école Marcel-Perrin, où plus aucune voiture ne circulait depuis plus de deux ans. La Ville assure que la « borne rétractable sera relevée aux heures d’entrée et de sortie » des classes. « J’ai peur qu’il y ait beaucoup plus de bruit et de risques pour nos enfants », redoute une maman d’élève croisée à proximité, anxieuse à une grosse semaine de la rentrée.

    Parmi les ajustements notables, la remise en circulation à double sens des boulevards Ferry et Monod dans ce secteur. La piste cyclable sur Monclar est maintenue en l’état. « Je suis assez partagée », ne sait pas trop quoi encore penser Lise Demeyer. Depuis mars, elle a ouvert le café créatif L’Éklâ, au quasi-croisement Monclar-Monod. « J’ai à la fois peur de perdre en calme avec plus de bruit, des difficultés de stationnement alors que je tiens un lieu de créativité et, d’un autre côté, je vais gagner en visibilité et avoir moins de bouchons pour venir travailler, ce changement pourrait débloquer tout ça », développe-t-elle.

    À quelques mètres de là, le pharmacien est, lui, beaucoup plus tranché. « Je vois clairement ce changement d’un très bon œil même s’il faut être prudent le temps des nouvelles habitudes », se projette Michel Paulet. Installé depuis 20 ans, il estime que les travaux de l’avenue Monclar lui ont fait perdre 100 clients par an depuis deux ans. « On était un peu coupé du reste de la ville, le plan Faubourgs c’est peut-être bien pour ceux qui y vivent, mais c’est catastrophique pour ceux qui y travaillent », juge le pharmacien. D’autres révisions sont encore prévues, mais pas datées officiellement, côté Saint-Ruf ou Sixte Isnard.