Tag: Piétonnisation

  • Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    « J’ai redémarré mais sans marchandises et ma banque a rejeté le prélèvement car il n’y a pas d’argent qui est rentré. » Venu bénéficier des services du guichet unique installé au Palais de la Bourse depuis le début de la semaine pour venir en aide aux commerçants touchés par la casse et les pillages, ce buraliste, installé à Sainte-Marthe (14e) depuis 17 ans, ne cache pas son désarroi. Face à lui, le préfet de région, Jacques Witkowski, le président de la Chambre de commerce Aix-Marseille, Jean-Luc Chauvin, et les représentants des collectivités qui ont mis au pot, François de Canson (DVD), président de la Région, Martine Vassal (DVD), présidente du Département. Rebecca Bernardi (PM), adjointe au maire de Marseille en charge du commerce est là aussi.

    « Ce guichet rassemble l’ensemble des services disponibles, ceux de l’État, des collectivités, de la solidarité entrepreneuriale. On reçoit au fur et à mesure les entreprises pour leur permettre de faire leur parcours, d’avancer » explique Jean-Luc Chauvin, ajoutant que plus de 180 d’entre elles « ont été vues, accompagnées ou reçues ». Après une prise de contact par téléphone, un « parcours de rendez-vous est pris pour ne pas attendre et voir tout le monde », poursuit le responsable de la CCI.

    Dans le cadre d’un fonds régional, 5 millions d’euros ont été débloqués, auxquels s’ajoutent 5 autres millions du Département. Un dispositif qui a fait ses preuves pour le Covid en 2020, les émeutes en 2023. « On se doit de redonner confiance à nos commerçants. On ne veut pas que le centre-ville de Marseille meure » insiste François De Canson, rappelant que Noël, « c’est quand même 35% du chiffre d’affaires ».

    Anticiper un effet

    « château de cartes »

    Martine Vassal enchaîne : « Beaucoup de commerçants aujourd’hui n’ont plus de stock, n’ont plus rien, ont des salariés sur les épaules. » Forte de cette belle solidarité, Rebecca Bernardi en appelle également à l’État. « Cela ne suffira pas pour relancer le centre-ville. On a une prise en charge des commerces pillés mais il y a aussi tous les commerçants qui sont debout, qui font zéro en chiffre d’affaires, ou à 10% de ce qu’ils font d’habitude », s’inquiète l’élue qui réclame pour ces derniers des garanties pour éviter que tout ne s’écroule comme un « château de cartes ».

    La Ville se chargera de l’animation dès la semaine prochaine, avec un « plan global » incluant la gratuité des parkings, la piétonnisation temporaire voire l’ouverture le dimanche pour rattraper l’activité perdue. Le chèque-cadeau « Treiz’local » à consommer dans le centre-ville est également de retour annonce Jean-Luc Chauvin, prêt à « faire feu de tout bois pour sauver le centre-ville ».

    En attendant, la perspective d’une nouvelle manifestation le 31 octobre ne rassure personne. « Je n’ai pas, à l’heure où on se parle, de demande de dépôt de manifestation », affirme Jacques Witkowski. Il tient à faire passer un message : « Il ne faut pas s’y tromper, nous n’avons pas affaire à des gens qui manifestent mais à des gens qui viennent casser, des délinquants. » Et d’appeler « chacun prend ses responsabilités. Nous prendrons les nôtres ».

    Pour autant, pas question d’appeler à la fermeture des commerces répond Jacques Witkowski quand on lui pose la question. « On a le droit d’ouvrir quand on est un entrepreneur, on a le droit aussi, quand on est un citoyen, un touriste, de venir, ne serait-ce que se promener ou acheter là où les commerces sont ouverts », estime-t-il. Et de rappeler le « succès populaire » de la manifestation du 24 octobre organisée par la CGT. « Les gens ont pu venir en toute sécurité exprimer leur mécontentement, leurs observations. Il faut qu’on puisse continuer comme ça, que ça se passe bien », considère le préfet.

  • À Marseille, une balade printanière pour retrouver de l’air frais

    À Marseille, une balade printanière pour retrouver de l’air frais

    Pas une voiture à l’horizon. Les rires des passants résonnent sur la Corniche, et l’odeur salée de la mer reprend sa place au long du littoral. Pour la 35e édition du dispositif « La Voie est Libre » porté par la Ville, les Marseillais et visiteurs étaient plus de 40 000 à profiter du circuit piéton ce dimanche.

    C’est le cas de Thomas, 32 ans, accompagné de son frère cadet Benoît. « Je viens systématiquement lors de ces rendez-vous sur la Corniche. Il fait beau, le soleil tape, et c’est encore plus agréable sans voiture », s’enthousiasme le trentenaire. Et il n’est pas le seul à apprécier ces balades privatisées. La dernière édition en date avait réuni dimanche 22 février, plus de 38 000 promeneurs selon la mairie. Un succès qui « ne faiblit pas deux mois plus tard », indique Cécilia Niéto installée devant son stand de distribution de tracts depuis 10h : « Ce matin, la route débordait de passants. Le flux a tendance à se calmer. Malgré tout, il reste un nombre impressionnant de promeneurs. »

    Des citoyens venus pour se balader, d’autres à la « découverte des activités culturelles proposées sur la Corniche » comme l’explique Carine, accompagnée de son mari Pierre et de leurs trois bambins. « Nous sommes venus assister aux ateliers manuels qui porteront sur le thème de la Méditerranée », glisse-t-elle entre les quelques cris de sa fille dans ses bras. Après avoir tenté de la calmer, elle décide de la déposer tendrement sur le sol, et poursuit : « C’est un luxe de pouvoir se promener avec ses enfants sans se soucier du danger que représentent les voitures. Je pense que nous devrions réserver les ruelles de Marseille aux transports en commun. Afin de libérer les routes et sécuriser davantage nos déplacements », argumente-t-elle.

    Élargir la piétonnisation ?

    Malgré une baisse significative des accidents routiers mortels dans la région, Marseille comptabilise 44% d’entre eux. Un bilan « consternant pour Sylvie, 47 ans, dépassée par la situation. À Marseille, 25% des tués par accident sont des piétons. Nous devons faire quelque chose pour réduire ce taux de mortalité affligeant », déplore-t-elle. La piétonnisation de Marseille fait débat entre citoyens. Alors que certains la réclame, d’autres s’y opposent, à l’instar de Maelys, qui n’est pas tout à fait pour. « Ceux qui n’habitent pas en centre-ville n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture pour s’y rendre. Piétonniser le centre-ville de Marseille risquerait d’écarter davantage une partie de la population », dénonce-t-elle. Toujours est-il que des milliers de personnes ont une nouvelle fois profité pleinement de cette aubaine.

  • Sophie Camard affiche ses ambitions pour le 1er secteur de Marseille

    Sophie Camard affiche ses ambitions pour le 1er secteur de Marseille

    « Plus que onze jours pour convaincre », lance Leila Becard, colistière de Sophie Camard, venue à la rencontre des habitants. Dans une salle comble, l’ambiance est à la fois électrique et pleine d’espoir pour cette grande réunion publique, dernière étape d’une campagne menée dans un bras de fer face à la droite et à l’extrême droite.

    Faire le lien entre le nord et le sud

    L’occasion de rappeler le rôle central du 1er secteur, « à l’image de la ville, faisant le lien entre le nord et le sud de Marseille », souligne une autre colistière écologiste. Elle met en avant la transformation de l’espace public à Noailles, notamment par la piétonnisation et le développement des pistes cyclables. Le directeur de campagne, Julien Soret, insiste sur la priorité donnée à l’éducation, avec la volonté de construire la première école à Noailles. « On partait de chantiers laissés à l’abandon », rappelle-t-il, avant d’évoquer la mise en place de kits scolaires de 150 euros pour chaque enfant et l’objectif d’un agent spécialisé par classe bientôt en place.

    Sous les applaudissements, Sophie Camard prend enfin la parole. Elle réaffirme son engagement pour la culture et dénonce le fait que « la rénovation du Théâtre de l’Œuvre se fasse sans financement du département ou de la région », uniquement grâce à des fonds européens. Si elle est réélue, la culture sera « au cœur du mandat ». Elle annonce des échéances concrètes : trois mois après les élections, « Noailles devrait accueillir deux équipements de proximité, dont un lieu associatif rue d’Aubagne, en attendant l’ouverture du centre social ». Des travaux sont également prévus place de la Providence, avec la plantation de 50 arbres. « Nous avons gagné cette bataille : les voitures partiront, les arbres arriveront », se félicite-t-elle.

  • À Marseille, les insoumis déclinent leur plan écoles

    À Marseille, les insoumis déclinent leur plan écoles

    La France insoumise avait choisi ce lundi de rentrée scolaire pour « sortir d’une campagne de caniveau », dixit la coordinatrice du programme Paola Hartepence, et parler du fond en présentant le volet école de son projet. Autour d’elle, les candidats insoumis partagent leur constat : manque de personnel, opacité, absence de concertation et défaillance du plan école. À la Castellane, Katia Bakri, parent d’élève et membre de l’association Solimam’s, dénonce un déficit d’Atsem. Candidat sur les 1-7, Aurélien Bourneuf pointe le manque d’animateurs sur la pause méridienne.

    Encadrement des élèves

    En réponse, les insoumis proposent d’en recruter 500 et de créer une filière d’animation municipale avec des animateurs formés qui pourraient renforcer les centres sociaux. Objectif : un taux d’encadrement d’un adulte pour 14 enfants en maternelle et d’un adulte pour 18 enfants en élémentaire.

    Sur la transparence, Élise Méouchy, du collectif Vaï, pointe les dossiers techniques amiante incomplets en l’absence de publication des Repérage avant travaux, et rappelle que l’accès à l’information donne la possibilité d’une « vigie citoyenne ». À Saint-Louis Gare (15e), Yasmina Habbache, une parent d’élève candidate sur le secteur, raconte une école rénovée « sans concertation ». L’occasion pour Axel Bruneau, enseignant et responsable du volet bâti scolaire du programme, de dresser un réquisitoire contre le plan école.

    Il critique les marchés globaux de performance, « contraire à l’esprit du Code de l’éducation », et annonce un nouveau plan fait d’écoles plus petites pour améliorer le maillage et faciliter l’entretien. Les vagues 2 et 3 de l’actuel plan ne seraient pas revues, mais la maintenance et l’entretien seront municipalisés après renfort de la brigade technique et intégration de la Spem aux services municipaux. L’occasion d’y ajouter un Plan ombre et fraîcheur, la végétalisation et la piétonnisation des abords des établissements, et la fermeture des rues aux heures d’entrée et de sortie scolaires.

    Les insoumis se fixent enfin l’objectif de remunicipaliser la restauration scolaire en préparant une sortie organisée de la Sodexo en 2029, « un des vrais renoncements du Printemps marseillais », tacle Sébastien Barles, adjoint en charge de la transition, désormais candidat insoumis dans les 1-7. Elle s’accompagnerait d’une gratuité progressive pour tous, estimée à terme à 18 millions.