Tag: Pierre-Édouard Stérin

  • À Aix, une action pour alerter le public de « La Dame de Pierre »

    À Aix, une action pour alerter le public de « La Dame de Pierre »

    « Ce show musical n’a rien de neutre. Il revisite l’histoire française à travers une grille conservatrice et réactionnaire », peut-on lire sur l’un des tracts distribués devant l’entrée de l’Arena du Pays d’Aix. Ce dimanche soir, La Dame de Pierre était à l’affiche. À l’appel de la CGT Spectacles, une trentaine de militants issus d’organisations antifascistes, syndicales et associatives se sont donc mobilisés deux heures avant le début de la représentation afin d’« informer » les spectateurs du « révisionnisme » qu’ils estiment véhiculé par le spectacle.

    Cette représentation musicale, qui propose de revivre « les grandes heures » de la cathédrale Notre-Dame de Paris, est en partie soutenue par le Fonds du Bien Commun, fondé par Pierre-Édouard Stérin, milliardaire d’extrême droite. Selon le tract distribué par les manifestants, son metteur en scène serait par ailleurs « réputé proche de l’Action française ».

    « Ce n’est pas un spectacle comme les autres, ça distille des idées d’extrême droite, une ode à Marie. Ce n’est pas neutre », affirme Magali Braconnot, de la CGT Spectacles. Un second volet motive la mobilisation : celui du respect du « droit du travail ».

    « Fragilisés »

    L’an passé, une mobilisation avait déjà été organisée au même endroit pour dénoncer ce spectacle. Un signalement de la CGT Spectacles avait alors été transmis à l’Urssaf et à l’Inspection du travail. « 120 bénévoles étaient présents. Mais la loi l’interdit sur des spectacles dont l’entrée est payante. Au mois de juin dernier, on s’est rendu compte que ça avait fonctionné : il n’y a plus que des pros maintenant », précise Magali Braconnot.

    Elle poursuit : « Ils sont fragilisés. Ils ont 2,5 millions de déficit et ne savaient pas s’ils allaient continuer la tournée », selon la CGT, une seule tournée est programmée en octobre, trois dates auraient été annulées et une seule représentation, contre deux l’an dernier, est prévue à Aix-en-Provence.

    Le tout dans un contexte de restriction budgétaire dans le secteur culturel. « Là où le service public se rétrécit, les privés s’engouffrent : ils mettent leurs sous, mais avec leur idéologie. Ce n’est pas possible. »

    L’action de l’année dernière « avait été éclairante. Certains découvraient ce qu’ils allaient voir », souligne Claudie Hubert, pour le Collectif aixois contre l’extrême droite. À l’issue de la représentation de l’an dernier, une spectatrice avait adressé un témoignage aux organisations mobilisées. Elle y dénonçait notamment une représentation de la Révolution française qu’elle jugeait historiquement trompeuse, en contradiction avec ce que son enfant avait appris à l’école. « Aujourd’hui, il voyait un spectacle où la Révolution française détruit les églises dans la violence en disant : “Dieu n’existe plus”. C’est une déformation de l’histoire ! »

  • La bénédiction des calissons toujours prisée 30 ans après sa relance

    La bénédiction des calissons toujours prisée 30 ans après sa relance

    Sur le parvis de l’église Saint-Jean-de-Malte, on se bouscule. Au centre, le cortège de groupes folkloriques et des membres de la Confrérie des calissons, portent la Vierge sur son brancard de procession. Autour, habitués de la cérémonie de bénédiction et touristes se massent pour apercevoir, ne serait-ce qu’un instant, les costumes et les toques de confiseurs qui composent le cortège. Les autorités locales se sont montrées aussi à la cérémonie de la bénédiction des calissons, qui fête ses 30 ans. « Je pense qu’on a autant voire plus de monde ! », a confié Richard Flopin, président de l’association Excalissons, moteur de l’événement.

    Cette année, exit les débats autour du label « Plus belles fêtes de France » attribué à l’événement depuis 2025. Une distinction dont le financement par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin suscite la polémique. « C’est déplorable, on nous remet toujours ça au-dessus du panier. Nous sommes apolitiques », a martelé Richard Flopin, rappelant qu’au moment de la candidature, l’association ignorait ce lien.

    L’origine de l’événement a inévitablement été rappelée par le frère Daniel, hôte de cérémonie. En 1630, alors que la peste frappait depuis un an le sud de la France, dont la capitale provençale, l’assesseur Martelly promettait de faire célébrer une messe en l’honneur de Notre-Dame-de-la-Seds, patronne d’Aix-en-Provence. Dans le même temps, les confiseurs proposaient de distribuer leur célèbre losange confit à l’occasion de ce rendez-vous. La cérémonie fut interrompue pendant la Révolution française et ne reprit qu’en 1996.

    Pour marquer cette troisième décennie de renaissance, dix nouveaux membres de la Confrérie des calissons ont d’ailleurs été intronisés.