Tag: Pierre Dharéville

  • Le financement des transports peut faire dérailler la Métropole

    Le financement des transports peut faire dérailler la Métropole

    Un murmure parcourt les travées de l’hémicycle métropolitain, au moment où l’argentier de l’institution annonce l’addition. « À ce jour, il faut que nous trouvions 123 millions d’euros d’ici au 28 avril pour boucler le budget pour 2026 », lance David Ytier.

    Ce jeudi après-midi au Pharo, la présentation du premier rapport d’orientations budgétaires de la mandature a pris un ton inhabituel quand il a fallu partager l’ampleur d’un déficit dont le successeur de Martine Vassal assure n’avoir pris connaissance que ce lundi. « Nous nous attendions à quelques haies, mais c’est une vraie muraille que nous avons », illustre le vice-président (LR) aux finances. En cause, les ponctions de l’État, à hauteur de 60 millions d’euros, bien plus que ce qui avait été anticipé. « Nous sommes parmi les quelques territoires les plus frappés en France par les choix de la loi de finances », souligne-t-il. Surtout, le déploiement des nouvelles infrastructures de transports, de l’extension du tramway aux nouveaux bus à haut niveau de service font exploser les coûts d’exploitation de 81 millions d’euros (notre édition du 16/04).

    Alors le nouvel exécutif métropolitain présente à l’hémicycle un budget volontairement en déficit, de 123 millions d’euros. Et met toutes les pistes sur la table. « Face à ça, il n’y a pas 36 solutions : c’est soit des augmentations d’impôts, soit des réductions drastiques, soit un mixte des deux. Ou soit on demande à l’État de décider lui-même. C’est eux qui nous imposent cette situation, c’est à eux de l’assumer », tempête le président (LR) de la Métropole, Nicolas Isnard. Une menace agitée qui se double d’un appel face aux perspectives de voir dérailler les finances métropolitaines face aux charges de la RTM. « Soit l’État nous donne les moyens d’avoir une politique des transports ambitieuse, soit on ne pourra pas doter ce territoire des équipements qu’il mérite. »

    En face, seul le RN ferme la porte à toute recette fiscale supplémentaire, « une ligne rouge infranchissable », plastronne le député Franck Allisio. « Nous n’avons qu’un point en commun, d’avoir perdu les élections, alors je vous appelle à un peu d’humilité », le douche Romain Simmarano. « Nous avons besoin de ressources pour que nous puissions déployer les politiques nécessaires », abonde l’ancien député PCF Pierre Dharréville.

    « Les transports c’est la vie »

    « Il faut vite renégocier le pacte financier et fiscal, la méthode avait fonctionné », rappelle donc la maire (GRS) des 1er-7e, Sophie Camard, avant que l’institution n’approuve la préparation d’un nouveau pacte de gouvernance. Bientôt présidente de la RTM, la maire adjointe (DVG) Samia Ghali avertit : « Les choix qui ont été faits par le passé, je ne m’en sens pas comptable. » Mais elle défend la poursuite des chantiers. « Les transports, c’est la vie », lance-t-elle.

    « Nous n’avons pas de regret à avoir sur nos investissements », approuve le vice-président (DVG) aux transports, Frédéric Vigouroux. Et appelle à ce que la Métropole obtienne ce que seule la région parisienne a la possibilité de faire, d’augmenter le versement mobilité payé par les entreprises au-dessus du plafond des 2% de leur masse salariale. « Il faut que le versement mobilité soit au niveau : un point, c’est 220 millions d’euros », répète-t-il, par trois fois, tandis que le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux appelle à solliciter les autres collectivités, pour préserver les dotations aux communes.

    Dans l’immédiat, c’est la conférence des maires ce mardi qui aura à trancher dans les arbitrages. Absent de la séance pour pouvoir rencontrer le président de la République, le maire (DVG) de Marseille a lui pu plaider la cause métropolitaine directement au plus haut sommet de l’État. Avant que ses habitants n’en fassent les frais.

    NOMINATIONS EN SÉRIE DANS LES ORGANISMES MÉTROPOLITAINS

    Une vingtaine de structures ont vu leurs représentants métropolitains désignés ce jeudi, des régies d’eau aux parcs régionaux. En particulier trois structures clé, dont la Ville de Marseille vise la présidence.

    Euroméditerranée

    Est nommé en représentant titulaire de la Métropole le maire (PS) des 2e-3e, Anthony Krehmeier, avec comme suppléant le maire (PCF) des 15e-16e, Jean-Marc Coppola. La municipalité aura aussi à désigner ses propres représentants.

    Provence Métropole Logement

    Sont nommés au conseil d’administration sept titulaires représentant le conseil métropolitain : Martial Alvarez, Audrey Garino, Tina Biard-Sansonetti, Audrey Gatian, Julien Rossi, Jean-Marc Signes, Pierre Huguet. S’y ajoutent six personnalités qualifiées : Romain Canicave, Candice Letourneur, Morgane Dutertre, Jean-Marie Angeli, Jean-Pierre Rolland, Hanifa Taguelmint. Et une représentante de l’association Habitat alternatif social, Cécile Suffren.

    Régie des transports métropolitains

    Sont nommés au conseil d’administration André Molino, Jean-Pierre Serrus, Gaby Charroux, Romain Simmarano, Frédéric Vigouroux, Eric Chevalier, Samia Ghali, Nicolas Hue, Marie Batoux, Julien Harounyan, Audrey Gatian, Julien Rossi, Josette Furace, Clara Jaboulay, Pierre Huguet, Amine Kessaci, Arnaud Drouot. S’y ajoutent en personnalités extérieures Christian Pellicani et Vincent Kornprobst, en représentants des usagers Jean-Marc Maini, Ouahid Boustila, Olivier Couqueberg, en représentante du conseil départemental Valérie Guarino, en administrateur désigné par la chambre de commerce et d’industrie Jean-Michel Lacaux.

    ONZE CONSEILLERS DÉLÉGUÉS POUR LE BUREAU

    Après la désignation de vingt vice-présidents lors de sa première séance (notre édition du 08/04), le conseil métropolitain a désigné ce jeudi onze conseillers délégués qui siégeront également dans son bureau. C’est le cas du maire (LR) d’Allauch, Lionel de Cala, de l’adjoint (PS) au maire de Marseille délégué aux finances Joël Canicave, de l’adjointe (DVD) à la maire d’Aix déléguée à la jeunesse, Kayané Bianco Roatta, du maire (SE) de Cornillon-Confoux Daniel Gagnon, du maire (DVG) d’Ensuès-la-Redonne, Michel Illac, de l’adjointe (PCF) au maire de Marseille déléguée au logement, Audrey Garino, du maire (DVD) de Venelles Arnaud Mercier, de l’adjoint (DVG) au maire de Marseille délégué à la propreté Hedi Ramdane de la maire (DVD) d’Auriol Véronique Miquelly, du maire (PS) de Vitrolles Loïc Gachon et enfin du maire (DVD) de Simiane-Collongue Philippe Ardhuin. « Les délégations seront connues dans quelques jours, sans surprises, en tenant compte des compétences », indique le président LR de la Métropole, Nicolas Isnard. En précisant qu’un certain nombre d’élus « auront une lettre de mission pour s’occuper de domaines particuliers que nous ne souhaiterions pas oublier ».