Tag: Physique

  • Marseille 1943, la justice s’achemine vers la reconnaissance des crimes

    Marseille 1943, la justice s’achemine vers la reconnaissance des crimes

    Bientôt huit ans après le dépôt de plainte du 17 janvier 2019 sur la rafle du Vieux-Port, la justice se dirige vers la reconnaissance des crimes perpétrés à Marseille en 1943. C’est l’aboutissement du long combat « pour la mémoire des disparus et la conscience des vivants » mené par le Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, son président Antoine Mignemi, 88 ans, rescapé des rafles, et l’avocat Pascal Luongo.

    Ce drame de la Seconde Guerre mondiale a longtemps été occulté. L’opération Sultan a été ordonnée par Hitler et exécutée avec le concours du régime de Vichy et de la police française, du 22 janvier au 17 février 1943. Cette collaboration s’incarne dans un cliché mettant en présence Bernhard Griese, le chef des SS, et René Bousquet, le secrétaire général de la police de Vichy.

    « Je suis extrêmement heureux, confirme Me Luongo, dont le grand-père et les siens furent raflés. C’est une formidable nouvelle que nous avons annoncée aux victimes, aux membres du collectif, car en plus du crime contre l’humanité des rafles du Vieux-Port, les crimes de guerre de la destruction des Vieux-Quartiers sont reconnus aussi. »

    Selon le Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, des magistrats du Parquet national anti-terroriste (PNAT) viendront, fin septembre, présenter aux plaignants cette décision historique à l’occasion d’une réunion publique exceptionnelle au Palais Monthyon. Des magistrats expliqueront aux parties civiles les conclusions du long travail d’enquête mené par le pôle crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre. Depuis mai 2019, les investigations ont été confiées aux enquêteurs spécialisés de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH), rattaché à la Gendarmerie nationale. Cette réunion doit être suivie d’une commémoration organisée par la Ville de Marseille.

    Interrogé, le Parquet national anti-terroriste en charge de l’enquête, au tribunal de Paris, s’est refusé à confirmer l’information. « Nous sommes en fin d’investigation. Nous travaillons sur une décision qui n’est pas encore prise. Cette décision ne sera matérialisée qu’à partir du moment où les victimes seront informées. »

    « 12 000 Marseillais ont été chassés des quartiers Saint-Jean et de l’Opéra et transférés à Fréjus. 1 500 d’entre eux furent déportés vers les camps de la mort, et parmi eux plus de 804 déportés parce que juifs », avait déclaré le ministre de l’Intérieur, à l’occasion du premier hommage national rendu le 29 janvier 2023 pour les 80 ans des rafles des 22, 23 et 24 janvier 1943. Gérald Darmanin était venu, au nom du président de la République, « réparer cette injustice et signifier sa portée nationale ». L’État reconnaissait que cet épisode sombre de la Seconde Guerre mondiale était « bien trop peu relaté dans les livres d’histoire », un épisode dont il avait reconnu qu’il était « à la croisée de la grande histoire et des destins individuels, à la croisée de la honte de la collaboration et de la fierté de la Résistance ».

    Une mémoire occultée

    En mai 2019, le Pnat avait jugé « recevable » la plainte de 24 pages déposée au nom de huit Marseillais survivants et descendants (deux sont décédés en cours d’instruction) de la rafle du 24 janvier 1943 pour crime contre l’humanité. La plainte visait « toute personne ayant commis le crime contre l’humanité à Marseille, Fréjus et Oranienbourg (Allemagne), à l’encontre de la population civile du Quartier Nord du Vieux-Port, à Marseille, entre le 24 janvier 1943 [et] le 19 février 1943 et courant années 1944 et 1945, et en tout cas pour un temps non prescrit, en raison d’une atteinte volontaire à la vie, du transfert forcé de population, de la privation grave de liberté physique et des actes inhumains causant intentionnellement de grandes souffrances et des atteintes graves physiques et psychiques ».

    La plainte détaillait combien la population civile, ces familles pauvres issues pour la plupart de l’immigration italienne et en particulier napolitaine, « a été ciblée pour son lieu d’habitation et ses origines, a vécu des arrestations arbitraires, des persécutions, des transferts forcés, des déportations et des atteintes volontaires à la vie, autant d’actes inhumains dans un plan concerté pour le compte d’un État, l’Allemagne nazie, mais aussi de l’État français de Vichy ».

  • [Science] YOËL FORTERRE : « La physique a beaucoup à nous apprendre sur le monde végétal »

    [Science] YOËL FORTERRE : « La physique a beaucoup à nous apprendre sur le monde végétal »

    La Marseillaise : Vous êtes un physicien qui étudie
    les plantes. N’est-ce pas le domaine réservé des biologistes
     ?

    Yoël Forterre : Non, la physique et la mécanique sont aussi des portes d’entrée sur le monde végétal. Ces disciplines ont beaucoup à nous apprendre sur les plantes, en plus de ce qu’apportent déjà la biologie et la génétique. Les plantes n’ont pas de cerveau, pas de muscles, pas de nerfs… et pourtant elles perçoivent, réagissent et peuvent répondre et produire des mouvements rivalisant parfois avec les mouvements les plus rapides du règne animal. En tant que physiciens, nous pouvons étudier les moteurs au cœur de ces mouvements.

    Connaît-on d’autres plantes qui, comme la dionée, peuvent modifier rapidement la rigidité de leur paroi pour faire des mouvements rapides ?

    Y.F. : Pas à ma connaissance. Il existe une plante carnivore qui en est peut-être capable, mais cela n’a pas été démontré. Il s’agit d’une plante aquatique composée de capsules remplies d’eau qui sont en dépression. Quand un insecte passe à proximité, une porte s’ouvre et l’insecte est aspiré dans la capsule avant d’être digéré. Ce mécanisme d’ouverture de la porte utilise peut-être le même type de ramollissement de la paroi que la dionée. Il faudrait l’étudier.

    En plus de la dionée, sur quelles plantes travaillez-vous en ce moment ?

    Y.F. : Nous nous intéressons de près au « mimosa pudique », aussi appelé Sensitive, qui a l’air d’être capable de transporter de l’eau de façon ultra-rapide grâce à un système que nous sommes en train de mettre en évidence.

  • [Science] Le mouvement ultra-rapide d’une célèbre plante carnivore décrypté

    [Science] Le mouvement ultra-rapide d’une célèbre plante carnivore décrypté

    Au début des années 2000, Yoël Forterre rencontre la dionée. Son chef d’équipe vient de se voir offrir cette plante carnivore qui referme son piège en une fraction de seconde sur tout insecte qui a le malheur de s’y aventurer. « J’étais fasciné, se remémore aujourd’hui le chercheur CNRS à l’Institut universitaire des systèmes thermiques industriels, à Marseille. Les mouvements des plantes sont généralement lents. Comment pouvait-elle produire un mouvement si rapide ? » Il est aujourd’hui en mesure de le décrire dans un article paru dans Science : pour se fermer en un claquement de doigts, la dionée modifie très rapidement la rigidité de sa paroi externe. « Cela n’avait encore jamais été observé et remet en question une hypothèse admise de longue date », assure-t-il.

    Robots mous

    Jusqu’alors, on pensait que ce mouvement était dû à un phénomène appelé « osmose » par lequel les plantes font gonfler la pression dans leurs cellules par transfert d’eau. Seulement, les mesures en laboratoire montrent que l’osmose ne peut être à l’origine du mouvement rapide : le transfert d’eau par ce biais pour traverser le piège est trop lent. « Cela prend entre 30 et 90 secondes, alors que le piège se ferme en une seconde environ », précise Yoël Forterre. En revanche, grâce à de délicates manipulations, le chercheur et la post-doctorante Jeongeun Ryu ont mesuré une baisse de la rigidité très rapide de la paroi externe du piège. « De l’ordre de la seconde », assure-t-il. Cela va dans le sens d’une hypothèse émise par deux chercheurs allemands dans les années 1980. « Ils avaient des résultats suggérant ce mécanisme mais n’avaient pas de preuve directe », souligne le chercheur.

    Pour expliquer comment la dionée modifie la rigidité d’une de ses parois aussi rapidement, il n’y a pour l’instant que des hypothèses. La principale ? La rupture des liaisons entre les fibres de cellulose de la paroi grâce à une modification de l’acidité du milieu. « C’est un mécanisme connu à des échelles plus lentes lors de la croissance de la plante, précise Yoël Forterre. Au déclenchement du piège, un signal électrique pourrait changer l’acidité de la paroi. C’est pour l’instant très spéculatif. » Il faudra l’étudier avec des biologistes.

    Pour l’heure, le mécanisme ultra-rapide de modification de la rigidité d’une plante pourrait bien attirer l’attention des ingénieurs ou autres chimistes. « Il pourrait y avoir des applications dans les matériaux ou la robotique molle, qui est un domaine en plein essor, souligne Yoël Forterre. Cela pourrait faire émerger des idées inspirées du vivant pour développer de nouveaux matériaux. » L’intérêt du chercheur, lui, est plus fondamental : « Nous aimerions étudier si ce mécanisme est présent chez d’autres plantes », glisse-t-il. Pour l’instant, la dionée est un cas unique. Mais le mécanisme est peut-être plus répandu qu’on ne le croit.

  • Quand les boulistes misent désormais sur leur physique

    Quand les boulistes misent désormais sur leur physique

    S’il n’a jamais été nécessaire d’avoir un physique d’athlète pour exceller à la pétanque, l’adage « un esprit sain dans un corps sain » prend aujourd’hui tout son sens. Alors que la préparation mentale s’est imposée comme un pilier de la performance, notamment au plus haut niveau, où les joueurs doivent apprendre à maîtriser les moments de forte pression, la condition physique est devenue un levier tout aussi déterminant. Endurance, stabilité, récupération ou encore prévention des blessures : autant de paramètres qui contribuent désormais à faire la différence sur les terrains.

    Cette évolution est particulièrement visible chez les membres du Collectif France, soumis à des exigences de plus en plus élevées. Pour conserver leur place parmi l’élite, certains ont profondément revu leur hygiène de vie. « J’ai dû perdre du poids. Je fais attention à mon alimentation, je fais plus de sport aussi, notamment du gainage pour être plus endurant, surtout quand on arrive dans les dernières parties d’une compétition, où on s’est rendu compte qu’on était moins performant », confiait Mickaël Bonetto à la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP), l’an dernier.

    Une transformation qui a porté ses fruits. Sacré au Mondial La Marseillaise en 2023, l’Istréen a récemment conquis le titre de champion d’Europe en tête-à-tête. En parallèle de sa préparation sportive, au cours de laquelle il s’entraîne deux à trois fois par semaine, il a arrêté de fumer, renforcé son travail musculaire et adopté une alimentation plus rigoureuse. « Je pense que c’est une bonne chose pour la pétanque. Ça montre que l’on est un vrai sport comme les autres », estimait-il, convaincu que ces changements lui permettent d’être plus performant et plus régulier tout au long des compétitions. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les écoles de pétanque sensibilisent de plus en plus les apprentis boulistes à l’importance de l’hygiène de vie et de la préparation physique dans une logique de performance globale.

    Une endurance

    à toute épreuve

    Parmi les précurseurs, Dylan Rocher suit depuis plusieurs années un programme d’entraînement bien établi. « Mon hygiène de vie, déjà, c’est zéro alcool. De temps en temps, j’aime bien, avec les copains, boire un verre de vin ou un truc comme ça, mais jamais en compétition. Je fais gaffe à ce que je mange et je me pèse tous les lundis. J’ai aussi une salle de sport à la maison, avec un vélo elliptique et un rameur. J’essaie d’en faire deux fois par semaine », expliquait le quadruple vainqueur de La Marseillaise dans un entretien accordé à L’Équipe.

    Affûté, le joueur du Fréjus International Pétanque n’hésite pas non plus à taper régulièrement dans le ballon rond au sein d’un club drômois. « Je m’impose cette condition physique, ce cardio, parce qu’il me fait du bien physiquement et me permet de penser à autre chose que la pétanque, de m’évader. […] Si tu n’es pas bien, que tu as mal aux jambes, tu perds en précision, c’est clair et net. Mais la chance qu’on a dans ce sport, c’est qu’on peut rester au haut niveau pendant trente ou quarante ans », ajoutait le canonnier varois aux treize titres de champion du monde.

    Pour durer au plus haut niveau, il est donc difficile de faire l’impasse sur l’entretien physique. L’exemple le plus marquant reste celui de Christian Fazzino. Élu joueur du siècle par la Fédération internationale en 2000, le Bourbonnais continue d’écumer les terrains à 69 ans, avec une régularité toujours impressionnante. « Quand on est jeune, on a plus ou moins une bonne condition physique, mais quand on dépasse un certain âge, il faut s’entretenir », rappelle celui qui détient le record de participations aux championnats de France (94, ex æquo avec Michel Loy). Un conseil de vieux sage à prendre au pied de la lettre.

    Le bras de Baudino ne répond plus

    La dernière étape des Masters de pétanque a mis en lumière un phénomène rare au plus haut niveau : Mayron Baudino a récemment développé un tic gestuel qui l’a même empêché de jouer sa boule. En multipliant les mouvements de bras avant de lâcher sa boule – une habitude inexistante auparavant – le Martégal semble confronté à un véritable blocage mental. Certains joueurs parviennent à le transformer en atout, à l’image de Marc Cognard, dit « Fafou ». Mais dans tous les cas, ce type de mécanisme ne peut être apprivoisé qu’au prix d’un travail psychologique de fond.

  • D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    Nous retrouvons mardi matin les militants du Comptoir des idées devant le panneau d’expression libre de l’avenue Tessé, en pleine séance de collage et de distribution de tracts. L’objectif étant d’informer la population toulonnaise d’une nouvelle séance de réflexion et de débat à l’occasion de la ciné-rencontre du jeudi 21 mai à 20h30 au cinéma le Royal autour de Soulèvements, le film de Thomas Lacoste qui sera présent dans la salle.

    « Ce qui nous intéresse, c’est que ça touche autant à la protection de la planète que les droits humains », explique Guy Cochennec (Climat Zéro Fossile). Le militant associatif rappelle pour commencer la genèse : « L’idée est née au sein de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes après 2013, au moment où la police et l’armée se sont retirées. » La très riche vie communautaire qui y prospère alors va en être le ferment. Des voix s’élevant pour dire qu’il n’était pas possible de se séparer sans créer un mouvement pour continuer la lutte partout où ce serait nécessaire.

    Pour continuer le combat

    « Une fois mis en place, ils vont réagir très très vite à tout ce qui se passe », souligne-t-il. On va en effet les retrouver présent sur la A69, mais aussi sur les projets des méga-bassines et même à plus de 3 000 mètres au cœur du glacier de la Girose, sur le chantier de construction d’un téléphérique, « avec l’installation de tentes sur le seul endroit où les hélicoptères pouvaient se poser pour amener le matériel ».

    Le Comptoir des idées souhaite mettre en perspective tous ces combats et la réponse disproportionnée de l’État – pour rester dans l’euphémisme. Notamment sur la manifestation organisée à Sainte-Soline en 2023 et « la réaction d’un gouvernement pour casser le mouvement ».

    « L’année d’avant déjà, Darmanin avait mis en avant l’écoterrorisme pour permettre d’appliquer les lois d’exception à des activistes et préparer l’opinion publique », dénonce Guy Cochennec. 3 000 agents des forces de l’ordre vont être déployés face à 30 000 manifestants avec « la volonté de faire un exemple, de faire peur et mal avec des tirs tendus de lance-grenade ». Et de préciser : « Sur des images, on voit des gendarmes qui comme dans un jeu vidéo se congratulent lorsqu’ils font mouche sur un manifestant. » Résultat : plus de 200 blessés très graves.

    Et pendant qu’on parle d’écoterrorismes, on ne parle plus des crimes écologiques réels ceux-là qui sont commis sur l’ensemble de la planète.

    Tout cela devrait donner matière à débat dans la salle et inspirer, pourquoi pas, d’autres manières de mener le combat au travers des 16 portraits réalisés dans ce film. On retrouve notamment deux paysans : le père est à la Confédération paysanne, et son fils beaucoup plus radical… Le militant du Comptoir des idées conclut : « Il y a une solidarité, de l’émotion qui passe, il y a tout ce qu’on aimerait voir partout dans la société. »

  • « David Bertin a voulu trop faire et trop vite, mais il veut mieux faire »

    « David Bertin a voulu trop faire et trop vite, mais il veut mieux faire »

    Après une journée et demie de débats dédiés au système d’exploitation intensive de locations saisonnières mis en place par David Bertin et au constat d’un recours imaginatif et décomplexé à un panel d’infractions, la 6e chambre correctionnelle a mis son jugement en délibéré au 2 juin.

    Avec beaucoup d’assurance, les avocats du professionnel de l’immobilier, de son ex-compagne et d’un intermédiaire ont tous réclamé en chœur la relaxe de leur client respectif, avançant des arguments qui ne devraient toutefois pas résister à l’analyse pointue d’une chambre aguerrie sur l’habitat indigne et les marchands de sommeil qui, depuis le drame de la rue d’Aubagne, défilent à leur barre. On retiendra l’observation faite par la présidente Lola Vandermaesen au prévenu contrarié que les subventions de l’Anah n’aient couvert qu’un tiers de ses rénovations : « L’argent public n’a pas vocation à ce que M. Bertin s’enrichisse, vous le comprenez ? »

    « Rien ne signalait que l’immeuble était en péril. Il n’y avait pas d’arrêté affiché, et en voyant des étais dans l’appartement, il a pensé que des travaux venaient d’être faits, sinon, jamais il n’aurait servi d’intermédiaire », a plaidé l’avocate d’Omar Mbarki, un ex-associé de David Bertin qui nie avoir mis en danger les deux sans papiers placés par ses soins philanthropiques dans les studios en péril, au 21 rue d’Anvers. « Je me suis laissé entraîner dans cette histoire par sympathie pour Cédric [le frère de David qui est maçon], il m’a dit “va voir mon frère il te donnera les clés” », se défend ce rentier de 61 ans, docteur en physique chimie et propriétaire de 17 appartements. Retenons que c’est lui qui a introduit David Bertin, rue d’Anvers, en lui vendant des appartements qu’il a divisés pour faire fructifier en meublés touristiques plutôt qu’en logements à loyers sociaux.

    « On a parlé de fuite en avant. Oui, David Bertin a voulu trop faire et trop vite, mais il a aujourd’hui une véritable volonté de mieux faire », a dit Laure Saint-Denis, l’avocate de David Bertin, contre qui 4 ans de prison, dont un ferme, ont été requis. Son client a été condamné en mai 2024 par la justice dracénoise pour blanchiment à une peine de jours-amende et surtout à 3 ans d’interdiction de gérer, peine définitive pour laquelle il a été mis en garde de ne pas la contourner en recourant à des gérants de paille.

    Colère à l’évocation du 10, cours Julien, en péril

    Une remise en question à laquelle voudrait croire l’avocat de la mairie, Me Jorge Mendes, s’il n’y avait tous ces dossiers qui s’accumulent et pas seulement des infractions au code de l’urbanisme. « Vous continuez à sous-louer sur Booking. Toute cette activité est illégale depuis le début car vous n’avez pas d‘autorisation de changement d’usage. »« De la location saisonnière, j’en fais un petit peu, mais plus comme avant. J’ai mis en bail mobilité meublé » – « Si, vous continuez au 10, cours Julien qui est aussi un immeuble sous arrêté de péril ! » – « C’est faux, je ne suis pas propriétaire ! » s’emporte le prévenu sous le coup d’une enquête préliminaire ouverte pour ce qui serait de la sous-location saisonnière dans plusieurs studios d’un appartement divisé d’une ex-compagne, qui a porté plainte contre lui.

    Ce mardi, son avocate a voulu déminer une à une les accusations. À l’en croire, la mise en danger ne tient pas car l’arrêté de péril du 17 juin 2019 est illégal du fait de l’illégalité, selon elle, de la délégation de fonction consentie par Jean-Claude Gaudin à son adjoint Julien Ruas. C’est juste oublier les 777 pages du jugement – certes frappé d’appel – des effondrements mortels de la rue d’Aubagne, qui a condamné cet élu précisément pour les fautes commises dans la mise en œuvre des pouvoirs de cette délégation.

    On est prié de croire aussi que le péril grave et imminent au 21 rue d’Anvers est une vue de l’esprit. « Ses appartements ne montraient aucun signe de faiblesse. L’élément matériel n’est pas caractérisé, aucun élément moral ne démontre qu’il a sciemment voulu mettre en danger. » « Des locations ont potentiellement eu lieu pendant le péril, mais la relaxe s’impose dès lors que l’arrêté de péril est illégal. »

    Les abus de biens sociaux ? « L’infraction est très compliquée à caractériser. Rien n’est clair sur les versements. » La dissimulation de huit emplois ? « Il n’avait pas l’intention de se soustraire aux obligations sociales. Il a mal fait les choses, mais il a régularisé tardivement avec des chèques emplois-service. Ça vaut juste une saisine des prud’hommes. » Les escroqueries à l’Anah ? « Il a payé ses travaux et a transmis les sept baux. » L’obtention frauduleuse de crédits immobiliers ? « Un simple mensonge écrit ne suffit pas à caractériser le délit. Les traites ont été honorées. Les banques ne sont pas là. Dès lors qu’il n’a porté préjudice à la fortune de quiconque, il n’y a pas d’escroquerie. » Pour Me Saint-Pierre, « le portrait qu’on fait de lui ne colle pas à la réalité ».

    Le délibéré dans un mois devra, lui, coller à la procédure.

  • [Entretien] « La nature de l’énergie noire reste une grande question de la cosmologie »

    [Entretien] « La nature de l’énergie noire reste une grande question de la cosmologie »

    La Marseillaise : Vous travaillez sur les données fournies par le télescope Euclid, mis en orbite en 2023. En quoi cela consiste-t-il ?

    Pauline Vielzeuf : Nous travaillons sur les données récoltées pendant la première année d’observation. Nous avons un catalogue de galaxies, avec leur position en trois dimensions et nous identifions les endroits où il y en a très peu : les vides cosmiques. Quand nous aurons des catalogues de vides, nous pourrons faire de l’analyse cosmologique et tenter de comprendre ce qu’est l’énergie noire.

    Qu’essaye-t-on de comprendre à son sujet ?

    P.V. : Sa nature. Cela reste une des grandes questions de la cosmologie. Pour l’instant, son existence est supposée pour expliquer l’expansion accélérée de l’Univers mais nous ne savons pas d’où elle vient. Il y a plusieurs hypothèses. Cela pourrait être une constante -c’est comme ça et nous ne savons pas l’expliquer-, ou être causé par un fluide que nous n’arrivons pas à détecter. Cela pourrait aussi être un problème avec la théorie de la relativité générale qui devrait être corrigée à certaines échelles.

    L’an dernier, la collaboration Desi a publié des premiers résultats semblant montrer que l’énergie noire ne serait pas une constante…

    P.V. : Effectivement. Si c’était confirmé, cela remettrait en question ce que l’on considère depuis des décennies. Mais si nous considérions que l’énergie noire était une constante, c’est parce que nos mesures n’étaient pas assez précises. C’est en train de changer. Et avec Euclid, nous essayerons de préciser cette variation.

  • Expansion de l’Univers : si la réponse se cachait dans le vide ?

    Expansion de l’Univers : si la réponse se cachait dans le vide ?

    Les vides cosmiques sont des régions du ciel qu’on ne regardait même pas. Et pour cause : il n’y a rien à voir, ou presque. « Ce sont des régions sous-denses », insiste Alice Pisani, chercheuse CNRS en cosmologie au Centre de physique des particules de Marseille (CPPM). C’est-à-dire qu’il y a très peu de galaxies. Sur les cartes du ciel, ces vides apparaissent comme de vastes espaces sombres entre les structures brillantes que forment les galaxies. Mais depuis quelques années, l’intérêt grandit autour de ces espaces auparavant négligés : « Il y a finalement beaucoup d’information à en tirer, souligne Alice Pisani, qui publie un article compilant ce qui est connu sur ces objets dans The Astronomy and Astrophysics Review. De nouveaux outils permettent d’en observer de plus en plus et nous font entrer dans un âge d’or des vides cosmiques. »

    Les cosmologistes les voient comme des objets pouvant leur apporter des réponses au sujet de l’« énergie noire ». Cette énergie qui leur échappe, dont ils ne comprennent ni la nature ni l’origine, mais dont ils sont bien obligés de constater l’existence. « Elle a été introduite pour expliquer l’expansion accélérée de l’Univers », rappelle Alice Pisani. Car notre Univers s’agrandit. À grande échelle, les galaxies s’éloignent les unes des autres. Et de plus en plus vite. Pourtant, la force de gravitation –qui fait que des objets massifs s’attirent– devrait les rapprocher. C’est donc qu’il existe une composante mystérieuse qui les repousse. « Ses effets sont plus visibles dans les vides cosmiques, où il y a peu de matière », explique la chercheuse.

    Cartes de vides

    Alors on observe la forme des vides, leur taille et leur évolution dans le temps. « Cela permet d’estimer la quantité d’énergie noire, indique Alice Pisani. S’il y en a plus qu’estimé, les vides cosmiques seraient plus déformés qu’attendu. »

    Depuis quelques années, de nouveaux télescopes (Euclid, Desi) cartographient le ciel
    –ou sont sur le point de commencer avec l’Observatoire Vera C. Rubin– et observent de plus en plus de vides. « Ce n’est pas évident car ce sont des régions vastes, souligne Alice Pisani. En 2014, nous n’en avions observé que quelques centaines. Aujourd’hui, nous en avons des dizaines de milliers et nous en aurons encore plus demain. » De quoi faire des statistiques de plus en plus précises. « Nous avons également progressé sur la théorie et les modèles pour étudier ces objets », ajoute-t-elle.

    À Marseille, les chercheurs et chercheuses du CPPM ont accès aux données de ces trois nouveaux télescopes. « C’est une force de notre laboratoire », se félicite Alice Pisani. Et la dizaine de spécialistes s’activent pour cartographier les nouveaux vides. « Nous avons déjà des premiers catalogues qui devraient être publiés dans les prochaines années », glisse-t-elle. Pour enfin comprendre cette mystérieuse énergie noire ?

  • Créer et programmer un robot en s’amusant, c’est possible

    Créer et programmer un robot en s’amusant, c’est possible

    Sur une feuille de papier, Noémie griffonne une sorte de tripode. « J’invente un robot », explique-t-elle, lors de la séance des Espaces publics numériques de lundi dernier. Sur le schéma, le fruit de son imagination ressemble au dessin d’une pyramide, sans base, avec une tige et une pince. Son frère Valentin, lui, opte pour la réalisation d’un chariot élévateur. Une autre participante, quant à elle, assemble une sorte de quadripède… avec une bâche au pied. « C’est un esclave, il passe la serpillière », glisse-t-elle avec espièglerie.

    Tous participent à un stage de deux après-midi accessible aux 9 à 13 ans et dédié à la construction et à la programmation d’un robot de leur conception, imaginée ou reprise de modèles proposés dans les manuels à leur disposition. « On a un petit guide pour mettre les pièces au bon endroit comme les legos » fait remarquer Valentin, qui n’a « jamais fait de robots », « c’est la première fois » qu’il en manipule. Une grande liberté est accordée aux enfants dans leur conception, « on peut leur donner des jambes, des yeux, c’est toi qui décides », explique justement l’animateur Alan Landolfi.

    Poser et résoudre

    un problème technique

    Sans le savoir, les jeunes construisent et mettent en œuvre des principes élémentaires de physique et de mécanique. Comme la transmission d’un mouvement par engrenage et crémaillère permis par servomoteurs, des petits moteurs électriques contrôlables finement. « J’arrive pas à avancer car il y a un truc qui gêne » remarque Valentin sur son chariot. « Quelque chose est peut-être mal placé », lui souffle l’animateur, et c’est bien le cas. Ou comment poser et résoudre un problème mécanique.

    De la même manière, la programmation répond à une certaine logique. Mardi, les participants ont tenté de donner vie temporaire à leurs créations à base de blocs d’instruction mis bout-à-bout. Noémie, par exemple, a programmé sa voiture-élévateur à roues indépendantes pour allumer une led rouge une seconde, lever et baisser son plateau, puis rouler. Mais sans préciser le temps, donnant une voiture filant entre les jambes des programmateurs en herbe sans s’arrêter.

    Valentin, de son côté, a réalisé un programme allumant une led verte, faisant monter, descendre, puis rouler 5 secondes son robot à petite vitesse, qui s’arrête et fait clignoter trois fois une led rouge.

    Une expérience ludique et éducative rendue possible par les Espaces publics numériques de la Ville. Ils sont équipés par Speechi, distributeurs des kits de robots développés pour l’Éducation nationale et pilotés par Arduino, un système libre très utilisé en ingénierie. De quoi susciter des vocations et créer les conditions pour y accéder par ces ateliers, toujours gratuits.

  • Champions Cup : Sous pression, le RC Toulon domine Bath et se relance

    Champions Cup : Sous pression, le RC Toulon domine Bath et se relance

    Au pied du mur après son premier match de Champions Cup raté à Edimbourg la semaine dernière, le RC Toulon n’avait d’autre choix que de l’emporter face à Bath, champion d’Angleterre, leader de son championnat, vainqueur de la Champions Cup et de son premier match dans la compétition face au Munster (40-14). Mission accomplie, non sans souffrir, mais avec une âme retrouvée, et un précieux bonus offensif.

    Dans un début de rencontre très physique, les deux équipes se rendent coup pour coup au tableau d’affichage. Ce sont les Anglais qui dégainent les premiers sur une pénalité de l’inévitable Finn Russell (0-3, 9e). Bousculés jusque lors, les Toulonnais réagissent, puisque quatre minutes plus tard, Alainu’uese inscrit le premier essai du match, sur un ballon porté consécutif à une touche (7-3, 14e).

    Après deux pénalités de Russell (16e) et Garcia (19e), ce sont les Anglais qui parviennent cette fois à franchir l’en-but grâce à Hill, suite à une succession de rucks devant la ligne, pour reprendre l’avantage (10-13, 22e). De courte durée, puisque Garcia envoyait une nouvelle pénalité entre les perches (13-13, 25e), avant que Brex ne conclut une attaque initiée par Serin, permettant aux siens de rentrer aux vestiaires avec un avantage de cinq points (18-13, 34e).

    Le RCT prive Bath du Bonus défensif

    Le second acte redémarre sur les mêmes bases. Garcia, sur une nouvelle pénalité, donne un peu d’air aux siens (21-13, 47e). Les Anglais recollent rapidement par Carreras (21-20, 51e). Dans la foulée, Dréan redonne huit longueurs d’avance au RCT (28-20, 55e). Mais Bath n’abdique pas, et replace Toulon sous sa menace sur un essai de Green, en force (28-27, 61e).

    La partie n’a pas encore choisi son vainqueur. Alors, il faut forcer le destin. Et c’est le RC Toulon qui parvient à le faire, grâce à Ludlam, suite à une mêlée à cinq mètres de la ligne, pour l’essai du bonus offensif (35-27, 67e). Garcia, sept minutes plus tard, gonfle encore le score (38-27, 74e). Mais comme trop souvent, les hommes de Mignoni sont victimes de leurs sautes de concentration. Sur une mêlée anglaise, Hennessey se fait oublier et transperce la défense toulonnaise, pour offrir aux siens le point du bonus offensif et remettre, une énième fois, les coéquipiers de Charles Ollivon sous pression (38-34, 74e).

    Un petit bémol sans conséquence, et que le RCT parvient finalement en quelque sorte à effacer, grâce à un ultime essai, en force, de Baubigny, qui enlève, sur la sirène, le bonus défensif aux Anglais (45-34, 80e). Le RC Toulon est relancé dans la course à la première place.

    RC Toulon 45 – 34 Bath (MT : 18-13)

    2e journée de Champions Cup

    Dimanche 14 décembre, 16h15

    Stade Mayol, Toulon

    Arbitre : M. Amashukeli (GEO)

    RCT : Gros (Priso, 59e), Lucchesi (Baubigny, 41e), Sinckler ; Rebbadj (Mézou, 67e), Alainu’uese ; Ludlam (Quere-Karaba, 80e), Ollivon (c), Mercer (Abadie, 61e) ; Serin (White, 67e), Garcia ; Tuicuvu, Sinzelle, Brex (Smaili, 74e), Dréan ; Ferté.

    BATH : Obano, Dunn, Sela (Van Wyk, 56e) ; Roux (Richards, 55e), Molony ; Hill, Underhill (Reid, 55e), Barbeary (Green, 55e) ; Carr-Smith (Le Roux, 71e), Russell (c) ; Arundell, Redpath (Hennessey, 67e), Ojomoh, Cokanasiga ; Carreras

    Points RCT : 5E Alainu’uese (13e), Brex (34e), Dréan (55e), Ludlam (67e), Baubigny (80e) ; 4T Garcia (14e, 56e, 67e, 80e) ; 4P Garcia (19e, 25e, 47e, 74e)

    Points Bath : 4E Hill (22e), Carreras (51e), Green (61e), Hennessey (74e) ; 4T Russell (22e, 51e, 61e, 74e) ; 2P Russell (9e, 16e)