Tag: Philippe Lucas

  • Grosse affluence matinale au Défi Monte-Cristo

    Grosse affluence matinale au Défi Monte-Cristo

    La tension était palpable sur le ponton du château d’If, dimanche matin, au moment du départ des deux plus longues distances de cette 27e édition du Défi Monte-Cristo. Les quelque 1 000 participants engagés sur les parcours de 5 et 6 km affichaient des visages fermés, concentrés sur l’effort qui les attendait.

    « On va devoir prendre notre courage à deux mains pour rejoindre le rivage », souffle Ingrid. Cette Martégale s’attaque pour la première fois à l’épreuve inspirée de l’évasion d’Edmond Dantès dans Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. Quelques instants avant le coup d’envoi, le traditionnel discours de l’organisateur, Dominique Léna, et la présence du parrain Philippe Lucas, généreux en conseils à l’égard des participants, ont contribué à rassurer les plus anxieux.

    Des histoires de vie

    « C’est impressionnant d’avoir un tel monsieur devant nous », confie Nicolas, passionné de natation qui s’était fixé comme objectif de rejoindre la plage du Petit Roucas-Blanc en moins de deux heures. Un défi relevé par près de la moitié des participants engagés sur le 6 km. Si le chronomètre reste un repère, de nombreux nageurs viennent surtout au Défi Monte-Cristo pour se mesurer à eux-mêmes et à leur propre parcours de vie.

    Sylvain, un Arlésien d’une soixantaine d’années, a été victime d’un cancer du côlon en 2019. Sur les conseils de son oncologue, il s’est mis à fréquenter régulièrement les bassins avant de se tourner vers la nage en eau libre. « Au début, c’était difficile car je ressentais beaucoup de fatigue. Mais plus mon traitement avançait, mieux je me sentais », raconte celui qui s’élançait pour la première fois sur une distance de 5 km. « Je n’avais pas peur de ne pas finir la course, parce que c’était déjà une victoire pour moi d’être au départ », souligne l’Arlésien. Doucement mais sûrement, Sylvain a finalement bouclé le parcours, les deux poings levés vers le ciel. Comme un signe du destin.

  • Secchi, des rêves plein la tête dans et hors des bassins

    Secchi, des rêves plein la tête dans et hors des bassins

    Il ne lui manquait plus qu’une case à cocher dans le giron des plus grandes compétitions. Clément Secchi (25 ans) a été convoqué, la semaine dernière, avec l’équipe de France de natation pour participer aux championnats d’Europe Petit bassin, du 2 au 7 décembre, à Lublin, en Pologne. « Je suis très satisfait de ce début de saison », souligne le pensionnaire du Cercle des nageurs de Marseille.

    Ce dernier a retrouvé un train de vie plus paisible, après l’année « rock n’roll » qu’il a vécue avec les Jeux olympiques à domicile. Même si le rythme est toujours aussi effréné. « Je savais que je devais faire mes meilleurs temps pour me qualifier à ces championnats d’Europe, parce que les standards de la Fédération française étaient très difficiles », ajoute-t-il, conscient que la base nationale est fixée par rapport au troisième temps européen. Secchi s’est surpassé en explosant son record personnel avec un temps de 22’39 sur le 50 m papillon. Le vice-champion de France de la catégorie, qui a conclu les championnats nationaux avec trois médailles d’or (4×50 nage libre, 4×50 4 nages et 200 m papillon) et trois médailles d’argent (100 m nage libre, 50 m et 100 m papillon), a ainsi gagné son ticket pour l’Euro 2025. Sa sixième sélection chez les Bleus. « Je suis encore loin d’avoir l’expérience de Damien Joly », s’amuse l’Aixois, en rappelant que le capitaine tricolore cumule une vingtaine de convocations.

    Avenir planifié

    Mais à 25 ans, le prodige du CNM n’est plus « le minot » du groupe France. Des adolescents comme Sauveur Cristofini (16 ans), l’un des élèves de Philippe Lucas à Martigues Natation, poussent fortement dans son dos. « C’est sûr que ça fait bizarre de voir que les années passent », sourit celui qui n’avait pas le niveau, à 18 ans, pour rejoindre l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Insep) ou l’équipe de France junior. « Mais je suis toujours là, prêt à prendre progressivement un rôle plus important », poursuit-il.

    Avant de songer à reprendre le capitanat, Clément Secchi va devoir connaître « des performances encore plus élevées ». Il s’entraîne dans ce but, au quotidien, aux côtés de l’Égyptien Youssef Ramadan, champion NCAA (universités américaines). Les deux nageurs se sont rencontrés aux États-Unis, lorsque l’étudiant provençal a rejoint l’Université du Missouri, un an après ses quatre saisons passées à l’Université McGill, au Canada. « Je suis meilleur que lui en grand bassin, il est meilleur que moi en petit bassin. Je suis un peu plus côté endurance, lui est plus côté sprint. Et surtout, lui est très fort en coulée. Moi, c’est plus sur la nage, donc on se complète très bien », détaille celui qui espère un jour se retrouver en finale des championnats du monde avec son fidèle partenaire d’entraînement.

    La tête sur les épaules, Secchi a conscience qu’il ne vivra pas éternellement dans les bassins. Diplômé d’un Bac+5 en management, il a monté, l’année dernière, une entreprise d’accompagnement des étudiants européens dans leurs démarches auprès d’universités américaines. « On a déjà envoyé plus d’une vingtaine d’athlètes et on a déjà signé une vingtaine d’autres qui vont partir dans les prochaines années », annonce le médaillé de bronze aux JO de Paris 2024. Ce dernier, dont la carrière a décollé depuis son départ pour l’Amérique, espère avec ce projet « changer la vie d’un certain nombre de jeunes français ».