Tag: Pézenas

  • À Pézenas, le Printival joue son avenir

    À Pézenas, le Printival joue son avenir

    Le contraste est saisissant. Au printemps dernier, près de 12 000 festivaliers se pressaient à Pézenas pour l’édition 2026 du Printival Boby Lapointe. Quelques mois plus tard, l’association qui porte ce rendez-vous consacré à la chanson francophone se retrouve pourtant au bord du précipice.

    « Le Printival traverse aujourd’hui la période la plus difficile de son histoire », confie l’équipe dans une lettre ouverte publiée le 9 septembre. Début août, l’association, en grandes difficultés financières, a en effet déposé une demande de mise en redressement judiciaire auprès du tribunal. « Deux scénarios sont désormais possibles : un plan de continuation permettant de poursuivre l’activité après restructuration, ou une liquidation judiciaire mettant fin à l’association. »

    Pour tenter de favoriser le premier scénario, le Printival lance une campagne de soutien dans l’objectif de récolter 50 000 euros. « Cette mobilisation doit permettre de contribuer à stabiliser la situation financière de l’association », expliquent ses responsables. Elle doit également témoigner « du soutien dont bénéficie le Printival auprès de son public, de ses partenaires et de l’ensemble de son écosystème ».

    Un déficit lié à plusieurs recettes manquantes

    Le Printival a vu le jour en 2000 sous l’impulsion de Jacky Lapointe, fils de Boby Lapointe, et Sam Olivier, avec l’objectif de célébrer l’œuvre du chanteur piscénois. À partir de 2009, la petite-fille de Boby, Dany Lapointe, a repris la direction du festival, dont elle a largement élargi les horizons, fidèle toutefois à l’esprit initial de la manifestation : l’amour des mots, de la poésie et du partage. Depuis plus de vingt-cinq ans, le Printival défend donc la chanson francophone, faisant vivre la mémoire de Boby Lapointe tout en accompagnant de nouvelles générations d’artistes. Son activité dépasse les quelques jours du festival : l’association mène également des actions culturelles tout au long de l’année et développe des projets d’accompagnement et de création.

    Comment expliquer cette situation après une édition 2026 à succès ? Le festival a en effet enregistré un résultat positif d’environ 6 000 euros. Les difficultés actuelles proviennent plutôt d’un cumul d’écarts entre les prévisions budgétaires de la saison 2025-2026 et les recettes finalement perçues. L’association évoque « environ 12 000 euros de mécénat en moins que prévu, près de 10 000 euros de recettes en moins sur l’accompagnement d’artistes et environ 28 000 euros de subventions qui n’ont finalement pas été obtenues. Ces écarts, pris ensemble, ont fortement fragilisé l’équilibre financier de l’association ».

    L’équipe, le conseil d’administration et les partenaires travaillent désormais à un plan de restructuration. « Des décisions difficiles ont déjà été prises [trois contrats n’ont déjà pas été renouvelés, Ndlr.]. Certaines activités vont être revues et plusieurs postes sont concernés afin d’adapter le fonctionnement de l’association à sa nouvelle réalité économique. » Les 50 000 euros recherchés doivent permettre de « consolider la situation financière de l’association, de faire face à ses engagements les plus urgents et de lui donner les meilleures chances de poursuivre ses activités ».

    L’équipe a choisi de rendre publique sa situation avant même la décision du tribunal. « Nous ne savons pas encore de quoi demain sera fait. Mais tant qu’il existera une possibilité de faire vivre le Printival, nous mettrons toute notre énergie à la défendre. »

    * La collecte « Ensemble, unis pour le Printival » est ouverte sur HelloAsso

  • Le musée de Lodève invite au voyage intérieur avec l’expo d’Anouck Manzoni

    Le musée de Lodève invite au voyage intérieur avec l’expo d’Anouck Manzoni

    Des œuvres qui trouvent une résonance singulière avec les collections de géologie et de paléontologie du musée de Lodève. « Élaborées par un processus de sédimentation, elles mettent en jeu des temporalités lentes et des transformations de la matière qui rappellent celles à l’œuvre dans les phénomènes géologiques. Entre dépôt et empreinte, elles donnent forme à une matière traversée par le temps, évoquant des traces végétales, minérales ou cosmiques », décrit le musée dans sa présentation de l’exposition.

    « Anouck Manzoni crée un médium à base d’encres et de pigments qui, une fois appliqués au pinceau sur le papier, dessine des Rhizomes. (…) Tel le test de Rorschach ou la paréidolie, ses dessins et peintures sur papier s’adressent à l’inconscient collectif. Ils invitent le spectateur à l’introspection, la quête de son essence, sa nature profonde. Anouck Manzoni questionne notre relation au vivant et l’interconnexion de tous les éléments, sans hiérarchie aucune. »

    Le vernissage se déroulera samedi 19 septembre à 11h, en pleine effervescence des Journées européennes du patrimoine.

    Ce même jour, l‘artiste animera, à 14h et 16h, des visites commentées pour dévoiler les secrets de ses mystérieuses sédimentations colorées (gratuit sur réservation). Une expérience visuelle et sensorielle à ne pas manquer cet automne.

  • Pézenas : un coup de pouce pour le budget rentrée

    Pézenas : un coup de pouce pour le budget rentrée

    Comme chaque année à l’approche de la rentrée, le Secours populaire de l’Hérault (SPF 34) organise et participe à des collectes solidaires de fournitures. Différentes initiatives se déroulent dans le département, comme à Pézenas, en partenariat avec le centre social Ambroise-Croizat.

    « On réceptionne dans nos locaux des dons de fournitures neuves ou en très bon état », indique Sophie Lebouc, chargée de l’accueil et des animations du centre social. « Nous mettons un point d’honneur à ce que chacun puisse démarrer l’année dans de bonnes conditions. Or la rentrée a un vrai coût pour certaines familles », poursuit-elle. « Les familles qu’on accueille ont des revenus de plus en plus faibles », confirme Martine Girault, secrétaire du comité du Secours populaire de Pézenas, qui récupère et distribue les fournitures collectées par le centre social. « Elles disposent d’environ 2 euros ou moins par jour et par personne pour vivre. Donc un cahier à 1,5 euro ou 2 euros, c’est beaucoup », insiste-t-elle.

    Également une aide à la pratique sportive et culturelle

    L’allocation rentrée scolaire (ARS), versée à certaines familles sous conditions de ressources pour un montant allant de 426,87 à 466,02 euros en fonction de l’âge de l’enfant, constitue bien sûr une aide précieuse, « mais elle fond très vite et n’est pas toujours suffisante. Car les familles doivent respecter ces fameuses listes qui détaillent les fournitures pour chaque matière. Il y a aussi le fait qu’on veut faire plaisir à son enfant, qu’il a grandi, qu’il faut lui acheter des chaussures neuves, des vêtements… »

    Cette année, à Pézenas, l’aide en matière de fournitures scolaires est ciblée sur les collégiens, qui sont environ 70. Une première distribution a eu lieu le 26 août « car les familles sont soucieuses que leurs enfants fassent leur rentrée avec du matériel », mais la collecte se prolonge jusqu’au 3 septembre et les familles bénéficiaires pourront ensuite ajuster en fonction de leurs besoins.

    Depuis plusieurs années, la Fédération du Secours populaire de l’Hérault propose également, à la rentrée, une aide à la pratique sportive et culturelle, « très appréciée par les familles  ». « Ces enfants doivent pouvoir avoir des activités comme les autres. Or la pratique sportive et culturelle reste chère. On contribue donc au paiement d’une partie de l’activité choisie. Sur Pézenas, cela concerne 35 enfants. On a un budget de plus de 2 000 euros pour aider ces familles. » De son côté, le centre social Ambroise-Croizat organise également cette année, en partenariat avec le Lieu Ressources de Pézenas, une opération de lutte contre la fracture numérique en collectant des ordinateurs portables inutilisés. Les équipements récupérés seront reconditionnés par le Lieu Ressources avant d’être redistribués à des personnes qui en ont besoin.

  • À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    À Pézenas, le festival Molière célèbre Marcel Pagnol

    « Marcel Pagnol est un peu le fil conducteur de cette édition du festival Molière. » Armand Rivière annonce la couleur. À l’aune de la manifestation culturelle – qui se tiendra du 1er au 7 juin – le maire PS de Pézenas entend faire du festival une sorte d’hommage à l’écrivain provençal. En effet, un des points forts de la manifestation sera à n’en point douter la représentation de Marius, de la Compagnie Le grenier de Babouchka, mis en scène par Jean-Philippe Daguerre, lauréat de 5 Molières 2025 pour Du charbon dans les veines (2 juin, à 20h au théâtre de Pézenas). Ce dernier est par ailleurs parrain de l’édition. Le lendemain, sera projeté le biopic Marcel et Monsieur Pagnol, film d’animation réalisé par Sylvain Chomet (14h30).

    L’auteur de La gloire de mon père ne sera pas le seul à être mis en lumière puisque l’on retrouve également une adaptation du Capitaine Fracasse, héros du roman éponyme de Théophile Gautier (6 juin, 21h30 au théâtre de la Verdure). Encore, la Compagnie Dinamo théâtre présentera La folie d’Isabelle, écrite au XVIe siècle pour la comédienne Isabella Andreini (7 juin, 17h30, place Canabasserie). Aux côtés de ces classiques, on retrouve des pièces traitant de sujets sociétaux, à l’instar de L’homme qui plantait des arbres par la Compagnie Théâtre des turbulences, fable écologique sur la déforestation et la raréfaction de l’eau (3 juin, 19h, aux jardins familiaux). « C’est une volonté globale du festival et de la saison culturelle en général de Pézenas, à savoir voir des pièces classiques, revisitées ou non, qui sont des invitations à réfléchir et d’autres qui posent des enjeux de société pour amener le débat », fait valoir Armand Rivière.

    Balade nocturne

    Si les professionnels ont leur rond de serviette au festival, les amateurs et élèves ne sont pas oubliés. « Pézenas compte de nombreuses compagnies professionnelles et amateurs, nous voulions ouvrir nos scènes, nos salles à ceux qui participent à la création toute l’année. Nous faisons aussi le choix de semer des graines en jouant devant des publics scolaires », poursuit l’édile socialiste. En ce sens, sont prévues deux cartes blanches : pour les amateurs (6 juin, 10h, place Canabasserie) et pour les lycéens (1er juin, 17h, auditorium Bobby-Lapointe).

    Une programmation alléchante pour attirer un public plus ou moins familier des planches de théâtre. Et pour aller chercher ces derniers, la mairie mise sur ses scènes en plein air, réparties aux quatre coins de la ville. Comme le château du parc où se jouera Croire aux fauves, de la Compagnie Les arts oseurs (5 juin, 22h15). Une aventure nocturne entre musique et récit, au cœur d’un espace boisé (compter 20 minutes de marche pour s’y rendre). Pour ceux ne trouvant toujours pas chaussure à leur pied, le festival ne se restreint pas au théâtre. « Nous ne voulions pas être fermés sur un seul art mais mêler différentes formes, avoir plusieurs canaux tournés vers la culture. Nous travaillons par exemple avec les Éditions Domens, créées à Pézenas. Nous souhaitons les promouvoir et les soutenir en en leur ouvrant un lieu le temps d’une journée [5 juin, 18h, gare du Nord, Ndlr] », souligne Armand Rivière. Théâtre, cinéma, photos, lecture, expos, le public va être comblé.

    Programme complet à retrouver sur ville-pezenas.fr.

  • Le Printival enchante Pézenas

    Le Printival enchante Pézenas

    Concerts de jour ou de soirée, spectacles jeune public, vitrines artistiques… Durant 4 jours, du 22 au 25 avril, Pézenas va vivre au rythme bouillonnant du Printival. Créé en 2000 par Jackie Lapointe, le fils de Boby, et Sam Olivier, ce festival dédié à la chanson francophone, aujourd’hui piloté par la petite-fille du célèbre chanteur à la marinière, a conservé son esprit d’ouverture, d’éclectisme et de fantaisie. La recette d’un succès qui ne se dément pas, puisque la manifestation attire quelque 7 000 participants chaque année.

    Du solo intimiste à la transe collective, de la pop électro à la chanson engagée, la diversité est au rendez-vous de cette nouvelle édition qui propose, c’est une nouveauté, des pass festival 2 jours (50€ – 6 artistes) et 3 jours (75€- 9 artistes) permettant de composer un parcours à la carte.

    4 grandes soirées concert

    Comme chaque année, quatre grandes soirées ponctueront le festival. C’est la pop de Zaza Fournier qui ouvrira le bal mercredi 22 avril à 20h30 avec son nouveau spectacle « Fièvre humaine », dans lequel « elle raconte son parcours de femme  », décrit Dany Lapointe. Elle sera précédée du « parcours chanson » : 9 artistes sélectionnés sur un appel à candidatures présenteront des chansons qu’ils auront écrites et composées collectivement au terme de 6 jours de collaboration.

    Jeudi 23 avril à 21h, le Montpelliérain Dimoné dévoilera son nouveau spectacle en trio accompagné de Jean-Christophe Sirven et Alban Barate, avant de laisser la place à David Walters qui tisse, entre beats électroniques et folk acoustique, un univers métissé où s’entrelacent ses racines afro-caribéennes et ses inspirations modernes.

    Vendredi 24 avril à 21h, soirée féminine avec Alma Rechtman, « dont les textes sont des poèmes écorchés, des confidences, parfois des coups de griffes », qui assurera la première partie de Mathilde, « une artiste à la voix magnifique qui a fait The Voice en 2015, qui vient du chant lyrique et qui est très engagée dans les luttes féministes », présente Dany Lapointe.

    Samedi 25 avril à 21h, enfin, bouquet final avec le groupe montpelliérain Full Tükan, qui fait se croiser la techno et les sonorités latines, suivi de Vaudou game, « du funk dansant qui emmène dans une sorte de transe collective et joyeuse. »

    Mais le festival battra également son plein en journée, avec des concerts à midi (gratuits) puis à 19h, des spectacles jeune public ou encore des vitrines artistiques*.

    Enfin, moment emblématique du Printival à ne pas rater  : le fameux « concours de marinières » (samedi 25 avril à 17h) en hommage à Boby Lapointe, qui a réuni 3 400 personnes sur le cours Jean Jaurès l’an dernier !

    * Infos et billetterie : printivalbobylapointe.com

  • Le Printival enchante Pézenas

    Le Printival enchante Pézenas

    Concerts de jour ou de soirée, spectacles jeune public, vitrines artistiques… Durant 4 jours, du 22 au 25 avril, Pézenas va vivre au rythme bouillonnant du Printival. Créé en 2000 par Jackie Lapointe, le fils de Boby, et Sam Olivier, ce festival dédié à la chanson francophone, aujourd’hui piloté par la petite-fille du célèbre chanteur à la marinière, a conservé son esprit d’ouverture, d’éclectisme et de fantaisie. La recette d’un succès qui ne se dément pas, puisque la manifestation attire quelque 7 000 participants chaque année.

    Du solo intimiste à la transe collective, de la pop électro à la chanson engagée, la diversité est au rendez-vous de cette nouvelle édition qui propose, c’est une nouveauté, des pass festival 2 jours (50€ – 6 artistes) et 3 jours (75€- 9 artistes) permettant de composer un parcours à la carte.

    4 grandes soirées concert

    Comme chaque année, quatre grandes soirées ponctueront le festival. C’est la pop de Zaza Fournier qui ouvrira le bal mercredi 22 avril à 20h30 avec son nouveau spectacle « Fièvre humaine », dans lequel « elle raconte son parcours de femme  », décrit Dany Lapointe. Elle sera précédée du « parcours chanson » : 9 artistes sélectionnés sur un appel à candidatures présenteront des chansons qu’ils auront écrites et composées collectivement au terme de 6 jours de collaboration.

    Jeudi 23 avril à 21h, le Montpelliérain Dimoné dévoilera son nouveau spectacle en trio accompagné de Jean-Christophe Sirven et Alban Barate, avant de laisser la place à David Walters qui tisse, entre beats électroniques et folk acoustique, un univers métissé où s’entrelacent ses racines afro-caribéennes et ses inspirations modernes.

    Vendredi 24 avril à 21h, soirée féminine avec Alma Rechtman, « dont les textes sont des poèmes écorchés, des confidences, parfois des coups de griffes », qui assurera la première partie de Mathilde, « une artiste à la voix magnifique qui a fait The Voice en 2015, qui vient du chant lyrique et qui est très engagée dans les luttes féministes », présente Dany Lapointe.

    Samedi 25 avril à 21h, enfin, bouquet final avec le groupe montpelliérain Full Tükan, qui fait se croiser la techno et les sonorités latines, suivi de Vaudou game, « du funk dansant qui emmène dans une sorte de transe collective et joyeuse. »

    Mais le festival battra également son plein en journée, avec des concerts à midi (gratuits) puis à 19h, des spectacles jeune public ou encore des vitrines artistiques*.

    Enfin, moment emblématique du Printival à ne pas rater  : le fameux « concours de marinières » (samedi 25 avril à 17h) en hommage à Boby Lapointe, qui a réuni 3 400 personnes sur le cours Jean Jaurès l’an dernier !

    * Infos et billetterie : printivalbobylapointe.com

  • Après Lunel, l’Agglo Hérault Méditerranée pour la droite ?

    Après Lunel, l’Agglo Hérault Méditerranée pour la droite ?

    Dans l’Hérault, les élections communautaires qui s’enchaînent depuis la fin des municipales confirment les difficultés de la gauche. Hormis le cas de Montpellier où Michaël Delafosse devrait rallier à lui la plupart des maires de droite de la Métropole, c’est souvent l’inverse qui se produit.

    Mercredi 1er avril, le maire de Villetelle, Jérôme Boisson, a été réélu président de l’Agglo de Lunel. Contrairement à l’été dernier où suite au décès du maire de Lunel, Pierre Soujol, Paulette Gougeon avait (en vain) tenté sa chance, la maire réélue le 22 mars a préféré trouver un accord plutôt que de recandidater. Elle est la première adjointe de Jérôme Boisson.

    Des maires « sans étiquette » de droite

    Côté Hérault Méditerranée, l’enjeu est plus élevé encore plus qu’il s’agit de savoir si après avoir mis la main du Agde, le RN d’Aurélien Lopez-Liguori pourrait faire main basse sur l’Agglo. Certes l’ancien maire Gilles d’Ettore (LR) dont la mise en examen dans l’affaire de la voyante aura provoqué la chute de son successeur Sébastien Frey (LR), était l’ancien président incontesté. Sur le papier, il y aurait une certaine logique à ce que le président soit issu de la 4e ville de l’Hérault. Mais pas quand il vient d’un parti anti-républicain.

    Face à cette menace, dont les effets se sont déjà produits à Béziers par exemple, on aurait pu s’attendre à ce que les 19 maires fassent bloc et tournent leur regard vers la seconde commune du territoire, à savoir Pézenas. Ce n’est pas ce qui s’est produit ces derniers jours. Si le maire socialiste Armand Rivière était tout disposé à se présenter, sa candidature n’a pas reçu le soutien escompté auprès des édiles. Lesquels, à la suite de deux réunions, semblent s’être mis d’accord pour se ranger derrière la maire de Portiragnes, Gwendoline Chaudoir, dont l’absence d’étiquette politique a été préférée.

    En réalité, elle est clairement de droite puisque dès 2019, elle avait adhéré à Agir, la droite constructive, le micro-parti créé en 2017 par les Républicains rejetés de leur groupe à l’Assemblée pour leur volonté de travailler avec E. Macron. Autrement dit, les maires soi-disant « sans étiquette » de Vias, Bessan, Montagnac (…) penchent clairement à droite. D’autant que si un deal était conclu, A. Lopez-Liguori pourrait récupérer plusieurs vice-présidences (il en réclamerait 4), peut-être même la première. Réponse mardi 7 avril mais on est très loin d’un front républicain contre l’extrême droite.

  • Agde : la « perle noire » emportée par une vague brune

    Agde : la « perle noire » emportée par une vague brune

    Perceptible dès le soir du 1er tour où Aurélien Lopez-Liguori était arrivé largement en tête (38,44%), la catastrophe a bien eu lieu, dimanche 22 mars en Agde. Le sage retrait du maire sortant Sébastien Frey (3e avec 20,74%) n’y a rien fait. La « perle noire de la Méditerranée » s’est fait emporter par une vague brune. Dans son duel qui l’opposait au médecin agathois divers droite Thierry Nadal (45,13%), Aurélien Lopez-Liguori (54,87%) l’a emporté avec 1 652 voix d’avance et une participation correcte (64,75%) qui ne laisse aucune place au doute.

    Quatrième ville la plus peuplée du département, Agde est donc la première ville héraultaise à basculer aux mains du RN. Terrible pour les habitants de ce territoire sinistré qui compte l’un des taux de chômage les plus élevés de France (17,6%). Mais est-ce bien étonnant ? Dès 2007, Agde avait massivement plébiscité N. Sarkozy (62,47% au 2e tour). Aux deux dernières Présidentielles de 2017 et 2022, M. Le Pen est chaque fois arrivée en tête contre E. Macron (54,37% puis 60,14%).

    Si bien qu’aux législatives 2022, l’élection du député RN Aurélien Lopez-Liguori (59,19%) au 2e tour contre le communiste Gabriel Blasco n’avait surpris personne. Pas plus que sa large réélection aux législatives anticipées de 2024. Ce qu’on n’aurait pas imaginé en revanche, c’est que le député RN soit reconduit dès le 1er tour (51,66%).

    A. Rivière (PS) contre le RN ?

    Nul besoin de se remémorer le score famélique de la gauche au 1er tour de ces municipales (Arthur Labatut 6,52%) pour savoir que depuis longtemps Agde penche très à droite. Mais jusqu’ici, Les Républicains gardaient la main localement. La folie des grandeurs de l’ancien maire démissionnaire (31 mai 2024) Gilles d’Ettore, mis en examen dans l’affaire de la voyante Sophia Martinez, a provoqué la bascule. Comptable aux yeux des électeurs de cette politique favorable aux promoteurs, son successeur depuis près de 2 ans, Sébastien Frey, n’a pas réussi à incarner le renouveau à droite. Du pain béni pour Lopez-Liguori qui laisse son siège de député à son suppléant, Bernard Chaumeil.

    Reste à savoir si l’ombre de l’extrême droite peut s’étendre jusqu’à l’Agglo Hérault Méditerranée. Brillamment réélu au 1er tour à Pézenas et en réflexion, Armand Rivière pourrait avoir des ambitions. Mais le socialiste n’a que 5 sièges à l’Agglo plus les 3 de son homologue PS Vincent Gaudy reconduit à Florensac contre 13 acquis au RN avec Agde. D’autant que le maire DVD de Bessan (4 sièges), Stéphane Pépin-Bonet, a de bonnes relations avec Lopez-Liguori. Sachant qu’il faut 30 sièges pour prendre l’Agglo, le choix des maires de Portiragnes, Lézignan ou Saint-Thibéry (…) sera prochainement décisif.

  • Béziers vibre au rythme du flamenco

    Béziers vibre au rythme du flamenco

    C’est sur le parquet du théâtre des Franciscains que danseurs, chanteurs et amateurs de flamenco ont rendez-vous depuis le 10 mars et jusqu’au 21. Au programme : des spectacles de danse, chants, musiques, des ateliers, des expositions et même une nouvelle animation.

    Cette année le festival du flamenco revient avec une nouveauté : une masterclass de guitare. Animé par Antoine « Tato » Garcia, ce cours de rumba catalane à la guitare est ouvert aux adultes et aux enfants dès 12 ans. Un concert de fin de cours ouvert au public est même prévu le mercredi 18 mars
    à 16h. Côté spectacle, le festival n’est
    pas non plus en reste avec sept représentations programmées.

    En ouverture, mardi 10 mars, Quentin Buffier a présenté sa création « Moire ». Guitare acoustique en main, accompagné d’une pédale de boucle, le musicien français a oscillé entre musique classique et flamenco. Un mélange artistique que reprend aussi Basilic Swing, groupe de flamenco et de jazz marseillais. Ce vendredi 13 mars, la troupe se produit
    au théâtre municipal. Orchestré par l’association du Jazz Club de Béziers,
    le spectacle revisite les racines du jazz français initié par le guitariste Django Reinhardt. Aussi pour cette édition, Alberto Garcia, chanteur, présente ce dimanche 15 mars à la chapelle des Pénitents son programme « Récital
    de Cante ». Expert du chant flamenco, l’interprète espagnol est accompagné
    à la guitare par Pepe Fernandez, lauréat du prix du meilleur guitariste de flamenco du concours d’Albi en 2015. Enfin, pour clôturer le festival cette année, la tête d’affiche Alfonso Losa, maître de flamenco madrilène, présente son spectacle « Espacio Creativo » accompagné de Paula Comitre le samedi 21 mars.

  • [Divergence] « Le grand Costa-Gavras a accepté de venir à Pézenas »

    [Divergence] « Le grand Costa-Gavras a accepté de venir à Pézenas »

    La Marseillaise, en partenariat avec radio Divergence (DAB+ et divergence-fm.org) participe à l’émission politico-sociétale « Quoi de neuf ? » . Cette semaine,
    notre invité est Paul Worms. Il représente l’équipe du festival Rencontre Cinéma de Pézenas.

    C’est un des rendez-vous majeur du 7e art dans l’Hérault, avec Cinemed : la 63e édition du festival Rencontre Cinéma de Pézenas*, organisée par la Fédération des Ciné-Clubs de la Méditerranée (FCCM), se déroule du 20 au 26 février. Un événement. Cette année, le pays mis au premier plan est la Grèce, au cinéma aussi riche que hélas trop méconnu. L’invité d’honneur est le grand réalisateur franco-grec, Costa-Gavras. Paul Worms, une des chevilles ouvrières de ce festival nous en dévoile les temps forts et le sens.

    Françoise Verna : Vous avez choisi de mettre en lumière, je cite, « la diversité et la vitalité du cinéma grec ». Pourquoi ce choix ?

    Paul Worms : Depuis presque 30 ans, on a un fil rouge pour chaque rencontre qui est un pays et le cinéma de ce pays. On a couvert presque tous les pays importants du cinéma dans le monde. Comme l’an dernier, nous étions en Asie avec la Corée, nous avons décidé de revenir en Europe cette année. Après débat, on a décidé que finalement le cinéma grec était très riche mais aussi très peu connu. On a quelques têtes de gondoles connues en France, quelques rares films quelques rares réalisateurs. Je ne vous cache pas qu’on a eu quelques soucis pour récupérer certains films. Pour programmer 26 films, il a fallu que l’on en visionne le double !

    Françoise Verna : Parlez-nous des lieux où se déroulent projections et débats à Pézenas ?

    Paul Worms :Les deux lieux sont le cinéma Le Molière et puis, à 100 mètres, il y a le Théâtre de Pézenas, une petite merveille de théâtre à l’italienne dans lequel on installe écran et projecteur. Cela permet aussi d’avoir des débats. Les spectateurs peuvent aller d’une salle à l’autre très facilement.

    Olivier Nottale :Il y a cette notion d’échanges et de débat, de rencontres. C’est important pour vous ?

    Paul Worms : Dans notre ADN il y a deux choses auxquelles nous tenons beaucoup. Il y a cette notion de rencontre avec un cinéma, avec des professionnels du cinéma, entre les spectateurs. La deuxième chose c’est la notion de découverte. On veut vraiment que nos spectateurs viennent pour découvrir des films nouveaux. La majorité des films sont peu connus et nous voulons que les gens sortent de cette Rencontre Cinéma de Pézenas en ayant découvert plein de choses. Chaque film est présenté par au moins une personne de notre équipe mais en général par une ou un invité.e qui est spécialisé dans le cinéma ou le film en question. L’idéal, c’est d’avoir des cinéastes Cette année on estime faire un grand coup avec la venue du grand Costa-Gavras !

    Olivier Nottale :
    Oui Costa-Gavras est l’invité d’honneur de cette 63e édition. C’est une volonté de faire connaître son œuvre aux nouvelles générations ?

    Paul Worms : Il a accepté de venir, il a 93 ans. C’est un monument du cinéma. Son film Z parle de la dictature des colonels en Grèce dans les années 60-70 et c’est l’histoire de l’assassinat d’un opposant. C’est une fiction mais aujourd’hui on appellerait cela un « docu fiction ». C’est le cas de beaucoup de ses films. Nous allons passer Missing qui se déroule en Amérique du Sud et là c’est malheureusement d’actualité. On ne le diffuse pas mais il a réalisé et il a été célèbre aussi pour L’aveu sur les dérives du système soviétique. On va proposer aussi un de ses derniers films, Adults in the room qui parle de la fameuse crise économique de 2005 où la Grèce a été mise sous tutelle du Fonds monétaire international.

    Françoise Verna : Costa-Gavras sera accompagné par le journaliste Edwy Plenel…

    Paul Worms : Nous sommes très heureux de sa présence. Nous ne pouvons diffuser l’ensemble de la série documentaire qu’il a consacrée à Costa Gavras mais nous projetterons les deux premières parties. La première étant consacrée au film Z. Edwy Plenel va nous apporter beaucoup pour comprendre Costa-Gavras.

    Olivier Nottale : Parlez-nous des autres sections du festival, notamment, une nouvelle intitulée « Regard féminin ». Pourquoi cette nouveauté ?

    Paul Worms : C’est une section qui va être pérennisée non seulement parce que nous avons beaucoup de femmes dans notre équipe mais aussi parce que depuis quelques années des spectatrices nous disaient « c’est bien votre programmation mais il n’y a pas beaucoup de réalisatrices. vous n’invitez pas beaucoup de femmes… » Nous avions fait des efforts mais sans vraiment le matérialiser et nous avons donc décidé de créer, cette année, cette section avec trois invitées, six ou sept films.

    Nous avons aussi la venue de Véronique Le Bris, écrivaine, journaliste et qui a souhaité aussi programmer des films. Elle a une carte blanche avec notamment la programmation d’un film d’une cinéaste, Ida Lupino, une des pionnières du cinéma américain dans les années 1950. Elle est dans la lignée des femmes qui ont fait le cinéma féminin. Nous aurons aussi la venue d’Hélène Merlin qui vient nous présenter son dernier film Cassandre. Et la merveilleuse Marielle Issartel qui a co-réalisé avec son compagnon, Charles Belmont, Histoires d’A, en 1973, sur l’avortement. Film censuré mais qui a eu un grand succès grâce au bouche-à-oreille.

    Recueilli par F.V.

    *Programme sur le site RencontreCinemaPezenas.com