Tag: Pétrole

  • Aux voleurs !

    Aux voleurs !

    L’explosion du prix des carburants suscite l’exaspération d’une part croissante de la population, notamment au sein du monde du travail.

    Infirmière libérale, marin-pêcheur, agriculteur, artisan ou encore salarié de l’industrie, les travailleurs de notre région, qui s’expriment dans les colonnes de La Marseillaise, témoignent de leur ras-le-bol et demandent, chacun avec leurs mots, une chose simple : vivre dignement de leur travail.

    Il leur est insupportable d’être rançonnés par des compagnies pétrolières toujours plus bénéficiaires, mais aussi par l’État, qui prélève entre 50 et 60% de taxes sur le prix des carburants.

    Dans un contexte de mobilisations syndicales, mais aussi d’appels à faire renaître le mouvement des Gilets jaunes qui s’était levé dans tout le pays pour des prix à la pompe inférieurs à ceux pratiqués aujourd’hui, Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu ont demandé aux ministres de « prolonger » jusqu’au 31 décembre les aides ciblées sur les carburants.

    Profiteurs de guerre

    Une solution coûteuse pour le budget de l’État qui, en prétendant aider les Français qui en ont le plus besoin, revient à verser de l’argent public dans les caisses des multinationales de l’énergie.

    Le dispositif valide de facto l’envolée du prix des carburants comme une fatalité et laisse les profiteurs de guerre prospérer en toute quiétude.

    Pourtant, l’État pourrait décider de bloquer les prix, de taxer les superprofits, de baisser les taxes à la pompe, ou encore de reprendre le contrôle de ce secteur stratégique qu’est l’énergie. Ainsi, le communiste Fabien Roussel réclamait-il ce week-end, depuis la Fête de l’Humanité, des nationalisations-sanctions.

    Il est temps de désigner ceux qui nous font les poches. Aux voleurs !

  • « Toutes les tensions au Moyen-Orient mènent à la Palestine »

    « Toutes les tensions au Moyen-Orient mènent à la Palestine »

    La Marseillaise : Pourquoi cette région du monde qu’est le Moyen-Orient est-elle si souvent à feu et à sang ?

    Pierre Barbancey : Les grandes puissances occidentales n’ont jamais voulu comprendre une chose essentielle : sans résolution de la question palestinienne, c’est-à-dire le droit du peuple a son autodétermination, il n’y a pas de paix possible au Moyen-Orient. C’est ce qu’on voit dans l’actualité : toutes les tensions, tous les chemins mènent à la Palestine. Deux acteurs que sont les États-Unis et Israël se tiennent la main dans ce contexte, chacun avec ses buts propres, mais ils se retrouvent sur ce parcours.

    Quels sont les intérêts communs des États-Unis et d’Israël ?

    P.B. : Les États-Unis veulent la stabilité au Moyen-Orient par intérêt économique face à la Chine. Cette région leur est essentielle : 20% du pétrole et gaz mondial y transitent par le détroit d’Ormuz. C’est énorme. Les États-Unis ont besoin d’alliés, quel que soit le régime, qui travaillent sur une même longueur d’onde politique et économique. Cela passe par faire tomber les dirigeants des pays qui ne sont pas en phase avec eux, comme en Irak, en Syrie, en Libye, ou maintenant l’Iran, et on peut craindre pour l’Algérie. Ça vaut aussi pour les organisations et les milices comme le Hezbollah ou les Houthis. Dans ce jeu d’alliances, Washington est obligé de composer avec ceux qui refusent les accords diplomatiques avec Israël. Et depuis la chute de Saddam Hussein [Irak], la place du leadership régional est à prendre, on voit l’Iran et l’Arabie saoudite s’y essayer, comme la Turquie qui est un pays musulman non arabe. Israël postule aussi à ce titre, et c’est là qu’on voit les intérêts israéliens et états-uniens se retrouver.

    Comment Israël agit-il pour prendre ce leadership régional ?

    P.B. : Netanyahou applique le concept du Grand Israël : donc génocide à Gaza et nettoyage ethnique en Cisjordanie. Ses colons ne sont pas juste des terroristes isolés mais rentrent dans le cadre de la stratégie du gouvernement israélien. Cela déborde sur le Liban et la Syrie, car au lendemain de la chute de Bachar al Assad [Syrie], Israël a avancé sur le plateau du Golan occupé depuis 1967, et a repris depuis quelques jours. Ça rejoint la volonté des États-Unis de faire tomber les opposants pour mettre en place des régimes affaiblis, comme en Syrie, tandis que Trump fait d’Erdogan [Turquie] son grand ami. La Palestine est reléguée à l’arrière-plan, bien que revenue sur le devant depuis le 7 octobre avec plus de 70 000 morts recensés, plus d’un millier de Palestiniens tués en Cisjordanie, et des milliers sont dans les geôles israéliennes.

    Ce tableau traduit-il une nouvelle polarisation mondiale ?

    P.B. : Tout est lié, quand on parle énergie, pétrole et gaz. Depuis la disparition de l’URSS, il n’y a plus de guerre froide. Il y a des guerres d’influence, mais la nouveauté est qu’on peut retrouver des pays alliés sur une question mais pas sur une autre, les camps ne sont pas figés. Les Européens et les États-Unis ne veulent plus dépendre du gaz russe, il leur faut passer par le Golfe. C’était au cœur des discussions du sommet du G20 en Inde en 2023, où ils ont défini ces nouvelles routes, en concurrence avec la Route de la soie chinoise. Netanyahu y a présenté le nouveau Moyen-Orient, sans la Palestine, et la nouvelle voie qu’il a montré passe… par Israël. De l’autre côté, l’Iran fournissait des drones à la Russie, et malgré les embargos, la Chine continue de s’y approvisionner, dans un bras de fer avec Trump. La stratégie de guerre commerciale a été présentée comme alternative à la guerre létale, Trump parlait de 6 semaines, on en est à 3 mois. Depuis quelques jours les affrontements ont repris, prennent de l’ampleur, et touchent les civils iraniens. Et bientôt certainement la Jordanie.

    Assiste-t-on à un élargissement des conflits au niveau mondial ?

    P.B. : Dans un tel contexte, ces nouveaux paramètres amènent de nouveaux comportements, de nouvelles alliances, et tout n’est pas linéaire au fond. Jusqu’où cela peut aller ? Il y a des peuples derrière ces calculs, mais on leur demande assez peu ce qu’ils pensent.

  • L’escalade de la guerre entre Trump, ses alliés et l’Iran

    L’escalade de la guerre entre Trump, ses alliés et l’Iran

    « Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée », a déclaré le président américain selon ses propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

    L’armée jordanienne a déclaré mercredi avoir abattu cinq missiles iraniens, tandis que les Gardiens de la Révolution iraniens ont confirmé avoir visé des installations militaires américaines en Jordanie. Donald Trump a dit que « les forces américaines n’ont eu que quelques minutes pour abattre ces missiles balistiques iraniens qui arrivaient », selon le journaliste Trey Yingst, qui s’est entretenu hors antenne avec le président.

    Le reporter l’a aussi interrogé sur les bombardements menés par les États-Unis et de l’Arabie saoudite contre des positions de groupes armés pro-iraniens en Irak, en réponse à des attaques contre des cibles américaines et des installations pétrolières saoudiennes. Le président américain « a dit que ces frappes étaient coordonnées avec le gouvernement irakien », a déclaré le journaliste.

    Peu avant, la présidence irakienne a pourtant dénoncé, sans nommer les États-Unis ni l’Arabie saoudite, « les bombardements qui ont visé les bases du Hachd al-Chaabi », une alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes, les considérant comme une « attaque inacceptable et une violation flagrante de la souveraineté de l’Irak, visant ses institutions officielles ». Selon le Hachd al-Chaabi, qui dénonce une « agression », au moins 20 de ses membres ont été tués et 32 blessés dans ces frappes. Donald Trump a, selon ses propos rapportés par Fox News, « qualifié ces milices pro-iraniennes de cancer pour le monde et dit qu’il envisageait des mises en garde supplémentaires contre les soutiens de l’Iran ».

    La reprise des hostilités au Moyen-Orient survient après une accalmie de plusieurs jours dans le conflit.

    Cours du pétrole

    à la hausse mercredi

    De son côté, la télévision d’État iranienne a annoncé mercredi que les États-Unis avaient mené des frappes sur une ville du nord-ouest du pays, à la frontière avec l’Irak. « Il y a quelques minutes, un secteur situé dans la région frontalière de Piranshahr a été touché par des frappes aériennes de l’ennemi américain », a rapporté la télévision d’État. Une puissante alliance armée pro-Iran irakienne a jugé mercredi « inévitable » une riposte aux frappes américano-saoudiennes meurtrières qui ont ciblé l’Irak, après que des missiles en provenance du pays ont visé l’Arabie saoudite. « Notre riposte contre l’ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite », a affirmé dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, nébuleuse qui a revendiqué des centaines d’attaques contre des installations américaines dans la région depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

    Les cours du pétrole repartent à la hausse mercredi en raison de la reprise des frappes au Moyen-Orient qui suscite des inquiétudes pour l’approvisionnement en or noir, après une accalmie des hostilités de plusieurs jours. « Ces évolutions jettent un froid sur l’idée d’une désescalade rapide » dans le Golfe, estiment les analystes du cabinet d’économistes ING Warren Patterson et Ewa Manthey. Avec les infrastructures pétrolières saoudiennes de plus en plus prises pour cible, le risque de perturbations de l’approvisionnement prolongées augmente », affirment-ils.

  • Fos-sur-Mer : le navire Deliver condamné pour défaut de pavillon

    Fos-sur-Mer : le navire Deliver condamné pour défaut de pavillon

    L’armateur a été condamné par le tribunal judiciaire de Marseille à une peine pécuniaire de confiscation pour avoir omis de justifier de la nationalité du navire.

    Le Deliver battait pavillon camerounais, bien qu’il figurait sur une liste de « navires radiés du pavillon camerounais » établie le 29 mai par le ministère des Transports de ce pays.

    Il est également sur la liste des navires sous sanctions de l’Union européenne depuis février 2025, et est le cinquième pétrolier soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe arraisonné depuis septembre 2025 par la France.

  • À Châteauneuf-les-Martigues, Total réaffirme ses priorités sur la santé

    À Châteauneuf-les-Martigues, Total réaffirme ses priorités sur la santé

    Les sujets de santé au travail, en particulier lorsqu’ils concernent des expositions potentielles à des substances comme le benzène, sont sérieux et appellent des réponses claires », affirme Jean-Michel Diaz, directeur régional Paca de TotalEnergies, en réponse à la conférence de presse de la Fnic-CGT donnée mardi 28 avril.

    Cette réponse intervient dans un contexte de tensions autour de la plateforme TotalEnergies de La Mède, ancienne raffinerie de pétrole convertie en bioraffinerie de carburant de synthèse à base d’huile végétale. Une tension qui se mesure à la plainte au pénal pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui pour l’exposition au benzène déposée par le syndicat CGT et 14 salariés et la saisie des Prud’hommes par 180 salariés pour préjudice d’anxiété lié à cette exposition.

    « Je comprends les préoccupations qui peuvent s’exprimer, et je sais à quel point ces sujets peuvent être sensibles pour celles et ceux qui travaillent sur le site. La santé et la sécurité de l’ensemble des équipes qui interviennent sur nos sites sont au cœur de notre exigence au quotidien », affirme en réponse le directeur régional de TotalEnergies. Ce dernier rappelle avoir « passé 37 ans de ma carrière dans des usines TotalEnergies, je sais à quel point ces enjeux sont concrets ». « À La Mède, les équipes opérationnelles de TotalEnergies comme celles des entreprises partenaires évoluent sur le même site industriel. Cela nous engage collectivement à une vigilance permanente, c’est la priorité dans nos métiers », poursuit-il.

    « Respect des réglementations »

    Sur le plan plus technique, Jean-Michel Diaz précise que « nos activités sont conduites dans le respect des réglementations applicables, sous le contrôle des autorités compétentes, avec des dispositifs de prévention et de suivi en place, et nous restons à leur disposition pour apporter tous les éléments utiles ». Cela repose notamment sur « des campagnes régulières de mesures et de contrôle des installations, la formation des équipes aux risques chimiques et un suivi médical adapté des salariés concernés ».

    En définitive, le directeur régional de TotalEnergies indique que « dans cet esprit de transparence continue, nous organisons régulièrement des visites du site pour des élus, des riverains, des étudiants et des associations, afin de présenter concrètement nos activités et nos exigences en matière de sécurité. La semaine dernière encore, nous avons accueilli des lecteurs du journal La Provence sur le site ».

    Ce discours jettera-t-il un nouveau pont ? Alors que TotalEnergies et Air Liquide s’associent pour une nouvelle production d’hydrogène intégrée au processus biocarburant, sur place, le syndicat CGT pointait « une bonne nouvelle » selon le secrétaire Fabien Cros en janvier. Ceci en raison de « l’arrêt du reformer, plus gros producteur de benzène du site ». François Wioland, responsable des projets pour Total, lors de la présentation des projets, affirmait que « la présence de tous les éléments CMR, comme le benzène, a été modélisée et le pire scénario révèle un impact en particule par million ». « Nous n’avons pas confiance » tranchait le responsable CGT.

  • Le pétrolier fantôme russe quitte le golfe de Fos

    Le pétrolier fantôme russe quitte le golfe de Fos

    Arraisonné par la marine nationale le 20 mars puis dérouté et immobilisé dans le golfe de Fos-sur-Mer quelques jours plus tard, le pétrolier-cargo Deyna a quitté les eaux territoriales françaises ce jeudi. La société propriétaire a été condamnée à une amende dont le montant n’a pas été communiqué pour avoir omis de justifier la nationalité du navire par le tribunal judiciaire de Marseille.

    En provenance de Mourmansk en Russie, le navire avait été intercepté au sud des îles Baléares, en Méditerranée occidentale, arborant un pavillon mozambicain, ce qui avait éveillé les soupçons des autorités. Après la montée à bord de l’équipe de visite, l’examen des documents a confirmé les doutes quant à la régularité du pavillon arboré. Un signalement a été fait au procureur de la République de Marseille, compétent au titre du tribunal maritime.

    Il s’agit du troisième pétrolier intercepté par la France présumé comme appartenant à la flotte fantôme russe, qui permet à Moscou de contourner les sanctions liées à la guerre en Ukraine, à l’instar de l’embargo sur le pétrole imposé par l’Union européenne depuis juin 2022, qui interdit l’importation de brut et de produits raffinés russes, ou du plafonnement du prix du baril de pétrole à 60 dollars imposé par le G7 et l’Union européenne. D’après Benjamin Jensen, du Centre d’études internationales et stratégiques (Washington), environ 70% du pétrole russe exporté par voie maritime le serait à bord de ces pétroliers utilisés clandestinement.

    Des démarches engagées pour un pavillon

    D’après les autorités, la société propriétaire du Deyna a
    « pris l’engagement d’obtenir dans les meilleurs délais un nouveau pavillon » et aurait « déjà accompli de nombreuses démarches en ce sens ».

    Ce jeudi, le bateau était déjà localisé à des centaines de kilomètres des côtes sur le site Marine Traffic, partant en direction du port de Rizhao en Chine.

  • Les profiteurs de guerre

    Les profiteurs de guerre

    La guerre, meurtrière pour les peuples, est toujours une très bonne affaire pour le capitalisme. C’est pour cela qu’il la fait. Celle déclenchée au Moyen-Orient par les États-Unis de Donald Trump et Israël – dirigé par le gouvernement suprémaciste de Benjamin Netanyahu – a coupé les routes maritimes du pétrole. Résultat, depuis le 28 février, les prix flambent et les multinationales de l’or noir font des profits records. Selon une étude commandée par Greenpeace et relayée par l’association Attac, les compagnies pétrolières réalisent plus de 80 millions d’euros de profits supplémentaires par jour depuis le début de la guerre. Pour le seul mois de mars, ces superprofits représenteraient environ 2,5 milliards d’euros.

    Justice fiscale

    Outre la nécessité de se dégager d’une dépendance mortifère aux énergies fossiles, l’urgence est de faire payer ceux qui s’enrichissent de manière indécente alors que les citoyens peinent à payer leurs factures. Contrairement aux affirmations du bloc central (minoritaire) qui gouverne la France, bloquer les prix, taxer les compagnies est possible et absolument souhaitable. Celles et ceux qui participent à la vie de la cité, des aides à domicile en passant par les artisans, les agriculteurs, les pêcheurs, les enseignants, les infirmières etc. Bref toutes celles et ceux qui font tourner le pays et assurent la concorde sociale, sont aujourd’hui en grande difficulté tandis qu’une poignée d’actionnaires se gavent. La collecte de l’impôt débute et il est temps d’instaurer la justice fiscale.

  • Les artisans et les commerçants en première ligne

    Les artisans et les commerçants en première ligne

    La quasi-totalité des artisans du bâtiment, soit 92%d’entre eux, sont déjà impactés par la hausse du prix du pétrole depuis le début du conflit en Iran, selon une consultation menée par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) auprès de 2 600 entreprises. Cette étude, que La Marseillaise a pu consulter, rapporte que certains matériaux sont particulièrement concernés par les hausses de prix, notamment les dérivés du pétrole, le bois, le béton, le cuivre, le PVC et le zinc. Les augmentations de prix peuvent atteindre 2,5% à 20% pour certaines familles de produits, et 65% des artisans déclarent avoir reçu des courriers de hausse des tarifs de matériaux par leurs fournisseurs. Enfin, 50% des entreprises perçoivent déjà un impact sur leur activité, même si elles ne peuvent pas le mesurer précisément.

    Depuis le 25 mars, la Capeb appelle donc le gouvernement à réactiver le comité de crise interministériel dédié au bâtiment, créé lors de l’invasion de l’Ukraine à grande échelle. Concernant les hausses des prix du pétrole, l’organisation réclame par ailleurs un accompagnement de l’État, « pour permettre aux entreprises d’absorber l’augmentation du GNR et continuer à travailler dans de bonnes conditions ».

    Adaptation et résilience

    La problématique de l’énergie n’est malheureusement pas nouvelle pour les artisans et les commerçants, qui connaissent des crises régulièrement depuis une dizaine d’années. « Nous sommes rompus à gérer ce genre de situation, se désole Xavier Perret, président de la chambre des métiers et de l’artisanat du Gard. Les artisans sont beaucoup de petites entreprises qui, dans la grande majorité, vont s’adapter et réussir à amortir cette nouvelle hausse si elle ne s’installe pas trop dans la durée. Les artisans ont des investissements moins importants que dans l’industrie et ils sont donc plus résilients. Cependant, la problématique est très importante pour les secteurs totalement dépendants comme les taxis, qui ne peuvent pas monter leurs prix. »

    Xavier Perret rappelle également que par répercussion, il faut s’attendre à une inflation généralisée, puisque le prix des transports augmente et que la France reste dépendante du pétrole. Dans leur majorité, les artisans doivent donc déjà pratiquer une hausse de leurs tarifs pour amortir celle des prix du carburant : « Il faut bien comprendre que les artisans sont très attentifs aux tarifs qu’ils pratiquent, affirme Xavier Perret. Nous nous considérons comme de petites entreprises de proximité et nous connaissons nos clients. Augmenter est donc très anxiogène, notamment dans les métiers de l’alimentaire. »

  • La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    « Dans les Bouches-du-Rhône, plus de la moitié des salariés travaillent hors de leur commune. Le carburant n’est pas un choix, c’est une nécessité pour vivre et travailler. Chaque hausse est donc une attaque directe contre leur pouvoir d’achat. » C’est l’alerte lancée par l’UD CGT 13 dans le cadre d’un appel à la mobilisation, ce jeudi à 18 heures, autour de la hausse des prix des carburants depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran.

    « 24 milliards de profits »

    L’organisation syndicale dénonce notamment une « spéculation » pour essence, diesel et autres produits pétroliers pétrole, en lien avec ces « tensions géostratégiques ». « Dans notre département, la plateforme pétrochimique de Lavéra génère près de 5 millions d’euros supplémentaires de profits par jour depuis le début du conflit ! », prend pour exemple l’UD CGT. Avant de pointer plus globalement « 24 milliards d’euros de profits supplémentaires pour les raffineurs et distributeurs, avec, pour les grands groupes pétroliers et pétrochimiques, une explosion de leurs profits ».

    D’où le rassemblement afin de revendiquer « l’augmentation générale des salaires, l’encadrement des prix de l’énergie et la taxation des superprofits liés aux crises ». Et surtout montrer « le refus que les salariés paient pendant que d’autres s’enrichissent ». « Ce que les salariés, retraités, et précaires perdent à la pompe, les multinationales le gagnent en profits. La guerre et les crises servent de prétexte à l’enrichissement d’une minorité », martèle l’Union Départementale.

  • Menaces sur les ressources stratégiques

    Menaces sur les ressources stratégiques

    Les décimales des stations-service qui montent chaque jour depuis l’attaque israélo-états-unienne contre l’Iran, il y a un mois, sont ancrées dans le quotidien. Mais, derrière le spectaculaire de la flambée des carburants qui agite le spectre d’un nouveau choc pétrolier, l’accès à de nombreuses ressources cruciales se retrouve pris dans les conséquences du conflit, entre le bombardement des infrastructures et les menaces sur le passage stratégique du détroit d’Ormuz.

    C’est le cas pour le gaz naturel liquéfié, certes marginal dans l’approvisionnement global en gaz, mais dont 20% proviennent du Qatar, qui a vu sa principale usine de Ras Laffen à l’arrêt après une attaque de drones. De quoi faire flamber les factures dans certains pays d’Asie et d’Europe, pourtant avec une demande en baisse à la sortie de l’hiver. Une situation qui risque de faire grimper les prix de l’électricité indexés sur les coûts du gaz.

    Mais derrière cet arrêt, c’est la production d’hélium, sous-produit du gaz naturel liquéfié, qui est aussi stoppée. Avec un retour à la normale qui n’est pas attendu avant six à huit semaines, confirmait le ministre qatarien de l’Énergie. Le gaz noble est crucial dans les industries de pointe, dans la santé et surtout dans la production des semi-conducteurs. Et si des réserves sont stockées en Allemagne, elles ne peuvent être conservées plus de 40 jours et l’Europe dépend à 40% du Qatar, l’un des quatre principaux fournisseurs avec les États-Unis, l’Algérie et la Russie. Le 25 mars dernier, le groupe français s’alarmait d’une pénurie à court terme.

    Autre ressource cruciale produite dans le golfe, un tiers des engrais transitent par le détroit d’Ormuz, dont la moitié du soufre, un tiers de l’urée, un quart de l’ammoniac… En moins de deux semaines, l’urée a ainsi flambé de plus de 13%, menaçant les productions agricoles, notamment dans les pays de l’Est africain. Et s’ajoutent encore des augmentations des cours sur l’aluminium et les plastiques produits aussi dans la région. Un cocktail explosif pour l’économie mondiale.