Pour que les personnes âgées ne soient pas seules pendant les vacances, qu’elles aient encore des projets », s’enthousiasme Anne Salvador, bénévole depuis 20 ans au sein de l’association les Petits frères des pauvres et responsable de la campagne Le Marnier. Bastide avec un grand jardin, la maison d’accueil à la journée et siège de la branche marseillaise de la structure, se remplit de bénévoles et de personnes âgées pour les journées estivales. « Toute l’année on accompagne des personnes de plus de 50 ans souffrant de solitude, qu’elles habitent à domicile, en maison de retraite ou à la rue. L’été, on organise 20 journées estivales de rencontre et d’activité », explique Anne Salvador.
Les journées se partagent entre petit-déjeuner, apéritif, déjeuner et activité du jour. Ce mardi 21 juillet, c’est chanson et coiffure. « C’est un moment de bonheur, très festif et c’est très bien cuisiné », applaudit Claudine, accompagnée par les Petits Frères des Pauvres depuis 2 ans. Dans le jardin, sous la tonnelle, tous partagent un moment de convivialité autour du déjeuner. Ils profitent de la fraîcheur des arbres, de la brise et du chant des cigales, particulièrement bruyant en ce milieu de journée. « Qui veut un autre yaourt glacé ? », « Qui veut des pêches ? ». Autour des grandes tables, les bénévoles servent dans la bonne humeur les personnes âgées autour de la table. Aujourd’hui, le plus jeune des convives a 65 ans, le plus vieux 95 ans.
Les conversations fusent, Jean-Marc évoque sa jeunesse aux South-Winners, les ultras du virage sud du Vélodrome, Frederic raconte les années qu’il a passées au Brésil et Robert raconte son passé de syndicaliste à la CGT. Si l’activité du jour tourne autour de la chanson et de la coiffure, certains ne sont intéressés ni par l’une, ni par l’autre, mais viennent quand même pour vivre ce moment privilégié. « Je viens pour profiter de l’après-midi et pour me changer les idées », témoigne Jean-Marc. C’est son premier été avec l’association et il vient souvent aux journées estivales : « Il y a une bonne ambiance ! » félicite-t-il. Bébert est bénévole ici depuis 52 ans, « ce qui me plait, c’est la fraternité », déclare-t-il.
« Il n’y a que les Petits frères des pauvres qui m’ont tendu la main, vous savez, la rue c’est dur. » Pascal, sans domicile fixe accompagné depuis un an, exprime sa gratitude.
L’atelier chanson débute et un artiste, engagé par l’association, entame les plus grands titres « de votre jeunesse au siècle dernier » lance-t-il gentiment aux spectateurs. Tous reprennent en chœur Charles Aznavour, Jean Ferrat ou encore Luis Mariano.
« T’es super Dominique ! Ça te va bien ! » , complimente André, responsable des bénévoles. Dominique vient de se faire couper les cheveux par la coiffeuse présente pour l’après-midi. « Prendre soin de soi ça reste important. Les personnes ici ne le font plus, surtout pour des raisons financières, alors on leur amène gratuitement un coiffeur », commente André.
« Aujourd’hui c’est un chanteur, demain ça sera peut-être un magicien, on essaie de varier les propositions, on se doit de les faire profiter au maximum », ajoute André.
Tout l’été, les Petits frères des pauvres organisent des journées comme celle-ci, musique brésilienne, loto, accordéon, il y en a pour tous les goûts. Sophie, bénévole depuis 2 mois, a rejoint l’association pour s’occuper des aînés isolés : « C’est super important, ils ne voient personne d’autre de la journée. Ça permet de les sortir et de créer du lien social. »
Les bénévoles aussi s’enrichissent de ces journées de partage. « C’est mon petit bonheur de venir ici, et eux ils sont trop contents », termine-t-elle.



