Tag: Pénurie d’essence

  • Promesses au rabais face aux prix records des carburants

    Promesses au rabais face aux prix records des carburants

    De nouveau, les prix des carburants battent des records en France. Moins d’une semaine après l’essence, c’est le gazole qui a atteint un niveau historique ce dimanche, avec 2,41 euros par litre à la pompe. De quoi battre le pic atteint au mois d’avril, deux mois après le déclenchement de la guerre par Israël et les États-Unis contre l’Iran.

    Face à cette situation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué deux réunions ce lundi à Matignon, avec les directions des administrations centrales en matinée, puis dans l’après-midi avec le gouvernement, pour se pencher sur « l’accompagnement à court et moyen termes » des Français. Mais à l’issue des échanges, les annonces ont été encore repoussées, avec un rendez-vous donné ce mardi à 17h pour présenter de « nouveaux dispositifs d’aide et de soutien ». Emmanuel Macron de son côté s’exprimera à son tour jeudi à 20h, sur TF1 et France 2.

    Des tentatives de reprendre politiquement la main, au moment où la crise géopolitique percute de plein fouet la crise sociale. Face aux spéculations boursières qui nourrissent la flambée, les pénuries se sont en effet répandues dans les stations-service, principalement celles du groupe Total. Ce lundi matin, plus d’une station sur sept était en pénurie en France hexagonale selon les données de Bercy, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur faisant à peine mieux que la moyenne. « Pour les deux mois qui viennent, on n’a pas d’inquiétude », rassurait cependant le ministre de l’Économie Roland Lescure ce lundi matin, indiquant que les stocks stratégiques étaient pleins.

    « Cadre budgétaire »

    Comme lui, les membres du gouvernement se sont multipliés en matinée sur les chaînes de radio et télévision pour jouer les pompiers. « On voit bien qu’il faut réfléchir à une aide supplémentaire pour accompagner les gros rouleurs et les salariés modestes », assurait le ministre du Travail. Qui faute de mieux pour l’instant « encourage l’usage du télétravail » pour faire des économies. « Toutes les pistes sont sur la table, à condition que ça reste des aides ciblées et que ce soit respectueux du cadre budgétaire », indiquait de son côté la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Car quoi qu’il en soit, Bercy avait déjà indiqué refuser toute mesure structurelle, qu’il s’agisse d’une baisse des taxes ou un plafonnement des prix. « Ça coûte énormément d’argent », justifiait la porte-parole du gouvernement. Et d’assurer, très sérieusement, qu’elle préfère « viser les plus précaires ». Reste à savoir si les annonces de ce mardi sauront davantage viser la colère sociale, au moment où les mouvements, sans être pour l’instant massifs, commencent à se multiplier.

  • À Manosque, l’un des plus grands stockages pétroliers d’Europe

    À Manosque, l’un des plus grands stockages pétroliers d’Europe

    L’une des principales installations françaises de stockage pétrolier, conçue pour servir de filet de sécurité en cas de crise d’approvisionnement liée à des tensions géopolitiques, est située à Manosque, en plein cœur du parc naturel régional du Luberon. Le site peut couvrir « jusqu’à deux mois de consommation française en produits pétroliers », selon Géosel, son propriétaire. Des oléoducs le relient aux ports pétroliers de Fos et Lavéra.

    « Depuis 1967, Géosel est l’un des garants de la souveraineté et de la sécurité énergétique française », se félicite la société française, spécialisée dans le stockage souterrain d’hydrocarbures, sur son site. Elle a été créée dans les années 1960 « pour répondre à un impératif stratégique : assurer la sécurité énergétique du pays », explique-t-elle. Avec sa capacité souterraine de 9 millions de m3, ce site manosquin est l’un des plus grands complexes de stockage d’hydrocarbures en Europe.

    Géosel propose des services de stockage et de transport par canalisation d’hydrocarbures liquides. La construction des pipelines et des installations de surface a démarré en 1967, avec des postes de livraison d’hydrocarbures à Lavéra, à La Mède et à Fos-sur-Mer. 19 cavités sont alors creusées et commencent à être remplies de produits pétroliers, à partir de 1969.

    Un nouveau pipeline entre la station de Passaire et l’étang de Berre est posé en novembre 1973. Les travaux s’achèvent en 1974 avec le raccordement de la station Géopipe de Rognac à la raffinerie de Shell à Berre.

    « Avec le 1er choc pétrolier de 1973, le stockage de Manosque, initialement conçu pour un nombre d’opérations limitées, voit ses besoins en entrées et sorties de produits augmenter », relate Géosel. Deux nouvelles stations de pompage sont alors construites, en 1975, et l’utilisation de la saumure pour déplacer les hydrocarbures stockés permet les entrées et sorties régulières de produits pétroliers et « devient un atout majeur pour Géosel ».

    Incidents et pollution des sols

    « Le 1er mai 2010, une rupture de canalisation entraîne une fuite de naphta qui cause une pollution des sols. L’incident conduit à intensifier le plan de rénovation des installations », précise la société sur son site. 300 personnes doivent alors être évacuées après le déversement d’environ 200 m³ de naphta (un mélange d’hydrocarbures issu de la distillation du pétrole) du site de Géosel dans l’atmosphère et les cours d’eau. En 2021, un rapport a également révélé un rejet massif de gaz sur le site de stockage, un accident majeur dû à un défaut de maintenance des logiciels des automates de sécurité. L’incident n’avait pas eu de conséquences humaines, mais il n’avait été révélé que tardivement et succinctement aux autorités.

    Parmi les actionnaires de Géosel, on retrouve EDF (15%) et TotalEnergies (3,4%). En 2015, Total avait cédé la majorité du site de stockage à la société d’investissement française Ardian et à EDF Invest.

    Seul le gouvernement peut choisir d’entamer les réserves, en coopération avec l’AIE (l’Agence internationale de l’énergie) et l’UE, pour faire face à des ruptures graves des approvisionnements, comme une crise pétrolière ou le boycott d’un pays producteur.

    Le complexe souterrain manosquin abrite près de la moitié des stocks de la Sagess (Société anonyme de gestion des stocks stratégiques, créée par les opérateurs pétroliers, sous l’égide de l’état).

    En France, le gouvernement a martelé qu’il n’y avait pas de risque de pénurie, à ce stade. Le pays détient au total l’équivalent de 108 jours d’importations nettes, selon Bercy.