Tag: Pedro Sanchez

  • Le drame humain de Ceuta et son instrumentalisation

    Le drame humain de Ceuta et son instrumentalisation

    Les images de Ceuta sont insoutenables et les réactions politiques face à ce véritable drame humain, abjectes. Comment rester de marbre face au désespoir qui a conduit des dizaines de milliers de marocains, d’exilés subsahariens, à braver la mer, les barbelés, les armes, une mort certaine, pour tenter de rejoindre un bout d’Europe en quête d’un avenir meilleur ? Des questions restent en suspens quant aux conditions qui ont permis à plus de 60 000 personnes de franchir cette frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole.

    Rapidement, l’internationale brune a instrumentalisé ce drame pour servir son idéologie raciste et xénophobe, Giorgia Meloni en tête. La présidente d’extrême droite du Conseil italien a appelé à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, rejointe par son homologue danoise la sociale-démocrate Mette Frederiksen, défenseure d’une politique migratoire ultra-restrictive. Et ce, alors que Ceuta n’appartient pas par dérogation à cet espace de libre circulation… La désinformation au plus haut sommet des États. Face à cela, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a demandé ce mardi la tenue d’une réunion des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne qui se tiendra en visioconférence.

    Attaqué de toutes parts, le chef de gouvernement socialiste a accusé les réseaux de traite d’être humains d’avoir organisé ces arrivées massives et renforcé la sécurité sur le territoire en déployant une barrière flottante. Sur les réseaux sociaux, les comptes qui avaient annoncé que les frontières étaient ouvertes ont mystérieusement disparu.

    72 morts selon Madrid, 11 corps récupérés par Rabat

    Dans son éditorial de ce lundi, le premier quotidien d’Espagne El País (centre gauche) titre : « Mohammed VI et ses projectiles humains », estimant que « les munitions avec lesquelles le Maroc tire sans cesse sur l’Espagne, c’est son propre peuple ». Car cet épisode n’est pas sans rappeler celui de mai 2021, où plus de 12 000 personnes avaient rejoint Ceuta en quelques jours. Un coup de pression du royaume chérifien sur Madrid, sur fond de crise diplomatique autour du Sahara occidental. Et si depuis, l’Espagne a reconnu la marocanité du territoire disputé, elle tente par ailleurs de réchauffer ses relations avec Alger. De quoi irriter la couronne ? Selon le quotidien El Español (libéral-conservateur), des sources de l’état-major de la Garde civile espagnole auraient « repéré des agents des services de renseignement marocains infiltrés parmi les milliers de migrants entrés illégalement à Ceuta ».

    Et si la quasi-totalité d’entre eux sont, depuis, retournés au Maroc, près d’un millier de mineurs sont restés dans l’enclave, selon l’ONG Save the Children. Des tombes sont érigées au sein du cimetière musulman pour y enterrer dignement ceux qui n’ont pas survécu. Ils sont 72, selon les autorités espagnoles, tandis que Rabat comptabilise 11 corps récupérés côté marocain. La liste risque de s’allonger. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) recense à ce stade « près de 130 victimes » et des dizaines de disparus. Des avis de recherche sont lancés sur son groupe Facebook, parmi lesquels figure un adolescent de 13 ans qui a fui vers Melilla. Sur les images prises sur place, on voit des parents postés aux pieds des grillages barbelés de Fnideq, ville frontalière de Ceuta. Ces derniers montrent aux passants des photos de leurs enfants dont ils sont sans nouvelles depuis des jours et qu’ils espèrent toujours vivants.

  • Des incendies dévastateurs ravagent l’Espagne

    Des incendies dévastateurs ravagent l’Espagne

    Les incendies continuent de se propager violemment dans différentes régions d’Espagne. C’est depuis le milieu de la semaine, l’ouest de la communauté de Madrid et les régions d’Avila et de Tolède qui sont la proie des flammes et depuis samedi la province de Castellon. Depuis samedi, c’est près de Valencia à Manises que s’est déclaré un incendie désormais sous contrôle, on déplore une personne décédée. Un autre front s’est ouvert à Vall d’Uixo dans la province de Castellon où 16 000 personnes ont été évacuées, cet incendie très préoccupant est actuellement hors de contrôle.

    Les incendies de la région de Madrid et d’Avila, qui étaient encore dimanche matin difficiles à contrôler du fait du vent qui souffle sans discontinuer, sont contenus depuis hier après-midi. Au moins 88 500 personnes ont été contraintes d’évacuer leurs maisons ou de s’y confiner. 45 000 hectares ont été décimés. L’état d’urgence nationale a été décrété par le gouvernement pour les régions de Madrid, Avila et Tolède. Au total en Espagne ce sont 120 000 personnes qui sont d’ores et déjà affectées par ces incendies. Le chef du gouvernement Pedro Sanchez a fait le point de la situation ce dimanche à 11 heures depuis le poste de commandement à Navaluenga région d’Avila.

    Un pacte d’État face

    à l’urgence climatique

    Entouré du maire d’Avila et du président de la communauté Castilla- Léon, Pedro Sanchez a adressé ses remerciements et sa reconnaissance aux effectifs des services publics : « Je voudrais ajouter à ces remerciements, la communauté autonome de Castilla la Mancha qui hier a intégré le commandement unique que nous avons créé suite aux incendies dans la province de Tolède. Je salue l’aide de notre pays frère, le Portugal », relevant que la nuit de samedi sur le front des incendies avait été plus positive, il a insisté sur la nécessité pour les populations impactées de privilégier la prévention et la vigilance. « Samedi, nous donnions le chiffre de 130 000 hectares affectés depuis le début de l’année, aujourd’hui nous sommes au-dessus de 150 000 hectares plus de 20 000 hectares brûlés en plus en moins de 24 heures, avec une dizaine d’incendies, et 32 depuis le début de l’année. C’est-à-dire six fois plus que l’année dernière à la même date. » Le chef du gouvernement a estimé qu’il était nécessaire que tous les acteurs politiques et institutionnels, civils et sociaux aient une réflexion ensemble. « C’est une exigence, c’est un devoir moral que nous devons matérialiser dans un grand pacte d’État face à l’urgence climatique. Les incendies ont toujours existé mais leur multiplication, ces climats extrêmes où l’on passe d’une tempête à un grand incendie, nous indiquent ce que la science nous a dit déjà depuis longtemps, nous devons non seulement donner une réponse à ces événements climatiques, mais on doit aussi intégrer les données de la science pour que nous faisions les meilleures politiques en faveur de nos concitoyens. On doit le faire à tous les niveaux en mettant les ressources économiques nécessaires », a affirmé Pedro Sanchez. Le chef du gouvernement a conclu en réaffirmant la présence de l’État et sa vigilance de tous les instants face à cette catastrophe et annoncé de prochaines mesures : « Mardi en conseil des ministres nous approuverons un Royal décret-loi pour déclarer les zones affectées en catastrophe naturelle et apporter toutes les aides nécessaires aux citoyens et collectivités. »

    Hier après-midi, l’incendie de Vall d’Uixo dans la province de Castellon demeurait incontrôlé avec un bilan provisoire de 4 500 hectares détruits. Le dispositif en place a été renforcé par l’envoi de plusieurs hélicoptères.

  • Le énième volte-face de Trump au sommet de l’Otan

    Le énième volte-face de Trump au sommet de l’Otan

    Le sommet de l’alliance transatlantique s’est clôturé hier à Ankara. Et, encore une fois, c’est Donald Trump qui a mené la danse, imposant son rythme aux 32 États membres. Dans la matinée, il lâche : « Je suis très en colère contre l’Otan parce qu’ils n’ont pas voulu nous aider face au principal État qui soutient le terrorisme, à savoir l’Iran. » Les États-Unis ont mené la veille une série de frappes sur la République islamique. « Le cessez-le-feu est terminé », proclame Trump, « nous allons frapper l’Iran ce soir », prévient-il, estimant qu’« il n’y a rien que les Iraniens puissent faire pour nous empêcher (…) ils méritent ce qui va leur arriver ». Et les Européens se couchent. Pour Emmanuel Macron, « les Iraniens ont eu tort de frapper ». Des tirs sont imputés à Téhéran sur trois navires commerciaux.

    À ce manque de soutien dans sa guerre lancée avec Israël au Moyen-Orient, Trump expose une autre de ses frustrations : « Le Groenland est très important pour les États-Unis, mais n’est pas important pour le Danemark », estime-t-il au sujet du territoire autonome danois. Forçant la Première ministre du Danemark Mette Frederiksen à réaffirmer que le Groenland « n’est pas à vendre ». Puis, le chef d’État étasunien s’en prend à l’un des rares gouvernements qui osent le défier : l’Espagne, qu’il qualifie de « cause perdue », assurant que Washington allait « cesser tout échange commercial » avec Madrid accusé de ne pas participer aux dépenses de défense de l’Otan. Face à ces pressions, le Premier ministre Pedro Sanchez calme le jeu et loue des relations « très positives » avec les États-Unis.

    Les alliés ont tout donné pour amadouer le milliardaire républicain, le convaincre de rester et éviter tout accès de colère dont il est coutumier. Dès lors, après les dorures du château de Versailles à la fin du sommet du G7, l’Otan sort cette fois le chéquier. Son secrétaire général, Mark Rutte a évoqué des contrats d’armement à hauteur de 50 milliards de dollars, entre les États membres « et des entreprises des deux côtés de l’Atlantique ». Les Européens veulent prouver aux États-Unis qu’ils investissent dans leur propre sécurité, craignant de voir Trump se retirer totalement du continent, ce qu’il a menacé de faire à moult reprises.

    À l’issue du sommet, les pays de l’Alliance atlantique ont confirmé leur engagement « indéfectible » envers la clause d’assistance mutuelle, consacrée par l’article 5 du traité.

    Déclaration commune autour de l’article 5

    « Une attaque contre un Allié est une attaque contre tous », est-il ainsi inscrit dans un texte commun, « notre unité, notre solidarité et notre force collective restent le socle sur lequel reposent la paix, la sécurité et la prospérité ».

    Les courbettes ont payé, le ton du président américain s’est apaisé. « C’était une très bonne rencontre, il y avait beaucoup d’amour dans la pièce, beaucoup d’unité », fait-il valoir. Aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, son homologue américain juge que les frappes sur la Russie, pourraient « aider » à mettre fin à la guerre. Et annonce autoriser Kiev à fabriquer des missiles Patriot, indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes qui frappent l’Ukraine. Une demande de longue date. S’il ne change pas d’avis d’ici là.

  • Le énième volte-face de Trump au sommet de l’Otan

    Le énième volte-face de Trump au sommet de l’Otan

    Le sommet de l’alliance transatlantique s’est clôturé hier à Ankara. Et, encore une fois, c’est Donald Trump qui a mené la danse, imposant son rythme aux 32 États membres. Dans la matinée, il lâche : « Je suis très en colère contre l’Otan parce qu’ils n’ont pas voulu nous aider face au principal État qui soutient le terrorisme, à savoir l’Iran. » Les États-Unis ont mené la veille une série de frappes sur la République islamique. « Le cessez-le-feu est terminé », proclame Trump, « nous allons frapper l’Iran ce soir », prévient-il, estimant qu’« il n’y a rien que les Iraniens puissent faire pour nous empêcher (…) ils méritent ce qui va leur arriver ». Et les Européens se couchent. Pour Emmanuel Macron, « les Iraniens ont eu tort de frapper ». Des tirs sont imputés à Téhéran sur trois navires commerciaux.

    À ce manque de soutien dans sa guerre lancée avec Israël au Moyen-Orient, Trump expose une autre de ses frustrations : « Le Groenland est très important pour les États-Unis, mais n’est pas important pour le Danemark », estime-t-il au sujet du territoire autonome danois. Forçant la Première ministre du Danemark Mette Frederiksen à réaffirmer que le Groenland « n’est pas à vendre ». Puis, le chef d’État étasunien s’en prend à l’un des rares gouvernements qui osent le défier : l’Espagne, qu’il qualifie de « cause perdue », assurant que Washington allait « cesser tout échange commercial » avec Madrid accusé de ne pas participer aux dépenses de défense de l’Otan. Face à ces pressions, le Premier ministre Pedro Sanchez calme le jeu et loue des relations « très positives » avec les États-Unis.

    Les alliés ont tout donné pour amadouer le milliardaire républicain, le convaincre de rester et éviter tout accès de colère dont il est coutumier. Dès lors, après les dorures du château de Versailles à la fin du sommet du G7, l’Otan sort cette fois le chéquier. Son secrétaire général, Mark Rutte a évoqué des contrats d’armement à hauteur de 50 milliards de dollars, entre les États membres « et des entreprises des deux côtés de l’Atlantique ». Les Européens veulent prouver aux États-Unis qu’ils investissent dans leur propre sécurité, craignant de voir Trump se retirer totalement du continent, ce qu’il a menacé de faire à moult reprises.

    À l’issue du sommet, les pays de l’Alliance atlantique ont confirmé leur engagement « indéfectible » envers la clause d’assistance mutuelle, consacrée par l’article 5 du traité.

    Déclaration commune autour de l’article 5

    « Une attaque contre un Allié est une attaque contre tous », est-il ainsi inscrit dans un texte commun, « notre unité, notre solidarité et notre force collective restent le socle sur lequel reposent la paix, la sécurité et la prospérité ».

    Les courbettes ont payé, le ton du président américain s’est apaisé. « C’était une très bonne rencontre, il y avait beaucoup d’amour dans la pièce, beaucoup d’unité », fait-il valoir. Aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, son homologue américain juge que les frappes sur la Russie, pourraient « aider » à mettre fin à la guerre. Et annonce autoriser Kiev à fabriquer des missiles Patriot, indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes qui frappent l’Ukraine. Une demande de longue date. S’il ne change pas d’avis d’ici là.

  • À Barcelone, un sommet progressiste contre l’internationale de la haine

    À Barcelone, un sommet progressiste contre l’internationale de la haine

    Les leaders de plus d’une vingtaine de pays se sont réunis samedi à Barcelone pour un sommet international progressiste, dans le cadre de la quatrième édition de Global Progressive Mobilisation. La veille, s’était tenu une rencontre entre l’Espagne et le Brésil qui consacrait un large accord entre Pedro Sanchez et Lula da Silva. Parmi les autres participants pour la journée du samedi, étaient présents notamment : Claudia Sheinbaum présidente du Mexique, le président de la Colombie Gustavo Petro, Catherine Connolly présidente d’Irlande, Inga Ruginiené première ministre de Lituanie, Lars Klingbeil vice-chancelier d’Allemagne, David Lammy vice-Premier ministre du Royaume-Uni… Pour leur part, Hillary Clinton, Michelle Bachelet, Bernie Sanders et le maire de New York Zhoran Mamdani, ont envoyé des messages de salutations et appellent aussi à la mobilisation progressiste du monde.

    Les représentants de tous les pays ont notamment réclamé que l’ONU joue un rôle plus transcendant, et décidé d’explorer les mécanismes pour améliorer la gouvernance digitale, diagnostiquant que la désinformation passe par les réseaux sociaux. Ils ont également convenu que pour faire face à l’extrémisme, il faut mener un « combat contre les inégalités ». Le diagnostic étant que l’extrême droite prospère quand les pouvoirs publics ne sont pas en capacité d’offrir des solutions aux citoyens.

    Il a d’ailleurs été décidé d’impulser un « agenda pour la justice sociale » qui mette en avant « la cohésion, l’égalité des opportunités, la participation de la jeunesse et l’égalité des genres ». À ce propos, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a estimé que « la démocratie implique la liberté, mais que la liberté reste un mot creux si elle n’est pas accompagnée de justice sociale ».

    Le président du Brésil, Lula da Silva, a dénoncé la dérive belliciste des États-Unis. Adressant un message pour l’ONU, Lula a déclaré : « Accomplissez votre obligation de garantir la paix du monde, et arrêtez la folie de la guerre. La crédibilité de l’ONU doit être restituée (…) l’invasion de l’Irak a été basée sur un mensonge, la destruction de la Lybie a été basée aussi sur un autre mensonge et le génocide de Gaza est commis au nom d’un autre grand mensonge. » Lula a pointé les États-Unis, qui sont « les créateurs de guerres successives, le monde vit une dérive dangereuse (…) défendre la politique internationale aujourd’hui, c’est défendre un multilatéralisme réformé et défendre que le droit prévale sur la force et que la paix prévale sur la guerre ».

    Tout au long de ces deux journées, les leaders de gauche et de centre gauche ont réactivé un pôle d’opposition au monde que dessine Donald Trump, et un contrepoids à ce que Pedro Sanchez appelle l’internationale de la haine. « Le temps de l’intervention de l’ultradroite et de ses valets de la droite est arrivé à son terme, ce sommet est le point d’inflexion pour une alliance qui à partir de maintenant sera orgueilleuse d’exister, une alliance progressiste, pacifiste, écologiste et féministe. »

    Cette rencontre de Barcelone a été aussi l’occasion pour les chefs de gouvernement d’Espagne, du Brésil et du Mexique d’émettre un communiqué commun à l’issue de cette journée de samedi en soutien à Cuba : « Nous exprimons notre énorme préoccupation pour la grave crise humanitaire que traverse le peuple cubain et nous demandons que soient adoptées les mesures nécessaires pour soulager cette situation (…) et que soient évitées les actions qui aggraveraient les conditions de vie de la population, ou celles qui sont contraires au Droit international. »

  • En Espagne, les affaires font tanguer le gouvernement

    En Espagne, les affaires font tanguer le gouvernement

    Le gouvernement de Pedro Sanchez traverse de nouvelles turbulences qui secouent la vie politique, avec les derniers actes de corruption, de harcèlement et d’abus sexuels présumés commis par des responsables du PSOE. El Pais titrait dimanche à la Une : « Le gouvernement vit ses heures les plus critiques. » Les révélations sur la corruption de certains cadres du Parti socialiste, les cas de harcèlement sexuel dans les sphères dirigeantes de ce parti mis au grand jour par le journal en ligne Eldiario, et des détentions provisoires, fragilisent encore davantage le gouvernement de gauche. Un « tsunami politique » comme le disent des commentateurs, dont la droite et l’extrême droite espèrent tirer profit.

    Le Parti populaire (PP) attend avec impatience les résultats des élections régionales anticipées qui vont se dérouler en Extrémadure le 21 décembre. La droite et l’extrême droite (Vox) gouvernaient cette région ensemble jusqu’à la mise en retrait de Vox qui a eu pour conséquence la convocation de nouvelles élections. Le PP espère une réélection et une forte progression qui le conforterait dans sa volonté de faire chuter le gouvernement. Souvent en alliance avec Vox, il détient déjà la majorité des régions en Espagne. Le leader du PP, Alberto Nuñez Feijoo, en campagne électorale, samedi, n’a pas manqué de cibler Pedro Sanchez, qu’il accuse de donner des « leçons sur le féminisme alors qu’il cache un troupeau de machistes et de corrompus ».

    Du côté des partenaires au gouvernement, Yolanda Diaz, 2e vice-présidente, communiste et membre de la coalition Sumar a estimé, samedi, qu’il devient nécessaire de remanier en profondeur l’équipe gouvernementale.

    « Changement profond »

    « À Sumar, nous sommes clairs : le gouvernement a besoin d’un changement profond et courageux. Il ne suffit pas de retouches cosmétiques ni de gestes symboliques » a-t-elle déclaré lors d’un entretien sur la Sexta. Yolanda Diaz demande au président du gouvernement, Pedro Sánchez, « de prendre des mesures et au PSOE de faire face à sa responsabilité et d’agir (…) je veux envoyer toute mon amitié et solidarité aux femmes socialistes et féministes (…) la seule façon est d’agir sans ambiguïté et de remanier le gouvernement, pour continuer des politiques sociales et faire progresser le droit… »

    Les autres partenaires demandent aussi au président Pedro Sanchez qu’il comparaisse devant les députés comme le Parti National Basque (PNV) ou encore Esquerra Republicana Catalana (ERC) afin d’apporter des explications. Pedro Sanchez, qui semblait rester droit dans ses bottes « un capitaine ne quitte pas le navire en pleine tempête » avait-il déclaré lors de précédentes affaires de corruption, vient de trouver l’occasion de reprendre la main. L’interview ce dimanche dans le journal La Vanguardia du président de la conférence épiscopale espagnole ouvre un autre front, Luis Argüello connu pour sa proximité avec l’extrême droite profite de cette crise politique pour réclamer soit une motion de censure, soit des élections anticipées.

    « Il y a une autre option, celle de respecter le résultat électoral, même si vous êtes nostalgique de l’époque où les évêques interféraient dans la politique. Celle-ci est terminée depuis que la démocratie a été instaurée dans ce pays » a rétorqué Pedro Sanchez ce dimanche en meeting électoral à Caceres. À suivre donc, mais les joutes verbales ne suffiront pas à apaiser la colère et l’inquiétude dans l’électorat de gauche, tant que des actes concrets ne viendront pas clore cet épisode qui met à mal les progrès sociaux déjà accomplis par le gouvernement et ceux à venir.

  • Citoyens et gouvernement ensemble contre le génocide

    Citoyens et gouvernement ensemble contre le génocide

    Le mouvement de dénonciation du génocide perpétré en Palestine par Israël ne cesse de s’amplifier en Espagne. La récente et spectaculaire action de dizaines de milliers de Madrilènes en faveur de la Palestine qui mit fin prématurément à la Vuelta cycliste a résonné dans le monde entier. Une Espagne qui montre aujourd’hui ses plus belles valeurs sous l’impulsion des citoyens et du gouvernement de gauche présidé par le socialiste Pedro Sanchez.

    Un gouvernement fortement aiguillonné et appuyé par Sumar, la coalition incluant notamment le PCE et Izquierda Unida dont la seconde vice-présidente communiste Yolanda Diaz est issue. Un exécutif qui a reconnu l’État de Palestine depuis plus d’un an, qui a décrété un embargo sur l’importation et l’exportation d’armes d’Israël et qui la semaine dernière a envoyé, comme l’Italie, un navire de l’Armada (marine espagnole) en protection et en soutien à la Flotille Global Sumud qui se dirige vers Gaza pour ouvrir un corridor humanitaire et récemment victime d’attaques de drones israéliens. L’Espagne a contribué largement à faire bouger les lignes en Europe, désormais 150 pays dénoncent le génocide et soutiennent l’État de Palestine. Israël ne trouvant un soutien inconditionnel qu’en la personne de Trump son dernier bouclier.

    Le mouvement de soutien au peuple palestinien, et la dénonciation du génocide, s’est à ce point enraciné dans le peuple espagnol, que la droite commence à prononcer le mot « génocide », le Parti populaire n’en oublie pas pour autant d’attaquer Pedro Sanchez à propos de son épouse Begoña Gomez soupçonnée d’avoir utilisé une assistante rémunérée par l’État pour des activités professionnelles privées. Celle-ci assure que son assistante ne l’a aidée que ponctuellement, et jamais dans ses activités professionnelles extérieures. Le juge Alberto Peinado qui instruit cette affaire est quant à lui fortement soupçonné de « rouler » pour le Parti populaire.

    Embargo sur les armes

    Alors que la droite continue de gesticuler, et harceler le chef du gouvernement, le Conseil des ministres a récemment donné le feu vert au décret-loi qui doit réguler l’embargo des armes pour Israël. Il s’agit de l’interdiction de l’importation et exportation d’armement et du transit par l’Espagne du combustible utilisé par les forces armées israéliennes et du matériel défensif.

    Pour sa part, Sumar dépose un projet de loi complémentaire à ce décret-loi afin que le gouvernement puisse inspecter les navires à destination de pays qui commettent un génocide. Sumar, lors de sa réunion de coordination samedi a appelé à une grande journée de mobilisation pour le 4 octobre en solidarité avec le peuple palestinien face à l’authentique génocide d’Israël à Gaza et jusqu’à son arrêt.

    Lara Hernandez, la coordinatrice, a dit sa fierté de voir ce gouvernement porter la voix de la lutte pour la dignité, et qu’il soit devenu un exemple pour les autres puissances mondiales qui ont reconnu l’État de Palestine. La coordinatrice de Sumar a attribué le positionnement actuel du gouvernement espagnol, à l’action de son organisation au sein de l’exécutif, elle a ajouté : « Aujourd’hui le gouvernement d’Espagne dénonce en toutes lettres le génocide. Tout cela a été obtenu par Sumar grâce à une alliance clé et stratégique avec la société civile mobilisée. Quand Sumar bouge, le gouvernement agit. Et quand le gouvernement agit, notre pays avance (…) en Espagne il y a un peuple digne qui veille sur le droit international, qui défends les droits humains et qui crie avec orgueil “Vive la Palestine libre !” »