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  • Premières fois, premières photos

    Premières fois, premières photos

    Qui de l’œuf ou de la poule est apparu le premier ? Ce questionnement qui a traversé les siècles a inspiré Luce Lebart dans la construction de sa première exposition en tant que nouvelle commissaire au Pavillon Populaire. Tout comme les conclusions de la science, la directrice artistique indépendante en charge de la programmation artistique du lieu offre une réponse nuancée. La photo n’est pas apparue du jour au lendemain, elle est le résultat de bien des années d’expérimentations : il n’existe pas une invention mais bien les inventions plurielles de la photographie.

    Avec « Premières fois / premières photos », le Pavillon Populaire présente la première exposition de sa saison 2026 sous la forme d’un voyage à travers le temps pour enquêter sur l’apparition de la photographie. Entre les procédés de création artisanaux et les premiers brevets d’appareils bien loin de ressembler à ceux d’aujourd’hui, les salles du Pavillon Populaire se remplissent d’objets et de clichés qui transportent le visiteur entre les époques. Au total, ce sont 200 photographies de plus de 50 photographes historiques et modernes qui sont présentés en avant-première du bicentenaire de la photo, dans le cadre des rencontres de la photographie d’Arles.

    L’histoire d’une naissance

    « Premières fois / premières photos » recense les ratés, les essais et les expérimentations, pour montrer toutes les formes que peut prendre une première image. « J’ai voulu jouer avec le mot premier, en explorer tous les sens » avoue celle qui fait, en parallèle, ses premiers pas au sein du Pavillon Populaire. Après avoir dirigé de nombreuses institutions dédiées à l’image à Paris, au Canada et à l’international, elle revient en Hérault pour apposer sa patte dans la programmation de l’espace d’art photographique montpelliérain. « Le premier, c’est l’origine, le vainqueur, l’inédit. Au début je ne m’attendais pas aller dans des directions aussi folles mais c’est devenu petit à petit une exposition de recherche » ajoute-t-elle.

    Un travail presque scientifique, qui fait écho aux débuts de cette discipline ancrée dans l’art aujourd’hui. L’exposition met en scène le lien très étroit entre photo et science, les clichés ayant servi à étudier le monde qui nous entoure du temps où les appareils photos étaient les outils d’étude les plus performants. Les salles du Pavillon Populaire reviennent sur les premiers pas des figures qui l’ont marqué : la visite débute par le travail d’une des premières femmes photographes, l’anglaise Anna Atkins et ses premières images d’algues marines, qui composent le tout premier livre de photographie. En écho avec cette ouverture sous-marine, l’exposition se clôture par des clichés de naissance d’étoiles, pour une exploration interstellaire. Une exposition qui fait traverser le temps et l’espace, à retrouver jusqu’au 1er novembre au Pavillon Populaire de Montpellier.

  • Depardon s’expose en couleurs au pavillon populaire de Montpellier

    Depardon s’expose en couleurs au pavillon populaire de Montpellier

    Voilà plusieurs années que Raymond Depardon tisse un lien fort avec Montpellier. En 2022, le Pavillon populaire, avait déjà accueilli l’exposition « Communes », dans laquelle le célèbre photographe rendait hommage, en noir et blanc et à la chambre, à ces villages oubliés de l’arrière-pays méditerranéen menacés par un projet d’extraction de gaz de schiste. L’année suivante, en 2023, Raymond Depardon et son épouse Claudine Nougaret faisaient don, au musée Fabre, de près de 200 tirages issus de l’œuvre du photographe, permettant de faire entrer la photographie au sein des collections du musée montpelliérain.

    L’exposition « Extrême Hôtel », à découvrir depuis le 3 décembre au Pavillon populaire -dont elle marque la réouverture après plusieurs mois de travaux- vient encore renforcer ce lien et l’empreinte artistique de Raymond Depardon sur la ville.

    Cette carte blanche au célèbre photographe s’écrit, cette fois, en couleur. Co-commissaires de l’exposition, Simon Depardon, son fils -également photographe- et Marie Perennès, historienne de l’art spécialiste de la photographie, ont eu envie de faire découvrir aux visiteurs les archives couleur de celui qu’on connaît surtout pour ses clichés en noir et blanc. « Raymond a fait, dès 1960, beaucoup de photographies en couleur, or on s’est rendu compte qu’elles étaient très peu montrées », explique Simon Depardon. « On le connaît surtout pour des photoreportages importants, politiques, dans une actualité forte, mais on connaît moins les photographies qu’il a faites pour son plaisir. Celles qu’on montre ici sont, pour beaucoup, des photos plus personnelles, intimes, qu’il faisait pour lui dans une forme de douceur », livre le commissaire d’exposition. Un grand nombre des 150 clichés présentés n’ont d’ailleurs jamais été vus auparavant. « On a pu accéder à ses planches contacts et à ses négatifs pour sortir des inédits », confie son fils.

    Explorations solitaires

    C’est notamment le cas dans la série principale, « Extrême Hôtel », qui donne son nom à l’exposition. Celui d’un hôtel sans chichi à Addis-Abeba, où Raymond Depardon aimait séjourner lors de ses voyages en Éthiopie. Cette série réunit des images, pour beaucoup inédites, donc, réalisées dans différents endroits du monde entre 2004 et 2019, pour le plaisir. Une photographie de l’errance, éloignée des contraintes du photojournalisme.

    Organisée en différentes séries, l’exposition s’ouvre sur « La terre des paysans », un hommage de Depardon à la ruralité française, lui qui est né dans une exploitation agricole de la vallée de la Saône. Celui qui n’a jamais osé photographier ses parents immortalise en couleur, dans les années 2000, ces paysans qui disparaissent, la fin d’un monde.

    La séquence « Press color », elle, retrace le parcours de photojournaliste de Raymond Depardon, de l’Algérie au Vietnam, des Jeux olympiques à l’affaire Claustre. « À l’époque Raymond avait deux appareils photos. Un chargé en noir et blanc pour les reportages que lui commandait son agence, et l’autre en couleur pour tenter d’accrocher la couverture, qui était en couleur et qui était le Graal du photoreporter », rapporte Marie Perennès.

    D’autres séries, plus solitaires, intitulées Datar, USA, Glasgow, Carthagène, Tokyo ou encore Méditerranée complètent cette plongée tout en douceur dans le regard de Depardon. Attentif aux couleurs et à la lumière, il y photographie des lieux où il ne se passe rien, des scènes de vie ordinaires… Une exploration intime et intense du monde qui l’entoure.

    * À découvrir jusqu’au 12 avril. Entrée libre et gratuite.