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  • [Entretien] Patrick Mennucci : « Si c’est Mélenchon face à Le Pen, on est sûr de perdre »

    [Entretien] Patrick Mennucci : « Si c’est Mélenchon face à Le Pen, on est sûr de perdre »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui a convaincu le PS de vous confier cette mission et pourquoi l’accepter ?

    Patrick Mennucci : Je n’étais demandeur de rien et ce consensus s’est opéré, sans doute parce que j’ai cette forme de neutralité car je n’ai pas choisi de candidat et que j’entretiens les bonnes relations avec tous. Peut-être aussi le respect lié à mon âge et le fait aussi que je ne suis plus demandeur de mandat ou de désignation. Après, moi j’ai toujours essayé d’aider le PS et je ne peux pas me défiler quand on me demande de contribuer à remettre la gauche de gouvernement sur les rails.

    Quel sera votre rôle ?

    P. M. : Surtout de coordination. L’important, c’est que la primaire tourne autour des sujets qui intéressent les Français et que les candidats veulent mettre en avant. Mon rôle sera de favoriser le débat de fond et régler avec les membres de la commission ces bisbilles qui surgissent toujours dans une élection.

    Quel est le principal objectif ?

    P. M. : Que le scrutin se passe bien, mais avec le vote sur plateforme numérique*, on a moins de problèmes qu’avec des bureaux de vote. Et puis on a élargi la plage de vote à deux jours pour que si quelqu’un a des difficultés lors du vote, il ait le temps d’appeler la hotline. De ce point de vue, tout a été fait pour que la transparence soit totale et que le candidat ou la candidate désignée soit reconnue par tous, de manière incontestable. Après, si j’ai peu de choses à faire, c’est bon signe. Un des enjeux sera aussi l’éventualité d’un second tour. On s’y prépare du point de vue des adhésions puisqu’il sera possible de payer pour voter juste au 2nd tour.

    Craignez-vous la participation ?

    P. M. : Non, c’est un vote interne au PS, à Place publique et GRS puisque leurs militants ont un droit de vote « gratuit ». Ceux qui veulent adhérer à ces partis ont jusqu’au 6 octobre pour obtenir le droit de voter. Puis à côté, on a une association de financement qui permet de voter en payant sans être adhérent. Des citoyens sans-parti… une vieille expression du communisme municipal.

    Cette primaire peut-elle signer un renouveau du Parti socialiste ?

    P. M. : Le HuffPost a sorti un sondage qui dit que la primaire est plébiscitée. 59% des Français de gauche trouvent ça très bien et 23% disent vouloir y participer. Et les Français de droite disent vouloir faire la même chose. La primaire va mettre en avant des positions de la gauche de gouvernement.

    François Hollande dit qu’une primaire divise et n’y participe pas. C’est contradictoire.

    P. M. : François Hollande, qui est un ami, a dit qu’il participerait en étant électeur. On focalise beaucoup, mais c’est d’abord un homme de parti attaché aux règles. Il n’a pas souhaité participer, j’ai essayé de le convaincre, pour des raisons qui lui sont propres. Mais il aura à un moment la nécessité, comme Bernard Cazeneuve, d’aller vers le candidat choisi. J’ai confiance, c’est un homme qui ne fait pas n’importe quoi et sait prendre les bonnes décisions.

    Le PS peut-il exercer un leadership sur la gauche avec cette primaire ?

    P. M. : Déjà, il n’y a pas que le PS dans cette primaire. Mais l’espace politique qui y participe est celui qui doit, si on veut gagner la présidentielle, dominer la gauche. Si c’est Jean-Luc Mélenchon face à Marine Le Pen, on est sûr de perdre. Cet enjeu redouble l’intérêt de cette primaire, qui permettra aussi aux candidats de s’expliquer et se révéler.

    Le vainqueur de cette primaire social-démocrate aura la légitimité pour parler à toute la gauche ?

    P. M. : La primaire sert aussi à préparer l’unification de notre famille politique. La gauche de toute façon est divisée. L’important, c’est que le camp de la social-démocratie et du socialisme soit capable de dominer cet espace pour s’adresser aux Français au 2nd tour. Notre candidat parlera au nom des partis qui ont fait la primaire, après, il n’est pas interdit de discuter avec d’autres, les Verts, le parti communiste, le Parti radical de gauche, de leur soutien sur un accord législatif.

    Un mot sur la gauche marseillaise ?

    P. M. : Je suis ravi de la victoire de Benoît Payan et j’aimerais que le Parti socialiste retrouve une visibilité à Marseille, où la gauche de gouvernement porte avec force ses valeurs et tient à distance les élucubrations mélenchonistes. Je me félicite aussi de la liste sénatoriale et de la probable élection de Marie-Arlette Carlotti. Entretien réalisé par Christophe Casanova

    * participer.choisir2027.fr

  • Patrick Mennucci pour piloter la primaire socialiste ?

    Patrick Mennucci pour piloter la primaire socialiste ?

    L’organisation de la primaire socialiste (9-10 et 16-17 octobre) en vue de la désignation pour la présidentielle d’un candidat de l’espace social-démocrate, prend forme. Plusieurs sont déclarés dont Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Philippe Brun, Ségolène Royal, ou Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.

    à Marseille, Yannick Ohanessian, adjoint au maire et membre du Bureau national du PS, a choisi de s’engager dans la campagne en tant que porte-parole national de ce dernier. Mais un autre nom attire l’attention : celui de Patrick Mennucci, ancien député et candidat à la mairie de Marseille en 2014.

    Exemplarité

    Selon nos confrères de L’Opinion, les représentants des deux principaux courants d’opposition au sein du PS ont contesté la désignation du sénateur Rachid Temal à la tête de la commission d’organisation. Pour le remplacer, le profil de cette figure historique du PS marseillais présenterait l’avantage de ne soutenir aucun des candidats en lice. Une information que le principal intéressé, contacté par La Marseillaise, n’a pas souhaité commenter à ce stade.

    Aujourd’hui installé à Paris, Patrick Mennucci connaît bien les rouages du PS. Formé à l’école militante marseillaise, il y a longtemps occupé des fonctions de premier plan avant plusieurs mandats électifs : député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône entre 2012 et 2017, vice-président du conseil régional, conseiller général, adjoint au maire de Marseille… Au-delà de ses mandats, Patrick Mennucci, directeur de campagne de Ségolène Royal en 2007, maîtrise les questions d’appareil, les congrès, les investitures, les campagnes nationales ou locales. Un atout dans cette opération électorale que le PS espère exemplaire.

    Depuis sa défaite aux législatives de 2017 face à Mélenchon, Patrick Mennucci s’est progressivement éloigné de la vie électorale sans jamais rompre avec le Parti socialiste, fidèle à une ligne sociale-démocrate assumée. En 2017, il coanime la campagne de Vincent Peillon pour la primaire de la gauche. En 2018, il soutient Luc Carvounas lors du congrès du PS. Opposé à la Nupes puis au Nouveau front populaire, il choisit Hélène Geoffroy lors du congrès socialiste de 2022. Proche de François Hollande, il défend depuis une ligne autonome du PS et rejette toute alliance structurante avec la France insoumise.