Tag: Patrick de Carolis

  • Le réseau d’électricité arlésien sous surveillance

    Le réseau d’électricité arlésien sous surveillance

    Depuis le 4 août, les habitants d’Arles sont privés d’électricité à répétition. Mardi dernier, plus de 2 000 foyers ont été touchés, de La Roquette jusqu’aux Alyscamps en passant par le centre-ville. Le lendemain, c’est au tour du quartier de Trinquetaille. Jeudi, 8 000 foyers ont été plongés dans le noir toute la nuit.

    Les fortes chaleurs cumulées et le thermostat qui ne descend pas en dessous de 25 degrés la nuit font monter la température des sols jusqu’à 80 degrés, mettant sous contrainte les équipements. Enedis utilise un camion de recherche de défaut pour localiser précisément les réparations pour optimiser les interventions.

    Le maire d’Arles Patrick de Carolis (Horizons) réagit : « Ces coupures d’électricité pénalisent de nombreux habitants mais aussi nos commerçants, restaurateurs, artisans et professionnels, en pleine saison estivale. (…) Nous attendons désormais des explications précises et, surtout, des engagements sur les investissements nécessaires pour disposer d’un réseau électrique fiable et adapté aux réalités climatiques de notre territoire ». Une réunion avec Enedis va être programmée.

    Signée en janvier 2025, une convention entre la Ville et le gestionnaire prévoit d’ores et déjà un renforcement de la coordination des travaux de modernisation du réseau électrique, dont le remplacement des câbles enterrés, avec les chantiers prévus par la municipalité. Soit un investissement de 5 millions d’euros d’ici 2028 pour l’opérateur.

  • Le plan de végétalisation d’Arles reçu froidement par l’opposition

    Le plan de végétalisation d’Arles reçu froidement par l’opposition

    L’urgence climatique appelle une stratégie beaucoup plus globale », affirme le groupe d’opposition de l’Union pour Arles dans son communiqué de jeudi, en réponse au plan de végétalisation d’Arles annoncé le 22 juillet par la Ville dirigée par Patrick de Carolis (Horizons).

    Au menu du plan municipal, « végétaliser davantage la ville et identifier les espaces où le végétal peut apporter un bénéfice climatique concret », « créer davantage d’ombre et de fraîcheur dans les espaces publics », et « mieux adapter les logements et les bâtiments anciens aux enjeux du confort d’été ». La Ville indique planter 300 arbres chaque année pour un investissement moyen de 100 000 euros à cet effet.

    Les oppositions républicaines ont accueilli froidement ces propositions. À gauche, l’Union pour Arles regrette de ne pas y « intégrer la rénovation thermique des logements, la désimperméabilisation massive des sols, des îlots de fraîcheur, des fontaines et points d’eau, des ombrières, la végétalisation des écoles, l’adaptation des matériaux utilisés dans l’espace public, mais également la protection des populations les plus fragiles » car « le changement climatique est aussi une question de justice sociale » selon le groupe.

    « Impossible seuls »

    « Nous ne pourrons pas relever seuls un défi d’une telle ampleur » alerte l’Union pour Arles, qui demande comme durant la campagne « l’ouverture d’une négociation avec l’État » pour obtenir un statut particulier pour la plus grande commune de France, pour « financer durablement l’adaptation au changement climatique » et les propositions du groupe.

    L’opposant (DVC) Jean-Michel Jalabert estime quant à lui que « l’effet d’annonce prend le pas sur une véritable stratégie : on rebaptise l’existant », pointant « des plantations d’arbres déjà engagées et difficilement entretenues » et « un permis de végétaliser qui existe déjà depuis 15 ans ».

  • La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La décision du tribunal de commerce de Toulouse, attendue ce mercredi quant à l’avenir de Fibre Excellence, laisse place aux prises de position de la classe politique locale. Les réactions se sont multipliées depuis l’annonce, lundi à la mi-journée, du sursis de 48 heures accordé par le tribunal pour le site de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), en raison de l’émergence d’un potentiel repreneur. Quant à l’usine de pâte à papier de Tarascon, le tribunal a requis la liquidation judiciaire.

    « Une catastrophe sociale pour le territoire »

    Les élus de l’Union pour Arles, au conseil municipal et communautaire Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), dont Tarascon fait partie, ont rapidement réagi en parlant d’une « catastrophe sociale et industrielle pour notre territoire ». « L’État ne peut pas se contenter d’accompagner les conséquences. Il doit agir pour prévenir les fermetures, soutenir les projets industriels crédibles et protéger les filières stratégiques », considère le groupe d’opposition. Ce dernier affirme « rester pleinement mobilisé aux côtés des salariés et de leurs syndicats pour défendre chaque emploi et préserver une activité industrielle sur ce site ».

    Le maire d’Arles et président de l’Agglomération, Patrick de Carolis (Horizons), parle également d’une « perspective d’une gravité exceptionnelle » quand « un site industriel majeur, des centaines d’emplois directs et indirects et une part essentielle de l’avenir économique de Tarascon et du territoire arlésien » pourraient disparaître.

    Le vice-président du Département des Bouches-du-Rhône et ancien maire (DVD) de Tarascon, Lucien Limousin, s’est quant à lui tourné vers la préfecture de région. Dans un message adressé au préfet, l’élu rappelle qu’au-delà des 270 emplois directs concernés, la fermeture représenterait une « perte pour l’intercommunalité d’une recette annuelle de près de 800 000 euros et, selon le directeur de l’usine, de 100 millions d’euros pour les finances publiques ». D’autre part, l’ancien édile pointe le fait que « l’usine consomme plus d’un million de tonnes de bois par an provenant essentiellement de la forêt française » et s’interroge sur le devenir de cette ressource à l’heure où les grands incendies se multiplient.

    De son côté, la section du PCF de Beaucaire, sur l’autre rive du Rhône, dénonce « l’hypocrisie d’un gouvernement qui prône la réindustrialisation du pays, alors qu’il mène une politique opposée à cet objectif ». Elle estime que « le démantèlement de l’usine, la dépollution et l’indemnisation des salariés auront un coût supérieur à celui du sauvetage de ce fleuron de notre indépendance économique ». Au niveau national, le PCF appelle à « une prise de participation publique du site de Tarascon pouvant aller jusqu’à la maîtrise, afin de préserver les emplois, les compétences et les machines et construire une solution industrielle. Il faut sécuriser durablement l’avenir de la filière, notamment par un prix de l’énergie compatible » avec son activité, une décision qui relève de l’État.

    Le RN chasse la CGT et FO de la maison des syndicats

    S’il est possible de trouver des mots de soutien dans son communiqué à l’égard des salariés, le maire (RN) de Tarascon, Alexandre Ducouret, a parallèlement décidé de chasser les syndicats CGT et FO de la maison des syndicats qu’ils occupent depuis 2014. Selon La Provence du 23 juillet, une procédure a été engagée par l’élu d’extrême droite afin de récupérer ce bâtiment. Selon le maire, il s’agit d’une décision budgétaire, visant à « récupérer les bâtiments donnés gratuitement à la CGT », qui « fait de la politique », explique-t-il à La Provence. Peut être n’a-t-il pas apprécié le cordon sanitaire dressé autour de lui lors de la conférence de presse tenue par les salariés, le 18 juin, à laquelle il avait tenté de s’inviter.

    Mais « défendre les emplois, c’est aussi défendre ceux qui les défendent », tance l’opposant arlésien Nicolas Koukas. « Les syndicats sont indispensables, ils sont en première ligne pour défendre l’avenir de Fibre Excellence et des emplois », estime l’élu d’opposition, considérant « préoccupantes » les situations de la Bourse du travail d’Arles et de la maison des syndicats de Tarascon, où les syndicats sont mobilisés pour conserver leurs locaux. « La cohérence, c’est défendre les travailleurs et les outils qui leur permettent de se mobiliser », conclut-il.

  • La CGT fait appel de son éviction de la Bourse

    La CGT fait appel de son éviction de la Bourse

    « Nous refusons de quitter la Bourse du travail que l’union locale CGT occupe depuis 126 ans », assène Nicolas Bourcy, secrétaire général de l’UL CGT d’Arles, lors de la conférence de presse, ce lundi matin. La décision du tribunal administratif de Marseille, rendue la semaine dernière, valide l’expulsion sans délai de l’UL CGT de ses locaux, au motif de l’échéance de la convention d’occupation des lieux, en 2023, que le maire (Horizons) Patrick de Carolis a refusé de renouveler.

    L’Union locale a décidé de faire appel de cette décision. « Nous estimons que la délibération du conseil municipal d’Arles, votée en 1900, nous attribuant ces locaux est toujours valable », expose Nicolas Bourcy. L’appel ne suspend toutefois ni l’expulsion ni l’astreinte financière de 50 euros par jour, qui s’appliquera à compter de la mi-septembre. « Toute la CGT est prête à l’assumer financièrement », oppose le responsable. Car pour héberger l’Office de tourisme, comme le souhaite le maire (lire notre édition de samedi), « sa solution est de nous mettre dans deux bureaux de 11m² chacun », reprend Nicolas Bourcy, dont un sans fenêtre. « Une provocation », insiste-t-il.

    Un moratoire au national

    La CGT porte le combat au niveau national, quand au même moment « le maire RN de Carcassonne veut expulser la CGT » de son local, rappelle Nicolas Bourcy. « Le ministre du Travail [Jean-Pierre Farandou, Ndlr.], interpellé par un sénateur de l’Aude, a dit que les Bourses du travail devaient être sanctuarisées » et a lancé une mission gouvernementale à ce titre, le 13 juillet. « La confédération CGT a saisi le ministre pour demander un moratoire sur la Bourse du travail d’Arles tant que la mission n’a pas rendu ses conclusions », indique le secrétaire de l’UL d’Arles.

    Une urgence à l’heure où se télescopent les luttes. « Une soixantaine de locaux de la CGT sont attaqués en France. C’est tous les salariés qui sont attaqués », tance Natacha Malet, du comité régional CGT. Car comme le souligne le secrétaire général de l’Union départementale, Marc Pietrosino, « ce n’est pas juste un local de la CGT, des milliers de salariés viennent chercher des réponses et des centaines de permanences juridiques y sont tenues ». « L’UL d’Arles doit pouvoir jouer son rôle de défense des travailleurs quand des projets industriels se présentent sur le territoire de Fos et l’axe fluvial du Rhône », abonde Pascal Galéoté, secrétaire de l’UD.

    La CGT peut compter sur le soutien du sénateur Jérémy Bacchi (PCF), qui a annoncé dans un communiqué « appeler à un moratoire immédiat sur ce projet d’expulsion » et saisir personnellement le préfet « afin qu’une issue respectueuse de l’histoire, de la démocratie et du droit syndical soit garantie ».

    Même position du côté de l’opposition de gauche au conseil municipal, réunie au sein de l’Union pour Arles menée par Nicolas Koukas (PCF). Le groupe estime que « Patrick de Carolis tente de transformer une décision de justice administrative en validation de sa politique (…), sa décision est à l’opposé de notre conception de la République, du dialogue social, du respect des corps intermédiaires et de l’histoire ouvrière d’Arles. »

    « La CGT n’a été expulsée de ses locaux que sous Pétain. Dommage pour un maire de renouveler l’Histoire dans ses heures les plus sombres », insiste Natacha Malet. La lutte de l’Union locale CGT pour la Bourse du travail, seule en France frappée d’expulsion sans délai, est un phare pour toutes les autres.

  • Le sort de la Bourse du travail d’Arles dans les mains de la justice

    Le sort de la Bourse du travail d’Arles dans les mains de la justice

    L’Union locale CGT et la Ville d’Arles étaient entendues au tribunal administratif de Marseille jeudi matin, dans le cadre de la procédure judiciaire opposant la collectivité et le syndicat pour l’occupation de la Bourse du travail par cette dernière.

    Depuis 126 ans, l’Union locale CGT d’Arles est installée dans ce bâtiment. Mais en septembre 2023, le maire Horizons Patrick de Carolis a fait savoir au syndicat que la convention d’occupation datée de 1995 et courant jusqu’en 2024 ne serait pas reconduite. En outre était annoncé le projet contesté de migration de l’Office du tourisme, à quelques dizaines de mètres seulement, dans les murs de la Bourse du travail.

    Délocalisation « inacceptable »

    En échange, deux bureaux sans fenêtres sont proposés à l’Union locale, « inacceptable » pour la secrétaire confédérale de la CGT Sophie Binet, venue en soutien en mars 2025. « Le syndicat est un occupant illicite, sans droit ni titre » affirmait le maire la même année, au moment de lancer la procédure au tribunal administratif. La CGT, à tous les niveaux, a maintes fois rappelé qu’elle ne céderait pas.

    Contactée, la Ville d’Arles n’a pas répondu à nos sollicitations. La décision de justice pourrait vraisemblablement être rendue sous quinzaine.

  • Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Investisseur béton pour Fibre Excellence

    Face aux grandes cheminées de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, dont presque plus aucune fumée ne sort depuis le placement en redressement judiciaire de l’entreprise de pâte à papier, fin avril par le tribunal de commerce de Toulouse, une bonne partie des plus de 300 salariés étaient présents avec le sourire, ce jeudi 18 juin. Et pour cause, ils ont appris l’entrée, ce mercredi, d’un investisseur de taille dans l’unique offre de reprise : Matthieu Pigasse.

    En conséquence, l’audience devant le tribunal de commerce, qui devait statuer sur l’avenir de la structure et était initialement prévue le mercredi 17 juin, a été reportée au 6 juillet, le temps d’étoffer le dossier. L’entreprise risquait notamment la liquidation judiciaire après le retrait de son actionnaire principal indonésien, il y a bientôt deux mois.

    La plupart des salariés ont ainsi suivi en visioconférence la conférence de presse organisée sur l’autre site de l’entreprise, à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, en présence de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et de la présidente du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga (PS). Depuis le parking de l’usine, une télévision avait été installée pour l’occasion. Les élus locaux et les représentants syndicaux, quant à eux, ont suivi l’événement depuis le réfectoire de l’entreprise.

    « Il y a 48 heures, on a appris qu’un investisseur français allait essayer de sauver 10 700 emplois directs et indirects. Le ministre avait des réserves avant, car les investisseurs étaient Indonésiens. Maintenant que c’est un Français, il faut y aller. C’est une très bonne chose pour nous, mais le combat n’est pas fini. Si ça se réalise, c’est comme si le père Noël était passé en juin », se réjouit, sous les applaudissements, Laurent Quinto, salarié du site de Tarascon et représentant de la Filpac-CGT. « Il ne faut plus traîner », lance de son côté Florent Bertaud, secrétaire FO du site. Il dénonce le « blocage du gouvernement » qui selon lui « a l’entière responsabilité » de la situation, tout en appelant à « passer par une nationalisation temporaire si nécessaire ». « Ce matin, on a la banane avec cette petite lueur d’espoir », conclut Frédéric Sanchez, représentant de la CFDT, qui donne rendez-vous le 6 juillet. En espérant une bonne nouvelle.

    Table ronde

    L’occasion, également, pour les responsables politiques de réaffirmer leur soutien. Si les Régions Occitanie et Sud ont mis la main à la poche (lire ci-dessous), les différents maires et présidents d’intercommunalités alentour rappellent l’importance de Fibre Excellence pour le territoire. Le maire d’extrême droite de Tarascon, Alexandre Ducouret (RN), n’a pas été convié à la conférence de presse, la CGT rappelant son opposition aux idées de son parti. L’édile aurait menacé de porter plainte avant de publier un communiqué sur les réseaux sociaux de la commune.

    C’est son prédécesseur et vice-président du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Lucien Limousin (DVD), qui a pu s’exprimer aux côtés des maires d’Arles et de Maussane-les-Alpilles. « L’intersyndicale réalise quelque chose d’énorme. On espère que l’État va se réveiller », lance-t-il.

    « On ne peut pas claironner haut et fort être en faveur de la réindustrialisation de la France et ne pas s’occuper des sites industriels », abonde l’édile arlésien Patrick de Carolis (Horizons), avec l’approbation de ses voisins. Comme la plupart des acteurs autour de la table, il attend une position claire de l’État sur l’avenir du site, alors que de nombreuses lettres adressées aux ministères sont restées sans réponse jusqu’ici. « Le plus important, c’est le rapport de force que vous avez su créer. C’est vous les experts de l’outil de travail et la suite doit être créée avec vous. C’est pour cela qu’il faut désormais impérativement organiser une table ronde », plaide Camille Di Falco, attaché parlementaire du sénateur communiste des Bouches-du-Rhône Jérémy Bacchi, qui n’a pas pu être présent ce jeudi.

    Après ces moments intenses, place au barbecue, avec merguez et saucisses sous le barnum installé à côté du parking à motos. Un moment de répit après des mois de stress. « Une petite heure de décompression qui va faire du bien à tout le monde », lance joyeusement au micro Laurent Quinto.

    Le rôle déterminant des Régions

    Pour sauver Fibre Excellence, Région Occitanie comme Région Sud ont « mouillé le maillot », confie Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Et pour cause : elles appuient à hauteur de 8 millions d’euros (5 pour Occitanie, 3 pour Sud) l’unique offre de reprise présentée par la direction actuelle de Fibre Excellence. « Sa disparition serait la signature de l’arrêt de mort pour nos territoires », a expliqué Cyril Juglaret, représentant du président (Ren.) de Région Sud, Renaud Muselier, ce mercredi. Avant de se réjouir : « On va rentrer au capital, c’est exceptionnel ! ». Quand Carole Delga, présidente (PS) de Région Occitanie, a souligné avoir « remué ciel et terre » dans la recherche d’un investisseur et avoir « pensé à Matthieu Pigasse ». « La France a besoin de cette production, il y a un débouché, un marché pour la pâte à papier », a-t-elle martelé. A.B.

    TÉMOIGNAGES DE SALARIÉS DE FIBRE EXCELLENCE

    Philippe Verdiere, Opérateur service régénération

    « J’ai grandi ici et j’ai toujours connu l’usine. Même si elle a connu des périodes de bien et de moins bien, il y a beaucoup de peur liée à la précarité de la situation. Pas mal d’entre nous étaient au chômage partiel. Ça fait mal au niveau du salaire et, pour certains, c’était dur de joindre les deux bouts. Cette bonne nouvelle nous donne un espoir qu’on était en train de perdre.

    Cette possible issue favorable, c’est un coup de boost. »

    Martine Barbier, Comptable

    « C’est une société importante et on aimerait tous qu’elle reste en vie. Il y a quand même 600 salariés concernés. Il faut que l’État réagisse. Je suis fatiguée après des mois de «ça va fermer» et de «ça ne va pas fermer». Et encore plus avec les collègues mis au chômage partiel. Cela fait très bizarre de se promener dans une si grande entreprise, où nous sommes généralement très nombreux, et qui est désormais quasiment vide. On se sent seuls. »

    Muriel Sanchez, Assistante de direction

    « Je travaille ici depuis 30 ans, depuis l’obtention de mes diplômes. Quasiment toute ma famille y travaille et j’y ai même rencontré mon époux.

    À l’annonce de la mise au chômage partiel, j’ai mis quinze jours à m’en remettre.

    Et là, je ressens enfin une lueur d’espoir et je croise les doigts, car une fermeture ferait énormément de malheureux. Toute cette solidarité que l’on voit permet en tout cas d’y croire. »

    Recueillis par M.S.

  • La ligne haute tension fait l’unanimité contre elle

    La ligne haute tension fait l’unanimité contre elle

    Les élus municipaux d’Arles ont à nouveau manifesté leur opposition au projet de ligne aérienne à Très haute tension (THT) de 400 000 V entre Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer porté par le gestionnaire du réseau électrique RTE, lors du conseil municipal de jeudi soir.

    En l’espèce, c’est un avis défavorable émis à l’unanimité par les élus contre la demande de déclaration d’utilité publique formulée par RTE et instruite par le ministère de l’Énergie le 13 mai.

    « Personne ici ne conteste les enjeux de transition énergétique, d’alimentation du territoire ou de décarbonation » affirme le maire (Hor) Patrick De Carolis, « mais de nombreuses interrogations demeurent à l’étude du dossier soumis à enquête publique et les garanties apportées sont insuffisantes face aux enjeux du territoire arlésien ».

    Une assistance juridique

    L’édile arlésien ne se résigne pas à se prononcer sur « un fuseau d’implantation de 65 km de long et 100 m de large » sans plus de précisions. En référence à l’étude d’impact du projet, « des pylônes de 60 m de haut […] traversent des secteurs aux équilibres fragiles, avec un impact significatif sur les espaces, la biodiversité et les activités économiques associées », liste le maire.

    En ce sens, la communauté d’agglomération ACCM présidée par Patrick De Carolis a aussi adopté un « recours éventuel à une assistance juridique spécialisée pour accompagner nos démarches ». L’élu demande « à l’État et RTE de compléter leur étude d’impact, d’approfondir l’analyse des conséquences sur les biens inscrits au patrimoine mondial et d’étudier sérieusement les solutions alternatives », notamment d’enfouissement, porté par les opposants.

  • Teixier répond à Dellanegra et appelle au dialogue

    Teixier répond à Dellanegra et appelle au dialogue

    Les deux opposantes, qui s’étaient affrontées pendant les municipales, ne se ménagent pas. Depuis la première séance chaotique à la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), qui a vu Patrick de Carolis (Horizons) réélu président à une voix près, Tania Teixier (SE) et la maire de Saint-Martin-de-Crau Séverine Dellanegra (SE) se renvoient la balle quant à la responsabilité de cette scission au sein de l’intercommunalité.

    Pour rappel, cette dernière avait refusé quatre vice-présidences. Son élue d’opposition, elle, a finalement écopé du volet économique et est en charge du développement des zones d’activités économiques. Elle affirme : « Patrick de Carolis m’a proposé une vice-présidence. Si je la refusais, notre commune n’aurait jamais été représentée. Pour moi c’était une question de devoir. »

    Tania Teixier appelle au dialogue et demande à Séverine Dellanegra de « raison garder ». « Je ne comprends pas que quelqu’un qui vantait les mérites de l’ACCM et qui briguait sa présidence veuille aujourd’hui en sortir, si ce n’est par ego. D’autant que pour sortir d’un EPCI il faut l’aval du préfet. »

    « C’est pas comme ça qu’on va faire avancer les dossiers, moi je lui tends la main », affirme la conseillère municipale et élue à l’agglomération.

    À l’ACCM, elle envisage de mettre en place un « grand plan d’actions sur la propreté dans les zones d’activités parce que, que ce soit à Saint-Martin, à Tarascon ou à Arles, j’ai bien conscience qu’il y a un vrai problème d’insalubrité, de dépôts sauvages ».

  • À Arles, l’opposition rejette un budget jugé trop fragile

    À Arles, l’opposition rejette un budget jugé trop fragile

    Un mois après le second tour des élections municipales, la présentation du budget primitif 2026 figurait à l’ordre du jour du conseil municipal d’Arles. Une séance fleuve, marquée par l’examen de 82 délibérations, pour plusieurs heures de discussions.

    Le budget présenté par l’adjointe aux finances, Sylvie Petetin, s’articule en deux volets. Le premier porte sur le compte financier unique 2025 de la Ville, qui affiche 158 millions d’euros de recettes pour 144 millions de dépenses, soit un excédent de 14 millions d’euros. Celui-ci résulte du report d’excédents des années précédentes, d’une participation exceptionnelle de l’État et d’un recours à l’emprunt plus faible que prévu au cours des deux dernières années.

    Une épargne à 1,12 %

    Pour 2026, l’adjointe a présenté un budget de 170,73 millions d’euros, à l’équilibre entre recettes et dépenses, dont la charge principale demeure la masse salariale. Un élément soulevé par l’opposition hors gauche. « La masse salariale était de 5 millions d’euros en 2020, contre 62,5 millions en 2026, soit près de 60% des dépenses », pointe Jean‑Michel Jalabert, ancien premier adjoint (DVC) du maire Patrick De Carolis (Horizons). « J’avais donné l’alerte sur le sujet. Ce budget donne l’illusion de solidité, pour combien de temps encore avec une épargne ridicule ? », tance l’élu. « Je trouve ça fort de votre part sachant que j’ai alerté depuis 2021 sur les DRH qu’on laissait filer », rétorque Sylvie Petetin. « Qui a porté les négociations pour le passage aux 1 607 h ? Cherchons le responsable et on trouvera la lumière », souffle le maire, accusateur.

    À gauche, le budget est perçu comme « une continuité claire » des « certitudes dictées plus par la communication que par le quotidien des Arlésiens », selon Jean-Frédéric Déjean (PCF). « Vous avez choisi de réduire la dette sans toucher aux investissements ou la fiscalité, en augmentant le tarif du service public, pendant que la moitié des investissements sont financés par ce qui était autrefois du fonctionnement », analyse l’élu communiste, qui parle d’« impact sur la propreté, l’entretien des espaces publics et de qualité des services ».

    La 1ère adjointe, Mandy Graillon (DVD), se dit « étonnée » d’une « hypothétique baisse de service ou d’augmentation d’investissement en dépit du service aux habitants (…) Citez-nous des exemples ! Nous avons augmenté les places en crèche, les subventions au CCAS, triplé les subventions aux centres sociaux, fermé aucun service, seulement maintenu ou étendu des services ».

    En définitive, le budget a été adopté sans les voix de l’opposition, qui pointe un manque de solidité, notamment au regard d’une épargne jugée « extrêmement faible, à 1,12% », relevée par Jean-Michel Jalabert. Un indicateur qui constitue le « cœur de la solidité d’une commune », selon Jean-Frédéric Déjean. « Nous sommes précautionneux avec un fonds de roulement de 90 jours et des prévisions en dessous du réel », assume Sylvia Petetin.

    Les délégations

    Mandy Graillon, 1ère adjointe à la démocratie de proximité, relations aux usagers, sécurité, prévention de la délinquance, traditions

    Cyril Juglaret, 2e adjoint délégué à l’activité, transports, mobilités

    Claire de Causans, 3e adjointe délégué à la culture, patrimoine, vie associative

    Pierre Raviol, 4e adjoint délégué à la gestion des risques, l’hydraulique, l’irrigation, Rhône

    Sylvie Petetin, 5e adjointe aux finances, fonds européens, urbanisme, foncier

    Sylvère Bastien, 6e adjoint à l’éducation, écoles, enseignement supérieur

    Claire Mailhan, 9e adjointe à la transition écologique, espaces naturels, agriculture, aménagement du territoire, Gageron, Gimeaux.

    Antoine Parra, 10e adjoint à la voirie, éclairage public, bâtiments communaux, Plan-du-Bourg

    Ilham Bouaroua, 11e adjointe à la jeunesse, centres de loisirs, vie étudiante, Bariol

    Gérard Quaix, 12e adjoint à la police rurale et Raphèle

    Martine Gournes, 13e adjointe au social, solidarités, logement CCAS

  • Élection chaotique pour de Carolis à la présidence de l’intercommunalité

    Élection chaotique pour de Carolis à la présidence de l’intercommunalité

    Quatre candidatures se sont présentées pour la présidence, le maire réélu (Hor.) d’Arles Patrick de Carolis, son opposant (PCF) Nicolas Koukas, la maire (SE) de Saint-Martin-de-Crau Séverine Dellanegra et le maire (RN) de Tarascon Alexandre Ducouret. Au second tour, le maire d’Arles ne l’a emporté que d’une voix face à la maire de Saint-Martin-de-Crau, après le retrait des deux autres candidats. Surtout, aucun accord n’a pu être trouvé sur la répartition des vice-présidences, malgré les suspensions de séance : Patrick de Carolis n’en accordera aucune à son opposante, lui faisant payer sa candidature alors que quatre postes avaient été proposés. De quoi laisser craindre une crise de gouvernance.