Plusieurs maires ont invité le chanteur, visé par quatre enquêtes pour viols en France et une enquête judiciaire en Belgique pour agression sexuelle, à renoncer à se produire dans leur ville, à Paris, Marseille, Lille, Nancy ou encore Toulon (lire ci-contre) .
« La présomption d’innocence doit être garantie. Mais y compris pour la sérénité de sa défense, je pense qu’effectivement, il devrait se retirer, il devrait mettre entre parenthèses sa carrière », le temps que « la justice soit rendue », a déclaré le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, sur France 2. Une exigence défendue dès les premières accusations par différentes associations et collectifs féministes.
Sa tournée doit démarrer le 16 juin au Cirque d’Hiver à Paris, puis passer dans de nombreuses villes françaises, en Suisse et en Belgique. Mais plus au Canada, où trois dates de concerts prévues en décembre ont été annulées mardi par l’agence d’événementiel Gestev, en raison « du contexte actuel et de l’impossibilité d’assurer la promotion ».
L’interprète de Alors regarde, Casser la voix et Place des grands hommes, fait aussi l’objet d’une plainte déposée par l’animatrice Flavie Flament, pour un viol qu’elle affirme avoir subi en 1991 quand elle avait 16 ans, selon le parquet de Paris.
De « nouvelles plaintes pour viols » sont à venir, a annoncé mardi Corinne Herrmann, l’avocate de l’animatrice, alors que la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a enjoint « les femmes à parler, même des dizaines d’années après », dans les affaires de violences sexistes et sexuelles. Patrick Bruel, 67 ans, conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, affirmant n’avoir « jamais forcé » une femme à des relations sexuelles. Il a expliqué avoir eu une « brève histoire » avec Flavie Flament, ajoutant qu’« il n’y eut ni viol, ni drogue ».
En écho à cette libération de la parole, une pétition, soutenue par des associations féministes et qui avait recueilli plus de 25 000 signatures mercredi, demande l’annulation de ses prochains concerts. Pour l’heure, Patrick Bruel est à l’affiche d’une pièce de Samuel Benchetrit, au théâtre Edouard VII à Paris, où son public lui témoigne toujours sa fidélité, a constaté mardi soir l’AFP.
De son côté, la ministre déléguée chargée de l’Égalité femmes/hommes, Aurore Bergé, estime que c’est à Patrick Bruel de « décider s’il souhaite être sur scène (…) C’est une décision qui lui appartient, à lui, et qui ne m’appartient pas, à moi, ni à vous. C’est lui qui doit décider s’il souhaite continuer à être sur scène », a déclaré la ministre sur RTL jeudi, avant de rappeler qu’il y avait une enquête ouverte mais « pas de condamnation ».
Pas le bienvenu dans la région
À Marseille, Toulon et Salon, les maires demandent au chanteur d’annuler ses concerts.
Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille, a demandé mercredi à Patrick Bruel de « ne pas maintenir son concert prévu à Marseille, le temps que la justice fasse sereinement son travail », a-t-il indiqué mercredi. Même son de cloche du côté du maire (LR) de Salon-de-Provence Nicolas Isnard, le même jour, qui enjoint le chanteur visé par plusieurs plaintes de femmes pour viol et agressions sexuelles d’annuler de lui-même ses concerts « le temps que la justice se fasse ». Ce jeudi, c’est au tour de Josée Massi, la maire (SE) de Toulon de prendre position par le biais d’un communiqué et de « s’associer à plusieurs maires pour demander à Patrick Bruel d’annuler lui-même ses concerts ». Si l’élue se dit « profondément attachée à la présomption d’innocence qui doit s’appliquer en toutes circonstances », elle considère que « chacun doit faire sa part » pour « permettre un climat apaisé et respectueux pour toutes et tous ». S.F.

