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  • À Béziers, Robert Ménard rêve de chasser les syndicats

    À Béziers, Robert Ménard rêve de chasser les syndicats

    Pas besoin d’avoir sa carte au RN pour ne pas aimer les syndicats. Il suffit d’être d’extrême droite.

    Depuis 2014 qu’il a mis la main sur Béziers, Robert Ménard a maintes fois cherché à se débarrasser des unions locales qu’il estime gênantes, en cela qu’elles défendent les droits des salariés, combattent les idées anti-républicaines et rétrogrades.

    Dès 2016, le maire d’extrême droite lance une première offensive pour déloger les syndicats de la Bourse du travail. « Il a essayé de nous faire payer les charges [environ 82 000 euros, Ndlr] concernant le chauffage, l’électricité, le gaz – et l’entretien au motif que cela coûtait cher et que ce n’était pas à la collectivité de payer », nous rappelait début 2026, Patricia Barbazangue, l’ex-secrétaire de l’union locale CGT.

    Unie, l’intersyndicale fait bloc. Robert Ménard recule mais supprime les 17 000 euros de subvention et fait signer aux syndicats une convention qui retire l’emploi municipal dédié à la conciergerie. Depuis, c’est la secrétaire administrative de la CGT qui s’occupe les lundis, mardis, jeudis et vendredis d’ouvrir la porte aux nombreux visiteurs de la Bourse du travail. « Les salariés viennent nous voir pour être aidés, orientés. On est d’utilité publique, la mairie devrait assumer une partie du service public », argumente Julien Rader. Au lieu de cela, l’actuel secrétaire de l’UL CGT ajoute que le syndicat doit aussi mettre la main à la poche pour le ménage deux fois par semaine.

    Réélu en 2020, Robert Ménard tente de revenir à la charge un an plus tard. Cette fois, s’il veut pousser les syndicats hors des murs, c’est « pour y loger à la place la police municipale montée  », se souvient Julien Rader. Un courrier d’expulsion est même envoyé à l’intersyndicale. Là encore, le front syndical ne cède pas à la panique. « Il cherchait à nous faire peur. On a tenu bon. Le courrier est resté lettre morte », relate le responsable syndical. « Notre solidarité a payé. S’il avait senti quelques failles, il aurait appuyé… »

    Le secrétaire de l’UL CGT en est persuadé : « Ménard ne supporte pas les syndicats. » Raison pour laquelle l’édile a un temps cherché à monter un « syndicat autonome ». « Ça n’a pas du tout pris. » Depuis, le maire d’extrême droite est réputé proche de Force ouvrière (FO), à l’instar de l’hospitalier Marc Valette, à la fois numéro 2 de FO et adjoint aux sports du maire.

    Du 3 au 10 décembre lors des élections professionnelles dans la fonction publique, la CGT s’est d’ailleurs fixée comme objectif de redevenir majoritaire à la mairie. « On a des listes complètes et de nouveaux syndiqués. On a bon espoir de reprendre le leadership à FO, positive Julien Rader. On deviendrait le premier rempart, ce serait un pied de nez énorme. »